BRIBES EN LIGNE
sequence un jour nous avons    au balcon marcel alocco a un temps hors du à     pourquoi tu il y a deux villes à attendre. mot terrible.       tourneso l’attente, le fruit page suivante page je n’hésiterai en introduction à dans les écroulements 1 2  mouans sartoux. traverse de décembre 2001. une fois entré dans la       vaches 1 2  accorde ton désir à ta les cuivres de la symphonie biboon. plus qu’une saison.       au soir sites de mes ( ce texte a 5) triptyque marocain il semble possible pour helmut       dans dernier vers aoi petites proses sur terre clers fut li jurz e li pour accéder au vingtième "le renard connaît  ce mois ci : sub  dans toutes les rues nice, le 18 novembre 2004 antoine simon 22 des voix percent, racontent       sur la lecture de sainte je suis bien dans page suivante ► page suite du blasphème de un trait gris sur la j’oublie souvent et merle noir  pour   iv    vers cher bernard le 23 février 1988, il apaches : de prime abord, il un homme dans la rue se prend aller à la bribe suivante tous ces charlatans qui vos estes proz e vostre 1 2      une abeille de sainte marie, la pureté de la survie. nul       avant       un antoine simon 12  hier, 17       au il ne s’agit pas de       à       s’ comme un préliminaire la       fleurett tous feux éteints. des pour martine, coline et laure       aujourd       la textes mis en ligne en pas même normal 0 21 false fal autre essai d’un joseph a pour sens "dieu un tunnel sans fin et, à toute trace fait sens. que je voudrais voir les arbres page suivante ► page       le al matin, quant primes pert     rien page suivante gérard pour jean gautheron le cosmos les plus vieilles page suivante ► page page suivante page macao grise mes pensées restent rafale chants à tu mon recueil vous êtes page suivante ► page cinq madame aux yeux dernier vers s’il nous serons toujours ces a la fin   il ne resta       marche et voici maintenant quelques haut var ► trois petits       cerisier       voyage dernier vers aoi dans le respect du cahier des début de la mise en ligne de       ce 0- souviens-toi. sa soudain un blanc fauche le 1 2        descenda il était question non li emperere s’est  de la trajectoire de ce couleur qui ne masque pas page suivante sixième       la antoine simon 9 pour pierre theunissen la pour alain borer le 26 heureuse ruine, pensait i.- avaler l’art par       " comme une suite de pour accéder au pdf du a l’aube des apaches,       ruelle le nécessaire non tendresse du monde si peu  les trois ensembles commencé le 10 mars 2019, un texte que j’ai "école de quelque chose antoine simon 14  au travers de toi je dernier vers aoi juste un  l’exposition  nous dirons donc je désire un un texte que j’ai       deux toutes ces pages de nos madame, on ne la voit jamais sur l’erbe verte si est grande lune pourpre dont les       la dernier vers aoi entr’els nen at ne pui       et le géographe sait tout troisième essai il n’est pire enfer que       la ce 28 février 2002. et ces si tu es étudiant en au seuil de l’atelier (vois-tu, sancho, je suis page suivante ► page d’ eurydice ou bien de station 5 : comment le bulletin de       pé max charvolen, martin miguel pour accéder au pdf,     sur la pente       longtem       crabe-ta       magnolia le poiseau de parisi mon page suivante ► page 1 2  le texte qui suit est, bien  le "musée titrer "claude viallat,       les station 7 : as-tu vu judas se pas facile d’ajuster le  si, du nouveau je n’ai pas dit que le je déambule et suis quelques autres madame est une torche. elle 1 2  textes mis en ligne en    en page suivante ► page carcassonne, le 06 ce qu’un paysage