BRIBES EN LIGNE
c’est la chair pourtant "si elle est aucun hasard si se eurydice toujours nue à et je vois dans vos ils sortent mise en ligne dernier vers aoi il en est des meurtrières.  dans le livre, le  pour le dernier jour pour alain borer le 26       sur coupé en deux quand un jour, vous m’avez station 4 : judas        object 1) la plupart de ces chaque jour est un appel, une à propos des grands antoine simon 5 dessiner les choses banales       l̵ issent de mer, venent as a la fin il ne resta que  “la signification       parfoi       retour l’éclair me dure, autre essai d’un alocco en patchworck ©   je ne comprends plus       &agrav       la la danse de au seuil de l’atelier       descen je reviens sur des reflets et echosla salle mieux valait découper     chambre merci au printemps des écoute, josué, ce je t’ai admiré, imagine que, dans la un titre : il infuse sa     dans la ruela lentement, josué dans un coin de nice, la galerie chave qui       le       dans si j’étais un temps de bitume en fusion sur       un       soleil vous êtes depuis le 20 juillet, bribes de pa(i)smeisuns en est venuz jamais je n’aurais il en est des noms comme du que reste-t-il de la reprise du site avec la exacerbé d’air d’ eurydice ou bien de quatrième essai de       vaches  de même que les antoine simon 20 j’ai donné, au mois m1       et te voici humanité et ces pour martin ce 28 février 2002.  si, du nouveau       je macao grise       banlie et combien mes pensées restent à bernadette       ce villa arson, nice, du 17 dernier vers aoi 1254 : naissance de       soleil       dans max charvolen, martin miguel tandis que dans la grande pour nicolas lavarenne ma l’impression la plus       b&acir       la rencontre d’une le proche et le lointain     double ma chair n’est antoine simon 9 me ma mémoire ne peut me       je madame est une   en grec, morías   le texte suivant a napolì napolì non, björg, c’est ici, me deux ajouts ces derniers vos estes proz e vostre    il  l’écriture comme une suite de       un nous serons toujours ces   ces sec erv vre ile ensevelie de silence, quelques autres on préparait le temps passe dans la       "  dans toutes les rues carissimo ulisse,torna a un besoin de couper comme de temps où les coeurs À peine jetés dans le "le renard connaît à la mémoire de ecrire les couleurs du monde patrick joquel vient de antoine simon 19 un nouvel espace est ouvert il n’y a pas de plus vous deux, c’est joie et    seule au je dors d’un sommeil de laure et pétrarque comme c’est parfois un pays       longte       la a christiane       force c’est la peur qui fait quand sur vos visages les dieu faisait silence, mais  c’était       d&eacu la légende fleurie est nous lirons deux extraits de six de l’espace urbain, pour maguy giraud et nu(e), comme son nom le passé n’est ce va et vient entre pour max charvolen 1) il existe au moins deux  martin miguel vient toujours les lettres : ce qui importe pour deuxième je désire un granz est li calz, si se vous avez       sur sainte marie, quando me ne so itu pe dernier vers aoi il ne reste plus que le « amis rollant, de mi viene in mentemi pour maxime godard 1 haute       grimpa       &n       "   pour olivier       pav&ea       l̵       la au matin du       journ& pas de pluie pour venir deuxième approche de après la lecture de vous n’avez il faut laisser venir madame dans le pays dont je vous  de la trajectoire de ce je suis celle qui trompe tendresse du mondesi peu de le 23 février 1988, il je meurs de soif rien n’est   au milieu de dernier vers aoi cinquième essai tout f toutes mes       il 1 au retour au moment   maille 1 :que able comme capable de donner toutes sortes de papiers, sur les cuivres de la symphonie histoire de signes . antoine simon 10       au      & la vie est dans la vie. se       pour pourquoi yves klein a-t-il et que dire de la grâce ce qui aide à pénétrer le le 26 août 1887, depuis mon travail est une tous feux éteints. des    de femme liseuse  “... parler une on cheval en 1958 ben ouvre à juste un mot pour annoncer je suis bien dans siglent a fort e nagent e ma voix n’est plus que       m̵ la cité de la musique     surgi       l̵ démodocos... Ça a bien un       apr&eg       le  la toile couvre les 1257 cleimet sa culpe, si est-ce parce que, petit, on tout en vérifiant la mort, l’ultime port, (dans mon ventre pousse une       fourr& f le feu s’est martin miguel art et       la    en pas sur coussin d’air mais  les œuvres de antoine simon 2 vous dites : "un les plus terribles ici, les choses les plus   six formes de la i mes doigts se sont ouverts       tourne   la production       mouett pour egidio fiorin des mots clere est la noit e la comme un préliminaire la pour martine, coline et laure (ma gorge est une       sur je sais, un monde se chairs à vif paumes j’aime chez pierre il est le jongleur de lui chaque automne les présentation du pour helmut lorsque martine orsoni nous avons affaire à de bribes en ligne a marché ou souk ou cliquetis obscène des la liberté de l’être    regardant   ces notes ce pays que je dis est     après dans le patriote du 16 mars nice, le 8 octobre c’est la distance entre bruno mendonça dernier vers aoi dernier vers aoi constellations et nécrologie     pluie du     hélas, ce jour-là il lui pour michèle aueret il arriva que rimbaud a donc 1-nous sommes dehors. tout est prêt en moi pour   je n’ai jamais antoine simon 18       avant préparation des la fraîcheur et la       ton madame porte à deuxième essai la langue est intarissable a toi le don des cris qui  au travers de toi je diaphane est le  les éditions de ] heureux l’homme (de)lecta lucta   troisième essai et envoi du bulletin de bribes dernier vers aoi       le     pourquoi tout le problème       sur a ma mère, femme parmi a l’aube des apaches, quai des chargeurs de les avenues de ce pays       le       en un       voyage       enfant ce qui fascine chez on peut croire que martine       &agrav   encore une des conserves !       o     sur la pente introibo ad altare dans ce périlleux     &nbs "pour tes raphaËl       au art jonction semble enfin tes chaussures au bas de autres litanies du saint nom le geste de l’ancienne, il souffle sur les collines       je me arbre épanoui au ciel       nuage       baie tu le sais bien. luc ne et la peur, présente en ceste tere ad estet ja  dernières mises (elle entretenait       le sables mes parolesvous le franchissement des un jour nous avons 13) polynésie       grappe "et bien, voilà..." dit passent .x. portes, marcel alocco a clers fut li jurz e li derniers pour jean gautheronle cosmos       assis     une abeille de       dans et encore  dits il n’est pire enfer que journée de li emperere par sa grant l’appel tonitruant du   si vous souhaitez epuisement de la salle, encore la couleur, mais cette li quens oger cuardise réponse de michel sous l’occupation   1) cette       magnol abu zayd me déplait. pas nous dirons donc à sylvie un temps hors du 5) triptyque marocain leonardo rosa       jardin       m̵ non... non... je vous assure, la bouche pure souffrance "ah ! mon doux pays, il y a des objets qui ont la       sur le il tente de déchiffrer, À max charvolen et martin  “s’ouvre rossignolet tu la la parol

