BRIBES EN LIGNE
il faut laisser venir madame ne faut-il pas vivre comme       dans a la fin il ne resta que là, c’est le sable et ainsi va le travail de qui m1       macles et roulis photo 4       grimpa madame, c’est notre le geste de l’ancienne, genre des motsmauvais genre  la toile couvre les avant dernier vers aoi rita est trois fois humble. sainte marie, antoine simon 12 dans l’effilé de li emperere s’est    au balcon       en À l’occasion de 13) polynésie …presque vingt ans plus       la samuelchapitre 16, versets 1 le géographe sait tout       devant d’un côté       dans  dans le livre, le ma mémoire ne peut me       j̵   on n’est       &agrav et combien ço dist li reis : li emperere par sa grant j’ai perdu mon mille fardeaux, mille dans le respect du cahier des comme ce mur blanc     à se placer sous le signe de ce jour-là il lui       maquis antoine simon 2 abu zayd me déplait. pas le lent déferlement Être tout entier la flamme les enseignants : merci à marc alpozzo je découvre avant toi   iv    vers je dors d’un sommeil de onzième   adagio   je  le "musée  si, du nouveau macao grise ici, les choses les plus une errance de reprise du site avec la au commencement était ki mult est las, il se dort le 19 novembre 2013, à la       va ecrire les couleurs du monde le grand combat :       longte bruno mendonça normalement, la rubrique a toi le don des cris qui ils avaient si longtemps, si dimanche 18 avril 2010 nous (de)lecta lucta   ce texte m’a été et tout avait pour julius baltazar 1 le dans les carnets heureuse ruine, pensait neuf j’implore en vain       allong des quatre archanges que jamais je n’aurais madame est une    nous     oued coulant dernier vers aoi pour jean gautheronle cosmos rare moment de bonheur, madame, vous débusquez la langue est intarissable s’égarer on etait-ce le souvenir constellations et   que signifie envoi du bulletin de bribes le bulletin de "bribes marcel alocco a mieux valait découper pour mon épouse nicole sa langue se cabre devant le il s’appelait attendre. mot terrible. sous la pression des l’évidence  il y a le écoute, josué, pour helmut l’ami michel Éléments - deux nouveauté, la liberté de l’être de la en introduction à  tous ces chardonnerets avez-vous vu c’est une sorte de       le toulon, samedi 9 ouverture de l’espace       montag pour ce qui fait tableau : ce       bonhe antoine simon 28 il semble possible carles li reis en ad prise sa “dans le dessin martin miguel art et cinquième essai tout s’ouvre la rossignolet tu la j’ai longtemps dernier vers aoi le ciel est clair au travers cette machine entre mes       d&eacu ma voix n’est plus que écrirecomme on se       entre       au À la loupe, il observa errer est notre lot, madame, entr’els nen at ne pui     ton vertige. une distance nous savons tous, ici, que       le       au "ces deux là se  au mois de mars, 1166 que reste-t-il de la lorsqu’on connaît une       mouett       sur af : j’entends lorsque martine orsoni       gentil dernier vers aoi   a christiane clers est li jurz et li à propos des grands chaque automne les     &nbs je ne sais pas si temps où le sang se       dans "le renard connaît comme une suite de       juin janvier 2002 .traverse comme c’est   ces notes le 26 août 1887, depuis mouans sartoux. traverse de ce 28 février 2002. 0 false 21 18 les oiseaux s’ouvrent quand c’est le vent qui à la mémoire de lancinant ô lancinant la liberté s’imprime à au programme des actions       &agrav       pass&e seul dans la rue je ris la de toutes les le 23 février 1988, il ma voix n’est plus que coupé en deux quand dernier vers aoi sequence 6   le antoine simon 6 dernier vers doel i avrat,       à au rayon des surgelés il existe au moins deux les dernières le numéro exceptionnel de    de femme liseuse tout en vérifiant  “ce travail qui   pour adèle et et c’était dans sables mes parolesvous le passé n’est  au travers de toi je attelage ii est une œuvre       banlie moi cocon moi momie fuseau f les feux m’ont mais jamais on ne "ah ! mon doux pays, d’un bout à j’arrivais dans les le temps passe si vite, tromper le néant dieu faisait silence, mais  un livre écrit   marcel le recueil de textes petites proses sur terre un titre : il infuse sa le 26 août 1887, depuis nous viendrons nous masser       vaches avant propos la peinture est certains prétendent on préparait le scribe ne retient dans ce pays ma mère mon cher pétrarque, bien sûr, il y eut encore la couleur, mais cette deuxième   3   

les pour andré dernier vers que mort    il       le le soleil n’est pas je sais, un monde se a propos d’une quel étonnant le glacis de la mort quel ennui, mortel pour la gaucherie à vivre, livre grand format en trois et que vous dire des a grant dulur tendrai puis       alla antoine simon 23 le temps passe dans la suite de 0 false 21 18 dans un coin de nice, cyclades, iii° l’art c’est la pour michèle gazier 1       dans iloec endreit remeint li os       au la poésie, à la       la       sur il était question non     quand     tout autour granz est li calz, si se ….omme virginia par la printemps breton, printemps de soie les draps, de soie passet li jurz, si turnet a epuisement de la salle,   né le 7       reine "nice, nouvel éloge de la « amis rollant, de je t’enfourche ma vos estes proz e vostre siglent a fort e nagent e       le la lecture de sainte c’est seulement au (josué avait lentement    tu sais coupé le sonà villa arson, nice, du 17 dans le train premier carles respunt : pour philippe la prédication faite   dits de exode, 16, 1-5 toute       fourr& qu’est-ce qui est en madame chrysalide fileuse       le f j’ai voulu me pencher antoine simon 29 dernier vers aoi madame est la reine des premier essai c’est reflets et echosla salle       coude le plus insupportable chez rien n’est plus ardu art jonction semble enfin       dernier vers aoi on trouvera la video quatre si la mer s’est normal 0 21 false fal "mais qui lit encore le et nous n’avons rien   le texte suivant a     rien “le pinceau glisse sur  avec « a la pour jean-marie simon et sa sixième je ne saurais dire avec assez quand sur vos visages les viallat © le château de   la baie des anges       un f le feu m’a un homme dans la rue se prend equitable un besoin sonnerait je t’ai admiré,       ce a la femme au dernier vers aoi fin première de proche en proche tous f tous les feux se sont pour egidio fiorin des mots l’illusion d’une la brume. nuages il souffle sur les collines « 8° de  le grand brassage des dernier vers aoi du fond des cours et des mise en ligne pour anne slacik ecrire est et…  dits de quelques autres dans le pays dont je vous nu(e), comme son nom       jardin il n’était qu’un 7) porte-fenêtre       aux antoine simon 15 À perte de vue, la houle des madame a des odeurs sauvages une il faut dire les   d’un coté, et il parlait ainsi dans la moisissures mousses lichens macles et roulis photo 1  “ne pas       crabe- 1 au retour au moment antoine simon 19 (vois-tu, sancho, je suis exacerbé d’air iv.- du livre d’artiste       je me toutes sortes de papiers, sur bribes en ligne a pas sur coussin d’air mais       fleure dernier vers aoi madame des forêts de ecrire sur raphaËl dans le pain brisé son deux ce travail vous est sauvage et fuyant comme   ces sec erv vre ile difficile alliage de       pass&e a la libération, les        tu ne renonceras pas. f toutes mes la parol

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MICHEL BUTOR

<- Un coup de dé sur le tambour |
À la recherche du tombeau perdu
© Michel Butor
Artiste(s) : Le Gac Ecrivain(s) : Butor (site)

 pour Jean Le Gac

1
 Comme un texte dont quelques bribes affleurent dans le demi-réveil où l’on se demande si l’on va rejeter les draps ou tenter de replonger pour un quart-d’heure dans la somnolence ;

 un texte dont on ne connaît ni le titre ni l’auteur, mais qui est incontestablement là, tout proche, et pourtant dont la seule chose qu’on sache avec certitude, c’est qu’il comporte le mot “mort” sans doute rappelé par quelque épisode d’un rêve dont les dernières fumées se dissippent ;

 texte où il serait question de la mort et même de son “triomphe”, ce qui fait penser d’abord à Pétrarque ; mais non, un texte en français, Bossuet peut-être, dans une oraison funèbre ; mais non, un texte en vers et assez classiques ; alors Baudelaire ; on essaie de se remémorer quelques-uns de ses poèmes sur ce thème : La mort des amants, certainement pas ; La mort des pauvres, encore moins ; rien à voir avec La mort des artistes ;



2
 -les minutes ont passé, mais cela revient en force, et l’on essaie de se remémorer le moment déjà enfoui où l’on a commencé la fouille-

 Un texte que l’on aurait renoncé à identifier dans le demi-réveil, se repliant sous la couverture, remettant la solution à plus tard ou jamais, et qui revient vous proposer presque narquoisement, progressivement les syllabes d’ “éternité” ; et plus loin, nettement plus loin, on sent que c’est presque à la fin, d’un seul coup, brusquement “blasphème”, et l’on active les patientes brosses qui déblaient la poussière de l’oubli, laissant apparaître quelques lettres ici et là qui ne s’organisent pas encore ;

 texte de tonalité certainement religieuse, mais dont on ne connaît ni le titre ni l’auteur, donc de quelle religion au juste, chrétienne vraisemblablement, mais avec des racines plus anciennes -que viendrait faire autrement cette “hydre” qui se présente ?-, antiques et même plus loin encore, pharaoniques par exemple, si l’on se souvient de toutes ces imprécations bien inutiles contre les pillards et leurs vols, et l’on active les patientes cuillers qui déblaient le sable de l’oubli ;

 qui se précise peu à peu à mesure que l’heure tourne et qu’on le remue en se remuant, où il serait question de la mort et où l’on peut lire maintenant, -mais c’est aussi bien entendre, marmonner- : “que la mort triomphait”, et à mi-chemin de l’ “éternité”, voici le “siècle”, et l’on active les patients peignes qui nous libèrent au milieu des graviers de l’oubli : “ange” et “glaive” ;



3
  -le matin s’est affirmé ; on est hors du lit sous la douche, mais c’est encore là qui nous importune, et l’on cherche alors aussi, tamisant dans les moments superposés de la fouille-

 Texte dans le demi-réveil, que l’on aurait renoncé à identifier, dans lequel nous serions chassés du paradis terrestre, cherchant l’éternité, et où l’hydre pourrait être le démon à sept têtes de l’Apocalypse, tranchées par le glaive de Persée, je voulais dire de l’archange Michel ;

 dont on ne connaîtrait ni le titre ni l’auteur, de tonalité certainement religieuse, où les menues pioches patientes de l’archéologie mentale dégageraient maintenant des éboulements de l’oubli “sortilège” et même “sortilège bu”, la potion d’éternité, l’élixir de longue vie, l’or potable, ce qui nous ramènerait plutôt à des persistances celtiques ou même mésopotamiennes tout au long du Moyen-Âge ;

 où il serait question de la mort, qui se préciserait peu à peu à mesure que l’heure tourne, en affleurant de plus en plus, mais se dérobant en même temps comme pour se moquer de nous, et que l’on voudrait éclairer, secouer, fouiller brutalement par quelque incursion violente à l’intérieur des rayonnages, ce à quoi on renonce raisonnablement parce qu’on ne sait vraiment pas où chercher, les premières pistes si prometteuses s’étant révélées illusoires ;


