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il y eut biboon. plus qu’une saison.     quand basile         or       bruyante     tout autour la visite de la fondation les éditions de la passe du sculpter l’air : à sylvie petits rien 4 et 5 (env. 7cm       à de toutes les ■ cézanne en peinture       allong&e   le texte suivant a     après très malheureux... si j’avais de son page suivante ► page je suis celle qui trompe       dans la ajout de fichiers sons dans  ce mois ci : sub cher.e.s ami.e.s vous pouvez page d’accueil de       parfois dans les hautes herbes À max charvolen et je me souviens de       longtem recleimet deu mult textes mis en ligne en avril       l’       apr&egra jamais si entêtanteeurydice 1er moins quinze hiver       l’ les embrassées , cantilène page suivante ► page zacinto dove giacque il mio       "       é vers la lettre ouverte au page d’accueil de rafale rafale n° 9 un       pav&eacu quai des chargeurs de un besoin de couper comme de carissimo ulisse, torna a tout en travaillant sur les marie-hélène 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RAPHAËL MONTICELLI

Gloses et paraphrases sur quelques approches de Bruno Mendonça
Publication en ligne : 14 novembre 2021
Artiste(s) : Bruno Mendonça

Ce texte figure dans le catalogue de l’exposition Métamorphoses de l’écriture, Bruno Mendonça, médiathèque de Contes ed. 2010

Les citations de Bruno Schulz sont tirées de Le sanatorium au croque-mort, Denoël ed.1974 dans la traduction de Thérèse Douchy


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Abords de l’inaccessible ►

 Le Livre... Jadis, au petit matin de mon enfance, à la première aube de ma vie, sa douce lumière éclairait l’horizon.
Bruno Schulz

Si le monde est une vaste bibliothèque, comme on l’a affirmé, Mendonça répond que la bibliothèque est un vaste monde »
Pierre Tilmann

Des livres. Des livres à perte de vue. « Perte de vue ... » Malheureuse formule. Livres en recherche de vue. En construction de vision. Le monde n’est pas « comme un livre », il est submergé de livres. Tout ce qui nous en apparaît y est livre. Livré. Livrable. Et les livres s’ouvrent sur des livres. À chaque phrase. À chaque mot. À chaque signe. À chaque trace. Que la langue et sa graphie nous soient connues ou non chaque livre ouvre sur des livres chargés de mondes pleins de livres, pleins de signes ouvrant sur des livres pleins de mondes, et encore et toujours... Voilà ce que je dirais en première approche de l’oeuvre de Bruno Mendonça. Il m’est toujours apparu ainsi portant en lui, avec lui, après lui, le rêve sans limite d’une bibliothèque sans limites. À ce point, il me manque un élément majeur. Bruno Mendonça est un corps. Un corps rêvant. Un corps rêvé. Un corps rêvant d’autres corps dans la multitude des corps. Un corps chargé de corps souffrants. Y-a-t-il seulement une frontière entre les corps et les livres ?

++++

 Je l’ouvris (...) Je vis la grande migration des animaux, fleuve coulant sur les routes, se divisant, s’éparpillant en cortège dans un pays lointain, je vis le ciel plein de vols d’oiseaux et de battements d’ailes, une énorme pyramide inversée dont le sommet touchait l’Arche. Bruno Schulz

« Il faut savoir que l’art est l’art de ne pas savoir »
Christian Arthaud

Il y a quelqu’un. Cette présence. Cette odeur d’herbe piétinée. De terre engloutie. Cette portion de silence quand tout, autour, jacasse et remue. Ou bien il y a eu quelqu’un qui a déposé là ce silence. Cette odeur. S’impose l’image du sang qui sèche. Et celle de l’incandescence. Entre pulsion du corps et maîtrise d’une intelligence sidérée. Entre encroûtement et fusion. Écroulement et rédemption. Feuilletage. Le piétinement des herbes. L’étagement des odeurs. Les livres. Grimoires dont les traces s’étiolent, rongés de temps et de lumière. Les feuillets s’effritent sous la caresse des doigts, si précautionneuse soit-elle. Soient-ils. Et cette poussière dont la saveur de farine à peine humide atteint l’esprit avant de s’attaquer aux papilles. Dans ce miroitement où s’évanouissent des micas, des schistes et des quartz, il y a quelqu’un.

