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      je fais madame, vous débusquez il y a des mots, mais comme il n’est pire enfer que quant carles oït la nice, le 18 novembre 2004 encore la couleur, mais cette       alla quelque temps plus tard, de dernier vers aoi les céramiques et leurs les plus vieilles nous serons toujours ces       coude       un page suivante ► page   jn 2,1-12 : 1 2  langues de plomb a la   ces sec erv vre ile pour michèle gazier 1 ici, les choses les plus heureuse ruine, pensait     [1] l 1 2 3 seul dans la rue je ris la nous lirons deux extraits de aller vers bribes, livres 1 et si au premier jour il la réserve des bribes percey priest lake sur les dans un coin de nice, un temps hors du grant est la plaigne e large juste un saluer d’abord les plus petit matin frais. je te tous ces charlatans qui sous la pression des écrire comme on se il était question non pas une année sans évoquer       au pas pour gilbert dernier vers aoi c’est seulement au page suivante ► page       longtemp chaises, tables, verres,       le ciel le flot pâle des maisons vous êtes page précédente retour page suivante page madame chrysalide fileuse  au mois de mars, 1166 de soie les draps, de soie dernier vers que mort du même auteur : un       le difficile alliage de nos voix tant pis pour eux. pour accéder au texte, bribes en ligne a diaphane est le pour michèle gazier 1)       à       l’ À la loupe, il observa dans le respect du cahier des     &nbs       au aux barrières des octrois « e ! malvais aller à la bribe suivante j’oublie souvent et ] heureux l’homme un texte que j’ai 1 2 3 cyclades, iii° branches lianes ronces  hors du corps pas la fonction, quel étonnant lorsque martine orsoni l’illusion d’une carles respunt : pour philippe page précédente le café deuxième essai pour écouter la lecture, page suivante ► page buttati ! guarda  page précédente retour napolì napolì il n’y a pas de plus  martin miguel vient samuel chapitre 16, versets 1       la tout en vérifiant l’impossible     rien nice, le 8 octobre je suis occupé ces station 3 encore il parle 5) triptyque marocain la fraîcheur et la ► abÉcÉdaire à jean elle réalise des   se j’ai changé le 1 2        voyage cher.e.s ami.e.s vous pouvez j’ai relu daniel biga, antoine simon 2 il pleut. j’ai vu la antoine simon 18 au centre des quartiers de peinture de rimes. le texte pour le prochain basilic, (la       mé ….omme virginia par la introibo ad altare la bouche pleine de bulles       je me la danse de       un       dans le bribes dans le nid de au seuil de l’atelier nous serons toujours ces dernier vers aoi nous serons toujours ces « pouvez-vous il y a longtemps, autre citation page suivante ► page dernier vers aoi commençons donc par le sors de mon territoire. fais pour robert je me souviens qu’à propos       m’ dorothée vint au monde il avait accepté    il faisant dialoguer 1 2  exode, 16, 1-5 toute antoine simon 31 today i eat my       pav&eacu attention beau i.- avaler l’art par page suivante ► page deux ce travail vous est abu zayd me déplait. pas   nous sommes       sabots       fleur     au couchant de pa(i)smeisuns en est venuz al matin, quant primes pert       la je suis celle qui trompe le pendu derniers textes mis en ouvrir f.a.t.a. i ► le page suivante ► page madame aux rumeurs dans la caverne primordiale le franchissement des a quelques exceptions près soudain un blanc fauche le essai de nécrologie, antoine simon 16 j’arrivais dans les page suivante ► page     nous avions rare moment de bonheur, les photos et archives li quens oger cuardise antoine simon 15 giovanni rubino dit page suivante ► christ a 1- nous sommes dehors. dernier vers aoi l’une des dernières haut var ► brec antoine simon 23       montagne le 26 août 1887, depuis un besoin de couper comme de nice, le 30 juin 2000 page suivante ► page       "j& etait-ce le souvenir deux mille ans nous (elle entretenait antoine simon 12 j’ai perdu mon page suivante ► page le plus insupportable chez je t’enlace gargouille « mais qui lit le 28 novembre, mise en ligne très malheureux...       banlieue préparer le ciel ii nous avons affaire à de antoine simon 26 frères et dix l’espace ouvert au aller vers le musicien nègre page suivante ► page toute trace fait sens. que       et tu ainsi fut pétrarque dans il ne s’agit pas de       &       au soir       l’ glaciation entre sous ces étagements liquides     l’é 1 2  c’est ici, me ce qui aide à pénétrer le de proche en proche tous pour maxime godard 1 haute page suivante ► page et ma foi, cecil beaton brassaÏ renÉ neuf j’implore en vain la terre a souvent tremblé       su lou de toutes les comme une suite de de profondes glaouis       l’ carmelo arden quin est une equitable un besoin sonnerait ce jour-là il lui dans les hautes herbes       au quelque chose le lourd travail des meules ecrire les couleurs du monde mélodie chers élèves du collège dernier vers aoi pour jean-marie simon et sa    en     tout autour pas de pluie pour venir seins isabelle boizard la toile ou, du moins, la  improbable visage pendu pour accéder au pdf du un titre : il infuse sa douze (se fait terre se depuis le 20 juillet, bribes en introduction à je n’ai pas dit que le page suivante page six de l’espace urbain, page suivante ► page nu(e), comme son nom 3 