4
  -le temps passe ; d’autres proccupations sont venues, des obligations, des urgences ; mais les bribes entrevues flottent encore exaspérantes avec les vagues souvenirs des efforts, tamisant, sassant, ressassant dans les strates de la fouille-

 De versification classique dans lequel nous serions chassés du paradis dans le demi-réveil, que l’on aurait renoncé à identifier mais que l’on devrait pouvoir explorer, restituer en se fiant par exemple aux rimes -encore faudrait-il savoir où est la fin des vers ; mais étant donnée la figure qui commence à se manifester, une sorte de sonnet sans doute, il semble que le mot “ange” soit bien placé à cet égard, et l’on peut tenter : mange, range, change, étrange, mélange... ; et l’écho vous apporte : “voix étrange”, “noir mélange” ;

 de tonalité certainement religieuse, dont on ne connaîtrait pourtant encore ni le titre ni l’auteur, mais dans lequel les menus bulldozers patients de l’archéologie mentale auraient inconstestablement dégagé “le sortilège bu” des alluvionnements de l’oubli, ce qui devrait pouvoir aussi nous réveiller des syllabes, les rimes en “u” n’étant pas si fréquentes, et nous essayons : “nu”, ce à quoi nous répond : “connu”, et plus près encore de “bu” voici : “tribu”, “les mots de la tribu” ;

 affleurant mais en même temps se dérobant, qui se précise peu à peu à mesure que l’heure tourne, où il serait question de la mort, et qui prend corps de plus en plus, on aurait presque envie de dire cadavre ou momie, et du fond duquel monte enfin, après une explosion heureuse dans les falaises de l’oubli, le mot que nous attendions tous, le mot “tombe”, -le mot qui monte, le mot qui tombe- et il s’agit même semble-t-il d’une tombe “éblouissante”, comme une pyramide égyptienne ou mexicaine, obsidienne ou “granit” ;



5
 -la journée tourne et l’on a beau essayer de se débarrasser de toute cette histoire, même dans la voiture ou dans le métro, même au bureau ou au concert les fragments continuent de tenter leur jonction, tamisant, sassant, ressassant, combinant, échafaudant délicatement à l’intérieur des effondrements de la fouille-

 Dont le dernier mot doit être “le futur”, que nous aurions renoncé à identifier dans le demi-réveil, de versification classique dans lequel nous serions chassés du paradis terrestre, “le futur” qui s’oppose au “jadis l’ange” ;

 dont on ne connaîtrait encore ni le titre ni l’auteur, de tonalité certainement religieuse, où les menues éruptions patientes ont dégagé dégagé des laves de l’oubli non seulement “le sortilège bu”, mais aussi ce “futur” qui devrait pouvoir aussi nous réveiller des mots à fin prochaine, “obscur” par exemple, -et il s’agit même de “blasphème...dans le futur” ce dont nous préserve cet ange revenu de jadis dans une éternité qui nous change ;

 qui se précise de plus en plus : “noir”, en affleurant : “noir mélange”, mais aussi : “noirs vols du Blasphème”, en se dérobant en même temps à mesure que l’heure tourne : le vol du corbeau, tandis que la nuit tombe : “Une fois, par un minuit lugubre...”.


  Alors les noms de Poe et de Mallarmé s’enlacent et je n’ai plus qu’à me relever pour ouvrir le couvercle du livre et découvrir le visage intact du poëme entier :
 “Tel qu’en lui-même enfin l’éternité le change,
 le Poëte suscite avec un glaive nu
 Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
 Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

 Eux, comme un vil sursaut l’hydre oyant jadis l’ange
 Donner un sens plus pur aux mots de la tribu,
 Proclamèrent très haut le sortilège bu
 Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

 Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
 Si notre idée avec ne sculpte un bas-reflief
 Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne,

 Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
 Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
 Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.”


 Avant de refermer le suaire de la page et de remettre cette urne dans le columbarium qu’est la bibliothèque, survolant, comme en hélicoptère, le champ de fouilles qu’est notre vie.

Publication en ligne : 4 août 2009

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