++++

Penché sur le Livre, le visage flamboyant comme un arc-en-ciel, je me consumais silencieusement allant d’extase en extase.
Bruno Schulz

« Bruno Mendonça propose de célébrer (...) l’intime et le jouir. »
Tita Reut

C’est l’atelier. Des travaux. Aux murs, au sol, sur des tables, dans des cartons, des tiroirs. Dessins, tirages, toiles, livres. Livres ! On se dit : « Quelles subtiles tensions unissent le monde d’où je viens, le dehors, et ce dedans où je me tiens ? » On regarde. On voit. Des signes, des traces, des douleurs, des plaies, des rituels, et des cérémonials complexes et silencieux, dont on n’ose demander les raisons... De peur de comprendre. On est passé d’un territoire à l’autre ; du collectif à l’intime. On se dit : « Me voici entré, ici, dans ce dedans, ici, qui est un bouleversement apaisé du dehors. J’y ai été accueilli. Admis. Le temps s’y presse sans y avoir même prise. » Et on se dit : « Quelles règles inconnues ont établi ici les relations entre ce territoire, son organisation –espace de travail ; un autre de stockage ; un de monstration ; la table à la cafetière ; une chaise ou deux- et le travail qui s’y fait ? » Du bois. Du plomb. De la peinture. Des oxydes. Du papier. On se dit : « Je ne peux pas ne pas sentir la souffrance et la douleur. Non. Je ne peux pas. » On se dit : « Jouissance de la douleur ? Malgré la douleur ? À cause de la douleur ? » On écoute. Le plomb des mots. La précaire prétention des protections. On entend : « Je me suis enfoui. Enterré. Des jours durant pour dessiner en aveugle » On voit passer, au fond de l’eau de l’oeil, l’ombre d’un prométhée, et on se dit : « Jouir de dessiner en aveugle ? Dans l’aveuglement des tombeaux ? ». On rejette les cottes de maille. On donne son corps nu et fragile au soleil et au vent. Ce bonheur de la fragile nudité. C’est l’atelier. *

++++

C’était le dernier mot du Livre qui vous laissait le goût d’un étrange étourdissement, mélange de faim et d’excitation de l’âme.
Bruno Schulz

« Tous se servaient de la même langue et du même mot. »

Un mot. Un seul mot. Et ce serait suffisant. Il dirait tout ce qu’il y a à dire. Ferait comprendre tout ce qu’il y a besoin de comprendre. Au passage, il abolirait la vaine complexité de nos systèmes linguistiques. La prétention de nos idées. Il nous donnerait plus d’âme que n’en ont les animaux les plus dépourvus de signes. Il élargirait nos rapports aux autres et au monde à une seule, profonde, intense et définitive fusion. Que ce seul mot soit dit et répété ! fusion. Que des millions de bouches le proférent ! fusion. Que la main inlassable l’écrive des millions de fois ! fusion. Ah ! l’impossible ! fusion. L’inconcevable ! fusion. Toute parole en un mot fondue. fusion. Que deux êtres le prononcent... fusion. il n’est plus le même déjà. fusion. Que la même main deux fois l’écrive... fusion. il est déjà différent. fusion. Le timbre diffère.fusion. Et le souffle. fusion. Et le geste. fusion. Et la forme.fusion. Et la trace. fusion. En bout de ligne c’est l’agitation d’une vie sans prétexte. fusion. En bas de page, l’étincellement des eaux et des écumes. fusion. Le volume rempli est parcouru de vibrations, de cris, de plaintes, de rires et de murmures. fusion. Des milliers de volumes, fusion des millions de fois, fusion couvrent le monde, fusion en crèvent les bords,fusion remplissent la totalité du ciel des regards. fusion et donnent la forme définitive de notre ouïe. fusion. Il ne désigne pas ce que nous voyons. fusion. Ne désigne pas ce que nous entendons. fusion. Il est ce que nous voyons et entendons. fusion.

Avant de disperser les peuples en dispersant les langues, les dieux inquiets qui cherchent à se passer de nous ont dispersé chaque homme en dispersant les mots.

Un seul mot et c’est suffisant.

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