BRIBES EN LIGNE
      dans sixième       bien       m̵ avez-vous vu ce paysage que tu contemplais ço dist li reis :  on peut passer une vie (vois-tu, sancho, je suis       le       sur pour jacqueline moretti,       dans dans ce pays ma mère       les       et tu rm : nous sommes en rêves de josué, préparation des dorothée vint au monde macao grise je t’enlace gargouille  l’exposition  dire que le livre est une antoine simon 19       descen ici, les choses les plus       &agrav dernier vers aoi f tous les feux se sont polenta pour michèle et je vois dans vos       le a l’aube des apaches, recleimet deu mult vue à la villa tamaris       que pour mes enfants laure et "et bien, voilà..." dit cinq madame aux yeux jusqu’à il y a i mes doigts se sont ouverts  la toile couvre les       je me autre essai d’un  avec « a la   pour le prochain le travail de bernard petit matin frais. je te la bouche pure souffrance je meurs de soif un jour nous avons  epître aux le coquillage contre quai des chargeurs de en cet anniversaire, ce qui       bonheu si, il y a longtemps, les il n’était qu’un le 23 février 1988, il exode, 16, 1-5 toute       va 0 false 21 18 un nouvel espace est ouvert j’oublie souvent et la littérature de       le la deuxième édition du mult ben i fierent franceis e  de la trajectoire de ce la terre nous f le feu m’a …presque vingt ans plus cinquième essai tout dernier vers doel i avrat, station 5 : comment li emperere par sa grant mais jamais on ne d’un bout à pour martin       arauca et ces  pour le dernier jour       entre il s’appelait que reste-t-il de la voici des œuvres qui, le         &n c’est vrai       dans       qui j’entends sonner les       neige où l’on revient pour errer est notre lot, madame, glaciation entre       " en ceste tere ad estet ja pour frédéric pour angelo l’attente, le fruit       deux    nous la vie humble chez les bien sûrla  hors du corps pas de l’autre le lent tricotage du paysage     sur la dans les carnets juste un pur ceste espee ai dulor e le nécessaire non (elle entretenait vous n’avez que d’heures       magnol deuxième apparition antoine simon 11     vers le soir vos estes proz e vostre premier essai c’est bal kanique c’est lorsqu’on connaît une   en grec, morías ajout de fichiers sons dans le glacis de la mort deux mille ans nous     [1]  " je suis un écorché vif. dans l’innocence des le ciel de ce pays est tout chercher une sorte de nice, le 8 octobre       cette raphaël au matin du dans le train premier dernier vers aoi de pareïs li seit la nous viendrons nous masser  l’écriture agnus dei qui tollis peccata antoine simon 17       fleur       "       coude       embarq Être tout entier la flamme mise en ligne un besoin de couper comme de       longte       le       aux les parents, l’ultime ils sortent cet article est paru antoine simon 14 on dit qu’agathe       journ& sixième et la peur, présente pour alain borer le 26 10 vers la laisse ccxxxii   anatomie du m et non, björg, il était question non  les éditions de normalement, la rubrique (josué avait lentement depuis ce jour, le site       bruyan petites proses sur terre vedo la luna vedo le   l’oeuvre vit son juste un mot pour annoncer   un vendredi poussées par les vagues       au marché ou souk ou       voyage nu(e), comme son nom dernier vers aoi il n’y a pas de plus le ciel est clair au travers la musique est le parfum de       o zacinto dove giacque il mio       nuage au lecteur voici le premier ce pays que je dis est les plus terribles les cuivres de la symphonie il souffle sur les collines "pour tes la langue est intarissable je ne saurais dire avec assez tout en vérifiant de tantes herbes el pre li quens oger cuardise karles se dort cum hume c’est le grand siglent a fort e nagent e comme un préliminaire la ce l’erbe del camp, ki la chaude caresse de trois (mon souffle au matin il arriva que       sous se placer sous le signe de tu le sais bien. luc ne antoine simon 21   entrons passet li jurz, si turnet a le 28 novembre, mise en ligne tes chaussures au bas de cyclades, iii° c’est une sorte de le geste de l’ancienne, "ah ! mon doux pays, madame dans l’ombre des pure forme, belle muette, dernier vers aoi dernier vers aoi       m̵  martin miguel vient granz est li calz, si se prenez vos casseroles et pour daniel farioli poussant  tu ne renonceras pas. "si elle est (dans mon ventre pousse une suite de marcel alocco a   ces sec erv vre ile       au station 3 encore il parle si j’avais de son     faisant la « e ! malvais il faut laisser venir madame à propos “la les avenues de ce pays madame des forêts de sculpter l’air : antoine simon 18 dernier vers aoi         la saluer d’abord les plus attention beau bien sûr, il y eut c’est pour moi le premier       en un   iv    vers neuf j’implore en vain art jonction semble enfin madame déchirée non... non... je vous assure,       au "nice, nouvel éloge de la       la a propos d’une tendresse du mondesi peu de     chambre ce texte m’a été la question du récit violette cachéeton deuxième dernier vers aoi       le il n’est pire enfer que tu le saiset je le vois la vie est dans la vie. se dans ma gorge   (dans le encore la couleur, mais cette les dieux s’effacent antoine simon 5       la titrer "claude viallat,       pass&e immense est le théâtre et antoine simon 22     pourquoi c’est seulement au       un       reine dernier vers aoi apaches : dernier vers aoi max charvolen, martin miguel histoire de signes . quelques autres  ce mois ci : sub       devant madame est la reine des     un mois sans l’homme est il existe deux saints portant  hier, 17  le "musée       six   pour adèle et       entre ] heureux l’homme       je me la vie est ce bruissement   encore une traquer l’heure de la on préparait paroles de chamantu je n’ai pas dit que le       un aux barrières des octrois cinquième citationne ...et poème pour       pourqu de toutes les sept (forces cachées qui pour jacky coville guetteurs       ( très malheureux... antoine simon 10 de profondes glaouis Ç’avait été la sors de mon territoire. fais le plus insupportable chez depuis le 20 juillet, bribes comment entrer dans une   le texte suivant a       soleil a la femme au ma chair n’est constellations et un tunnel sans fin et, à à sylvie s’ouvre la       sur le       la l’existence n’est       au quando me ne so itu pe si j’étais un madame est une torche. elle 13) polynésie dernier vers s’il alocco en patchworck ©       dans accorde ton désir à ta toute une faune timide veille toulon, samedi 9 je t’enfourche ma les plus vieilles ce qui fait tableau : ce       voyage       sur       voyage  c’était       gentil       pav&ea j’ai perdu mon   voici donc la       chaque quand il voit s’ouvrir,     &nbs       m&eacu raphaël epuisement de la salle,       deux À la loupe, il observa et si tu dois apprendre à "moi, esclave" a « amis rollant, de (À l’église et si au premier jour il l’instant criblé dans le pays dont je vous pluies et bruines, (de)lecta lucta         s̵ ce qui aide à pénétrer le 5) triptyque marocain    au balcon  née à     depuis       je la parol

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ANNE GÉRARD

<- 27 octobre, abandon total |
2 novembre, 20h30
© Anne Gérard
Ecrivain(s) : Gérard
Clefs : poésie

L’heure de la délivrance approche. Le repas est terminé, il y a le rituel de la série télé qu’ils regardent tous les trois avant d’aller se coucher, et ce, depuis que Marcello est parti. Après elle pourra se plonger dans son lit comme dans un océan salvateur et revigorant. Dormir est son seul bonheur actuellement. Elle ne boude pas son plaisir d’ailleurs. Elle s’en délecte même. Le sommeil est son refuge, son lit est son cocon, sa cabane, son antre. Quand elle dort, elle n’est plus Lola, 44 ans, abandonnée comme un truc sans importance, un papier sans intérét que l’on sort de sa poche et qu’on lâche sur le trottoir. Perchée sur sa mezzanine, elle s’y sent à l’abri du regard des enfants et peut laisser le chagrin déformer son visage autant qu’il le souhaite. Elle peut laisser ruisseler ses larmes à volonté, et a le temps de les essuyer si l’un d’eux monte pour lui faire un câlin. Ceci dit, ils sont malins ; Léo lui a dit tout à l’heure : « T’as encore pleuré, ’man ? ». Elle a nié pour la forme, a dit qu’elle était juste fatiguée, et a changé de sujet.
Marcello vient d’appeler sur le portable de Camélia pour prendre de leurs nouvelles. Pas des siennes. Même pas demander si elle s’en sortait, si elle accusait pas trop mal le coup. Rien. Du jour au lendemain, plus rien. Comme si elle lui avait fait du mal, comme s’il lui en voulait de quelque chose. Mais de quoi. Elle a bien essayé de lui parler quand il dépose les enfants à la maison après l’école, mais rien. C’est jamais le moment, il n’a pas envie, il n’a pas le temps. Il lui parlera en temps voulu. C’est lui qui mène la danse, qui décide des règles du jeu. Son besoin à elle de comprendre, il s’en fiche. Elle n’a même pas le droit à une explication, quelques mots livrés qui lui permettraient d’avancer. Rien. Pour lui, ça ne semble pas en valoir la peine. Tant pis si pour elle c’est juste nécessaire. Il préfère se murer dans le silence ou l’indifférence, elle ne sait pas.
Lola ne peut s’empêcher d’écouter discrètement la conversation du père et de la fille. Des fois qu’on s’intéresse à elle. Qu’on s’inquiète pour elle. Mais faut pas rêver. Visiblement le zapping est total. Sidérant, affligeant, monstrueux, inconcevable. Elle a envie de lui arracher le téléphone des mains, lui dire qu’elle est là, qu’elle existe, qu’elle n’a pas disparu de cette planète comme ça en un clic de souris, effacée, gommée, mise à la corbeille qu’il ne reste plus qu’à vider pour avoir la paix définitivement. Non, elle n’a pas disparu de la planète. Elle le sait autant que lui. Elle a juste disparu de son cœur, de sa tête, avec une rapidité et une brutalité qui la laissent juste K.O parterre. Des fois, avant, elle se demandait, s’il lui arrivait quelque chose, si elle mourrait brutalement, combien de temps la souffrance serait intolérable pour lui. Combien de temps pour s’en remettre. Combien de temps pour refaire sa vie. Combien de temps pour l’oublier. 10 ans ? 2 ans ? 6 mois ? Loin du compte. Peut-être juste une histoire de jours. D’heures. Effrayant. Donner tout ce qu’il y a de plus essentiel en soi, de plus profond, alors que tout peut s’arrêter comme ça, net, comme si rien ne s’était passé.
Lola se souvient d’une discussion avec sa sœur, alors qu’elle passait quelques jours chez elle, à Avignon. Celle-ci se battait contre un cancer, et semblait s’en sortir plutôt bien, toute pleine d’envie qu’elle était de continuer à vivre. Assises dans le jardin, elles buvaient l’apéro, et derrière la haie qui les séparaient du voisin, des bribes de conversation, des bruits de verres et de vie se laissaient deviner, montaient jusqu’à elles. Sa sœur lui raconte donc que, dans la villa d’à côté vivait un couple, mais que le mari venait de mourir peu de temps avant brutalement. Chose incroyable, un autre homme était arrivé très rapidement, quelques semaines, peut-être un mois après. Il était venu habiter dans une maison, un décor qui n’était pas à lui, qui n’était pas de lui, et la vie avait repris son cours comme si rien ne s’était passé. Il utilisait sa télé, son frigo, ses pantoufles, sa femme, tout ça était devenu sien, et l’autre, le précédent, n’avait pas été pleuré, juste raturé, proprement, sans laisser trop de traces, un trait bien net à la règle. Tout ça sans état d’âme apparent.
Lola se souvient que cette conversation l’avait mise profondément mal à l’aise. Qu’elle s’était empiffrée d’olives farcies aux anchois, préférant passer pour la fille pas polie et de surcroît goinfre, plutôt que d’avoir quelque chose à répondre à cet affreux constat. Elle sentait confusément que sa sœur se questionnait sur sa disparition à elle. Disparition physique ou disparition dans le cœur et la tête de l’autre ? Sur ces entrefaits, son compagnon était rentré du boulot, avait ouvert une bouteille de rosé et on avait parlé d’autre chose. Atmosphère détendue à nouveau, ambiance estivale, plaisanteries et complicité au menu.
Il se trouve que malencontreusement, la sœur de Lola avait été rattrapée par son sale cancer et en était morte quelques mois plus tard. Etrange sensation de déjà vu quand ses nièces, éberluées, avait annoncé à Lola que, quelques semaines après, une autre était venue s’installait dans les meubles de leur mère, comme si de rien n’était. L’autre, la nouvelle, avait juste pris soin d’enlever les photos de famille, instants volés d’un autre temps heureux où elle ne faisait pas partie du décor. Et la vie pouvait continuer son cours. Pour ceux qui restaient. Une fois de plus, Lola n’avait rien eu à répondre. Elle avait gardé pour elle une profonde tristesse. Elle aurait préféré ne jamais savoir ce que sa sœur savait de façon intuitive. Couple uni, pourtant, du moins en apparence.
Evidemment elle s’était questionnée sur ce qu’elle pesait elle, sur le poids des sentiments de Marcello à son égard. Maintenant elle avait la réponse : poids-plume assuré, volatile, elle était, insaisissable, prête à se désagréger, l’air de rien, en deux temps trois mouvements. Ni vue ni connue. Le tour était joué.
Elle entend Camélia dire à son père : « Moi aussi je t’aime papa ». Ce moi aussi qui en dit long, qui évoque une réciprocité, un sentiment partagé, la révolte, la met littéralement hors d’elle. Jalousie malsaine et sordide. Elle se surprend à envier sa propre fille pour l’amour que son père lui donne. Pour un peu, elle se dégouterait. Lutter contre ses réactions primaires lui demande une énergie considérable. Elle est de tempérament impulsif, elle n’a pas l’habitude de se censurer d’ordinaire, mais là, il en va de la santé mentale de ses propres enfants.
Elle se colle soulagée entre son fils et sa fille sur le canapé pour assister au énième épisode de la série américaine-culte du moment. Ne plus rien dire, ne plus penser, juste avaler passivement. Ici, c’est simple, tout le monde trompe tout le monde. Ici, les pères quittent les mères pour s’envoyer en l’air avec un jeune amant. Les mères retrouvent inopinément leur amour de jeunesse et s’accordent un remake d’une love-story dernière génération. Ici pas d’état d’âme ni de culpabilité et ça semble plutôt bien fonctionner, puisque tout le monde y trouve son compte. Les jeunes eux-mêmes s’éclatent et s’accordent du bon temps sans se préoccuper des histoires de cul de leurs aînés. Ici tout le monde vit ça sereinement. Ruptures, retrouvailles, tout cela s’enchaîne admirablement. D’ailleurs il n’y a pas de vieux dans ces films. Personne n’a atteint la limite d’âge, dépassé la date de péremption. Tout le monde est baisable, tout le monde baise ou se fait baiser, le bonheur quoi !
 Lola a du mal à se concentrer. C’est plus comme au début. Vingt trois épisodes plus tard, elle commence à trouver cela lassant. Il y a comme une accoutumance. L’effet anxiolytique commence à s’atténuer. Elle en revient malgré elle au sien, de feuilleton, celui qu’elle vit en ce moment. Elle reconnait qu’au niveau rebondissement c’est pas mal, mais quand même, tout cela manque un peu de suspens. Le temps passe, les jours défilent, mais rien ne change par rapport à la veille. Gare à l’audimat. Le public va finir par aller voir chez les concurrents, genre chaîne télé-réalité, ça change des fictions plan-plan, plus vraies que nature. Faudrait tenir son public en haleine, pour l’amener vers une fin inimaginable, pleine de poésie, d’amour et tout et tout. On peut toujours rêver !
Elle repense au repas de ce soir. Camélia a fait une drôle de remarque en mangeant son jambon-purée. Qui a laissé Lola perplexe. Bouche bée, presque. Elle a tout simplement dit : « On est bien tous les trois. C’est plus calme. Ca crie moins. J’aime bien ». Réponse de Léo :
 • Moi je préférais quand y’avait papa !
Le regard de Lola va de l’un à l’autre. Elle ne s’attendait pas à entendre un truc pareil de la bouche de sa fille. Ca lui fait un effet bizarre. Ca la perturbe. Camélia croise le regard un peu perdu de sa mère et lui balance : « Ben quoi, j’ai dit quelque chose de mal ? On peut dire ce qu’on pense encore, non ? »
Lola se lève et empile les assiettes. Elle n’a pas envie de parler. Elle répond juste, en murmurant : « Ouais, c’est juste pas très sympa pour papa, c’est tout ».
 • Sympa ou pas , c’est la vérité, non, ça gueulait tout le temps dans cette baraque.
Estomaquée, Lola esquive : « Tiens, ça te dérangerait beaucoup de m’aider à débarrasser ? »

Publication en ligne : 10 août 2009

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