BRIBES EN LIGNE
patrick joquel vient de dorothée vint au monde les grands cent dix remarques i► cent       et 1 2 3&nbs antoine simon 22 régine robin, page suivante ► page page suivante ► page textes mis en ligne en mai passet li jurz, si turnet a le vieux qui     vers le soir antoine simon 29 mieux valait découper il faut laisser venir madame       fourr&ea  l’exposition  1) notre-dame au mur violet a quelques exceptions près 1    le recueil que       une journée de 1 2 3&nbs dire que le livre est une de pa(i)smeisuns en est venuz rafale n° 4 on le toutefois je m’estimais il en est des meurtrières. voir document expo boltanski présentation du projet sommaire ► page suivante à la mémoire de christian marché ou souk ou       tourneso présentation du projet c’est un peu comme si, que reste-t-il de la couleur qui ne masque pas 1- ai-je reçu une karles se dort cum hume villa arson d’exposition en page suivante ► page page d’accueil de       grimpant 1 2 3&nbs       baie troisième essai tous feux éteints. des a la femme au le lent déferlement beaucoup de merveilles quant carles oït la pour qui veut se faire une de toutes les    nous page suivante ► voici donc il faut aller voir et encore   dits À l’occasion de quatrième essai de antoine simon 16 « voici a l’aube des apaches,       apr&egra aller à l’échange sur textes mis en ligne en aller au sommaire des       pur ceste espee ai dulor e aucun hasard si se       " aller à la bribe suivante 0- souviens-toi. sa pour accéder au texte, heureuse ruine, pensait ceci… pour prendre mesure. le texte qui suit est, bien il a surgi sans crier la fonction, pour alain borer le 26 pour egidio fiorin des mots il tente de déchiffrer, quelques autres  monde rassemblé  ce mois ci : sub le grand combat : ecrire les couleurs du monde       au sommaire ► page suivante suite du blasphème de merci à marc alpozzo (ma gorge est une attelage ii est une œuvre 1 2 3&nbs le chêne de dodonne (i) 1 2 3&nbs fête du livre dans le monde de cette madame, on ne la voit jamais on cheval « la musique, retour au pdf sui generis  au mois de mars, 1166 1 2 3&nbs 1 2 3&nbs noble folie de josué,       deux on peut croire que martine page suivante page ils avaient si longtemps, si suite de   en grec, morías 1 2 3&nbs cliquer sur l’icône toute une faune timide veille à bernadette  dernières mises lien vers la totalité des mult est vassal carles de c’est le grand       longtem       midi arbre épanoui au ciel page suivante ► page page d’accueil de   tout est toujours en textes mis en ligne en août l’appel tonitruant du page suivante ► page cyclades, iii° tout est possible pour qui le corps encaisse comme il textes mis en ligne en derniers vers sun destre et si tu dois apprendre à       alla dans le respect du cahier des la poésie, à la antoine simon 14 vers le sommaire des recueils   pour théa et ses antoine simon 21 moi cocon moi momie fuseau dans les écroulements le temps passe dans la l’envers de toulon, samedi 9       fourr&ea et il fallait aller debout       la 1 2 3 je dernier vers s’il       entre en cet anniversaire, ce qui le chêne de dodonne (i)       un       les de prime abord, il   voici donc la le thème       sur le dernier vers aoi de l’autre page suivante page l’entreprise dont je me cliquer sur le titre pour josué ne 1 2 3&nbs       longtemp       apr&egra reprise du site avec la si j’avais de son petit matin frais. je te tes chaussures au bas de       à exposition de la série       pourquoi       dans le dernier vers aoi la question du récit       la buttati ! guarda  1 2 3 page d’accueil de je rêve aux gorges page suivante ► page accorde ton désir à ta les premières nouvelles mises en       l’       deux langues de plomb a la       la derniers textes mis en l’une des dernières je déambule et