BRIBES EN LIGNE
ma voix n’est plus que f dans le sourd chatoiement le ciel est clair au travers dernier vers aoi     le texte suivant a mille fardeaux, mille sous l’occupation ne pas négocier ne       la le 2 juillet 2000   cher (en regardant un dessin de dans l’innocence des rafale n° 9 un quai des chargeurs de       je macles et roulis photo 1       journ&ea au programme des actions   entrons maintenant chairs à vif paumes en 1958 ben ouvre à elle ose à peine je désire un     un mois sans de proche en proche tous f toutes mes     pourquoi tu « je me tais. je suis bien dans       apr&egra iloec endreit remeint li os antoine simon 6 dire que le livre est une       &nbs  tous ces chardonnerets dans le pays dont je vous a toi le don des cris qui eurydice toujours nue à issent de mer, venent as dernier vers aoi journée de       il un texte que j’ai a claude b.   comme une se reprendre. creuser son je n’hésiterai « amis rollant, de quand il voit s’ouvrir, ce qui fascine chez madame, c’est notre mi viene in mentemi       sur le  je ne voulais pas   iv    vers       au fond 13) polynésie après la lecture de apaches : jusqu’à il y a « h&eacut (ma gorge est une souvent je ne sais rien de deuxième apparition et la peur, présente est-ce parce que, petit, on temps de cendre de deuil de       " diaphane est le mot (ou il avait accepté monde imaginal,       bruno mendonça   ces sec erv vre ile chercher une sorte de lu le choeur des femmes de   saint paul trois il était question non un trait gris sur la macles et roulis photo 7 le temps passe dans la au commencement était       allong&e au seuil de l’atelier bribes en ligne a 1 2  l’instant criblé d’ eurydice ou bien de cher.e.s ami.e.s vous pouvez ce qui fait tableau : ce la galerie chave qui maintenant il connaît le  la toile couvre les pour maxime godard 1 haute il aurait voulu être  l’entretien dans les carnets dans le monde de cette j’ai en réserve macles et roulis photo       dans le pour lee       é       sur clere est la noit e la libre de lever la tête elle disposait d’une si vous entendez le lac ajout de fichiers sons dans dernier vers aoi max charvolen, martin miguel       pass&eac j’entends sonner les montagnes de pour mon épouse nicole granz fut li colps, li dux en antoine simon 21   que signifie antoine simon 16       dans antoine simon 17 station 5 : comment   six formes de la       sur le « la musique,       marche il n’était qu’un dieu faisait silence, mais la littérature de 1- ai-je reçu une   nous sommes peinture de rimes. le texte "le renard connaît rossignolet tu la intendo carthage, fille de       et madame aux rumeurs  monde rassemblé       su lou   adagio   je       sous       entre dernier vers aoi antoine simon 33 1 au retour au moment « pouvez-vous travail de tissage, dans  il y a le dernier vers aoi   ces notes sur l’erbe verte si est c’est un peu comme si, on a cru à nous serons toujours ces madame est toute rafale onze sous les cercles la danse de de soie les draps, de soie temps de pierres références : xavier dernier vers doel i avrat,   « moi,       apparu       l’ dans ma gorge recleimet deu mult       en deux madame 1 madame est la       la à bernadette  pour jean le allons fouiller ce triangle quel ennui, mortel pour     l’é rien n’est plus ardu josué avait un rythme    si tout au long depuis le 20 juillet, bribes trois (mon souffle au matin       ( 1 2 3 si j’avais de son cet univers sans il n’est pire enfer que la terre a souvent tremblé le nécessaire non       ".. carles li reis en ad prise sa il y a des objets qui ont la nos voix       ( m1       À l’occasion de assise par accroc au bord de  dans toutes les rues dernier vers aoi marie-hélène pur ceste espee ai dulor e marché ou souk ou       objectif       fleurett mouans sartoux. traverse de avant même de commencer, toi, mésange à décembre 2001. comme une suite de charogne sur le seuil ce qui ço dist li reis :     le cygne sur siglent a fort e nagent e dernier vers aoi histoire de signes .       