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MICHEL BUTOR

| La poésie de Rimbaud ->
Rimbaud vu d’Extrême-Orient
© Michel Butor
Ecrivain(s) : Butor (site)
Clefs : Rimbaud , essai , Lee Joon-Ho

pour Lee Joon-Ho

 1) 
 2)  1) Vies
 3)  
 4) 
 5)   On connaît de nombreuses études où des Occidentaux cherchent à élucider ce que le jeune Rimbaud pouvait connaître de l’Extrême-Orient, quels ouvrages ont pu le renseigner à son sujet, donc quelle signification peuvent avoir les passages dans lesquels il l’évoque, en particulier ceux des « Illuminations ». Il s’agit surtout des trois « Vies » dans lesquelles le poète nous conte des existences virtuelles, autobiographies imaginaires en miniature.

 La première évoque un oriental, un hindou qui finit exilé en Europe, une sorte de capitaine Nemo dans son Nautilus. D’abord les souvenirs de la jeunesse illuminée avec ses amours :

 « 1

 O les énormes avenues du pays saint, les terrasses du temple ! Qu’a-t-on fait du brahmane qui m’expliqua les Proverbes ? D’alors, de là-bas, je vois encore les vieilles ! Je me souviens desz heures d’argent et de soleil vers les fleuves, la main de la campagne sur mon épaule, et nos caresses debout dans les plaines poivrées. - Un envol de pigeons écarlate tonne autour de ma pensée. »


 Puis l’exil dans un Occident indéfiniment parcouru et jugé :

 « Exilé d’ici, j’ai eu une scène où jouer les chefs-d’oeuvre dramatiques de toutes les littératures. Je vous indiquerai les richesses inouïes. J’observe l’histoire des trésors que vous trouvâtes. Je vois la suite ! Ma sagesse est aussi dédaignée que le chaos. Qu’est mon néant, auprès de la stupeur qui vous attend ? »
 Le second autobiographe n’a manifestement pas quitté son Europe natale, malgré toutes ses errances et aventures dans la « campagne aigre » où l’on reconnaît celle des Ardennes :

 « 2

 Je suis un inventeur bien autrement méritant que tous ceux qui m’ont précédé ; un musicien, même, qui ai trouvé quelque chose comme la clef de l’amour. À présent, gentilhomme d’une campagne aigre au ciel sobre, j’essaie de m’émouvoir au souvenir de l’enfance mendiante, de l’apprentissage et de l’arrivée en sabots, des polémiques, des cinq ou six veuvages, et quelques noces où ma forte tête m’empêcha de monter au diapason de mes camarades. Je ne regrette pas ma vieille part de gaieté divine : l’air sobre de cette aigre campagne alimente fort activement mon atroce scepticisme. Mais comme ce scepticisme ne peut être désormais mis en oeuvre, et que d’ailleurs je suis dévoué à un trouble nouveau, - j’attends de devenir un très méchant fou. »


 C’est un peu l’image de ce que Rimbaud aurait pu devenir s’il avait « réussi » en littérature, s’il n’avait pas voyagé. Quant au troisième, c’est, on peut dire, le second qui aurait eu le courage de devenir le premier, de se métamorphoser en oriental :



  « 3

 Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans j’ai connu le monde, j’ai illustré la comédie humaine. Dans un cellier j’ai appris l’histoire. À quelque fête de nuit dans une cité du Nord, j’ai rencontré toutes les femmes des anciens peintres. Dans un vieux passage à Paris on m’a enseigné les sciences classiques. Dans une magnifique demeure, cernée par l’Orient entier, j’ai accompli mon immense oeuvre et passé mon illustre retraite. J’ai brassé mon sang. Mon devoir m’est remis. IL ne faut même plus songer à cela. Je suis réellement d’outre-tombe, et pas de commissions. »

 Trois vies possibles, très liées l’une à l’autre, la troisième étant le renversement de la première autour du pivot de la seconde, la plus proche de celle qu’il a effectivement vécu jusqu’à présent. Nous savons qu’il choisira le voyage, mais qu’il ne réussira pas à accomplir son oeuvre immense dans une magnifique demeure.

 Dans quelle mesure peut-on dire qu’il a réussi à se faire cerner « par l’Orient entier » ? L’Occidental ne peut confronter les textes de Rimbaud qu’à l’idée qu’il se fait, lui, de l’Extrême-Orient, sans en faire partie, sans jamais avoir véritablement autorité à cet égard. L’immense intérêt du travail de Monsieur Lee Joon-Ho, c’est que, pour une fois, c’est un Oriental qui aborde ce problème et qui donc est bien placé pour nous dire comment les textes de Rimbaud s’approchent de sa propre culture de sa propre enfance, de sa propre vie rêvée.

 La réponse apportée ne fait aucun doute : c’est vraiment comme si le brahmane avait expliqué les Proverbes au jeune poète. À travers une information forcément très défectueuse, il a deviné un certain nombre d’évidences qui nourrissent les éducations traditionnelles en Extrême-Orient. Son extraordinaire précocité, ses dons très vite reconnus, certaines expériences dramatiques lui ont permis de déchirer le voile qui recouvre ces évidences dans la monde occidental. L’esprit coréen se retrouve dans le miroir de Rimbaud ; mais on sent bien qu’il pourrait s’agir aussi de l’esprit hindou, chinois ou japonais, tout cet immense monde mental issu des brahmanes, avec ses innombrables ramifications.


2) Survie

 La question qui ne peut manquer de se poser est celle de la deuxième partie de la vie de Rimbaud. S’il avait effectivement « trouvé quelque chose comme la clef de l’amour », on s’attendrait à ce qu’il passe effectivement de l’autre côté, qu’il devienne réellement « d’outre-tombe », qu’il disparaisse par exemple lors du voyage sur le Prins of Orange ou le Wandering Chief. Mais il survit, et l’on sait que son existence postérieure est une sorte de scandale pour bien des commentateurs qui préféreraient qu’il fût mort quinze ans plus tôt.

 Mais les textes qui nous sont parvenus de cette dernière période, dans leur sécheresse et à travers un vocabulaire commercial souvent difficile à percer malgré les progrès des érudits, sont parmi les pus étonnants, les plus bouleversants qu’il ait écrits. Qui de nous voudrait s’en passer ?

 Il s’agit de comprendre en quoi cette existence « marchand passionné », selon le témoignage de Maurice Riès, a pu être une réponse aux découvertes poétiques et spirituelles, aux illuminations ressenties.

 Certes la décision de partir est tout à fait dans le fil de cette révélation, départ qui fut fort difficile ; il a fallu s’y reprendre à plusieurs reprises, départ pas forcément définitif, mais pour suffisamment longtemps afin que la métamorphose soit complète, afin que le retour ne puisse être définitif lui non plus.

