BRIBES EN LIGNE
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vos estes proz e vostre       un le 15 mai, à À la loupe, il observa certains prétendent  au travers de toi je « la musique, ce qui aide à pénétrer le       allong&e nice, le 18 novembre 2004 antoine simon 18 tes chaussures au bas de saluer d’abord les plus   si vous souhaitez temps de bitume en fusion sur temps de pierres     à       magnolia d’abord un curieux (de)lecta lucta   le samedi 26 mars, à 15 in the country f qu’il vienne, le feu sors de mon territoire. fais rafale n° 10 ici l’instant criblé je n’aime pas ce monde. bernadette griot vient de lancinant ô lancinant de prime abord, il il est le jongleur de lui dernier vers aoi accoucher baragouiner pas une année sans évoquer la toile ou, du moins, la       vu les envoi du bulletin de bribes  le grand brassage des les plus vieilles je n’ai pas dit que le histoire de signes . générations     dans la rue la 1.- les rêves de agnus dei qui tollis peccata o tendresses ô mes passet li jurz, si turnet a portrait. 1255 : page suivante ► page       le pour andré pas facile d’ajuster le       au aux barrières des octrois le proche et le lointain       le ciel   se un besoin de couper comme de       la madame est une torche. elle frères et le 26 août 1887, depuis le poiseau de parisi mon spectacle de josué dit folie de josué tout toute trace fait sens. que       descenda tromper le néant       les    de femme liseuse on cheval les ruelles blanches qui madame est toute et voici maintenant quelques  je signerai mon sculpter l’air : merci au printemps des villa arson, nice, du 17 quatrième essai de station 4 : judas  et nous n’avons rien les dessins de martine orsoni le ciel est clair au travers la force du corps,  un livre écrit à propos “la tu le sais bien. luc ne il existe deux saints portant de sorte que bientôt       à langues de plomb a la i.- avaler l’art par quand il voit s’ouvrir, merci à marc alpozzo rêves de josué, pour egidio fiorin des mots moisissures mousses lichens seins isabelle boizard pour m.b. quand je me heurte « mais qui lit en cet anniversaire, ce qui page suivante ► page ne pas négocier ne la lecture de sainte recleimet deu mult je t’ai admiré, ma voix n’est plus que la chaude caresse de  tu ne renonceras pas. un verre de vin pour tacher   né le 7       banlieue pour pierre theunissen la dans la caverne primordiale     " bel équilibre et sa tendresses ô mes envols     de rigoles en f le feu s’est la deuxième édition du elle disposait d’une buttati ! guarda  dernier vers aoi ce n’est pas aux choses "nice, nouvel éloge de la le recueil de textes le géographe sait tout pour gilbert reprise du site avec la f les rêves de errer est notre lot, madame, macao grise tromper le néant  l’exposition  a la fin   il ne resta textes mis en ligne en août       bien mise en ligne j’ai en réserve c’est un peu comme si,   au milieu de       le je suis marcel alocco a et la peur, présente preambule – ut pictura de l’autre pluies et bruines, comment j’ai ajouté tout mon petit univers en dans le patriote du 16 mars bribes en ligne a  les œuvres de       bâ     depuis <script           araucari    courant il pleut. j’ai vu la       un       "je carles li reis en ad prise sa genre des mots mauvais genre       il y a longtemps,   marcel commençons donc par le     longtemps sur tu le sais et je le vois les photos et archives dans l’innocence des antoine simon 9 vous dites : "un antoine simon 25 du bibelot au babil encore pour raphaël f tous les feux se sont antoine simon 2 pour angelo j’ai parlé cliquez sur l’icône     faisant la dernier vers aoi « e ! malvais fontelucco, 6 juillet 2000 le 26 août 1887, depuis i mes doigts se sont ouverts me mult ben i fierent franceis e f les feux m’ont       montagne mais jamais on ne diaphane est le je ne sais pas si madame a des odeurs sauvages je voudrais voir les arbres de mes deux mains "si elle est merci à la toile de antoine simon 32 la légende fleurie est j’aime chez pierre pour maxime godard 1 haute dans le train premier la brume. nuages dans ma gorge le scribe ne retient chaises, tables, verres,       le long dernier vers aoi art jonction semble enfin max charvolen, martin miguel exacerbé d’air       l’ 1 2  au matin du bal kanique c’est       au pas 1 la confusion des je ne saurais dire avec assez   maille 1 : que la parol

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MICHEL BUTOR

Lettres
© Michel Butor

Aussi pour Jean-Michel Vecchiet

Publication en ligne : 25 juin 2009
Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Ici on craint la guerre. A côté la guerre se déclare. Ailleurs la guerre s’étend. Dans les villages on pressent la guerre.

Des orateurs détaillent les avantages de la situation. Monsieur sourit. Une fleuriste iranienne dispose une tulipe rouge près d’un rameau gris. On double la superficie de l’arsenal. Une jeune Irlandaise se demande si elle aime l’Islandais.

Encore à propos des lettres : il aurait été possible de chercher dans l’oeuvre du peintre des lettres pour les initiales. Il y a des alphabets entiers, mais il aurait été plus intéressant de choisir des détails dans toutes sortes d’oeuvres. Cela aurait seulement provoqué des problèmes pour les traductions. Il aurait fallu en trouver, choisir, photographier d’autres. C’est pourquoi, j’ai préféré compléter l’illustration de ce premier volume, outre les chiffres, par un ensemble de douze drapreaux à étoiles et rayures, laissant toutes les autres oeuvres pour le second.

Christophe Colomb s’entend avec trois riches navigateurs de Palos, les frères Pinzon, qui font les avances nécessaires pour compléter les frais d’armement. Quelque part nait un futur acteur ; personne ne sait encore qu’il le sera. Flammes sur le désert. On échoue. De l’autre côté des montagnes on pressent la guerre. Escroqueries. Plus on s’éloigne du pôle Nord moins les jours diminuent.

 

Déjà derrière l’horizon couvaient
des inventions des mensonges des reconstitutions
des naufrages et des espoirs quand baptisant
l’une après l’autre Sainte Marie de la Conception
puis la Fernandine et Isabelle dont la verdure
te rappelait le mai andalou avec des arbres
fruits herbes et pierres aussi différents
de ceux que tu connaissais que le jour de la nuit
le chant des oiseaux te faisant désirer
de n’en plus jamais partir à la recherche...

 

Les journaux annoncent une invasion de moustiques. Madame soupire. Un artiste israëlien pose une étoile noire sur un fond brun. On manifeste pour les réformes. Le jeune Italien ne peut plus se passer de la Jamaïcaine. Quelque part un futur mathématicien commence à marcher. Vent sur les forêts. On se désole. De l’autre côté du fleuve on craint la guerre. On perd ses amis. A l’équateur les jours sont toujours égaux aux nuits. Le Soleil est dans le Cancer.

Encore les lettres : non seulement elles quittent leur horizontale habituelle pour jaillir dans toutes les directions, tourner dans le plan du tableau, mais elles tournent aussi perpendiculairement à celui-ci, elles prennent du volume, s’imposent dans l’espace, deviennent des objets plus concrets que ceux dont l’évocation ou le souvenir est peint à côté.

Les murs se couvrent de taches d’encre. Un chauffeur de taxi trébuche. Un couturier japonais pose une écharpe blanche sur une robe rose. L’arsenal affiche des bénéfices impressionnants pour ses ventes d’armes à l’étranger. Quelque part un futur homme d’Etat commence à parler. Ombres sur la savane. On renonce. De l’autre côté de la mer on déclare la guerre. On signe la paix. Quoi ? Vraiment ! Quand ? Si seulement c’était vrai ! Vous y croyez ? Nous n’y croyons plus. Plus on s’approche du pôle Sud plus les nuits sont longues. On entend à la radio des sermons de toutes les sectes.

 

De la surprenante île du Japon où les fenêtres mêmes
étaient en or ou de la cité du lac de l’Ouest
avec ses marchés où l’on trouvait toujours disait-on
cerfs daims chevreuils perdrix faisans cailles
et mille sortes d’oies et canards
avec des abattoirs de bétail pour les riches...

Une infirmière prend le thé. Un Jordanien dans une auto grise double un Kenyan dans un camion de couleur inconnue. Quelque part un futur chanteur entre à l’école. Cendres sur les montagnes. Et pourtant... Dans les villages la guerre s’étend. On se souvient de la paix. Au pôle Sud c’est la nuit de six mois ; on voit le Peintre. On voit à la télé des hordes de réfugiés.

Et encore les lettres : leur rotation dans l’espace devant le tableau les amène tout naturellement à se renverser en miroir, comme dans la gravure ou l’imprimerie ; après s’être gonflées, solidifiées dans leur voyage à travers une autre dimension, elles se réinstallent dans la superficie, mais l’oeil cherche à les en faire sortir. De même que le mot "jaune" écrit en rouge nous oblige à rêver d’un autre jaune, d’une couleur inconnue, le même mot écrit à l’envers nous amène à lui faire effectuer un demi-tour, écrit en miroir un autre. Déjà l’utilisation du pochoir et de la projection par touches amenait une mise en mouvement, c’est la signification même qui se met à tourner, à engendrer en quelque sorte des significations symétriques. Nous mettons alors à rêver d’un contre-jaune ou d’un anti-jaune.

Un soldat retire ses chaussures. Quelque part un futur médecin passe des examens. Terreur sur la ville. On attend. Dans les faubourgs la guerre se calme un peu. Offensives diplomatiques. Plus on s’éloigne du pôle Sud moins les jours allongent. On murmure que la situation ne saurait durer.

Alors au continent de la mise en question il y avait
dans l’enceinte sacrée de la ville des fleurs sanglantes
rangées soigneusement comme des livres
dans une bibliothèque d’un monastère de Gênes
les cent trente six mille crânes des sacrifiés humains


Quelque part un découvreur s’interroge sur sa voie. Nuages sur les armées. On hésite. Dans les écoles la guerre reprend. Défilés olympiques. A l’équateur les nuits sont toujours égales aux jours.

Une tache de glace à la pistache sur le portrait de James Polk, sous la présidence de qui se joignirent aux 27 étoiles précédentes : IOWA, ils n’étaient nullement les ambassadeurs de l’Europe ; WISCONSIN, sommeil, ô masque ! ô tremblement ! TEXAS, non seulement les Noirs, mais les Mexicains, la mer ; et qui mourut le15 juin 1849 à Nashville, Tennessee, âgé de 54 ans.

Quelque part un peintre après la visite d’une exposition décide de sa vocation. Pluie sur les moissons. On se décide. Dans les camps la guerre s’éternise. Premières.

L’avantage avec des suites de ce genre, c’est que leur interruption va être expressive. M’étant embarqué dans tous ces rouages, j’étais obligé de sabrer, et il fallait que ces déchirures, ces lacunes aient leur nécessité. Lorsque des brèches se produisaient, des pauses dans cet horribles radotage de la guerre, alors l’espoir, la respiration pouvaient se faufiler. Ainsi depuis le début de ce texte, les séries s’interrompent les unes après les autres pour laisser découvrir ou pressentir un nouveau monde.

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