les lieux aussi sont antoine simon 13       ç pas facile d’ajuster le prenez vos casseroles et   adagio   je d’ eurydice ou bien de       assis si j’étais un pour nicolas lavarenne ma 1 2        m’ travail de tissage, dans je crie la rue mue douleur 1- ai-je reçu une       &nbs i mes doigts se sont ouverts       soleil   encore une tout est possible pour qui cinq madame aux yeux grande digue est dispersée les éditions de la passe du       fourmi&n 1 2  page suivante ► page je sais bien ce qu’il       "       la je serai toujours attentif à une il faut dire les c’est extrêmement       dans le       allong&e la parol

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ANNE GÉRARD

27 octobre, abandon total
© Anne Gérard
Publication en ligne : 3 août 2009
Ecrivain(s) : Gérard
Clefs : poésie

Le corps encaisse comme il peut. Sur la balance, la chute est vertigineuse. Faudrait qu’elle écrive aux journaux féminins. Qu’ils arrêtent de faire chier avec leurs régimes-minceur avant l’été. Suffit de se faire larguer par son mec au bon moment, et le tour est joué. Elle, elle en est à cinq kilos, comme ça, sans rien faire. Cinq kilos en trois semaines, ça fait rêver, non ? Même pas besoin de se priver, elle n’a plus faim, peut passer la journée entière sans rien avaler.
La tête fait le reste. Se triturer. Pour essayer de comprendre. Pour ne pas sombrer.
Peur. Angoisse de ne pas s’en sortir. D’être à vie cette espèce de larve, qui n’a plus envie de rien, qui n’est plus bonne à rien, qui mendie auprés de ses amies un peu de temps et d’écoute. Sa survie passe par là, elle l’a tout de suite compris. Voir du monde. Un peu tous les jours. C’est vital pour elle de se prouver que, si elle ne compte plus pour lui, elle compte au moins pour d’autres. Qu’il y a dans la journée, quelque part, quelqu’un qui a pensé à elle, même quelques minutes. Se dire qu’elle n’est pas totalement inutile sur cette terre. Seule.
Solitude : mot horrible, monstrueux, pathétique, infâme. Il induit quelque chose de subi. De violent. On est victime de la solitude. On plaint les gens seuls. Lola en a très peur. Pas de la solitude, d’ailleurs, mais de l’idée de la solitude, de tout ce qu’elle sous-tend.
Très vite, elle a appelé ses copines et leur a tout déballé. Plus aucune retenue. Plus de pudeur. Elle n’avait jamais rien raconté de sa vie, de ses doutes, avant. Elle avait pris soin, année après année, de taire. Avant tout à elle-même probablement. Sorte de mensonge par omission. Petite arrangement perso avec la vie et ses soucis. Et si par mégarde, un doute plus costaud que les autres s’installait comme une évidence, elle le démasquait aussitôt. Passage au pilon immédiat. Elle entretenait l’image du couple modèle que Marcello et elle étaient sensé former. Maintenant qu’elle a ouvert les vannes, elle lâche tout. Plus aucune intimité. La souffrance a tout balayé. Un peu comme ces gens qui sont en phase terminale à l’hôpital. En attente de mourir. Encore vivants mais déjà désincarnées. On les met à nu, on les lave, on les déshabille, sans qu’il soit question une seule seconde de gêne, du moins en apparence. La mort qui plane au dessus d’eux gomme tout le reste. Pareil pour Lola. La déchirure qui vient de se produire est si violente, si douloureuse qu’elle a tout arraché sur son passage. Lola est totalement concentrée sur cette douleur, trop puissante pour lui permettre de penser à autre chose, trop présente pour exister sans elle. Lola est cassée, pliée en deux, incapable de se redresser.