suis derniers aller à la liste des auteurs       objectif       m’ ….omme virginia par la quand il voit s’ouvrir, lors de la fête du livre * il te reste à passer un jour nous avons il aurait voulu être pas une année sans évoquer       quinze à la bonne page précédente retour       la sommaire ► page suivante mise en ligne les ruelles blanches qui la chaude caresse de     [1] l ses mains aussi étaient dernier vers aoi laure et pétrarque comme creuser de la langue, outil jamais je n’aurais antoine simon 11 il existe deux saints portant montagnes de viallat © le château de en introduction à     faisant la pour accéder au texte,       objectif       allong&e bernard noël, droits page d’accueil de la vie est dans la vie. se     une abeille de le bulletin de (vois-tu, sancho, je suis le 26 août 1887, depuis dernier vers aoi pour jean-louis cantin 1.-       le dernier vers aoi       je fais       sur les page précédente retour à       marche a grant dulur tendrai puis     " madame est une page suivante ► page page suivante ► page etudiant à les dessins de martine orsoni a) les villes abandonnées il textes mis en ligne en réponse de michel page d’accueil de dans les hautes herbes encore la couleur, mais cette aller à la liste des auteurs l’erbe del camp, ki     sur la pente sous l’occupation il n’y a pas de plus page d’accueil de   dits de portrait. 1255 :       pour page suivante ► page antoine simon 20  il est des objets sur <script      les éditions de la littérature de ce chant général reste son je t’ai admiré, 1 2 3&nbs antoine simon 10 les terrasses abandonnées la prédication faite pour jacky coville guetteurs 1 2 3&nbs page d’accueil de saluer d’abord les plus morz est rollant, deus en ad posté sur facebook sorti de    au balcon 1 2 3&nbs mult ben i fierent franceis e (dans mon ventre pousse une textes mis en ligne en       je suis Éléments -  le grand brassage des aller à la bribe suivante chaque automne les les cahiers butor sont     hélas, j’ai perdu mon dernier vers aoi pour le prochain basilic, (la nécrologie références : xavier rafale       ton rêve, cauchemar, ainsi alfred… paroles de chaman tu « je me tais. textes mis en ligne en avril       il   j’ai souvent bruits de langues. en rester 1 2 3&nbs macao grise gardien de phare à vie, au       j’ voir les œufs de cet article est paru et c’était dans       les pour lire les textes de i.- avaler l’art par page d’accueil de tous ces charlatans qui l’éclair me dure, dans ce périlleux il en est des noms comme du ce paysage que tu contemplais 1 2 3&nbs page d’accueil de antoine simon 12       pass&eac page suivante ► macles et sur la toile de renoir, les  tous ces chardonnerets entr’els nen at ne pui     cet arbre que un nouvel espace est ouvert il y a des titres qui josué avait un rythme page suivante ► page préparer le ciel i pour accéder au texte, page suivante page il existe au moins deux recleimet deu mult dernier vers doel i avrat, deux nouveauté, pour nicolas lavarenne ma 1 2 3&nbs 1 les morceaux de nuit se       cette rafale n° 12 où juste un mot pour annoncer page suivante ► page eurydice toujours nue à  zones gardées de       juin c’est vrai « e ! malvais in the country page d’accueil de « 8° de le franchissement des la communication est       ma station 7 : as-tu vu judas se       dans la madame déchirée page suivante ► page paysage de ta démodocos... Ça a bien un tandis que dans la grande       embarq mais jamais on ne le travail de bernard     les provisions antoine simon 3 présentation du projet dans les horizons de boue, de commençons donc par le    de femme liseuse sors de mon territoire. fais haut var ► trois petits ] heureux l’homme je ne sais pas si j’aurai donc vécu sur dernier vers aoi abstraction voir figuration    si tout au long la parol

Retour à l'accueil
Article présent dans les rubriques : Cappelletto Sandro / COLOPHON PROPOSTE D’ARTE /

SANDRO CAPPELLETTO

Sui Generis - Delwende ! (version française)
© Sandro Cappelletto
Publication en ligne : 10 décembre 2021
Artiste(s) : Grazia Varisco

Traduction du récit de Sandro Cappelletto


retour au PDF Sui Generis ►

SANDRO CAPPELLETTO


Delwende !

(Lève toi !)

The youth of today are the leaders of tomorrow.
As we are liberated from our own fear,
our presence will liberate others.
Lighting your way to a better future

It is a world of great promise and hope.

It is also a world of despair, disease and hunger.
Overcoming poverty is an act of justice.

Education is the most powerful

Weapon which you can use to change the world.

(Nelson Mandela)

Les fourmis couraient, rapides, pour se cacher sous terre : il allait bientôt pleuvoir
.

Nous devons nous dépêcher, charger dans la voiture le générateur électrique, le réservoir de diesel, le projecteur, l’écran, les câbles. Il faut s’en aller avant que les routes ne deviennent une profonde bande de boue. « Un film ! » dit Pougbila. « Dans mon village, nous n’avons jamais vu de film. Les anciens ne seront pas contents. » Je lui réponds : « Ce n’est pas un film. C’est ton film. Le film qui raconte l’histoire d’une femme accusée d’être une dévoreuse d’âmes et cette femme est ta mère et je te dis que tout le monde le verra, si nous réussissons à arriver au village."

Pougbila monte en voiture et nous partons. Sa mère était déjà retournée au village. Pas son père.

Raogo ! Un vent de mort

souffle sur notre village. Un autre enfant

n’a pas pu profiter de la vie.

Raogo, divin Raogo, aide-le dans sa traversée

vers la terre de nos ancêtres, qu’il y trouve la paix.

Tu sais ce qui arrive. Tu le sais ?

On était dans la saison sèche. Trois enfants du village de Pougbila, dans la région de l’Oudalan, au nord du Burkina Faso, étaient tombés malades. Leur front était brûlant, leurs yeux ne supportaient pas la lumière du jour, leur cou s’était raidi, le sommeil ne les quittait pas, et tandis qu’ils dormaient, ils étaient agités de violentes secousses. Ils ne parlaient plus, ils ne répondaient pas aux questions. Avant qu’ils ne tombent malades, pendant cinq jours, l’harmattan avait soufflé, ce vent sec qui vient du nord, du Sahara, traverse le Sahel et se perd dans le Golfe de Guinée. L’harmattan porte avec lui de la poussière et du sable qui recouvrent les maisons et soulèvent des nuages si épais qu’ils asssombrissent le soleil. Tout le monde s’interrogeait : était-ce le vent qui entraînait le mal avec lui ? Et si c’était le vent, pourquoi a-t-il choisi notre village ? Qui lui en avait ouvert les portes ?

Pourquoi ici, pourquoi nous ?

Qui dévore les âmes de nos frères ?

Cette nuit aussi, toi aussi, petit Yabi.

Laafi, Yabi. Laafi, que notre chanson

t’apporte notre amour. Laafi !

Ce n’est pas à cause des hommes

ce qui se produit.

Toute la nuit, les chiens ont aboyé.

Qui a ouvert les portes de notre village

au mal, à la mort ?

Qui les fermera ?

Ces trois enfants n’ont pas guéri. Les anciens se sont alors réunis et ont décidé d’appeler le chaman. Le chaman les a écoutés et a dit : « le village est sous le coup d’une malédiction. Le coupable est ici, parmi nous. Trouvez deux garçons qui n’ont jamais couché avec une femme et préparez le fétiche. Mettez le fétiche sur les épaules de ces deux garçons : il découvrira où se cache le mal, afin que nous puissions le chasser. Le fétiche montrera le chemin.

Les deux garçons qui n’ont jamais couché avec une femme commencent à se mouvoir, ce sont leurs jambes qui marchent, mais c’est comme si une force autre les guidait. Le fétiche va, court de hutte en hutte, revient en arrière, avance et ralentit. Maintenant, il se déplace plus lentement, hésite, écoute des voix qu’il est le seul à pouvoir entendre. Il s’arrête, tourne sur lui-même, prend une direction précise, accélère, court vers le dernier. groupe de huttes, il y a une femme debout devant sa hutte. Napoko est seule, le fétiche s’approche d’elle et quand il est à un pas d’elle, il s’arrête.

Raogo ! Pourquoi devant cette femme ?

Est-elle la cause du mal ?

Si c’est elle, frappe-la. C’est elle, Raogo ? C’est elle ?

Napoko !

Le fétiche t’a eue.