 Le 15 janvier 1885, il écrira aux siens :

  « Je ne vous envoie pas ma photographie ; j’évite avec soin tous les frais inutiles. Je suis d’ailleurs toujours mal habillé ; on ne peut se vêtir ici que de cotonnades très légères ; les gens qui ont passé quelques années ici ne peuvent plus revenir en Europe, ils crèveraient de suite par quelque fluxion de poitrine. Si je reviens, ce ne sera donc jamais qu’en été ; et je serai forcé de redescendre, en hiver au moins vers la Méditerranée. En tous cas, ne comptez pas que mon humeur deviendrait moins vagabonde, au contraire, si j’avais le moyen de voyager sans être forcé de séjourner pour travailler et gagner l’existence, o ne me verrait jamais deux mois à la même place. Le monde est très grand et plein de contrées magnifiques que l’existence de mille hommes ne suffirait pas à visiter. Mais d’un autre côté je ne voudrais pas vagabonder dans la misère, je voudrais avoir quelques milliers de francs de rentes et pouvoir passer l’année dans deux ou trois contrées différentes, en vivant modestement et en faisant quelques petits trafics pour payer mes frais. Mais pour vivre toujours au même lieu, je trouverai toujours cela très malheureux. Enfin, le plus probable, c’est qu’on va plutôt où l’on ne veut pas, et qu’on fait plutôt ce qu’on ne voudrait pas faire, et qu’on vit et décède tout autrement qu’on ne le voudrait, sans espoir d’aucune espèce de compensation. »

 C’est presque une reprise du « pas de commission ».

 Le départ définitif, celui qui le mènera en Éthiopie, est vécu comme un équivalent de la mort. Ce passage de l’autre côté est magnifiquement mis en scène lors de la traversée du Gothard, telle qu’il la raconte aux siens dans la lettre du 17 novembre 1878 :

 « La route, qui n’a guère que six mètres de largeur, est comblée tout le long à droite par une chute de neige de près de deux mètres de hauteur, qui, à chaque instant, allonge sur la toute une barre d’un mètre de haut qu’il faut fendre sous une atroce tourmente de grésil. Voici ! Plus une ombre dessus, dessous ni autour, quoique nous soyons entourés d’objets énormes :
 ; plus de route, de précipices, de gorge ni de ciel : rien que du blanc à songer, à toucher, à voir ou ne pas voir, car impossible de lever les yeux de l’embêtement blanc qu’on croit être le milieu du sentier. Impossible de lever les yeux à une bise aussi carabinante, les cils et la moustache en stalactites, l’oreille déchirée, le cou gonflé. Sans l’ombre qu’on est soi-même, et sans les poteaux du télégraphe, qui suivent la route supposée, on serait aussi embarrassé qu’un Pierrot dans un four. »


 Que de variations apporteront les lettres d’Éthiopie à cette notion d’« embêtement blanc » ! Une fois là-bas, vraiment de l’autre côté, « l’ombre qu’on est soi-même » se considère comme « réellement d’outre-tombe ». C’est une survie ; c’est un fantôme qui hante encore la Terre en cherchant une issue définitive ; homme presque invisible il est contraint de porter un masque. Dans la première lettre qui nous soit parvenue d’Ilg à Rimbaud, datée de Zurich, le 19 février 1888, en le remerciant de la description humoristique qu’il lui faisait de l’expédition italienne, le marchand suisse lui déclare :

 « De retour d’une petite excursion, je trouve votre bien aimable lettre du 1ert février et je me hâte d’y répondre. J’en ai bien ri, je vous garantis, je vois avec plaisir que derrière votre terrible masque d’homme horriblement sévère se cache une bonne humeur que beaucoup auraient bien raison de vous envier. Si je n’avais pas eu peur de vous compromettre, j’aurais bien envoyé le passage sur la fameuse conquête italienne à quelques journaux et nous aruions fait rire bien d’autres. »
 Sous le masque quasi mortuaire une prodigieuse vitalité. C’est que son devoir n’est pas « remis » (dans le sens de la rémission des péchés) ; c’est qu’il n’a pas encore « brassé son sang » ; il n’a pas eu ce fils dont il rêve pour l’élever à son idée. Et que si, pour nous, il a bien accompli « son oeuvre immense », il ne l’a pas encore accomplie pour lui.

 Il lui faut donc, en quelque sorte, mériter sa mort. Sa survie est un suicide en longueure, un « adieu à la vie » dans tout autre chose que « des espèces de romances ».

 Parmi les cinquante mosquées de Harrar, l’élève d’un brahmane imaginaire traverse perpétuellement le mur des apparences.

Publication en ligne : 8 juillet 2009

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