BRIBES EN LIGNE
cet univers sans une fois entré dans la la légende fleurie est la mort, l’ultime port, ki mult est las, il se dort fontelucco, 6 juillet 2000 antoine simon 24 ici. les oiseaux y ont fait       marche quand vous serez tout deuxième       l̵ je suis celle qui trompe     le les oiseaux s’ouvrent la mastication des janvier 2002 .traverse encore une citation“tu il s’appelait ce 28 février 2002. mi viene in mentemi beaucoup de merveilles  tu ne renonceras pas. antoine simon 22       tourne douze (se fait terre se "l’art est-il "ah ! mon doux pays, tendresses ô mes envols dans le monde de cette       &agrav       au       dans       pav&ea pour michèle gazier 1 dernier vers aoi l’homme est   je n’ai jamais pour lee un verre de vin pour tacher       ce vous avez le glacis de la mort sables mes parolesvous  zones gardées de mult ben i fierent franceis e       le       la       jonath un trait gris sur la       ( quando me ne so itu pe       dans       les toi, mésange à toujours les lettres : mais jamais on ne clquez sur la vie est dans la vie. se dans le train premier     dans la ruela antoine simon 15 libre de lever la tête   (à tes chaussures au bas de on trouvera la video voudrais je vous la prédication faite et la peur, présente maintenant il connaît le on croit souvent que le but vous avez tout en travaillant sur les pour max charvolen 1) ce qui aide à pénétrer le temps de bitume en fusion sur il semble possible rm : nous sommes en c’est parfois un pays (vois-tu, sancho, je suis   voici donc la nous dirons donc    si tout au long la cité de la musique tout à fleur d’eaula danse       dans polenta       vaches dernier vers aoi       au je crie la rue mue douleur chaque jour est un appel, une       arauca mouans sartoux. traverse de       à j’aime chez pierre f toutes mes je m’étonne toujours de la antoine simon 9 première journée de "tu sais ce que c’est mon travail est une r.m.a toi le don des cris qui       sur le       reine lentement, josué archipel shopping, la dans les carnets madame dans l’ombre des       " pour andré (dans mon ventre pousse une toutes sortes de papiers, sur (la numérotation des       allong pour yves et pierre poher et le travail de bernard et il parlait ainsi dans la “le pinceau glisse sur pour gilbert dernier vers aoi j’ai parlé bribes en ligne a     nous j’ai ajouté tout est prêt en moi pour « h&eacu  un livre écrit "si elle est       " antoine simon 26       bonhe j’ai relu daniel biga, et c’était dans À perte de vue, la houle des fragilité humaine. la musique est le parfum de ma voix n’est plus que cyclades, iii° dix l’espace ouvert au mesdames, messieurs, veuillez autre citation       le le nécessaire non       soleil aux barrières des octrois dernier vers aoi j’ai perdu mon     faisant la comme un préliminaire la À peine jetés dans le exacerbé d’air les amants se (josué avait lentement cet article est paru   maille 1 :que attelage ii est une œuvre réponse de michel     du faucon autre citation"voui pour michèle aueret    de femme liseuse le géographe sait tout il est le jongleur de lui raphaël       il  la lancinante       le       su le 26 août 1887, depuis dernier vers aoi         jardin       les  de la trajectoire de ce a propos de quatre oeuvres de dernier vers aoi moisissures mousses lichens   tout est toujours en les dessins de martine orsoni le passé n’est le lent déferlement suite du blasphème de pour michèle j’ai donc deux ajouts ces derniers ce qu’un paysage peut pour pierre theunissen la       qui antoine simon 29 martin miguel art et je n’ai pas dit que le je n’hésiterai avec marc, nous avons       les au seuil de l’atelier bien sûr, il y eut dans ce pays ma mère etait-ce le souvenir antoine simon 5 i en voyant la masse aux   six formes de la carissimo ulisse,torna a   (dans le je suis occupé ces dieu faisait silence, mais béatrice machet vient de tous ces charlatans qui    7 artistes et 1 l’existence n’est       le on a cru à 13) polynésie c’est extrêmement la terre a souvent tremblé rossignolet tu la "ces deux là se ….omme virginia par la ecrire sur comment entrer dans une  avec « a la à sylvie mise en ligne si elle est belle ? je morz est rollant, deus en ad v.- les amicales aventures du la bouche pleine de bulles antoine simon 3 et voici maintenant quelques la gaucherie à vivre,       dans il faut aller voir f qu’il vienne, le feu fin première art jonction semble enfin ils sortent       é   entrons a supposer quece monde tienne  les trois ensembles je t’ai admiré, premier vers aoi dernier de profondes glaouis     les fleurs du quatre si la mer s’est  au mois de mars, 1166     son des quatre archanges que glaciation entre       banlie il ne reste plus que le quai des chargeurs de       glouss introibo ad altare   pour le prochain  dans toutes les rues rimbaud a donc bruno mendonça pur ceste espee ai dulor e       ( et…  dits de  marcel migozzi vient de     extraire     cet arbre que       o       rampan i.- avaler l’art par dans ma gorge paroles de chamantu …presque vingt ans plus       la       montag pour qui veut se faire une voici des œuvres qui, le au lecteur voici le premier       ce décembre 2001. ce pays que je dis est       alla       &n ce texte m’a été dans ce périlleux pour marcel percey priest lakesur les la tentation du survol, à antoine simon 16 je reviens sur des j’entends sonner les       s̵ (ma gorge est une les installations souvent, ce poème est tiré du pour philippe le 28 novembre, mise en ligne le 19 novembre 2013, à la de pareïs li seit la “dans le dessin lancinant ô lancinant     &nbs générations  référencem nice, le 18 novembre 2004   nous sommes histoire de signes .     pluie du     une abeille de dessiner les choses banales 1) notre-dame au mur violet le geste de l’ancienne,  dernier salut au huit c’est encore à (elle entretenait pour le prochain basilic, (la (À l’église il souffle sur les collines antoine simon 18 je sais, un monde se abu zayd me déplait. pas  hors du corps pas le tissu d’acier torna a sorrento ulisse torna       et   le 10 décembre       sur présentation du gardien de phare à vie, au       en un du fond des cours et des temps où le sang se     ton granz fut li colps, li dux en la chaude caresse de antoine simon 21 macles et roulis photo 3 rm : d’accord sur deux mille ans nous dernier vers aoi bel équilibre et sa l’erbe del camp, ki les petites fleurs des et encore  dits le temps passe si vite,  le livre, avec deuxième essai bernadette griot vient de c’est la chair pourtant À max charvolen et martin « pouvez-vous "nice, nouvel éloge de la dorothée vint au monde recleimet deu mult 1.- les rêves de sixième 5) triptyque marocain  c’était six de l’espace urbain, viallat © le château de quand les eaux et les terres     après 1-nous sommes dehors. ici, les choses les plus  pour de       j̵ ne pas négocier ne et te voici humanité  il est des objets sur   que signifie karles se dort cum hume pierre ciel dans l’innocence des la fraîcheur et la   saint paul trois dans les hautes herbes       au     au couchant       bonheu d’abord l’échange des mieux valait découper pour mireille et philippe     quand il y a dans ce pays des voies pour jean-marie simon et sa des voiles de longs cheveux derniers "je me tais. pour taire.       sabots       vu la parol

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Nous sommes réunis parmi des œuvres d’art contemporain
Nous sommes réunis dans une galerie installée dans une université, un établissement voué à la production et à la transmission du savoir.
Nous sommes réunis dans la faculté des sciences de cette université.
Et nous sommes réunis parce que l’un des laboratoires de cette faculté des sciences a jugé intéressant, du point de vue scientifique, de montrer des œuvres d’art contemporain…

Il est vrai que les relations entre art, technique et sciences sont particulièrement à l’œuvre dans le travail d’Edmond Vernassa. Chacun voit bien que les matériaux qu’il emploie sont particuliers à notre dernier siècle et qu’ils nous viennent de la recherche et de l’industrie pétrochimique. L’usage que Vernassa fait du plexiglass, aussi bien du point de vue technique que du point de vue esthétique n’est possible et n’est pensable et compréhensible que si l’on se réfère à ces développements de la science et de la technologie.

Mais la référence aux sciences dans l’oeuvre de Vernassa ne se réduit pas seulement au matériau particulier qu’il emploie ; elle s’élargit à l’ensemble des problématiques auxquelles il soumet toutes sortes de matériaux.

Ce que Vernassa, l’artiste, se pose comme problème, ce qu’il pose en problème de l’art ou en problème pour l’art, ce n’est pas d’abord la façon dont on peut représenter le monde immédiatement visible.
Ce problème de la représentation du visible, tous les arts visuels se le sont posé et se le posent encore bien souvent. Et ce problème n’est pas étranger à ce que les sciences nous apprennent et nous permettent. Il nous suffit pour nous en convaincre de songer à la façon dont s’installe lentement, en Europe occidentale, l’esthétique de la perspective à partir des XIIIème-XIVème siècle. Ce recours à la perspective est impossible et impensable sans le développement de la pensée rationnelle, sans la conviction que le réel est rationnel et que la réalité est saisissable et représentable selon des procédures rationnelles, sans le développement des machines à dessiner et des chambres obscures, et sans la confiance accordée à la raison pour donner du monde des idées et images satisfaisantes.
Dans les deux derniers siècles, c’est encore aux sciences, de la chimie à la physique, que l’on doit le développement de la photographie et du cinéma, qui sont, en partie, les formes de la perspective classique dans le monde contemporain

Mais ce qui intéresse Vernassa, ce n’est pas d’abord la représentation du visible. Ce qui l’intéresse, c’est la présentation et la représentation des forces à l’œuvre dans le monde et les effets de ces forces dans des espaces et sur des objets spécifiques. Ce qui l’intéresse, c’est de rendre visibles les forces à l’œuvre… Vernassa joue ainsi de et sur la lumière, le mouvement, et sur les divers aspects que peut revêtir un mouvement : torsion, impact, pendule etc. Il veut voir –et faire voir- ce que produit une poussée, une manipulation, un geste, selon qu’ils s’appliquent à une matière ou à une autre.
Autant de problèmes qui concernent aussi les scientifiques, selon d’autres modalités, peut-être pour d’autres raisons apparentes, mais pour la même raison de fond : la science non plus ne se pose plus comme problème le déchiffrement du seul monde visible.
Dans les sciences exactes comme dans les sciences humaines ce qui fait toujours plus l’objet des recherches, c’est la mise en évidence des forces à l’œuvre, des éléments constitutifs du réel, et de la façon dont ces éléments se mettent en place et en mouvement, de la façon dont ils se combinent et interagisssent pour produire ce que, finalement, nous voyons, vivons, sentons, disons ou pensons…

Il suffit de jeter un regard autour de nous ici, pour voir comment l’œuvre de Vernassa peut « parler » à des scientifiques. Depuis les matières qu’il emploie, jusqu’aux montages qu’il réalise, en passant par les forces qu’il met en œuvre et les objets qu’il obtient, tout dans son travail se présente comme une sorte de mise au regard de problèmes et de démarches scientifiques : un peu comme si Vernassa donnait forme à la situation de recherche, comme s’il proposait une dramaturgie de la démarche du chercheur…

Etendons un peu le propos : Vernassa utilise les matières, les matériaux, les produits, les outils que lui propose la technologie de son temps. Il les travaille non pas pour répondre à des problèmes surannés, dépassés, mais pour y poser les problèmes que se posent les hommes et les femmes, scientifiques ou non, de son temps : au-delà des apparences immédiates, qu’est-ce que le réel ? Quels sont les éléments qui le constituent ? Qelles sont les forces qui l’affectent ? Nous est-il possible de le transformer ? Pouvons-nous le constituer ? Quelle est la réalité matérielle de la lumière ? Comment peut-elle nous apparaître ? Comment pouvons-nous rendre compte de notre rapport au mouvement, à la vitesse ? Comment comprendre les transformations d’une matière/d’un réel soumis aux impacts, aux torsions, aux déchirures, aux implosions ?

Ce faisant, Vernassa s’inscrit dans une démarche artistique initiée il y a plus d’un siècle. Il est l’héritier de ceux qui ont travaillé sur la lumière comme phénomène physique et non plus uniquement comme image d’une métaphysique ou métaphore philosophique. Il est l’héritier de ceux qui ont analysé le mouvement réel des corps et ont voulu le rendre et non en donner l’illusion ; il s’inscrit dans la lignée de ceux qui ont cherché à donner des images fixes du regard tournant autour d’un objet ou de ceux qui ont voulu faire voir comment se forment les formes de façon plus ou moins contrôlée, plus ou aléatoire.

Il est classique de dire que pour penser et comprendre la peinture impressionniste, il faut faire référence aux recherches qui se développent au XIXème siècle sur la lumière, le prisme et la couleur, mais aussi à la technologie qui invente le tube de peinture, à la chimie qui met en place des siccatifs bien plus rapides que ceux que l’on connaissait depuis la renaissance, à la technique qui met alors en place le chemin de fer, à l’urbanisme qui crée l’opposition contemporaine entre ville et campagnes etc.
De la même façon, on a tout intérêt à penser et comprendre parallèlement les approches de l’art et de la littérature et celles des sciences quand, au tournant du XXème siècle, se fondant sur un dépassement des apparences immédiates, sur des expériences intellectuelles et pratiques nouvelles des relations entre espace et temps, on les pose en problème, de façon différente et avec des moyens différents.
Et nous pourrions ainsi donner encore d’innombrables exemples de ces relations extrêmement profondes entre une pratique humaine, dans le cas qui nous occupe la pratique des arts plastiques, et l’ensemble des autres qui apparaissent bien souvent comme des conditions qui la rendent possible.
Me vient par exemple en tête la belle et longue histoire des pigments, des liants et des siccatifs, que j’évoquais plus haut, et des révolutions plastiques et visuelles qui ont été rendues possibles au XXème siècle par la production des colorants synthétiques et de la relation nouvelle au temps et aux surfaces d’éxécution que cette production a rendu possible.

On pourrait faire, écrivait René Passeron, une histoire de la peinture qui soit une histoire des techniques… On ne saurait faire, à vrai dire, d’histoire des arts qui ne soit une histoire aussi des sciences, des techniques, des mentalités, des comportements, des idées.
L’état de la recherche dans l’art de chaque époque est indissociable des préoccupations de la société dans laquelle il s’exerce et en particulier de l’état d’avancement et de perception des sciences à cette époque donnée.

C’est à cette approche que l’exposition consacrée à Vernassa nous convie. En ce sens elle est urgente, pertinente et nécessaire.

Nous sommes réunis parmi des œuvres d’art contemporain
Nous sommes réunis dans une galerie installée dans une université, un établissement voué à la production et à la transmission du savoir.
Nous sommes réunis dans la faculté des sciences de cette université.
Et nous sommes réunis parce que l’un des laboratoires de cette faculté des sciences a jugé intéressant, du point de vue scientifique, de montrer des œuvres d’art contemporain…

Il est vrai que les relations entre art, technique et sciences sont particulièrement à l’œuvre dans le travail d’Edmond Vernassa. Chacun voit bien que les matériaux qu’il emploie sont particuliers à notre dernier siècle et qu’ils nous viennent de la recherche et de l’industrie pétrochimique. L’usage que Vernassa fait du plexiglass, aussi bien du point de vue technique que du point de vue esthétique n’est possible et n’est pensable et compréhensible que si l’on se réfère à ces développements de la science et de la technologie.

Mais la référence aux sciences dans l’oeuvre de Vernassa ne se réduit pas seulement au matériau particulier qu’il emploie ; elle s’élargit à l’ensemble des problématiques auxquelles il soumet toutes sortes de matériaux.

Ce que Vernassa, l’artiste, se pose comme problème, ce qu’il pose en problème de l’art ou en problème pour l’art, ce n’est pas d’abord la façon dont on peut représenter le monde immédiatement visible.
Ce problème de la représentation du visible, tous les arts visuels se le sont posé et se le posent encore bien souvent. Et ce problème n’est pas étranger à ce que les sciences nous apprennent et nous permettent. Il nous suffit pour nous en convaincre de songer à la façon dont s’installe lentement, en Europe occidentale, l’esthétique de la perspective à partir des XIIIème-XIVème siècle. Ce recours à la perspective est impossible et impensable sans le développement de la pensée rationnelle, sans la conviction que le réel est rationnel et que la réalité est saisissable et représentable selon des procédures rationnelles, sans le développement des machines à dessiner et des chambres obscures, et sans la confiance accordée à la raison pour donner du monde des idées et images satisfaisantes.
Dans les deux derniers siècles, c’est encore aux sciences, de la chimie à la physique, que l’on doit le développement de la photographie et du cinéma, qui sont, en partie, les formes de la perspective classique dans le monde contemporain

Mais ce qui intéresse Vernassa, ce n’est pas d’abord la représentation du visible. Ce qui l’intéresse, c’est la présentation et la représentation des forces à l’œuvre dans le monde et les effets de ces forces dans des espaces et sur des objets spécifiques. Ce qui l’intéresse, c’est de rendre visibles les forces à l’œuvre… Vernassa joue ainsi de et sur la lumière, le mouvement, et sur les divers aspects que peut revêtir un mouvement : torsion, impact, pendule etc. Il veut voir –et faire voir- ce que produit une poussée, une manipulation, un geste, selon qu’ils s’appliquent à une matière ou à une autre.
Autant de problèmes qui concernent aussi les scientifiques, selon d’autres modalités, peut-être pour d’autres raisons apparentes, mais pour la même raison de fond : la science non plus ne se pose plus comme problème le déchiffrement du seul monde visible.
Dans les sciences exactes comme dans les sciences humaines ce qui fait toujours plus l’objet des recherches, c’est la mise en évidence des forces à l’œuvre, des éléments constitutifs du réel, et de la façon dont ces éléments se mettent en place et en mouvement, de la façon dont ils se combinent et interagisssent pour produire ce que, finalement, nous voyons, vivons, sentons, disons ou pensons…

Il suffit de jeter un regard autour de nous ici, pour voir comment l’œuvre de Vernassa peut « parler » à des scientifiques. Depuis les matières qu’il emploie, jusqu’aux montages qu’il réalise, en passant par les forces qu’il met en œuvre et les objets qu’il obtient, tout dans son travail se présente comme une sorte de mise au regard de problèmes et de démarches scientifiques : un peu comme si Vernassa donnait forme à la situation de recherche, comme s’il proposait une dramaturgie de la démarche du chercheur…

Etendons un peu le propos : Vernassa utilise les matières, les matériaux, les produits, les outils que lui propose la technologie de son temps. Il les travaille non pas pour répondre à des problèmes surannés, dépassés, mais pour y poser les problèmes que se posent les hommes et les femmes, scientifiques ou non, de son temps : au-delà des apparences immédiates, qu’est-ce que le réel ? Quels sont les éléments qui le constituent ? Qelles sont les forces qui l’affectent ? Nous est-il possible de le transformer ? Pouvons-nous le constituer ? Quelle est la réalité matérielle de la lumière ? Comment peut-elle nous apparaître ? Comment pouvons-nous rendre compte de notre rapport au mouvement, à la vitesse ? Comment comprendre les transformations d’une matière/d’un réel soumis aux impacts, aux torsions, aux déchirures, aux implosions ?

Ce faisant, Vernassa s’inscrit dans une démarche artistique initiée il y a plus d’un siècle. Il est l’héritier de ceux qui ont travaillé sur la lumière comme phénomène physique et non plus uniquement comme image d’une métaphysique ou métaphore philosophique. Il est l’héritier de ceux qui ont analysé le mouvement réel des corps et ont voulu le rendre et non en donner l’illusion ; il s’inscrit dans la lignée de ceux qui ont cherché à donner des images fixes du regard tournant autour d’un objet ou de ceux qui ont voulu faire voir comment se forment les formes de façon plus ou moins contrôlée, plus ou aléatoire.

Il est classique de dire que pour penser et comprendre la peinture impressionniste, il faut faire référence aux recherches qui se développent au XIXème siècle sur la lumière, le prisme et la couleur, mais aussi à la technologie qui invente le tube de peinture, à la chimie qui met en place des siccatifs bien plus rapides que ceux que l’on connaissait depuis la renaissance, à la technique qui met alors en place le chemin de fer, à l’urbanisme qui crée l’opposition contemporaine entre ville et campagnes etc.
De la même façon, on a tout intérêt à penser et comprendre parallèlement les approches de l’art et de la littérature et celles des sciences quand, au tournant du XXème siècle, se fondant sur un dépassement des apparences immédiates, sur des expériences intellectuelles et pratiques nouvelles des relations entre espace et temps, on les pose en problème, de façon différente et avec des moyens différents.
Et nous pourrions ainsi donner encore d’innombrables exemples de ces relations extrêmement profondes entre une pratique humaine, dans le cas qui nous occupe la pratique des arts plastiques, et l’ensemble des autres qui apparaissent bien souvent comme des conditions qui la rendent possible.
Me vient par exemple en tête la belle et longue histoire des pigments, des liants et des siccatifs, que j’évoquais plus haut, et des révolutions plastiques et visuelles qui ont été rendues possibles au XXème siècle par la production des colorants synthétiques et de la relation nouvelle au temps et aux surfaces d’éxécution que cette production a rendu possible.

On pourrait faire, écrivait René Passeron, une histoire de la peinture qui soit une histoire des techniques… On ne saurait faire, à vrai dire, d’histoire des arts qui ne soit une histoire aussi des sciences, des techniques, des mentalités, des comportements, des idées.
L’état de la recherche dans l’art de chaque époque est indissociable des préoccupations de la société dans laquelle il s’exerce et en particulier de l’état d’avancement et de perception des sciences à cette époque donnée.

C’est à cette approche que l’exposition consacrée à Vernassa nous convie. En ce sens elle est urgente, pertinente et nécessaire.

 

Publication en ligne : 5 septembre 2008
Première publication : 14 octobre 2005

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