Napoko, c’est toi la sorcière qui a apporté le mal ?

Tu dévores les âmes de nos enfants !

Napoko, quitte le village !

Loin de nous, Napoko, tu es le mal !

Napoko, tu dévores nos âmes !

Le fétiche a parlé. Napoko est jetée hors du village. Sans eau, sans nourriture. C’est une condamnation à mort : personne ne l’aidera, personne offrira de la nourriture ni de l’eau à une femme errant seule dans la savane. Parce que si vous rencontrez une femme errant seule dans la savane, sans nourriture et sans eau, cela ne signifie qu’une seule chose : cette femme est une sorcière, elle dévore des âmes, son village s’est débarrassé d’elle et elle mourra de faim et de soif, ou sera mise en pièces par des hyènes durant son sommeil, épuisée. Napoko a un mari, qui ne la défend pas. Napoko a une fille, Pougbila qui connaît la vérité. Elle sait que le démon ne s’est pas emparé de sa mère, qu’elle n’est pas la cause de la mort des trois enfants. Elle ne se laisse pas berner Mais comment peut-elle dire sa vérité, qui n’est pas celle du fétiche ?

Pougbila, la lumière brille dans les ténèbres.

Les ténèbres ne l’ont pas obscurcie. Ne t’arrête pas,

Pougbila. Toi, tu connais les deux vérités.

Pougbila aussi quitte le village et part seule, vers la ville, à la recherche de sa mère. Au seul endroit où elle peut encore être en vie : si elle réussit à atteindre la « maison de la sorcière », là et seulement là, où se réfugient les femmes accusées d’apporter la malédiction, sa mère est peut-être encore en vie. Pougbila sait que ces maisons existent, mais elle ne sait pas où elles se trouvent. Elle ne demande pas où elles sont, parce que personne ne l’aiderait à les trouver : jeune-fille, pourquoi cherches-tu cette maison, qui es-tu, qui est la femme que tu cherches ? Pougbila marche et observe, marche et écoute, atteint la ville qu’elle ne connaît pas, la parcourt, cherche des traces de sa mère, suit les femmes qui vont seules, que tout le monde évite, qui ne parlent à personne. Toujours marcher, toujours espérer.

Mère, regarde-moi ! Je suis venue.

Relève-toi, retournons au village.

Nous ne pouvons pas vivre avec cette honte.

Nous connaissons la vérité.

Les anciens nous écouteront.

Relève-toi, mère.

Ces enfants ne sont pas morts à cause d’un mauvais sort. Ils ont été tués par la maladie apportée par le vent sec et sale du Nord. Ton mari ne veut plus de toi, mère. J’ai tout vu. Il a ligué contre toi les deux garçons qui portaient le fétiche pour pouvoir t’atteindre. Nous allons retourner au village et appeler les anciens. Eux prétendront que le fétiche a déjà parlé, nous, nous dirons notre vérité. Ils nous écouteront. Tu as vu la façon dont mon père me regarde. Tu sais pourquoi il voulait te quitter et être seul avec moi. Non mère, ne me demande rien d’autre. Mon père a utilisé le fétiche pour te chasser du village et maintenant nous allons retourner au village. Nous ne pouvons pas vivre avec cette honte, nous ne nous cacherons pas à cause de cette honte. C’est tout ce qui compte. C’est pourquoi je suis venu te trouver. Delwende, mère.

La pluie et la boue sur la route ne nous ont pas arrêtés. Nous avons atteint le village. Dans dix minutes, la nuit tombera et tout le monde regardera le film qui parle de toi et de ta mère. La clairière sous le grand baobab est déjà pleine. Les anciens sont là aussi. Il y a ta mère. Mais pas ton père. Pougbila, ton nom signifie ma petite femme, mais tu a été plus tenace et plus forte que Raogo, le tronc de bois dur dans lequel est sculpté le fétiche. Delwende ! Lève-toi, Pougbila, c’est ton histoire et tu l’as racontée. Tu as gagné.

Sandro Cappelletto

Delwende ! (Lève-toi, sauve ta mère !)
inspiré de l’épisode d’un reportage
et du film de Pierre Yaméogo

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP