BRIBES EN LIGNE
et combien je me souviens de que nos princes et empereurs je n’aime pas les gens  il y a le châssis, la force du corps, textes mis en ligne en de tantes herbes el pre je meurs de soif passet li jurz, si turnet a la gaucherie à vivre, cent dix remarques i► cent     extraire     après les installations souvent, page suivante ► page j’ai ajouté quand c’est le vent qui     tout autour “dans le dessin rita est trois fois humble. à l’entreprise dont je me     pourquoi tu sainte marie,       les les dernières le chêne de dodonne (i) abstraction voir figuration aller à la bribe suivante pas de pluie pour venir   pour le prochain page suivante page page suivante ► page la cité de la musique charogne sur le seuil ce qui la bouche pleine de bulles   si vous souhaitez page suivante ► page pourquoi yves klein a-t-il page d’accueil de 1 2 3&nbs page suivante ► r.m. a toi   voici donc la   l’instant criblé page suivante ► page rafale 1 2 en  martin miguel vient page d’accueil de       soleil       les on croit souvent que le but pure forme, belle muette, juste un mot pour annoncer aller à la liste des et si tu dois apprendre à à claude held patiente la page suivante ► page       longtemp depuis ce jour, le site nécrologie textes mis en ligne en août page d’accueil de pour michèle auer et préparer le ciel i   anatomie du m et       la pie page suivante ► page on peut croire que martine j’aurai donc vécu sur       embarq aller à la bribe suivante pour bruno charlotte, in deuxième essai j’ai relu daniel biga, page d’accueil de le chêne de dodonne (i) page suivante ► page attention beau présentation du projet cette machine entre mes avec marc, nous avons le dernier recueil de       deux dire que le livre est une       droite 1 2 3 présentation du projet la poésie, à la 1 2 3&nbs antoine simon 21 hommage à rené langues de plomb a la       bien quel ennui, mortel pour sites de mes 1 2 3 À peine jetés dans le page suivante ► voici donc c’est — pense-t-on - page suivante ► page l’illusion d’une dans la caverne primordiale   (dans le dernier vers aoi 1 2 3&nbs pour pierre theunissen la ] heureux l’homme percey priest lake sur les effleurer le ciel du bout des preambule – ut pictura  pour le dernier jour       dans le       dans le montagnes de présentation du projet cliquetis obscène des 1 2 3&nbs       m’ sommaire ► page suivante textes mis en ligne en pour le prochain basilic, (la textes mis en ligne en mai     " pour andré n’ayant pas le numéro exceptionnel de aller à la bribe suivante mélodie     sur la pente autre essai d’un petit souvenir vue à la villa tamaris saluer d’abord les plus lorsque martine orsoni pour marcel       en un       reine textes mis en ligne en Éléments - si elle est belle ? je on cheval       apparu clquez sur 1    le recueil que monticelli raphael 510 035 pour accéder au texte au page suivante ► page quai des chargeurs de nous avancions en bas de baous et rious je suis samuel chapitre 16, versets 1 aller au sommaire des dont les secrets… à quoi dernier vers aoi marie-hélène 1 2 3&nbs paien sunt morz, alquant page d’accueil de m1        la toile couvre les 1 2 3&nbs   marcel dernier vers aoi tendresse du monde si peu dernier vers aoi a claude b.   comme une dans le vacarme des couleurs, au centre des quartiers de       ...mais ce qui fait tableau : ce (la numérotation des abu zayd me déplait. pas  la lancinante     le cygne sur thème principal : la tentation du survol, à posté sur facebook sorti de il tente de déchiffrer,       en tout le temps est là sièges hans freibach : able comme capable de donner trois (mon souffle au matin j’aime chez pierre toi, mésange à vertige. une distance   pour olivier c’est la chair pourtant textes mis en ligne en j’ai travaillé page suivante ► page glaciation entre cinq madame aux yeux six de l’espace urbain, page suivante ► page       quinze pas sur coussin d’air mais       tourneso et voici maintenant quelques page suivante ► page la mort, l’ultime port, histoire de signes .       la page suivante ► page dernier vers aoi d’abord un curieux       " le soleil n’est pas le coeur du dernier vers doel i avrat, l’heure de la mougins. décembre pour m.b. quand je me heurte un titre : il infuse sa page suivante ► page max charvolen, martin miguel sommaire ► page suivante l’annÉe 2021 mois par antoine simon 16 a ma mère, femme parmi       l’ 1 2 3&nbs ► abÉcÉdaire à jean       juin raphaËl       sabots rafale n° 6 just do le texte qui suit est, bien printemps breton, printemps la terre a souvent tremblé       j’ ...et la mémoire rêve page suivante ► page       pass&eac ce qui aide à pénétrer le et nous n’avons rien etait-ce le souvenir pas même       allong&e le film sur annie sidro et le aller à la bribe suivante et ma foi, à propos des grands lien vers la totalité des À propos de fata en nice, le 8 octobre antoine simon 6 année 2018 ► année 2020 clxvi deus li otreit (la sue) derniers pour helmut page suivante ► page elle dit la main qui fut le ils sortent       une il en est des meurtrières. 1 2 3&nbs page suivante ► je suis né juste un pour egidio fiorin des mots je suis occupé ces réponse de michel il y a longtemps, tout le problème dernier vers aoi dernier vers aoi une errance de 1 2 3&nbs pour michèle gazier 1 * il te reste à passer station 5 : comment       à antoine simon 29  le "musée rafale n° 5 un       fourmi&n page suivante gérard derniers textes mis en <p présentation du projet madame, vous débusquez tu le sais et je le vois c’est extrêmement embrasement du mantra gore tromper le néant       dans le inoubliables, les       cette je n’ai pas dit que le pour lire les textes de bernard noël en débat       mouette 1 2 3&nbs un jour nous avons       "       force       ( paroles de chaman tu lu le choeur des femmes de il nous aura laissé la communication est  les éditions de rare moment de bonheur,  je ne voulais pas sommaire ► page suivante 1 2 3&nbs leonardo rosa marie antoinette c’est vrai si tu es étudiant en rafale n° 7 un       magnolia       sur le  dans toutes les rues aucun hasard si se textes mis en ligne en août vers le sommaire des recueils         clers fut li jurz e li cela fait 53 ans que je       que de       il elle disposait d’une la chaude caresse de aller à la bribe suivante       au au commencement était préparer le ciel ii 1 2 3&nbs aller à la bribe suivante il y a des mots, mais comme station 3 encore il parle 1 2 3&nbs éphémère du 2 l’erbe del camp, ki normalement, la rubrique   est-ce que beaucoup de merveilles       banlieue aller à la bribe suivante pour angelo il n’est pire enfer que page d’accueil de    en sommaire ► page       rampant les amants se j’pense à toi bruno textes mis en ligne en       reine rafale n° 3 des dessiner les choses banales À la loupe, il observa la mort d’un oiseau. antoine simon 23 1 2 3&nbs page suivante ► page       marche les terrasses abandonnées ces estampes illustrent le   la production j’ai en réserve le ciel est clair au travers difficile alliage de la vie est ce bruissement rafale n° 9 un madame chrysalide fileuse je suis bien dans paysage de ta Être appelé par son nom et encore   dits le thème un temps hors du 1 2 3&nbs le 23 février 1988, il page précédente page aller à la liste des auteurs a - preliminaire prenez 3       sur le pour gilbert pour anne slacik ecrire est antoine simon 19 1- nous sommes dehors.       chaque de pareïs li seit la madame est la reine des cet article est paru dans le       l’ page suivante ► page la parol

Retour à l'accueil
Article présent dans les rubriques : Textes critiques /

MARCEL ALOCCO

Viallat, Saytour, Dezeuze et la Peinture Analytique
© Marcel Alocco

À propos de subjectiles... en toute subjectivité

Publication en ligne : 18 février 2012
Artiste(s) : Viallat , Dezeuze , Saytour Ecrivain(s) : Alocco

Nous avons affaire à de vieux routiers qui ont su (et pu, par la nature de leurs travaux) exploiter pleinement les espaces mis à leur disposition. Avec un accrochage qui exploite ouverture et hauteur des murs, les salles du Musée en paraissent plus vastes. Le prétexte serait de réunir trois artistes ayant exercé à Nice : Tous trois y ont enseigné, même si ce n’est que quelques années, mais dans une période artistiquement en effervescence, particulièrement dans cette ville. Voici donc une bonne occasion d’objectiver le regard même si, plus qu’en d’autres circonstances, le commentaire ne peut pour moi qu’être subjectif puisque, en ce qui concerne le parcours, venu du dedans.

 

Les artistes ont choisi de montrer leurs convergences dans le traitement des matières, donc sur des « objets » souvent hors peinture, joyeuse présentation qui peut parfois paraître un peu baroque ou brocante.

Avec Claude Viallat, une démarche assez austère n’empêche pas une expression plus flamboyante : après une période un peu figée de bleu sur blanc (de 1968 à 1970, absente de l’exposition) le peintre n’a plus hésité au plaisir des couleurs — ce qu’il choisit de démontrer dans cette salle. Ses constructions à partir d’éléments récupérés, comme les bois érodés ou usés, joncs tressés ou des fragments de cordes, restent tout au long de la démarche d’abord des présences de matériaux, comme dans la première époque des confrontations et articulations chez Bernard Pagès. ( B.Pagès, non-exposant étrangement présent en cette exposition). Hormis pour Daniel Dezeuze avec ses grandes structures des formes châssis des années soixante confrontant le dur et le mou, dont l’importance sera mal perceptible dans ce contexte, les autres thématiques tendent plus volontiers dans leur construction logique vers l’anecdote : les matières apparaissent souvent davantage construites en « figures ». Dans l’ensemble nous avons à faire avec ce qu’on désigne globalement par « une belle exposition ». Il est cependant coquetterie ou inconscience que d’avoir voulu minorer les travaux des années 60/70 au profit du travail récent, lequel, forcément lourdement dépendant de toute la pratique antérieure, est souvent répétitif, ou décalé par les blancs dans les parcours, quand il n’est pas devenu superficiel. Beaucoup « d’agents d’art » oublient que le temps d’exposition est un temps pédagogique. Tout étudiant sait ce qu’est un exposé. Sur ce plan, à constater hors vernissage les réactions de visiteurs non professionnels, il n’est pas certain que l’exercice soit réussi.

Que nous le voulions ou non, nous sommes des artistes de la deuxième moitié du vingtième siècle : Les travaux des années soixante/soixante-dix laisseront assez probablement leurs empreintes, le reste risque d’être plus volatile.

 

 

UN CATALOGUE AHISTORIQUE ?

 

Le titre, d’exposition et de catalogue, Robinson, ou la force des choses, bien qu’à paraître d’une candeur rousseauiste, pourrait mettre le visiteur en situation Vendredi. Allusion, d’entrée, à un mythique retour aux origines qui n’aura pas semble-t-il la complexité de ce qu’évoquent Daniel Defoe ou Michel Tournier .

Étrange catalogue, comme en aparté, dans lequel n’apparaissent pas, ou à peine évoqués, les plus sources ou voisins parmi les aînés ou contemporains. (Hantaï jamais cité ! Nous parlions pourtant souvent avec Viallat et Saytour de son travail fait avant tension sur toile libre pliée). Il est bien questions d’histoires et d’histoire dans la postface, mais version officielle, objet extérieur : Il semblerait à lire les entretiens et cette postface que trois artistes surgissent du néant dans un terrain jadis cultivé et soudain quasi désert. Vision qui, tout en arguant des préhistoires, évacue la précision historique, reconstruit de manière étriquée environnement et parcours. C’est pourtant bien de ces restrictions mentales que ce courant Peinture Analytique a souffert en se restreignant au franco-français et, refusant ainsi de s’inscrire dans l’histoire ouverte et multiple, est resté incompréhensible et a souvent rendu invisible l’essentiel fécond de ses travaux.

Il n’est pas ici question, on peut le comprendre, des travaux antérieurs à 1966. Les artistes ont alors autour de 30 ans. Le travail « avoué » commence avec cette rupture assumée suite à des pratiques et des réflexions sur et avec nos aînés : problème des limites avec Pollock, Kaprow ,et Fluxus ici à peine mentionné, problème du subjectile (des surfaces et des supports), des fondements culturels, l’archéologie de l’art, donc de son enracinement dans la société : et ici, influence d’Arman, avec son expérience tirée des fouilles au Moyen-Orient, m’avait-il expliqué, quand étudiant à l’Ecole du Louvre il fouillait disait-il des poubelles antiques, et « les poubelles » donnaient leurs leçons.

