BRIBES EN LIGNE
difficile alliage de le temps passe si vite, marie-hélène       d&eacu dernier vers aoi       m&eacu comme une suite de ce n’est pas aux choses je découvre avant toi paysage de ta tombe  et a la fin il ne resta que       sur       je me   je n’ai jamais tu le saiset je le vois   saint paul trois dans un coin de nice, tous feux éteints. des f dans le sourd chatoiement karles se dort cum hume le samedi 26 mars, à 15 5) triptyque marocain quatrième essai rares un jour, vous m’avez est-ce parce que, petit, on       longte alocco en patchworck © légendes de michel     au couchant de pa(i)smeisuns en est venuz suite de napolì napolì       au       vaches ma chair n’est af : j’entends       journ& pour philippe trois tentatives desesperees       b&acir en 1958 ben ouvre à dernier vers aoi iloec endreit remeint li os aux barrières des octrois antoine simon 15 la poésie, à la       le la brume. nuages tant pis pour eux.     rien edmond, sa grande       longte tous ces charlatans qui       le pour martin cet article est paru dans le     son "tu sais ce que c’est la deuxième édition du j’ai donné, au mois si grant dol ai que ne   la baie des anges de la coupé le sonà on peut croire que martine     le cygne sur abstraction voir figuration  dernières mises des quatre archanges que    7 artistes et 1 mille fardeaux, mille antoine simon 25   on n’est approche d’une pour michèle gazier 1) merci à marc alpozzo huit c’est encore à toujours les lettres : jouer sur tous les tableaux       sur un besoin de couper comme de le glacis de la mort       au  il y a le (de)lecta lucta   en cet anniversaire, ce qui macles et roulis photo 6 deuxième essai le       force suite du blasphème de j’ai relu daniel biga, dernier vers aoi temps où le sang se constellations et il faut laisser venir madame       magnol pour max charvolen 1) ….omme virginia par la saluer d’abord les plus   tout est toujours en ce monde est semé    il autre citation"voui nu(e), comme son nom je n’hésiterai j’ai ajouté tout à fleur d’eaula danse madame aux rumeurs nice, le 18 novembre 2004       nuage ce jour là, je pouvais     l’é pour lee fontelucco, 6 juillet 2000 douze (se fait terre se   adagio   je et c’était dans la langue est intarissable vous n’avez la force du corps, pas même  ce qui importe pour « voici le ciel est clair au travers j’ai travaillé quand il voit s’ouvrir,   je ne comprends plus       dans       reine (josué avait il faut aller voir il en est des noms comme du archipel shopping, la       soleil la pureté de la survie. nul       le pure forme, belle muette, clere est la noit e la       sur   nous sommes 10 vers la laisse ccxxxii il semble possible sous l’occupation macles et roulis photo 4       arauca ce       object deux ajouts ces derniers deuxième apparition de Être tout entier la flamme nous savons tous, ici, que       l̵    en     le dernier vers aoi peinture de rimes. le texte dans les hautes herbes toute trace fait sens. que genre des motsmauvais genre antoine simon 6 accorde ton désir à ta un soir à paris au toi, mésange à "ah ! mon doux pays, essai de nécrologie, a propos de quatre oeuvres de  dernier salut au le vieux qui l’instant criblé  référencem poème pour montagnesde il y a dans ce pays des voies première l’heure de la ainsi fut pétrarque dans bel équilibre et sa assise par accroc au bord de je ne saurais dire avec assez janvier 2002 .traverse ...et poème pour pas facile d’ajuster le que reste-t-il de la les étourneaux ! c’est la chair pourtant À max charvolen et chaque automne les 13) polynésie l’homme est je t’enfourche ma       la 1 la confusion des fin première il est le jongleur de lui se placer sous le signe de mon cher pétrarque, ço dist li reis : pour qui veut se faire une l’erbe del camp, ki les cuivres de la symphonie antoine simon 2 de tantes herbes el pre epuisement de la salle, exode, 16, 1-5 toute macao grise in the country dimanche 18 avril 2010 nous ma voix n’est plus que la bouche pleine de bulles       jardin autre essai d’un mult ben i fierent franceis e       ce j’ai changé le       en un il ne reste plus que le c’est ici, me  un livre écrit l’évidence       au li emperere s’est temps de pierres générations je crie la rue mue douleur c’est le grand réponse de michel ici. les oiseaux y ont fait quatrième essai de seins isabelle boizard 2005       &n j’ai donc ne faut-il pas vivre comme des voiles de longs cheveux pour julius baltazar 1 le reprise du site avec la a propos d’une abu zayd me déplait. pas pourquoi yves klein a-t-il “dans le dessin a dix sept ans, je ne savais carles respunt : chercher une sorte de       le  epître aux       droite de toutes les     quand  la toile couvre les je suis celle qui trompe patrick joquel vient de pour jean marie dernier vers aoi     faisant la je suis occupé ces décembre 2001. antoine simon 29 agnus dei qui tollis peccata les avenues de ce pays       baie merle noir  pour       deux tu le sais bien. luc ne au programme des actions       la quand les eaux et les terres encore la couleur, mais cette antoine simon 14 à la mémoire de  “s’ouvre face aux bronzes de miodrag voile de nuità la madame est une torche. elle je rêve aux gorges 1- c’est dans   un vendredi pluies et bruines, pour andré l’attente, le fruit toutefois je m’estimais f qu’il vienne, le feu cher bernard et que vous dire des le scribe ne retient si elle est belle ? je       &agrav le 28 novembre, mise en ligne pour angelo nice, le 8 octobre « h&eacu sculpter l’air : chaises, tables, verres,       ton les durand : une       deux       il ma mémoire ne peut me g. duchêne, écriture le j’ai perdu mon     vers le soir       midi dans les rêves de la       la effleurer le ciel du bout des       la     [1]  carcassonne, le 06 dernier vers aoi       et tu       je me reflets et echosla salle le 23 février 1988, il "la musique, c’est le quatrième essai de       dans frères et il n’était qu’un la musique est le parfum de  le "musée vi.- les amicales aventures le 15 mai, à  née à       ...mai ki mult est las, il se dort que d’heures   ciel !!!! comment entrer dans une immense est le théâtre et j’ai longtemps villa arson, nice, du 17 c’est une sorte de 7) porte-fenêtre f les feux m’ont régine robin, …presque vingt ans plus       troisième essai et glaciation entre       fleure         or deuxième suite tout le problème rossignolet tu la quel ennui, mortel pour écoute, josué, normal 0 21 false fal ce jour-là il lui béatrice machet vient de pour jean-marie simon et sa       bruyan   né le 7 la mort d’un oiseau. l’appel tonitruant du       dans   iv    vers       je       dans       voyage des conserves ! c’est parfois un pays m1       pour egidio fiorin des mots f les rêves de pour mireille et philippe À peine jetés dans le l’ami michel       s̵ pour michèle gazier 1       le       ce je suis       quand     oued coulant       six à propos “la ce paysage que tu contemplais madame, on ne la voit jamais mieux valait découper  monde rassemblé les petites fleurs des violette cachéeton rimbaud a donc outre la poursuite de la mise je m’étonne toujours de la       sur de mes deux mains de pareïs li seit la les textes mis en ligne la vie humble chez les sixième seul dans la rue je ris la toute une faune timide veille la mastication des le corps encaisse comme il la parol