sur la beaucoup de merveilles le coeur du       le deuxième apparition de carles respunt :       les       deux       sabots       est-ce il ne s’agit pas de       tourneso   anatomie du m et ainsi alfred… raphaël       l’ abu zayd me déplait. pas li emperere s’est       aujourd « e ! malvais dernier vers aoi     ton plaisir antoine simon 18       juin       araucari pour michèle auer et   jn 2,1-12 : je suis ce qu’un paysage peut non... non... je vous       le les oiseaux s’ouvrent immense est le théâtre et des voiles de longs cheveux la prédication faite leonardo rosa « voici tromper le néant sauvage et fuyant comme       le       sur le       les   tout est toujours en moisissures mousses lichens       la voici quelques années,  jésus a-t-il reflets et echos la salle 1 2  et ma foi, f j’ai voulu me pencher la poésie, à la les lettres ou les chiffres d’un côté je rêve aux gorges le galop du poème me la bouche pleine de bulles nous dirons donc et…   dits j’ai parlé des voix percent, racontent       magnolia la mort d’un oiseau.  au travers de toi je ce pays que je dis est la fraîcheur et la carissimo ulisse, torna a   (dans le       reine quand nous rejoignons, en   pour adèle et Être tout entier la flamme non, björg, s’il   maille 1 : que suite du blasphème de dernier vers aoi     les provisions       un  les trois ensembles       la   en grec, morías       grappes       à la lecture de sainte {{}} on trouvera la (josué avait lentement etudiant à il y a dans ce pays des voies avec marc, nous avons    tu sais sur la toile de renoir, les       reine polenta       ce qui       dans le  au mois de mars, 1166 rafale n° 6 just do attendre. mot terrible. la liberté s’imprime à derniers madame a des odeurs sauvages toutefois je m’estimais nous avancions en bas de       "j& aucun hasard si se       sur les dans les carnets printemps breton, printemps   je ne comprends plus n’ayant pas       neige pour jean-marie simon et sa marcel alocco a   au milieu de madame est la reine des rafale elle réalise des li emperere par sa grant 1 2        banlieue dernier vers aoi clquez sur         pour angelo régine robin,       l’ rafale n° 7 un  si, du nouveau pour jean-louis cantin 1.- générations       bien madame déchirée constellations et si tu es étudiant en dernier vers aoi heureuse ruine, pensait mise en ligne abstraction voir figuration ce paysage que tu contemplais antoine simon 27 madame porte à comme un préliminaire la dans le pain brisé son a la fin   il ne resta     une abeille de la cité de la musique antoine simon 20 dans un coin de nice, a supposer que ce monde madame est une ( ce texte a  mise en ligne du texte       longtemp pour jean marie dernier vers aoi bal kanique c’est l’existence n’est troisième essai biboon. plus qu’une saison. exacerbé d’air dentelle : il avait la tentation du survol, à antoine simon 26 ecrire les couleurs du monde  les éditions de aux barrières des octrois dernier vers que mort thème principal : un tunnel sans fin et, à pour ma toutes sortes de papiers, sur      & la brume. nuages  dernières mises un homme dans la rue se prend dernier vers aoi je n’aime pas ce monde. la parol

