BRIBES EN LIGNE
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ses antoine simon 16 joseph a pour sens "dieu page suivante ► page       dans le il y a des objets qui ont la       grappes abords de l’inaccessible  le grand brassage des i.- avaler l’art par c’est vrai quelques autres la toile ou, du moins, la il arriva que aller à la liste des auteurs pour écouter la lecture, pénétrer dans ce jour, histoire de signes .       pour a supposer que ce monde petit souvenir je crie la rue mue douleur madame est une torche. elle       bonheur aller à la bribe suivante la vie est dans la vie. se 1 2 3 leonardo rosa page suivante ► page    au balcon se reprendre. creuser son 1 2 3&nbs rare moment de bonheur, chaises, tables, verres, cover-oleti_artin_ri je n’ai pas dit que le  marcel migozzi vient de antoine simon 2 on trouvera la video page précédente retour       à       allong&e les plus terribles 1 2 3&nbs c’est la chair pourtant dernier vers aoi sa langue se cabre devant le       au aller à       l’ textes mis en ligne en mai       et tu dans le train premier 1 2 3&nbs       magnolia cent dix remarques i► cent attendre. mot terrible. jamais si entêtanteeurydice pour visionner la 1 la confusion des « h&eacut  de la trajectoire de ce rêve, cauchemar, 1 2 3&nbs travail de tissage, dans  au mois de mars, 1166 page d’accueil de page d’accueil de aller à la bribe suivante 1- c’est dans neuf j’implore en vain pour marcel dernier vers que mort antoine simon 17 comme ce mur blanc charogne sur le seuil ce qui quelque chose page suivante ► page j’arrivais dans les cyclades, iii°  si, du nouveau mougins. décembre cent dix remarques i► cent       au fond page d’accueil de madame déchirée pour michèle gazier 1) page suivante ► page       su lou autre citation       quinze       une       é tromper le néant il existe deux saints portant sous ces étagements liquides aller à la liste des auteurs     de rigoles en on préparait pour egidio fiorin des mots    regardant page suivante ► page       gloussem pour michèle journée de « voici régine robin, au 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Article présent dans les rubriques : BRIBES, VOLUME 5 /
CLXII

Première publication : 17 décembre 2008


« Je me tais. Pour taire. Tout ce que je fais taire en moi. Tout ce que je tais de moi. Je suis tu ».
Je n’ai pas vu mourir mon arrière grand-mère. Elle avait été mon Jacques de Varazze, bien qu’elle ne m’ait jamais parlé de lui, et que je doute qu’elle ait même connu son existence. Je ne l’ai pas vue mourir. C’était un matin de juillet. On me dit que qu’elle mourut ses ablutions faites, alors qu’elle était assise à la grande table de la cuisine. Morte comme on s’assoupit. Sans bruit. Je ne sais plus où j’étais alors. Je me souviens seulement de l’avoir vue étendue sur le petit canapé où elle m’obligeait, enfant, à faire un semblant de sieste, près du vaisselier en poirier façonné par mon arrière grand père. Les deuils des villages italiens sont bruyants et spectaculaires. Et j’éprouvais plus d’étonnement que de honte de ne pas me mêler aux pleurs et de ne ressentir aucune des émotions dont on dit qu’elles sont liées à la mort des proches, tristesse, angoisse, désespoir. Pas même une larme. Marie Louise venait de rendre au monde un peu de son équilibre et je savais, pour l’avoir appris d’elle, qu’elle ne disparaissait pas vraiment et même qu’il me restait, accrochée aux choses qu’elle avait touchée, comme elle retrouvait la geste, la main, la chaleur d’Ephraïm, dans le bois du vaisselier ou dans la forme du mortier où les poules allaient picorer l’eau, une part d’elle qui durerait encore après ma propre mort. Je ne sais plus qui m’a aidé à soulever le corps fragile, léger, aérien, et comme encore habité, pour le mettre en bière. Je ne pensais qu’à elle, lui parlant comme si, vraiment, je ne devais plus jamais la revoir et comme si, inerte et absente à mes yeux, elle ne pouvait que demeurer là toujours. Je lui parlais comme j’avais vu elle-même le faire avec ses morts, mais dans le silence et le dedans de moi, sans me mêler aux lamentations et sans les entendre, moi qui ne l’avais jamais entendu se lamenter. Je lui parlais pour laisser sourdre et se répandre encore entre nous les eaux intimes de l’affection comme si je craignais que la source pût s’en tarir, et lui laissais le temps de répondre, de laisser, entre mes mots, se glisser ses phrases dans la douce rugosité dialectale qui écrasait les voyelles er faisait se heurter les consonnes et que je répétais souvent ravi et amusé, les mots d’une langue resserrée, roulant graviers et galets, criblée de sables et diluant les boues, une langue qui ne cherchait pas à séduire et consoler parce que nous n’avions pas besoin d’être consolés dans ce dialogue entre une enfin morte et un encore pour un temps mourant.

©Editions de l'Amourier, tous droits réservés

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