peut page suivante ► page antoine simon 15 toujours les lettres : antoine simon 20 au programme des actions dans ce périlleux nice, le 8 octobre raphaËl il existe deux saints portant textes mis en ligne en deuxième essai 1 2 3 a claude b.   comme une     les fleurs du montagnes de rafale n° 4 on le  l’écriture art jonction semble enfin du même auteur : les dernier vers aoi il pleut. j’ai vu la pour martin   marcel guetter cette chose que reste-t-il de la douze (se fait terre se aller à la bribe suivante  avec « a la 1 2  l’éclair me dure, À propos de fata en     du faucon les grands page suivante ► page j’arrivais dans les page suivante page j’aime chez pierre 199* passé galerie souvent je ne sais rien de aller à la bribe suivante encore une citation “tu       le lu le choeur des femmes de "si elle est derniers textes mis en       les fragilité humaine.     dans la rue la et c’était dans thème principal : seul dans la rue je ris la       ton que nos princes et empereurs recleimet deu mult       bâ en ceste tere ad estet ja       é rafale n° 5 un 1 2  l’homme est de proche en proche tous les céramiques et leurs et que dire de la grâce du même auteur : un tromper le néant dans les hautes herbes epuisement de la salle, si vous entendez le lac la toile ou, du moins, la       la dernier vers aoi réponse de michel       ma bribes dans le nid de je dors d’un sommeil de antoine simon 7 pour écouter la lecture, le 26 août 1887, depuis préparation des corps cher.e.s ami.e.s vous pouvez dans le vacarme des couleurs,     tout autour  de même que les la route de la soie, à pied, de tantes herbes el pre monde imaginal,       une       le « ah ! mon       à arbre épanoui au ciel janvier 2002 .traverse       baie c’est extrêmement       enfant ses mains aussi étaient dernier vers aoi pourquoi yves klein a-t-il 1 2  « je suis un mise en ligne page suivante ► page À la loupe, il observa halt sunt li pui e mult halt   d’un coté,     pluie du de pa(i)smeisuns en est venuz 1 2 3    courant une il faut dire les on cheval aux george(s) (s est la       le       va ton il ne sait rien qui ne va vous dites : "un antoine simon 3 de l’autre 1 2 3 démodocos... Ça a bien un posté sur facebook sorti de j’ai travaillé l’appel tonitruant du pour andré quai des chargeurs de   six formes de la       mé page précédente le café se reprendre. creuser son pour michèle textes mis en ligne en ainsi alfred…   1) cette       au approche d’une       au      & le 15 mai, à cliquetis obscène des       gentil la mastication des i mes doigts se sont ouverts edmond, sa grande ensevelie de silence,       je   un vendredi       le le scribe ne retient pure forme, belle muette, et il fallait aller debout       "       nuage       chaque page suivante ► page       l’ rita est trois fois humble. pour voir le cahier 18,       coude pour martine aller à la bribe suivante 3 

les lieux aussi sont dernier vers aoi ils sortent page suivante ► page ils s’étaient attelage ii est une œuvre antoine simon 32 au matin du l’impossible nous avancions en bas de le grand combat : abu zayd me déplait. pas toute une faune timide veille les étourneaux ! se placer sous le signe de et si tu dois apprendre à alocco en patchworck © page suivante ► page     double le "patriote", la brume. nuages inoubliables, les je suis comme ce mur blanc       "j&  il y a le châssis, dernier vers aoi  tous ces chardonnerets page suivante ► page "l’art est-il       apr&egra carles li reis en ad prise sa       dans le je serai toujours attentif à la parol

Retour à l'accueil
Article présent dans les rubriques : EXPOSITIONS DE COLLECTIFS /
Giotto, décidément...
Publication en ligne : 30 décembre 2008
Première publication : mars 1997 / présentation d’exposition
Artiste(s) : Charvolen (site) , (site) , Rosa L. , Maccheroni , Pompili , Simonet , Barbi , Crozat , Demozay , Bourret , Domergue , Barjol Ecrivain(s) : Butor (site)

Dans ce périlleux exercice qui consiste à dire en peu de mots les raisons et les enjeux d’une exposition portant sur quelques aspects du paysage dans l’art contemporain, je ne parviens pas à détacher de moi l’image du maître de Florence : il se tient là, entre Assise et Padoue, et initie la mise en oeuvre d’un point de vue nouveau sur le monde ; son travail ne se réduit pas à peindre à fresque, à faire de la peinture ou de l’art : il redéfinit l’art lui-même, ses conditions et ses enjeux, en creusant l’interrogation sur les rapports entre l’homme et le monde et en donnant forme plastique à cette interrogation. Il prend naissance là, entre Cimabue et Saint François d’Assise ; entre la mise en question des représentations traditionnelles du corps et ces "Fioretti" qui ont définitivement et simplement placé l’homme de l’occident chrétien dans une posture nouvelle face au monde naturel. L’émergence du paysage dans l’oeuvre de Giotto est bien la marque de cette interrogation sur la place de l’homme dans le monde ; encore faut-il comprendre qu’il n’y a pas transcription, ou représentation, du paysage dans l’oeuvre, mais construction de l’idée même de paysage comme élément plastique. Et c’est là qu’il y a oeuvre d’art. Faire oeuvre d’art, ça n’est pas figurer les éléments connus du monde en utilisant les moyens de l’art, mais transformer les moyens et les objets de l’art pour pouvoir se poser les problèmes qui naissent de la transformation de notre rapport au monde et aux éléments du monde. Et de ce point de vue Giotto est stupéfiant lorsqu’il s’engage dans une exploration quasi systématique de tout ce qui fera "paysage" : le naturel et le bâti, l’architecture intérieure et l’urbanisme, les espaces du rêve, ceux de la métaphysique, les lieux de la naissance et de la mort, les espaces institutionnels, ceux de la vie sociale, espaces du débat, de la guerre, du déplacement... Et jusqu’à ceux qui naissent de la rêverie, suggérés dans les bandeaux et les frises par les structures géométriques ou dans ces faux marbres qui ne cherchent pas à se donner pour vrais et dans lesquels la liberté des matières et des gestes engendrent des visions où se mêlent corps et espaces...
Alors, évidemment, décidément, Monet. Monet comme le coup d’envoi d’un renversement des problématiques de la peinture classique initiées par Giotto. Monet et les impressionnistes comme le moment où se donne clairement à voir une nouvelle transformation du rapport des hommes au monde. Transformations thématiques et techniques, problématisation du naturel et de l’urbain, apparition de l’industriel, dans ce qui est représenté (ce que líon peint), comme dans les moyens de le représenter, dans (ce avec quoi on peint), interrogation sur le temps et mise en vue du rapport au temps, introduction de la notion de vitesse -celle du mouvement des objets comme celle du temps d’exécution- utilisation des connaissances scientifiques non plus pour construire l’illusion plastique mais comme pour la déconstruire et faire systématiquement porter le questionnement moins sur le monde que sur les moyens de la représentation du monde, sur la validité et le statut de cette représentation...
L’art moderne et contemporain a systématiquement ouvert la réflexion sur le paysage : mises en cause de l’espace perspectif, présentation d’objets naturels ou fabriqués comme oeuvres ou comme éléments de l’oeuvre, utilisation des rythmes saisonniers, de ceux du déplacement, des éléments du réel comme outils ou colorants, ou comme objets constituant l’oeuvre, jusqu’à la présentation de pans entiers du paysage urbain, et le travail directement sur le paysage naturel ou urbain par marquage, transformation, oblitération, enveloppement (le paysage troque alors son statut d’objet et se transforme en support), prise en compte (ou écho) des transformations géographiques, politiques, scientifiques, techniques de notre présence au monde, méditation sur le rapport entre matériologies et rêves d’espaces, exploration d’un nouveau type de rapport à l’univers dans la recherche systématique d’une émotion spatiale issue d’un simple traitement des matières, des colorants, des supports, des densités...

Les artistes présentés dans l’exposition "aspects du paysage contemporain" s’inscrivent dans ces interrogations et, chacun dans une visée particulière, les creusent et y oeuvrent. La seule présentation des moyens plastiques dont ils usent pour donner forme à un rapport au paysage pourrait être significative des recherches actuelles : pour les supports l’usage de matériaux traditionnels comme la toile ou le papier voisine avec l’introduction de supports nouveaux comme le plexiglas par Simonet, ou inédits comme le béton dans le cas de Miguel. Mais les supports traditionnels eux mêmes peuvent être l’objet d’un questionnement : ainsi, par exemple, Rosa n’utilise que des papiers d’emballage, à quoi fait parfois écho l’usage par Maccheroni de cartons industriels ; ou la fabrication de papiers avec inclusions de matériaux pour Pompili ; quant à Charvolen, s’il emploie la toile, c’est après l’avoir découpée, fragmentée, reconstituant un format par collage sur les espaces bâtis qui lui servent de prétexte.
Les marquants témoignent aussi de la diversité des recherches : à côté de la tempera, des pastels, des fusains, de la mine de plomb, des encres, des aquarelles, et des huiles, on trouve la terre, le ciment, les granulats industriels... Et il faut voir dans la conjugaison entre supports et marquants tantôt la réflexion sur l’adaptation des outils à l’objet d’une recherche, ce qui est particulièrement remarquable dans le cas de Charvolen dans son traitement de l’espace bâti et de Crozat dans celui du rapport entre paysage temps et vitesse, tantôt l’approche diversifiée des rêveries de la matière comme c’est plus précisément le cas avec Barbi ou Demozay.
Intéressante est aussi l’approche photographique. Ce qui m’a intéressé, dans les quatre démarches plus particulièrement photographiques ici présentées, c’est qu’y est questionnée la prétention de la photographie à rendre objectivement le monde : le questionnement d’Eric Bourret est poétique ; c’est bien de réalité industrielle qu’il s’agit, mais voici qu’elle se charge soudain d’étrangeté moins, finalement en raison du cadrage et de la mise en scène, que par la capacité du photographe à saisir les rythmes de la construction industrielle, les jeux de reflets ou d’ombres, l’étonnante informalité de la matière brute elle-même.
Dans le cas de Maccheroni la photographie est le point de départ d’une déconstruction (ou plus justement destruction par cutterisation) de l’image urbaine, alternant avec une double interprétation plastique et littéraire. La photographie permet à Simonet de mettre en scène -dérisoirement ?- une intervention dans les espaces d’information de la ville. Enfin elle est une paradoxale et ludique méditation chez Philippe Domergue qui met en cause, par le leurre de la photographie et de la photocopie, ce leurre classique qu’est le trompe l’oeil entraînant le regard dans le vertige des masques soudain adapté au paysage lui-même
La méditation de Philippe Domergue nous le dit bien, ce qui est en cause, c’est la validité de l’art à représenter le monde, c’est l’image du monde qui naît de l’interrogation des moyens de l’art, c’est la construction d’espaces symboliques capables de rendre compte de notre nouvelle présence au monde, et des objets et des moyens aptes à les construire. En ce sens, les dispositifs plastiques tendent parfois à l’immédiateté : la démarche photographique est, en elle même, porteuse de toute l’ illusion de l’immédiat, comme si le surcroît technique permettait d’abolir les intermédiaire entre le photographe et l’objet photographié. Comme à l’opposé de cette position, se développe la démarche de Charvolen qui colle à la réalité qu’il veut rendre. La toile -émiettée- se colle au bâti dont l’artiste veut rendre compte et la couleur ne rend pas une sensibilité au monde : elle désigne un mode de construction ou sert de codage à la diversité des plans. C’est aussi, d’une autre façon, l’immédiateté d’un rapport au paysage que traque - que croque- Christine Crozat : fascinante expérience dans laquelle le crayon joue le rôle d’une sorte de stylet chargé de simplement rendre les mouvements immédiats du regard face à un paysage défilant devant le passager d’un T.G.V.
Un autre aspect de l’interrogation concerne ainsi l’exploration quasiment topographique. Si Charvolen et Crozat en témoignent, l’oeuvre de Michel Barjol est encore plus nettement une réflexion sur la topographie : ces vues aériennes des paysages ruraux se transforment par le traitement graphique et par les modes discontinus de présentation en objets efficaces d’un nouveau point de vue qui conjugue renouvellement de nos visions habituelles (comment rendre le monde vu d’avion) et conscience du fragment (comment vivre un monde éparpillé -comment le recomposer ?-). Michel Barjol fait de la peinture comme une sorte de topographe paysan qui serait en train d’explorer la riche dentelle de ses propriétés.
D’une certaine façon Pascal Simonet est, lui aussi, un arpenteur qui donne à voir comme autant de balises les objets qu’il recueille de son arpentage, J’ai souvenir de quelques assemblages de pneus éclatés, feuille d’agave et rembardes d’autoroute qui ont proprement bousculé ma perception du paysage.
C’est à une topographie d’un mode particulier que se livre Graziano Pompili. Sculpteur, il explore cette verticalité où "poétiquement demeure l’homme" et ce rêve de bâti qui surgit dès que l’on régularise tant soit peu (dès que l’on travaille) la pierre ou le marbre ; dessinateur, c’est la poétique du trait vertical suggérant bâti et habitat dans la simplicité et le dépouillement des moyens qui l’intéresse, dans la série qu’il a donnée pour l’exposition, il devient une sorte de sculpteur du papier lui-même donnant forme à des suggestions de paysage par inclusion dans la pâte même du papier de céramiques ou métaux..
Ainsi se détermine encore une nouvelle forme du rapport au paysage : celle que le regardeur construit quand il se heurte à certaines suggestions plastiques. Le support garde la trace d’un impact : une volonté, un corps agissant, ont laissé leurs marques là-dessus, c’est ainsi que s’est construit cet espace particulier ; si Pompili suggére parfois l’espace et le paysage d’un trait, il le fait aussi, comme Barbi, Rosa, Miguel ou Demozay, en le tirant ou líextrayant d’une pure et simple action sur les matières et sur les couleurs usÈes comme pourvoyeuses díun rêve immédiat du monde.
Les suggestions lagunaires de Fabrizio Barbi doivent tout au traitement des liquidités, tempera ou aquarelles, qui, selon les oeuvres, se combinent aux traits des fusains, des sanguines, des pastels, jusqu’à saturation du support, jusqu’au grattage du papier. J’ai aussi en mémoire, de lui, des notes plastiques où, dans l’urgence du geste, dans les accidents du papier, et les imprégnations, se levait un monde hésitant entre brumes des montagnes et brouillards au dessus des eaux.
C’est en usant de la terre même comme pigment -une terre recueillie dans une vigne ligure- que Leonardo Rosa suggère le chemin ou la carte. Tout est, du reste, marqué, chez lui par le souci d’une cartographie précaire. Les objets du monde naturel servent ainsi à construire, fragment par fragment, une image décousue et vibrante du monde naturel.
Il y a finalement une curieuse analogie entre le travail de Rosa et la façon dont Martin Miguel utilise les objets et les techniques du bâtiment, bois de charpente ou d’huisserie, béton de construction, peinture de bâtiment, pour donner à voir comme des fragments de construction. Ses oeuvres offrent à la rêverie tout à la fois l’image d’un dedans et la suggestion d’un dehors, reprenant ainsi, comme pour l’inverser, le fonctionnement classique du tableau.
L’exploration des matières permet l’élargissement de la vision, la formation du regard, elle joue aussi comme métaphore de notre présence au monde sensible. L’espace plastique en construction est une métaphore de l’espace physique et l’action de l’artiste sur l’un figure l’action, ou le désir d’action, sur l’autre. Dans le cas de Demozay, le travail des matières et la suggestion des couleurs est poussé vers ce point particulier d’émotion spatiale où ce qui est travaillé concerne la présence à l’univers ou au cosmos.

J’ai souhaité enfin faire figurer dans cette présentation d’aspects du paysage contemporain un ou deux exemples de livres d’artistes. Il s’agit d’oeuvres croisées de Maccheroni et Butor. La présence de l’écrivain m’a paru importante pour ouvrir la réflexion à d’autres pratiques que celle des arts plastiques et il me semble que peu d’oeuvres littéraires ont, autant que celle de Michel Butor, posé la question du paysage et de la représentation du monde. Il y a, depuis l’Emploi du temps et la Modification et ces fascinantes descriptions de paysages vus à travers la vitre d’un train en mouvement, jusqu’à toute la série du Génie du Lieu, un effort constant de construction d’un objet littéraire capable de rendre compte de notre nouvelle présence au monde. Enfin, de plus en plus systématiquement, depuis son travail sur les gravures de Mazurovsky dès les années 60, Michel Butor prend appui sur les oeuvres d’art pour construire cet objet littéraire.

Le paysage n’existe pas en soi. Il n’existe pas des paysages que les peintres n’auraient plus qu’à représenter, qu’ils figureraient, ou dans lesquels ils iraient puiser de l’inspiration : le monde n’est pas une sorte de réservoir des formes de la peinture. Le paysage est le résultat d’un travail, d’une réflexion, d’une construction ; et c’est en ce sens que la peinture nous apprend à voir : non pas parce que le peintre voit dans la réalité des aspects auxquels nous sommes aveugles, mais parce qu’il construit le regard, c’est à dire la façon dont nous allons percevoir le monde, ce que nous y reconnaîtrons, comment nous le composerons, ce qui nous y effraiera, ce que nous y aimerons.

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP