BRIBES EN LIGNE
pour le prochain basilic, (la   un vendredi le franchissement des on dit qu’agathe         &n dans le respect du cahier des giovanni rubino dit tout le problème       la les enseignants : ne faut-il pas vivre comme (de)lecta lucta      de femme liseuse dentelle : il avait au seuil de l’atelier mise en ligne d’un dix l’espace ouvert au       pass&eac la liberté de l’être  les éditions de dans le patriote du 16 mars cinquième citation ne les photos et archives le flot gris roule contre libre de lever la tête il n’est pire enfer que et nous n’avons rien la mort, l’ultime port, f dans le sourd chatoiement nous serons toujours ces dans le pays dont je vous comme ce mur blanc       entre la vie est dans la vie. se la terre nous il y a tant de saints sur la question du récit À la loupe, il observa today i eat my beatrice machet le tu le sais et je le vois       ( dernier vers aoi mille fardeaux, mille coupé le son à pour andré villers 1) ce qui aide à pénétrer le béatrice machet vient de       au les cuivres de la symphonie  improbable visage pendu l’instant criblé       longtem       le a propos de quatre oeuvres de  la lancinante       banlieue franchement, pensait le chef,       sous rimbaud a donc paien sunt morz, alquant clquez sur nécrologie pour michèle si, il y a longtemps, les art jonction semble enfin de prime abord, il autre petite voix pour jean-marie simon et sa       quand mon cher pétrarque, nouvelles mises en ouverture de l’espace antoine simon 21 station 3 encore il parle cher bernard antoine simon 19 1 2        juin       ce qui un temps hors du il semble possible       la pour bribes en ligne a le flot pâle des maisons il en est des noms comme du       je suis dernier vers aoi on trouvera la video j’ai donc la brume. nuages avec marc, nous avons thème principal : deux ajouts ces derniers dans ce périlleux macles et roulis photo en ceste tere ad estet ja  référencem quel ennui, mortel pour (ma gorge est une et il fallait aller debout traquer     quand basile ce texte se présente villa arson, nice, du 17 le lent tricotage du paysage c’est ici, me       " a la fin   il ne resta dernier vers aoi       sur le dernier vers aoi temps de bitume en fusion sur démodocos... Ça a bien un de la dans les carnets diaphane est le alocco en patchworck © bel équilibre et sa ] heureux l’homme     double       neige constellations et       au fond       l’  hier, 17 1 2        embarq antoine simon 11 1 2 3       rampant le nécessaire non      &       la       la on cheval l’attente, le fruit je sais bien ce qu’il       fourmi&n antoine simon 7 l’erbe del camp, ki nos voix « la musique, elle disposait d’une pierre ciel chercher une sorte de   le texte suivant a     après frères et antoine simon 22 temps où les coeurs décembre 2001. f le feu s’est elle ose à peine tromper le néant       que de « h&eacut jamais si entêtanteeurydice       ma       marche bribes en ligne a     &nbs antoine simon 26 des voiles de longs cheveux ...et la mémoire rêve je t’enlace gargouille (dans mon ventre pousse une « mais qui lit       une portrait. 1255 : j’ai donné, au mois google15f25081e0346654.html       s’ le numéro exceptionnel de présentation du 1 2  1 2  <img852|left> forest il ne sait rien qui ne va un texte que j’ai de mes deux mains et…   dits         1 2  intendo carthage, fille de       alla autre essai d’un antoine simon 12       sur les rêves de josué, cyclades, iii° 7) porte-fenêtre mi viene in mentemi le temps passe si vite, merci au printemps des rafale religion de josué il effleurer le ciel du bout des  il est des objets sur tromper le néant    tu sais saluer d’abord les plus       " <script     f toutes mes       deux nous avancions en bas de pas facile d’ajuster le nice, le 30 juin 2000       à glaciation entre nu(e), comme son nom pour lee rêve, cauchemar, mes pensées restent accorde ton désir à ta de pareïs li seit la       enfant paroles de chaman tu   il n’y a pas de plus encore une citation “tu  les premières ils s’étaient       les des quatre archanges que ecrire les couleurs du monde cher.e.s ami.e.s vous pouvez  pour jean le et la peur, présente       montagne cet article est paru vous deux, c’est joie et il arriva que je suis bien dans   ces notes a-t-il   si vous souhaitez voici le texte qui ouvre « je suis un même si     chant de   né le 7 l’une des dernières dont les secrets… à quoi issent de mer, venent as       dans le dans l’innocence des c’est la chair pourtant outre la poursuite de la mise       est-ce il y a des objets qui ont la dernier vers aoi poussées par les vagues     au couchant       l’  il y a le châssis,     de rigoles en       le    seule au ço dist li reis :       fourr&ea       sur  hors du corps pas heureuse ruine, pensait reflets et echos la salle le corps encaisse comme il ce texte m’a été à propos des grands nous avons affaire à de des quatre archanges que les dieux s’effacent le 28 novembre, mise en ligne nous viendrons nous masser antoine simon 33 pour michèle auer et les premières soudain un blanc fauche le le recueil de textes       fleur genre des mots mauvais genre f le feu s’est antoine simon 30 o tendresses ô mes "pour tes       le se reprendre. creuser son       ...mais assise par accroc au bord de dernier vers que mort  tu vois im font chier       m’ premier vers aoi dernier sixième       la a propos d’une je sais, un monde se 1) notre-dame au mur violet je t’ai admiré, le poiseau de parisi mon légendes de michel carles li reis en ad prise sa beaucoup de merveilles la musique est le parfum de j’ai longtemps huit c’est encore à       et commençons donc par tous feux éteints. des a ma mère, femme parmi pour anne slacik ecrire est bientôt, aucune amarre rare moment de bonheur, vertige. une distance première l’homme est       grappes sors de mon territoire. fais antoine simon 16 edmond, sa grande       une attendre. mot terrible. dernier vers doel i avrat, 1254 : naissance de     chambre 1257 cleimet sa culpe, si     pluie du sequence  dernières mises où l’on revient  jésus   on n’est       à chairs à vif paumes spectacle de josué dit « pouvez-vous l’existence n’est avez-vous vu les petites fleurs des fin première       voyage     depuis le scribe ne retient mieux valait découper antoine simon 27 il aurait voulu être cet article est paru dans le et ces mais jamais on ne attention beau l’entreprise dont je me et il parlait ainsi dans la a toi le don des cris qui quelque temps plus tard, de pour philippe       gloussem a l’aube des apaches, dernier vers aoi "nice, nouvel éloge de la       deux sous l’occupation li quens oger cuardise  pour de non... non... je vous deux ce travail vous est je voudrais voir les arbres s’égarer on       avant suite du blasphème de cliquetis obscène des dernier vers aoi la route de la soie, à pied, hans freibach : très malheureux...   se       le une autre approche de (À l’église       le vent raphaël       je me je rêve aux gorges lorsque martine orsoni 1. il se trouve que je suis onze sous les cercles douze (se fait terre se derniers textes mis en pourquoi yves klein a-t-il de tantes herbes el pre la parol

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MICHEL BUTOR

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Les faces cachées
© Michel Butor
Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

Toujours les lettres : leur inscription sur des panneaux qui se combinent permet de les faire tourner avec ceux-ci dans une sorte de cylindre perpétuel comme celui des barbiers d’antan. Les lettres solides qui s’échappent du plan de la toile avant de s’y réappliquer en miroir, viennent vers nous. C’est dans l’espace antérieur qu’elles se déploient, dans celui que nous connaissions ou pensions connaître. Quand elles tournent en cylindre elles nous donnent l’impression de passer derrière le tableau ou le mur, donc de nous dévoiler l’espace caché.

Monsieur se plaint de la situation. Une fleuriste koweïtienne dispose un rameau brun près d’un lupin violet. Sans l’arsenal l’économie de la nation s’effondrerait. Le jeune Laotien ne peut plus se passer de la Libanaise. Le vendredi 3 août 1492, l’amiral Christophe Colomb, franchissant à huit heures du matin la barre de Saltes, située au large d’Huelva en Andalousie, s’aventure avec ses trois caravelles à demi pontées sur les flots de l’Atlantique. Quelque part un futur mathématicien commence à parler. Vent sur la savane. On se désole. Ailleurs on pressent la guerre. On perd ses parents. Au pôle Nord c’est encore le jour de six mois. Les murs se couvrent de taches de sang.

Au lieu de tourner derrière la toile ou le mur, les lettres ou les mots pourraient aussi tourner derrière nous, derrière notre dos, dans notre dos, dans ce que nous ne connaissons pas de nous-mêmes, dans notre face cachée.

Madame s’inquiète. Un artiste libérien pose un soleil rose sur un ciel bleu. L’hopital regorge de malades, et ne peut plus assurer que quelques soins. La jeune libyenne se demande si elle est amoureuse de ce garçon du Liechtenstein. Quelque part un futur homme d’Etat entre à l’école. Ombres sur les montagnes. On renonce. Un peu plus loin on craint la guerre. On signe la paix. Quoi ? Vraiment ! Quand ? Si seulement c’était vrai ! Vous y croyez ? Nous n’y croyons plus. Nous n’arrivons plus à y croire. Plus on s’éloigne du pôle Nord moins les jours raccourcissent. On entend à la radio des foules hurlantes.

 

Quand tu cherchais obstinément l’incroyable
île du mont Fuji suintant de perles rouges
disait-on et la cité du mascaret d’automne
où l’on trouvait toujours sur les marchés
d’énormes poires blanches à l’intérieur
comme fine fleur de farine et très odorantes...

 

Le douanier s’ennuie. Un couturier luxembourgeois pose une écharpe de couleur inconnue sur une robe verte. On manifeste pour réformer l’arsenal. Quelque part un jeune chanteur passe des examens. Cendres sur la ville. Et pourtant... Dans un autre continent on déclare la guerre. On n’arrive plus à croire à la paix. A l’équateur les nuits sont toujours égales aux jours. Le Soleil est dans le Lion. On voit à la télé des transports de blessés.

 

L’Amérique au temps de Colomb était la face cachée de la Terre ; et s’il est parti, c’est bien à la recherche d’une face cachée, de ces Indes dont on connaissait l’existence lointaine, merveilleuse à travers la relation de Marco Polo, et aussi quelques objets prestigieux : soies, vaisselle, épices, et qu’il a voulu aborder par l’autre côté, transformant l’ouest en est, passant à travers ce miroir infranchissanble qu’était pour les marins d’alors l’horizon atlantique.

 

La dactylo se polit les ongles. Un Malgache dans une auto violette double un Malawite dans un camion orange. Quelque part un futur médecin se demande quelle voie choisir. Terreur sur les armées. On attend. La guerre s’étend de l’autre côté des montagnes. Espionnage. Plus on s’approche du pôle Sud plus les nuits sont longues. On murmure qu’il faudrait changer tout cela.

 

Alors au continent de la révélation il y avait
à Tlatelolco près du nid de plumes précieuses
des marchands d’or gemmes plumes étoffes
broderies esclaves poteries et fourrures...

 

Un soldat hurle de joie parce qu’il a réussi à tuer quelqu’un. Quelque part un découvreur trouve une nouvelle piste. Nuages sur les moissons. On hésite. De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Défilés burlesques. Au pôle Sud c’est encore la nuit de six mois ; on voit le Sculpteur. Des orateurs proclament la nécessité des réformes.

 

L’Amérique précolombienne est toujours une face cachée, l’Asie aussi, non seulement la plus ancienne, mais celle d’aujourd’hui. L’Indien aussi bien oriental qu’occidental peut être considéré comme notre face cachée que les renversements opérés par des écrivains ou des peintres découvrent peu à peu. Beckett, Céline, Moby Dick peuvent être considérés comme des voix de notre face cachée, ou plus exactement comme des signaux sur la voie de sa découverte, son appel, sa hantise : notre malheur bien sûr, mais dans ce malheur toutes nos haines, toutes nos guerres, notre obstination à nous exterminer tout au long des quatre saisons alors que la mort nous prendra très bien sans cela.

 

Quelque part un jeune peintre connaît ses premiers succès. Pluie sur les ruines. On se décide. De l’autre côté de la mer la guerre reprend. Banquets. Plus on s’éloigne du pôle Sud, moins les jours augmentent.

 

Après être rentré à la cour en triomphateur
tu es retourné dans ton Hispaniola
pour y trouver ton premier établissement
incendié la garnison exterminée
pourtant tu as commencé à y planter
céréales et vignes exploiter l’or
et décidé d’utiliser les cannibales
comme esclaves à vendre en échange de bétail
tandis que déjà derrière l’horizon du temps
couvaient des humiliations et des arsenaux
destructions laboratoires et déceptions

 

Quelque part un écrivain tombe malade. Soleil sur les chantiers. On y va. Dans les villages la guerre s’éternise. Tremblements de terre.

Une tache de beurre sur le portrait de Zachary Taylor qui mourut en exercice le 9 juillet 1850 à Washington DC âgé de 65 ans ; une tache de framboise sur le portrait de Millard Fillmore sous la présidence de qui se joignit aux 30 étoiles précédentes : CALIFORNIE, la mer la nuit, le désert la nuit ; et qui mourut le 8 mars 1874 à Buffalo, New York, âgé de 74 ans ; une tache d’épinards sur le portrait de Franklin Pierce qui mourut le 8 octobre 1869 à Concord, New Hampshire, âgé de 64 ans ; une tache de purée de pommes de terre sur le portrait de James Buchanan, sous la présidence de qui se séparèrent sept étoiles formant la première constellation confédérée ; TEXAS, la mer, notre automobile abandonnée sur le sable ; LOUISIANE, il n’y a presque plus d’Indiens, les nègres sont couchés ; MISSISSIPI, ce n’est pas possible, il ouvre la fenêtre, il l’enjambe, et je suis incapable de crier dans ma chemise, je suis incapable de faire un pas, j’essaie de remonter le drap pour me couvrir, dehors un million de moustiques ronflent ; ALABAMA, la mer, milliers de lèvres noires ; FLORIDE, ibis blancs, pélicans bruns ; GEORGIE, filets, rames, nasses, CAROLINE DU SUD, la mer, ouïes bleues, pompanos ; et se joignirent aux 31 étoiles précédentes (ou alors 24) KANSAS, ce qu’il y avait d’effrayant dans ce continent, ce n’était pas seulement ses lianes empoisonnées ; OREGON, grives variées, merles d’eau, tétras des sauges.

Quelque part meurt un sculpteur. Tempête sur les fouilles. On rate. Dans les faubourgs la guerre s’achève enfin.

Les lettres dansent, se superposent, rivalisent avec les objets, mais les objets eux-mêmes entrent dans cette danse, à commencer par les objets à lettres : affiches, journaux et livres.
Publication en ligne : 30 juin 2009

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