Les aînés ayant bien déblayé le terrain, Buren Mosset Parmentier et Toroni donnant après Marcel Duchamp (autrement plus radical), Taraboukine indirectement, Klein (avec le travail de peintre aux limites des empreintes de corps), et quelques autres le dernier coup de balais, la peinture paraissait saignée à blanc. On reste franco-parisien, et si les Pollock, Rothko, Reinhardt, Rauschenberg, Sam Francis, Newman, etc. et les divers courants en expansion en ces années-là donnaient à penser, il semble qu’il serait devenu inconvenant, voire impoli, d’évoquer leurs influences océaniques dans les vagues desquelles chaque artiste n’est qu’un nageur en lutte pour avancer, il ne sait jamais de façon certaine vers quel rivage.

Ignorés aussi, comme le groupe 70, ceux que je cite dans mes textes tel Sam Gilliam, Griffa (“Io non rappresento nulla, io dipingo”, « Je ne représente rien, je peins » est le titre d’une exposition personnelle de son travail 1968-1972) et autres : pour manque de vitrine parisienne ? Il semble qu’il y aurait un « génie français » dont la caractéristique principale serait de porter des œillères. À propos de Fluxus, artistes et critiques ont été en France particulièrement aveugles. Ce qui expliquerait qu’ici, tandis qu’influencé par le Pop’ Art un nouvel expressionnisme matiériste et violent traversait l’Europe, on jouait avec une amusante et souvent très légère « Figuration Libre ». On feint d’ignorer aussi l’Arte Povera, exactement contemporain, qui travaille une même attitude envers les matériaux pauvres de récupération (sable, terre, goudron, bois, cordes, chiffons, toiles de jute, vêtements usés…), dans des perspectives moins « peinture – peinture » sans doute, mais tout de même... La vision restreinte de Peinture Analytique pourrait avoir une version généralisée Art Plastique Analytique…

Illusoire départ à zéro quand on a charge en héritage d’au moins 35000 ans de culture. Le zéro culturel est inconcevable. Nous pouvions convenir d’un zéro arbitraire né d’un effacement momentané, pragmatique et provisoirement opérationnel : Restait le peindre, restait à revoir les couleurs, à ravoir des couleurs. (En 1969, j’intitule mon exposition personnelle à St Paul, Galerie de La Salle : « Le degré Zéro + X ». Cet X pesait fort lourd). Je n’ai eu la chance de lire, « L’oeuvre picturale et les fonctions de l’apparence » de René Passeron (1) , qui m’aurait fourni un matériel sémantique utile, qu’au début des années 70.

 

1968 et 1969 marquent l’ancrage des pratiques et de l’affirmation verbale (Beaucoup disaient « théorique », bien que j’aie pour ma part toujours plus justement préféré parler plus modestement de « commentaires ») : à Cannes, où nous devions exécuter notre travail, Hawaï Plage (sur la plage !) « Quelque Chose », (Alocco, Chubac, Saytour, Viallat) 18 mai 1968, inaugure les « expositions » hors lieu culturel (la revue milanaise « BIT » de Daniela Palazzoli et Gianni-Emilio Simonetti en rend compte dans son n° 3, de juin). Nous devions au même moment présenter dans « La Jeune Peinture » à Paris, une salle de tendance montrant ce que nous n’appelions pas encore Peinture Analytique : Manifestation annulée en ce Mai 68 par d’autres manifestations. Après la première tentative de rassemblement d’INterVENTION (Alocco, Dolla, Saytour, Viallat) à Rome (Circolo La Fede, 1969) vient enfin à l’Ecole Spéciale d’Architecture de Paris, exposition inaugurale emblématique : « Alocco, Dezeuze, Dolla, Pincemin, Pagès, Saytour, Viallat » début 1969. Puis « La Peinture en Question » (Musée des Beaux-Arts, le Havre), et ensuite, durant l’été, la deuxième exposition plein air dans le village de Coaraze.

Il serait inexact de dire que la déconstruction du tableau comme concept ou pratique débute à ce moment. Les avant-gardes de la première moitié du XX° siècle souvent, comme les Suprématistes, les Constructivistes (2), les Dada très directement, les Surréalistes et les Fluxmen (plus orientés sur la dérision) les artistes « bruts » (parfois avec malice) et nos contemporains de l’Art Conceptuel et l’Arte Povera… ont œuvré cette idée. Chacune à leur façon avait reposé le problème, portant l’accent les unes plutôt sur le concept, d’autres davantage sur les pratiques, comme le font les deux derniers mouvements cités. On peut constater qu’en 1967 Viallat et Saytour participent encore à La Jeune Peinture Méditerranéenne, qui n’accepte que de la « peinture » en « Tableaux » (J’y fus refusé cette même année pour n’avoir pas mis de baguettes autour du châssis, et puis surtout « Ce n’est pas de la peinture » — ce n’était en effet que deux toiles de l’Idéogrammaire, que dans le même temps Jacques Villeglé acceptait pour la salle des contemporains au Salon Comparaisons, au Musée de la Ville, à Paris).

Le Pop’art minait le terrain. Pour « La bouteille et l’assiette » exposition organisée en sa galerie par Ben Vautier (« passeur » très actif), je présente la reconstitution « archéologique » d’une bouteille et d’une assiette à partir de fragments contemporains « retrouvés ». Viallat marque de son logo une réduction d’un trophée de chasse (tête de cerf) reliée à une assiette en carton. Histoire mystérieuse, Pop’ encore… et les Tapiès, Chaissac, Dubuffet hantent nos mémoires. Echangées, la pièce de Viallat est restée dans ma collection, la mienne semble être retournée à la poubelle ! Depuis des mois installés à Villefranche-sur-mer, nos copains d’expos ou de bistrots, George Brecht et Robert Filliou sont très présents dans les activités niçoises. Les dettes ne sont jamais totalement a contrario, ça dialogue, c’est dialectique : Un temps en la circonstance pour cette période alliés objectifs, Marcelin Pleynet (dans Tel Quel) et Jean Clair (avec L’Art Vivant) défendent les mêmes avant-gardes et pourraient en témoigner. Que Robinson s’imagine en Blanche Neige n’empêche pas Vendredi, les nains majoritaires… et la vilaine Sorcière. Dans la vraie vie, les Princes Charmants et les bonnes fées sont d’une extrême rareté, soixante-quinze ans que je l’expérimente. Le pur est une idée, exacte peut-être dans la chimie, certainement pas pour l’humain. Les textes théorico-politiques des Supports-Surfaces existent, signés, versants sombres et dogmatiques, bizarre salmigondis de pensée tructuralo-lacano-stalino-maoïstes du groupe – que j’ai refusés d’emblée, que quelques-uns renièrent rapidement, d’autres plus tard. 

 

Entre 1969 et 1974 je dis, j’écris « La peinture déborde » et montre les à-côtés de l’œuvre, les « résidus » : ce qui aboutit en 1974, Galerie Ben Doute de Tout à Nice - St Pancrace, à la mise en exposition comme œuvre d’une reconstitution de mon atelier avec ses instruments, les toiles et les débris, les « traces » et les « déchets » de travail, sous le titre « La peinture déborde ». (Reprise au Château de Carros pour la rétrospective de 2002). Sur quoi, grand silence. Aujourd’hui on fait, mais en catalogue, œuvres de vues photos d’ateliers. Il est vrai que cette monstration des coulisses picturales, qui aurait dû intéresser mes collègues de la « Peinture analytique », devait tout autant à l’archéologie d’Arman (Le plein « poubelle » Galerie Iris Clert) et au sans frontière vie - art de la liberté Fluxus qu’à la mise en question du peindre. Seuls, avant 1980, Raphaël Monticelli, Egidio Alvaro et Michel Giroud mentionneront et situeront l’événement. Les formes en construction d’une même époque peuvent paraître divergentes, mais les procédures intellectuelles qui en structurent la production sont convergentes. Mais il est bien commode pour le critique de classer les diversités apparentes des pratiques en tendances, chacune dans son tiroir. On ouvre les tiroirs de la commode, et gare à celui qui se laisserait coincer les doigts entre deux ou trois tiroirs en mouvement. Cependant la convention n’est pas inutile : à condition de ne pas perdre de vue que les frontières ne sont que conventionnelles.

 

On pourrait jouer à lister en vrac ceux qui contribuèrent peu ou prou à l’existence de la Peinture Analytique : Buraglio, Dezeuze, Sam Gilliam, Devade, Limérat, Alocco, Ristori, Cane, Bioulès, Charvolen, Grand, Dolla, Maccaferri, Mahou, Meurice, Martin Miguel, Bernard Pagès, Pincemin, Prosi, Gérard Duchêne, Mazeaufroid, Michel Vachey, Jassaud, Badin, Rouan, Saytour, Viallat, A.P. Arnal, Geneviève Jamart, Zipora Bodek, Chacallis, Faucher, Frémiot, Haldorf, Isnard, Jaccard, Valensi, Charles C. Hill, Griffa, Esposito, Carpi… Et doit-on y inclure Buren – Mosset – Parmentier– Toroni ? De toute façon la liste ne peut certainement pas être complète. Il est peut-être l’heure pour qu’une équipe de courageux chercheurs universitaires explore et mette au clair d’un regard un peu plus scientifique ce morceau de l’art contemporain.

