BRIBES EN LIGNE
      " la brume. nuages martin miguel art et       d&eacu a l’aube des apaches,     [1]   au travers de toi je  mise en ligne du texte 1) notre-dame au mur violet grande lune pourpre dont les deuxième ils sortent f toutes mes quelque chose       mouett ce qui importe pour       magnol morz est rollant, deus en ad dernier vers aoi     m2 &nbs vous dites : "un ce monde est semé       la derniers vers sun destre avec marc, nous avons       juin deux ajouts ces derniers toutefois je m’estimais       pass&e       voyage la tentation du survol, à ensevelie de silence,       ma pur ceste espee ai dulor e       arauca nécrologie a claude b.   comme paysage de ta tombe  et au commencement était     sur la temps de cendre de deuil de merle noir  pour l’heure de la madame a des odeurs sauvages antoine simon 6 j’ai donné, au mois pour jacqueline moretti,  les éditions de fragilité humaine. sur l’erbe verte si est       un nous lirons deux extraits de antoine simon 33 branches lianes ronces c’est la chair pourtant j’ai parlé       le le coquillage contre langues de plomba la 0 false 21 18 réponse de michel       la ço dist li reis : allons fouiller ce triangle cliquetis obscène des       montagnesde a propos de quatre oeuvres de charogne sur le seuilce qui au rayon des surgelés ce va et vient entre antoine simon 32 sainte marie,       nuage tromper le néant apaches : vous avez       et tu et…  dits de des conserves ! equitable un besoin sonnerait dernier vers s’il  hors du corps pas intendo... intendo ! 1 au retour au moment carles respunt : tout en travaillant sur les tendresses ô mes envols "la musique, c’est le régine robin,       dans nous viendrons nous masser     pluie du si elle est belle ? je       la certains soirs, quand je       dans avez-vous vu sables mes parolesvous dernier vers que mort  si, du nouveau antoine simon 21 ki mult est las, il se dort       dans f le feu m’a       au 1. il se trouve que je suis       é issent de mer, venent as al matin, quant primes pert très malheureux... carmelo arden quin est une le lent tricotage du paysage       vaches       grimpa le pendu   est-ce que       au a la libération, les non, björg, ce n’est pas aux choses   1) cette       m&eacu elle disposait d’une que reste-t-il de la travail de tissage, dans je suis bien dans  “comment j’ai ajouté       le autre petite voix  il est des objets sur tous feux éteints. des       m̵ la danse de karles se dort cum hume encore la couleur, mais cette macles et roulis photo 6   adagio   je carissimo ulisse,torna a li emperere s’est     tout autour prenez vos casseroles et la gaucherie à vivre, sur la toile de renoir, les   3   

les       grappe le grand combat : seins isabelle boizard 2005 la terre nous le 15 mai, à "ces deux là se paien sunt morz, alquant       " ...et poème pour 1257 cleimet sa culpe, si au programme des actions de prime abord, il dans un coin de nice,  au mois de mars, 1166 de toutes les temps où les coeurs bernadette griot vient de       ( à la mémoire de pour anne slacik ecrire est et si tu dois apprendre à dernier vers aoi         tourne       bien moi cocon moi momie fuseau attelage ii est une œuvre on dit qu’agathe l’évidence aucun hasard si se pour mes enfants laure et       aujour bribes en ligne a antoine simon 28 tes chaussures au bas de j’ai perdu mon attendre. mot terrible. d’abord l’échange des et si au premier jour il ainsi va le travail de qui il y a tant de saints sur suite de quelque temps plus tard, de douce est la terre aux yeux et tout avait       (ô fleur de courge... art jonction semble enfin essai de nécrologie, toi, mésange à bien sûr, il y eut       alla les parents, l’ultime sixième       à elle ose à peine siglent a fort e nagent e d’un bout à granz fut li colps, li dux en pour lee       " il ne reste plus que le 1254 : naissance de       marche mais non, mais non, tu  “s’ouvre générations je t’enlace gargouille 1- c’est dans   au milieu de une errance de seul dans la rue je ris la un besoin de couper comme de tant pis pour eux.  ce mois ci : sub elle réalise des et combien macles et roulis photo 7 la mort d’un oiseau. quai des chargeurs de ecrire sur dans le respect du cahier des  monde rassemblé     à    si tout au long « voici diaphane est le un soir à paris au "mais qui lit encore le soudain un blanc fauche le à propos des grands poème pour pour yves et pierre poher et antoine simon 19 pour julius baltazar 1 le       l̵ À perte de vue, la houle des il n’y a pas de plus les dernières     depuis monde imaginal,       ruelle j’ai longtemps       object max charvolen, martin miguel il semble possible       le cinquième essai tout rien n’est quand c’est le vent qui toute une faune timide veille histoire de signes . tandis que dans la grande immense est le théâtre et ce texte m’a été approche d’une dimanche 18 avril 2010 nous lorsqu’on connaît une       sur le   saint paul trois       fleure assise par accroc au bord de des quatre archanges que couleur qui ne masque pas       sur le quand vous serez tout  la lancinante v.- les amicales aventures du encore une citation“tu       &  dans toutes les rues     un mois sans on cheval       jonath de proche en proche tous       quinze certains prétendent « amis rollant, de       en il en est des noms comme du   entrons laure et pétrarque comme dernier vers aoi de sorte que bientôt sauvage et fuyant comme il y a des objets qui ont la s’ouvre la pour m.b. quand je me heurte en 1958 ben ouvre à temps de pierres dans la lu le choeur des femmes de madame est une une fois entré dans la dernier vers aoi       au mise en ligne reflets et echosla salle dans l’effilé de pour andré les routes de ce pays sont eurydice toujours nue à       au     longtemps sur       &agrav on croit souvent que le but   marcel autre essai d’un c’est la distance entre errer est notre lot, madame,       &n nous avancions en bas de (josué avait lentement antoine simon 26 napolì napolì antoine simon 30 la question du récit pour andré villers 1) nous serons toujours ces deuxième essai le       apparu et la peur, présente et nous n’avons rien antoine simon 18       j̵ pour egidio fiorin des mots rare moment de bonheur,  l’exposition  tous ces charlatans qui le bulletin de "bribes nos voix       l̵ le passé n’est poussées par les vagues les amants se       dans     pourquoi on préparait   se les doigts d’ombre de neige   ciel !!!! ce   le texte suivant a en ceste tere ad estet ja   né le 7 une il faut dire les zacinto dove giacque il mio la fonction,       le ma voix n’est plus que "je me tais. pour taire.       o     &nbs troisième essai et la prédication faite       su antoine simon 15 nu(e), comme son nom est-ce parce que, petit, on       aux a propos d’une       soleil quelques textes dans le pain brisé son a supposer quece monde tienne 0 false 21 18 titrer "claude viallat,   jn 2,1-12 : station 3 encore il parle abu zayd me déplait. pas       la clere est la noit e la le tissu d’acier giovanni rubino dit douze (se fait terre se d’un côté livre grand format en trois se reprendre. creuser son je dors d’un sommeil de dernier vers aoi     rien       devant le 23 février 1988, il  référencem       p&eacu À l’occasion de  c’était mise en ligne d’un raphaël la poésie, à la la parol

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ANNE GÉRARD

<- 27 octobre, abandon total |
2 novembre, 20h30
© Anne Gérard
Ecrivain(s) : Gérard
Clefs : poésie

L’heure de la délivrance approche. Le repas est terminé, il y a le rituel de la série télé qu’ils regardent tous les trois avant d’aller se coucher, et ce, depuis que Marcello est parti. Après elle pourra se plonger dans son lit comme dans un océan salvateur et revigorant. Dormir est son seul bonheur actuellement. Elle ne boude pas son plaisir d’ailleurs. Elle s’en délecte même. Le sommeil est son refuge, son lit est son cocon, sa cabane, son antre. Quand elle dort, elle n’est plus Lola, 44 ans, abandonnée comme un truc sans importance, un papier sans intérét que l’on sort de sa poche et qu’on lâche sur le trottoir. Perchée sur sa mezzanine, elle s’y sent à l’abri du regard des enfants et peut laisser le chagrin déformer son visage autant qu’il le souhaite. Elle peut laisser ruisseler ses larmes à volonté, et a le temps de les essuyer si l’un d’eux monte pour lui faire un câlin. Ceci dit, ils sont malins ; Léo lui a dit tout à l’heure : « T’as encore pleuré, ’man ? ». Elle a nié pour la forme, a dit qu’elle était juste fatiguée, et a changé de sujet.
Marcello vient d’appeler sur le portable de Camélia pour prendre de leurs nouvelles. Pas des siennes. Même pas demander si elle s’en sortait, si elle accusait pas trop mal le coup. Rien. Du jour au lendemain, plus rien. Comme si elle lui avait fait du mal, comme s’il lui en voulait de quelque chose. Mais de quoi. Elle a bien essayé de lui parler quand il dépose les enfants à la maison après l’école, mais rien. C’est jamais le moment, il n’a pas envie, il n’a pas le temps. Il lui parlera en temps voulu. C’est lui qui mène la danse, qui décide des règles du jeu. Son besoin à elle de comprendre, il s’en fiche. Elle n’a même pas le droit à une explication, quelques mots livrés qui lui permettraient d’avancer. Rien. Pour lui, ça ne semble pas en valoir la peine. Tant pis si pour elle c’est juste nécessaire. Il préfère se murer dans le silence ou l’indifférence, elle ne sait pas.
Lola ne peut s’empêcher d’écouter discrètement la conversation du père et de la fille. Des fois qu’on s’intéresse à elle. Qu’on s’inquiète pour elle. Mais faut pas rêver. Visiblement le zapping est total. Sidérant, affligeant, monstrueux, inconcevable. Elle a envie de lui arracher le téléphone des mains, lui dire qu’elle est là, qu’elle existe, qu’elle n’a pas disparu de cette planète comme ça en un clic de souris, effacée, gommée, mise à la corbeille qu’il ne reste plus qu’à vider pour avoir la paix définitivement. Non, elle n’a pas disparu de la planète. Elle le sait autant que lui. Elle a juste disparu de son cœur, de sa tête, avec une rapidité et une brutalité qui la laissent juste K.O parterre. Des fois, avant, elle se demandait, s’il lui arrivait quelque chose, si elle mourrait brutalement, combien de temps la souffrance serait intolérable pour lui. Combien de temps pour s’en remettre. Combien de temps pour refaire sa vie. Combien de temps pour l’oublier. 10 ans ? 2 ans ? 6 mois ? Loin du compte. Peut-être juste une histoire de jours. D’heures. Effrayant. Donner tout ce qu’il y a de plus essentiel en soi, de plus profond, alors que tout peut s’arrêter comme ça, net, comme si rien ne s’était passé.
Lola se souvient d’une discussion avec sa sœur, alors qu’elle passait quelques jours chez elle, à Avignon. Celle-ci se battait contre un cancer, et semblait s’en sortir plutôt bien, toute pleine d’envie qu’elle était de continuer à vivre. Assises dans le jardin, elles buvaient l’apéro, et derrière la haie qui les séparaient du voisin, des bribes de conversation, des bruits de verres et de vie se laissaient deviner, montaient jusqu’à elles. Sa sœur lui raconte donc que, dans la villa d’à côté vivait un couple, mais que le mari venait de mourir peu de temps avant brutalement. Chose incroyable, un autre homme était arrivé très rapidement, quelques semaines, peut-être un mois après. Il était venu habiter dans une maison, un décor qui n’était pas à lui, qui n’était pas de lui, et la vie avait repris son cours comme si rien ne s’était passé. Il utilisait sa télé, son frigo, ses pantoufles, sa femme, tout ça était devenu sien, et l’autre, le précédent, n’avait pas été pleuré, juste raturé, proprement, sans laisser trop de traces, un trait bien net à la règle. Tout ça sans état d’âme apparent.
Lola se souvient que cette conversation l’avait mise profondément mal à l’aise. Qu’elle s’était empiffrée d’olives farcies aux anchois, préférant passer pour la fille pas polie et de surcroît goinfre, plutôt que d’avoir quelque chose à répondre à cet affreux constat. Elle sentait confusément que sa sœur se questionnait sur sa disparition à elle. Disparition physique ou disparition dans le cœur et la tête de l’autre ? Sur ces entrefaits, son compagnon était rentré du boulot, avait ouvert une bouteille de rosé et on avait parlé d’autre chose. Atmosphère détendue à nouveau, ambiance estivale, plaisanteries et complicité au menu.
Il se trouve que malencontreusement, la sœur de Lola avait été rattrapée par son sale cancer et en était morte quelques mois plus tard. Etrange sensation de déjà vu quand ses nièces, éberluées, avait annoncé à Lola que, quelques semaines après, une autre était venue s’installait dans les meubles de leur mère, comme si de rien n’était. L’autre, la nouvelle, avait juste pris soin d’enlever les photos de famille, instants volés d’un autre temps heureux où elle ne faisait pas partie du décor. Et la vie pouvait continuer son cours. Pour ceux qui restaient. Une fois de plus, Lola n’avait rien eu à répondre. Elle avait gardé pour elle une profonde tristesse. Elle aurait préféré ne jamais savoir ce que sa sœur savait de façon intuitive. Couple uni, pourtant, du moins en apparence.
Evidemment elle s’était questionnée sur ce qu’elle pesait elle, sur le poids des sentiments de Marcello à son égard. Maintenant elle avait la réponse : poids-plume assuré, volatile, elle était, insaisissable, prête à se désagréger, l’air de rien, en deux temps trois mouvements. Ni vue ni connue. Le tour était joué.
Elle entend Camélia dire à son père : « Moi aussi je t’aime papa ». Ce moi aussi qui en dit long, qui évoque une réciprocité, un sentiment partagé, la révolte, la met littéralement hors d’elle. Jalousie malsaine et sordide. Elle se surprend à envier sa propre fille pour l’amour que son père lui donne. Pour un peu, elle se dégouterait. Lutter contre ses réactions primaires lui demande une énergie considérable. Elle est de tempérament impulsif, elle n’a pas l’habitude de se censurer d’ordinaire, mais là, il en va de la santé mentale de ses propres enfants.
Elle se colle soulagée entre son fils et sa fille sur le canapé pour assister au énième épisode de la série américaine-culte du moment. Ne plus rien dire, ne plus penser, juste avaler passivement. Ici, c’est simple, tout le monde trompe tout le monde. Ici, les pères quittent les mères pour s’envoyer en l’air avec un jeune amant. Les mères retrouvent inopinément leur amour de jeunesse et s’accordent un remake d’une love-story dernière génération. Ici pas d’état d’âme ni de culpabilité et ça semble plutôt bien fonctionner, puisque tout le monde y trouve son compte. Les jeunes eux-mêmes s’éclatent et s’accordent du bon temps sans se préoccuper des histoires de cul de leurs aînés. Ici tout le monde vit ça sereinement. Ruptures, retrouvailles, tout cela s’enchaîne admirablement. D’ailleurs il n’y a pas de vieux dans ces films. Personne n’a atteint la limite d’âge, dépassé la date de péremption. Tout le monde est baisable, tout le monde baise ou se fait baiser, le bonheur quoi !
 Lola a du mal à se concentrer. C’est plus comme au début. Vingt trois épisodes plus tard, elle commence à trouver cela lassant. Il y a comme une accoutumance. L’effet anxiolytique commence à s’atténuer. Elle en revient malgré elle au sien, de feuilleton, celui qu’elle vit en ce moment. Elle reconnait qu’au niveau rebondissement c’est pas mal, mais quand même, tout cela manque un peu de suspens. Le temps passe, les jours défilent, mais rien ne change par rapport à la veille. Gare à l’audimat. Le public va finir par aller voir chez les concurrents, genre chaîne télé-réalité, ça change des fictions plan-plan, plus vraies que nature. Faudrait tenir son public en haleine, pour l’amener vers une fin inimaginable, pleine de poésie, d’amour et tout et tout. On peut toujours rêver !
Elle repense au repas de ce soir. Camélia a fait une drôle de remarque en mangeant son jambon-purée. Qui a laissé Lola perplexe. Bouche bée, presque. Elle a tout simplement dit : « On est bien tous les trois. C’est plus calme. Ca crie moins. J’aime bien ». Réponse de Léo :
 • Moi je préférais quand y’avait papa !
Le regard de Lola va de l’un à l’autre. Elle ne s’attendait pas à entendre un truc pareil de la bouche de sa fille. Ca lui fait un effet bizarre. Ca la perturbe. Camélia croise le regard un peu perdu de sa mère et lui balance : « Ben quoi, j’ai dit quelque chose de mal ? On peut dire ce qu’on pense encore, non ? »
Lola se lève et empile les assiettes. Elle n’a pas envie de parler. Elle répond juste, en murmurant : « Ouais, c’est juste pas très sympa pour papa, c’est tout ».
 • Sympa ou pas , c’est la vérité, non, ça gueulait tout le temps dans cette baraque.
Estomaquée, Lola esquive : « Tiens, ça te dérangerait beaucoup de m’aider à débarrasser ? »

Publication en ligne : 10 août 2009

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