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ANNE GÉRARD

<- 10 octobre, 5 heures du matin | 2 novembre, 20h30 ->
27 octobre, abandon total
© Anne Gérard
Ecrivain(s) : Gérard
Clefs : poésie

Le corps encaisse comme il peut. Sur la balance, la chute est vertigineuse. Faudrait qu’elle écrive aux journaux féminins. Qu’ils arrêtent de faire chier avec leurs régimes-minceur avant l’été. Suffit de se faire larguer par son mec au bon moment, et le tour est joué. Elle, elle en est à cinq kilos, comme ça, sans rien faire. Cinq kilos en trois semaines, ça fait rêver, non ? Même pas besoin de se priver, elle n’a plus faim, peut passer la journée entière sans rien avaler.
La tête fait le reste. Se triturer. Pour essayer de comprendre. Pour ne pas sombrer.
Peur. Angoisse de ne pas s’en sortir. D’être à vie cette espèce de larve, qui n’a plus envie de rien, qui n’est plus bonne à rien, qui mendie auprés de ses amies un peu de temps et d’écoute. Sa survie passe par là, elle l’a tout de suite compris. Voir du monde. Un peu tous les jours. C’est vital pour elle de se prouver que, si elle ne compte plus pour lui, elle compte au moins pour d’autres. Qu’il y a dans la journée, quelque part, quelqu’un qui a pensé à elle, même quelques minutes. Se dire qu’elle n’est pas totalement inutile sur cette terre. Seule.
Solitude : mot horrible, monstrueux, pathétique, infâme. Il induit quelque chose de subi. De violent. On est victime de la solitude. On plaint les gens seuls. Lola en a très peur. Pas de la solitude, d’ailleurs, mais de l’idée de la solitude, de tout ce qu’elle sous-tend.
Très vite, elle a appelé ses copines et leur a tout déballé. Plus aucune retenue. Plus de pudeur. Elle n’avait jamais rien raconté de sa vie, de ses doutes, avant. Elle avait pris soin, année après année, de taire. Avant tout à elle-même probablement. Sorte de mensonge par omission. Petite arrangement perso avec la vie et ses soucis. Et si par mégarde, un doute plus costaud que les autres s’installait comme une évidence, elle le démasquait aussitôt. Passage au pilon immédiat. Elle entretenait l’image du couple modèle que Marcello et elle étaient sensé former. Maintenant qu’elle a ouvert les vannes, elle lâche tout. Plus aucune intimité. La souffrance a tout balayé. Un peu comme ces gens qui sont en phase terminale à l’hôpital. En attente de mourir. Encore vivants mais déjà désincarnées. On les met à nu, on les lave, on les déshabille, sans qu’il soit question une seule seconde de gêne, du moins en apparence. La mort qui plane au dessus d’eux gomme tout le reste. Pareil pour Lola. La déchirure qui vient de se produire est si violente, si douloureuse qu’elle a tout arraché sur son passage. Lola est totalement concentrée sur cette douleur, trop puissante pour lui permettre de penser à autre chose, trop présente pour exister sans elle. Lola est cassée, pliée en deux, incapable de se redresser.
Voir quelqu’un. Chaque jour, voir quelqu’un qui l’aidera à chasser ses peurs, qui va l’écouter, qui va lui dire : « T’inquiète, ça va pas durer ». Jour après jour le besoin d’être rassurée. Taper aux portes. Téléphoner. : « Salut Sandra, je peux passer boire un verre chez toi ? ». Le oui, oui de la réponse, lui laisse entrevoir qu’elle a autre chose à faire, sa copine que d’entendre encore ses jérémiades, mais c’est trop important pour elle. Juste une question de survie. Tant pis, si pour le moment elle ne peut-être que dans un rapport à l’autre purement égoïste. Elle le sait, elle en a conscience, mais elle a besoin de l’autre, des autres pour sortir la tête de l’eau, c’est juste vital pour elle.
Elle a choisi dans son répertoire quatre ou cinq amies. Elle ne les a pas sélectionnées au hasard, mais leur a fait subir une sorte de casting mental. Fallait qu’elles répondent à certains critères, le cahier des charges était assez lourd. Suffisamment proches et disponibles pour pouvoir tout entendre. Patientes, pour ne pas l’envoyer trop rapidement promener. Généreuses aussi, parce qu’elle avait besoin d’aide. Bref, les heureuses élues ont toutes été appelées une première fois pour un vidage de sac complet et brutal, du genre cabas qu’on retourne pour que tout tombe par terre, en vrac sur le trottoir. C’était l’introduction, fallait bien les mettre au courant. Les heureuses élues ont toutes été abasourdies. Elles n’en revenaient pas : « Pas vous, c’est pas possible, vous êtes tellement unis » ou alors : « Pour moi vous étiez le couple parfait, qui fait rêver ».
Entre deux sanglots, Lola a raconté. Elle non plus ; elle ne savait pas que c’était possible. Pas eux. Trop proches. Ils n’étaient qu’un. Ils n’ont jamais vécu l’un sans l’autre. Ils ont grandi ensemble. C’est comme si on lui avait arraché la moitié de ses organes vitaux. Un peu siamois, ils étaient. A qui le cœur, à qui les reins, comment faire le partage ? Comment exister sans lui qui était une partie d’elle et réciproquement ? Lola parlait et s’entendait dire tout ce qu’elle ressentait profondément. Mais en même temps, une drôle de sensation, confuse, lointaine apparaîssait étrangement. Comme si elle s’observait elle-même. Comme si elle découvrait petit à petit qui elle était. Et si au fond elle avait toujours su que c’était possible sans jamais se l’avouer ? Cette pensée incongrue, elle ne la chassait pas, elle la mettait juste de côté.
Elle pleure encore et encore sur son malheur. Abandon. Il n’y a aucun mot qui peut remplacer celui-là. Quand on est abandonné, c’est qu’on ne mérite pas d’être aimé. Supplier, quémander, ne sert à rien, bien au contraire. Elle le sait. Elle ne demande rien à Marcello, et surtout pas de l’aimer. Totalement désemparée, elle s’est tournée vers ce qui lui restait : ses amies. De toute façon, à 44 ans, elle sait très bien qu’elle n’intéréssera plus aucun homme. Trop tard, trop vieille, trop tout. Les hommes sont malins. A nos âges ils vont chercher les femmes qui ont dix, quinze ans de moins qu’eux. Elle regrette presque que le sien n’en ait pas fait autant il y a une dizaine d’années. La souffrance serait derrière, digérée, avalée. Et puis surtout, ça lui aurait laissé une chance de refaire sa vie quand il en était encore tant. Pas comme maintenant où elle est condamnée à la solitude. Horrible sensation de s’être fait avoir. Il a pris d’elle le meilleur, ses plus belles années, sa jeunesse, son insouciance. Il la largue sans aucun scrupule à l’âge où plus grand-chose n’est possible pour elle. La solitude comme seule alternative.
Abandon. Total, définitif, cruel. Injuste aussi, bien sûr.

Publication en ligne : 3 août 2009

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