Voir quelqu’un. Chaque jour, voir quelqu’un qui l’aidera à chasser ses peurs, qui va l’écouter, qui va lui dire : « T’inquiète, ça va pas durer ». Jour après jour le besoin d’être rassurée. Taper aux portes. Téléphoner. : « Salut Sandra, je peux passer boire un verre chez toi ? ». Le oui, oui de la réponse, lui laisse entrevoir qu’elle a autre chose à faire, sa copine que d’entendre encore ses jérémiades, mais c’est trop important pour elle. Juste une question de survie. Tant pis, si pour le moment elle ne peut-être que dans un rapport à l’autre purement égoïste. Elle le sait, elle en a conscience, mais elle a besoin de l’autre, des autres pour sortir la tête de l’eau, c’est juste vital pour elle.
Elle a choisi dans son répertoire quatre ou cinq amies. Elle ne les a pas sélectionnées au hasard, mais leur a fait subir une sorte de casting mental. Fallait qu’elles répondent à certains critères, le cahier des charges était assez lourd. Suffisamment proches et disponibles pour pouvoir tout entendre. Patientes, pour ne pas l’envoyer trop rapidement promener. Généreuses aussi, parce qu’elle avait besoin d’aide. Bref, les heureuses élues ont toutes été appelées une première fois pour un vidage de sac complet et brutal, du genre cabas qu’on retourne pour que tout tombe par terre, en vrac sur le trottoir. C’était l’introduction, fallait bien les mettre au courant. Les heureuses élues ont toutes été abasourdies. Elles n’en revenaient pas : « Pas vous, c’est pas possible, vous êtes tellement unis » ou alors : « Pour moi vous étiez le couple parfait, qui fait rêver ».
Entre deux sanglots, Lola a raconté. Elle non plus ; elle ne savait pas que c’était possible. Pas eux. Trop proches. Ils n’étaient qu’un. Ils n’ont jamais vécu l’un sans l’autre. Ils ont grandi ensemble. C’est comme si on lui avait arraché la moitié de ses organes vitaux. Un peu siamois, ils étaient. A qui le cœur, à qui les reins, comment faire le partage ? Comment exister sans lui qui était une partie d’elle et réciproquement ? Lola parlait et s’entendait dire tout ce qu’elle ressentait profondément. Mais en même temps, une drôle de sensation, confuse, lointaine apparaîssait étrangement. Comme si elle s’observait elle-même. Comme si elle découvrait petit à petit qui elle était. Et si au fond elle avait toujours su que c’était possible sans jamais se l’avouer ? Cette pensée incongrue, elle ne la chassait pas, elle la mettait juste de côté.
Elle pleure encore et encore sur son malheur. Abandon. Il n’y a aucun mot qui peut remplacer celui-là. Quand on est abandonné, c’est qu’on ne mérite pas d’être aimé. Supplier, quémander, ne sert à rien, bien au contraire. Elle le sait. Elle ne demande rien à Marcello, et surtout pas de l’aimer. Totalement désemparée, elle s’est tournée vers ce qui lui restait : ses amies. De toute façon, à 44 ans, elle sait très bien qu’elle n’intéréssera plus aucun homme. Trop tard, trop vieille, trop tout. Les hommes sont malins. A nos âges ils vont chercher les femmes qui ont dix, quinze ans de moins qu’eux. Elle regrette presque que le sien n’en ait pas fait autant il y a une dizaine d’années. La souffrance serait derrière, digérée, avalée. Et puis surtout, ça lui aurait laissé une chance de refaire sa vie quand il en était encore tant. Pas comme maintenant où elle est condamnée à la solitude. Horrible sensation de s’être fait avoir. Il a pris d’elle le meilleur, ses plus belles années, sa jeunesse, son insouciance. Il la largue sans aucun scrupule à l’âge où plus grand-chose n’est possible pour elle. La solitude comme seule alternative.
Abandon. Total, définitif, cruel. Injuste aussi, bien sûr.

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