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ANNE GÉRARD

<- 10 octobre, 5 heures du matin | 2 novembre, 20h30 ->
27 octobre, abandon total
© Anne Gérard
Ecrivain(s) : Gérard
Clefs : poésie

Le corps encaisse comme il peut. Sur la balance, la chute est vertigineuse. Faudrait qu’elle écrive aux journaux féminins. Qu’ils arrêtent de faire chier avec leurs régimes-minceur avant l’été. Suffit de se faire larguer par son mec au bon moment, et le tour est joué. Elle, elle en est à cinq kilos, comme ça, sans rien faire. Cinq kilos en trois semaines, ça fait rêver, non ? Même pas besoin de se priver, elle n’a plus faim, peut passer la journée entière sans rien avaler.
La tête fait le reste. Se triturer. Pour essayer de comprendre. Pour ne pas sombrer.
Peur. Angoisse de ne pas s’en sortir. D’être à vie cette espèce de larve, qui n’a plus envie de rien, qui n’est plus bonne à rien, qui mendie auprés de ses amies un peu de temps et d’écoute. Sa survie passe par là, elle l’a tout de suite compris. Voir du monde. Un peu tous les jours. C’est vital pour elle de se prouver que, si elle ne compte plus pour lui, elle compte au moins pour d’autres. Qu’il y a dans la journée, quelque part, quelqu’un qui a pensé à elle, même quelques minutes. Se dire qu’elle n’est pas totalement inutile sur cette terre. Seule.
Solitude : mot horrible, monstrueux, pathétique, infâme. Il induit quelque chose de subi. De violent. On est victime de la solitude. On plaint les gens seuls. Lola en a très peur. Pas de la solitude, d’ailleurs, mais de l’idée de la solitude, de tout ce qu’elle sous-tend.
Très vite, elle a appelé ses copines et leur a tout déballé. Plus aucune retenue. Plus de pudeur. Elle n’avait jamais rien raconté de sa vie, de ses doutes, avant. Elle avait pris soin, année après année, de taire. Avant tout à elle-même probablement. Sorte de mensonge par omission. Petite arrangement perso avec la vie et ses soucis. Et si par mégarde, un doute plus costaud que les autres s’installait comme une évidence, elle le démasquait aussitôt. Passage au pilon immédiat. Elle entretenait l’image du couple modèle que Marcello et elle étaient sensé former. Maintenant qu’elle a ouvert les vannes, elle lâche tout. Plus aucune intimité. La souffrance a tout balayé. Un peu comme ces gens qui sont en phase terminale à l’hôpital. En attente de mourir. Encore vivants mais déjà désincarnées. On les met à nu, on les lave, on les déshabille, sans qu’il soit question une seule seconde de gêne, du moins en apparence. La mort qui plane au dessus d’eux gomme tout le reste. Pareil pour Lola. La déchirure qui vient de se produire est si violente, si douloureuse qu’elle a tout arraché sur son passage. Lola est totalement concentrée sur cette douleur, trop puissante pour lui permettre de penser à autre chose, trop présente pour exister sans elle. Lola est cassée, pliée en deux, incapable de se redresser.
Voir quelqu’un. Chaque jour, voir quelqu’un qui l’aidera à chasser ses peurs, qui va l’écouter, qui va lui dire : « T’inquiète, ça va pas durer ». Jour après jour le besoin d’être rassurée. Taper aux portes. Téléphoner. : « Salut Sandra, je peux passer boire un verre chez toi ? ». Le oui, oui de la réponse, lui laisse entrevoir qu’elle a autre chose à faire, sa copine que d’entendre encore ses jérémiades, mais c’est trop important pour elle. Juste une question de survie. Tant pis, si pour le moment elle ne peut-être que dans un rapport à l’autre purement égoïste. Elle le sait, elle en a conscience, mais elle a besoin de l’autre, des autres pour sortir la tête de l’eau, c’est juste vital pour elle.
Elle a choisi dans son répertoire quatre ou cinq amies. Elle ne les a pas sélectionnées au hasard, mais leur a fait subir une sorte de casting mental. Fallait qu’elles répondent à certains critères, le cahier des charges était assez lourd. Suffisamment proches et disponibles pour pouvoir tout entendre. Patientes, pour ne pas l’envoyer trop rapidement promener. Généreuses aussi, parce qu’elle avait besoin d’aide. Bref, les heureuses élues ont toutes été appelées une première fois pour un vidage de sac complet et brutal, du genre cabas qu’on retourne pour que tout tombe par terre, en vrac sur le trottoir. C’était l’introduction, fallait bien les mettre au courant. Les heureuses élues ont toutes été abasourdies. Elles n’en revenaient pas : « Pas vous, c’est pas possible, vous êtes tellement unis » ou alors : « Pour moi vous étiez le couple parfait, qui fait rêver ».
Entre deux sanglots, Lola a raconté. Elle non plus ; elle ne savait pas que c’était possible. Pas eux. Trop proches. Ils n’étaient qu’un. Ils n’ont jamais vécu l’un sans l’autre. Ils ont grandi ensemble. C’est comme si on lui avait arraché la moitié de ses organes vitaux. Un peu siamois, ils étaient. A qui le cœur, à qui les reins, comment faire le partage ? Comment exister sans lui qui était une partie d’elle et réciproquement ? Lola parlait et s’entendait dire tout ce qu’elle ressentait profondément. Mais en même temps, une drôle de sensation, confuse, lointaine apparaîssait étrangement. Comme si elle s’observait elle-même. Comme si elle découvrait petit à petit qui elle était. Et si au fond elle avait toujours su que c’était possible sans jamais se l’avouer ? Cette pensée incongrue, elle ne la chassait pas, elle la mettait juste de côté.
Elle pleure encore et encore sur son malheur. Abandon. Il n’y a aucun mot qui peut remplacer celui-là. Quand on est abandonné, c’est qu’on ne mérite pas d’être aimé. Supplier, quémander, ne sert à rien, bien au contraire. Elle le sait. Elle ne demande rien à Marcello, et surtout pas de l’aimer. Totalement désemparée, elle s’est tournée vers ce qui lui restait : ses amies. De toute façon, à 44 ans, elle sait très bien qu’elle n’intéréssera plus aucun homme. Trop tard, trop vieille, trop tout. Les hommes sont malins. A nos âges ils vont chercher les femmes qui ont dix, quinze ans de moins qu’eux. Elle regrette presque que le sien n’en ait pas fait autant il y a une dizaine d’années. La souffrance serait derrière, digérée, avalée. Et puis surtout, ça lui aurait laissé une chance de refaire sa vie quand il en était encore tant. Pas comme maintenant où elle est condamnée à la solitude. Horrible sensation de s’être fait avoir. Il a pris d’elle le meilleur, ses plus belles années, sa jeunesse, son insouciance. Il la largue sans aucun scrupule à l’âge où plus grand-chose n’est possible pour elle. La solitude comme seule alternative.
Abandon. Total, définitif, cruel. Injuste aussi, bien sûr.

Publication en ligne : 3 août 2009

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