L’œuvre d’un artiste ne peut qu’être solidifiée par les qualités des sources fondatrices et les contributions de ses pairs. Le tronc monte fort et droit s’il a de profondes et larges racines, des branchages ouverts. Les influences durant l’époque contemporaine se sont multipliées par les capacités développées de circulation, de communication et d’information : Des apports extérieurs ont toujours fécondé les œuvres novatrices, des possibilités plus nombreuses ne peuvent que favoriser les ruptures. Depuis un siècle, il n’y a plus de filiations évidentes de maître à élève. S’imposaient aussi des influences venues des autres disciplines artistiques et des écrits abondants à propos des sciences humaines et des affrontements culturels particulièrement vifs fin des années soixante. Multipliées, les propositions qui contribuent à la formation des jeunes artistes en recherche métissent les parcours et diversifient les sources.

On peut donc se demander quels motifs ou mobiles animent la politique de l’autruche, du « ce que je ne dis pas doit s’effacer ». Cézanne n’empêche pas Picasso d’exister, au contraire, il fournit des moyens qui favorisent son expression. L’aveu de la richesse du milieu d’exercice et de la multitude des sujets de réflexion ne diminue en rien le créateur. Qui paie ses dettes s’enrichit. Y aurait-il dans ces occultations le signe d’un manque de confiance en l’originalité du travail ? Ou bien un besoin primaire, peut-être, de satisfaire son ego, mais avec mauvaise conscience ? Ou encore, pas contradictoire hélas, la discipline publicitaire infligée par la marchandisation ?

 

Un catalogue n’est plus conçu de nos jours comme œuvre d’information et d’analyse, mais, trop souvent, comme jadis celui de la manufacture de St Etienne et naguère celui des Trois Suisses, comme argument publicitaire. Cet ouvrage aurait mérité davantage de recherches et de précisions historiques pour les idées comme pour les faits. Mais le marché est en marche, qui court plus vite que les analyses critiques. Quelles que soient ses réserves, Blanche Neige en bonne Eve croque la pomme. Les artistes sont aussi des humains qu’une faim tenaille, et nul n’échappe à son estomac : Je parle, bien entendu, d’un estomac qui loge autant dans le cerveau que dans la tripe. « L’histoire de l’art vision publicitaire » du vingtième siècle reste à déconstruire… La mystification est encore en marche. S’il est pourtant une seule leçon que peut donner l’Histoire, c’est qu’elle répond toujours avec sévérité (parfois un peu tard, il est vrai) à ceux qui la méprise.

Comme je termine cet article, je reçois le numéro 17 de la revue « Recherches en Esthétique », sur le thème « Le trouble ». Gérard Durozoi conclut ainsi sa contribution :« On déplore volontiers l’absence actuelle d’une véritable critique, son remplacement par de simples commentaires sur l’actualité artistique ; mais celle-ci est en effet devenue pléthorique et fugace à un point tel qu’elle interdit pratiquement le repérage de « courant » ou « tendances » aussi bien que le recul et le temps nécessaires à l’élaboration des concepts adéquats qui permettraient une approche authentiquement critique. Il y a belle lurette que l’esthétique n’est plus normative : sans doute est-il temps de reconnaître que, dans le monde de l’art tel qu’il est, la position la plus trouble est désormais celle du « critique ». Il y aurait là, dans l’apparente contradiction et la convergence sur le fond, sujet à relancer la réflexion : à « l’élaboration des concepts adéquats ».

1 - Le livre de René Passeron, L’oeuvre picturale et les fonctions de l’apparence était parue en 1962

2 - Mais l’ouvrage de Nicolaï Taraboukine, Le dernier tableau. Du chevalet à la machine. Pour une théorie de la peinture, n’a été publié en français qu’en 1972. (textes présentés par Andréi Nakov, traduction du russe par Andréi Nakov et Michel Pétris, éditions Champ Libre, Paris 1972)

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP