BRIBES EN LIGNE
      pass&e "moi, esclave" a   ces sec erv vre ile charogne sur le seuilce qui le 15 mai, à       les pour jean-louis cantin 1.- passet li jurz, la noit est effleurer le ciel du bout des nu(e), comme son nom je suis occupé ces    si tout au long dernier vers aoi pourquoi yves klein a-t-il antoine simon 21 le 2 juillet       b&acir ce jour là, je pouvais       au soudain un blanc fauche le   j’ai souvent       voyage   anatomie du m et il ne sait rien qui ne va il en est des meurtrières. pur ceste espee ai dulor e la terre nous les parents, l’ultime dernier vers aoi il y a dans ce pays des voies   la baie des anges la vie humble chez les       le ainsi fut pétrarque dans le galop du poème me « h&eacu ils sortent       et dans la caverne primordiale ainsi va le travail de qui ils s’étaient giovanni rubino dit r.m.a toi le don des cris qui a ma mère, femme parmi       il paysage de ta tombe  et aux george(s) (s est la       sur le coeur du onze sous les cercles       sabots la vie est ce bruissement en ceste tere ad estet ja imagine que, dans la       maquis et la peur, présente d’ eurydice ou bien de villa arson, nice, du 17 et  riche de mes coupé en deux quand       dans même si station 1 : judas elle disposait d’une     les fleurs du antoine simon 20       " on cheval  l’écriture     chambre tendresses ô mes envols  au travers de toi je de l’autre "nice, nouvel éloge de la       fleure toujours les lettres : c’est parfois un pays antoine simon 30 vertige. une distance ce texte m’a été la cité de la musique pour philippe       j̵ sculpter l’air :   (à comment entrer dans une       &agrav pour jacqueline moretti, janvier 2002 .traverse il est le jongleur de lui  le "musée et je vois dans vos 7) porte-fenêtre   l’oeuvre vit son    regardant merci à la toile de clers est li jurz et li nos voix cinquième essai tout et ma foi,       su nous viendrons nous masser pas même de mes deux mains  hors du corps pas     m2 &nbs on a cru à quatrième essai de       dans me et combien macles et roulis photo 3 le scribe ne retient dernier vers aoi à propos des grands face aux bronzes de miodrag quelques autres  je signerai mon mult ben i fierent franceis e marie-hélène À l’occasion de dans les écroulements introibo ad altare       " je désire un essai de nécrologie, j’oublie souvent et tout le problème un temps hors du dans l’innocence des antoine simon 9 et…  dits de dans le train premier lentement, josué granz est li calz, si se Ç’avait été la livre grand format en trois lancinant ô lancinant     depuis a la libération, les agnus dei qui tollis peccata moisissures mousses lichens je t’ai admiré, pour anne slacik ecrire est     sur la    de femme liseuse       quinze torna a sorrento ulisse torna des voiles de longs cheveux f les marques de la mort sur       " sur l’erbe verte si est   je ne comprends plus     faisant la carcassonne, le 06 accorde ton désir à ta qu’est-ce qui est en     " cinquième citationne (À l’église petit matin frais. je te madame a des odeurs sauvages vue à la villa tamaris petites proses sur terre       pav&ea       ( quand sur vos visages les f les feux m’ont et que vous dire des immense est le théâtre et et voici maintenant quelques       six une errance de toute une faune timide veille à  avec « a la la rencontre d’une outre la poursuite de la mise ensevelie de silence,     pourquoi la bouche pleine de bulles       deux si j’étais un les durand : une les dieux s’effacent un soir à paris au antoine simon 26 le proche et le lointain madame est la reine des f les rêves de c’est extrêmement de proche en proche tous rimbaud a donc       un seul dans la rue je ris la le temps passe dans la on croit souvent que le but       banlie j’ai en réserve 1 la confusion des  la lancinante mesdames, messieurs, veuillez       apr&eg pas facile d’ajuster le nous avons affaire à de   1) cette de tantes herbes el pre portrait. 1255 :       la antoine simon 25 le soleil n’est pas antoine simon 19 pour michèle gazier 1) polenta la langue est intarissable la tentation du survol, à abstraction voir figuration    nous les enseignants :       longte       au       fourr& viallat © le château de       ( de la l’impossible       crabe-       neige pour mireille et philippe     oued coulant       cet univers sans quand les mots       &eacut pour m.b. quand je me heurte abu zayd me déplait. pas       chaque   pour olivier       la nice, le 8 octobre eurydice toujours nue à       je à bernadette madame chrysalide fileuse       allong et que dire de la grâce dans les carnets pour pierre theunissen la douze (se fait terre se (josué avait je rêve aux gorges     tout autour 13) polynésie macles et roulis photo       de pa(i)smeisuns en est venuz dorothée vint au monde rita est trois fois humble. ki mult est las, il se dort sixième toutes sortes de papiers, sur sixième marcel alocco a       &n dans le monde de cette nous savons tous, ici, que nice, le 30 juin 2000 quand il voit s’ouvrir, la galerie chave qui li emperere s’est   jn 2,1-12 : dernier vers aoi le geste de l’ancienne, gardien de phare à vie, au   se premier essai c’est dernier vers aoi       je me nous avancions en bas de c’est la peur qui fait des quatre archanges que peinture de rimes. le texte titrer "claude viallat, de prime abord, il  c’était la liberté s’imprime à       sur difficile alliage de la fraîcheur et la j’arrivais dans les il souffle sur les collines temps de bitume en fusion sur pour andrée 1.- les rêves de dernier vers s’il "l’art est-il ma voix n’est plus que pas de pluie pour venir c’est vrai j’ai changé le vous deux, c’est joie et pour nicolas lavarenne ma       bruyan guetter cette chose je dors d’un sommeil de  tous ces chardonnerets   entrons       sur antoine simon 5 carles li reis en ad prise sa écoute, josué, quatre si la mer s’est dernier vers que mort les plus vieilles normalement, la rubrique       dans pour maxime godard 1 haute dans un coin de nice, madame est une torche. elle descendre à pigalle, se je déambule et suis       pass&e       sur 1 au retour au moment c’est pour moi le premier   encore une       ce bien sûrla       &n macles et roulis photo 7 À la loupe, il observa dans l’innocence des la réserve des bribes dernier vers aoi    il deuxième essai le la bouche pure souffrance attendre. mot terrible. de sorte que bientôt "la musique, c’est le les avenues de ce pays dans le respect du cahier des nous dirons donc morz est rollant, deus en ad pour qui veut se faire une     hélas, dernier vers aoi exode, 16, 1-5 toute j’ai relu daniel biga, 0 false 21 18       pourqu le ciel de ce pays est tout       o  les trois ensembles al matin, quant primes pert       dans g. duchêne, écriture le     pluie du macles et roulis photo 6 iloec endreit remeint li os epuisement de la salle, af : j’entends madame, on ne la voit jamais j’entends sonner les je ne saurais dire avec assez pour michèle le tissu d’acier “dans le dessin deuxième essai preambule – ut pictura tant pis pour eux. "mais qui lit encore le une fois entré dans la de pareïs li seit la       à tendresse du mondesi peu de       montag sous la pression des si j’avais de son des quatre archanges que première au labyrinthe des pleursils À perte de vue, la houle des dernier vers aoi pour un jour, vous m’avez edmond, sa grande je ne sais pas si si tu es étudiant en fragilité humaine. mon cher pétrarque,       dans ce n’est pas aux choses voudrais je vous la parol

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MICHEL BUTOR

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Chiffres
© Michel Butor

Aussi pour Jean-Michel Vecchiet

Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

J’ai parlé autrefois des mots dans la peinture,et j’ai évoqué à cet égard inévitablement JUBILE : une toile presque toute grise, mais on y lit quantité de noms de couleurs, mots jaillissants : "red", "yellow", "blue" (le fait qu’ils sont peints au pochoir les fait se détacher vers nous, tout en fusant vers le haut), si bien qu’elle devient de plus en plus colorée à mesure que je la regarde et lis. Je me mets d’ailleurs à percevoir toutes les subtiles nuances de couleurs qui habitent les différents gris.

Un peu plus loin on craint la guerre. Conférences de presse. Au pôle Sud le jour de six mois est terminé, c’est le début de la nuit. Les murs se couvrent de drapeaux.

GEORGIE, poinsettias, hibiscus, myrtes crêpés, bougainvilliers, huîtres, langoustines, crevettes, anémones de mer, la mer. On appelle les premiers habitants d’Ocmulgee les chasseurs errants ; VERMONT, tu t’endors ; KENTUCKY, la nuit des eaux.


Madame sort de chez son coiffeur. Une artiste coréenne du Sud pose un carré orange sur un fond noir. Quelque part un jeune musicien se confirme dans sa vocation. Tempête sur les armées. On y va.

Mais je n’ai pas encore abordé la question des chiffres en peinture, et l’oeuvre de Johns nous oblige à poser cette autre question. Trois points essentiels : d’abord le fait que nous sommes, et les Etats-Unis surtout, une civilisation des chiffres, que nous considérons absurdement que tout langage est réductible à celui de la monnaie, donc que tout objet peut être estampillé de son prix, dont nous considérons aujourd’hui qu’il monte naturellement ; c’est l’idéologie de la croissance.

Dans un autre continent on déclare la guerre. Défilés de cirque. Plus on s’éloigne du pôle Sud moins les jours augmentent. On entend à la radio des débats sur la situation dans l’autre hémisphère.

TENNESSEE, vous nous reprochez de les haïr, mais notre haine n’est rien à côté de celle qui monte dans le soir de leurs yeux noirs ; George Washington qui mourut le 14 décembre 1799 à Mount Vernon, Virginie, âgé de 67 ans ; une tache de jus de tomate sur le portrait de John Adams qui, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait signée, mourut à Quincy, Massachusetts, âgé de 90 ans ; une tache d’encre sur le portrait de Thomas Jefferson qui réalisa le Louisiana Purchase, et sous la présidence de qui se joignit aux 16 étoiles précédentes : OHIO, à Cleveland les Polonais qui lisent Wiadomosci Godzienne, et qui lui aussi, le 4 juillet 1826, cinquantenaire exact de la Déclaration qu’il avait rédigée, mourut à Monticello, Virginie, âgé de 83 ans ; une tache de sauce à la menthe sur le portrait de James Madison sous la présidence de qui se joignirent aux 17 étoiles précédentes : INDIANA, souriez !

Un électricien tombe de son escabeau. Quelque part un jeune architecte connaît ses premiers succès. Neige sur les moissons. On rate.

Deuxièmement : les chiffres formant une suite fatale, le 3 se trouvant normalement après le 2, annonçant le 4 suivi du 5 et ainsi indéfiniment, ils vont permettre de composer et d’animer très fortement toute surface, plus encore que les lettres, même si celles-ci ont de tout autres vertus. Tout agencement de chiffres va prendre le regard au piège, ce que l’on trouve déjà dans les carrés magiques comme celui que l’on admire dans la MELANCOLIA de Dürer.

De l’autre côté des montagnes la guerre s’étend. Expositions internationales. A l’équateur les jours sont toujours égaux aux nuits. Le Soleil est dans le Bélier.

LOUISIANE, de quoi as-tu peur ? James Madison qui mourut le 28 juin 1826 à Montpelier, Virginie, âgé de 85 ans ; une tache de chocolat sur le portrait de James Monroe, sous la présidence de qui se joignirent aux 19 étoiles précédentes : ILLINOIS, l’exposition internationale de Chicago en 1893 ; MISSOURI, mon mari dort à côté de moi, il ne connaît pas mes rêves.

On voit à la télé des visages d’hommes politiques. Quelque part un cinéaste tombe malade. Grêle sur les ruines. On recommence.

Le deuxième élément dans l’ÉLEGIE A CHRISTOPHE COLOMB, c’est le pays dont il rêvait, celui qu’il a cru découvrir par une autre voie, celui pour lequel il a découvert un autre chemin, mais autrement que ce qu’il croyait, donc les grandes villes quasi fabuleuses de l’Extrême-Orient décrites par Marco Polo :

à la recherche non seulement de la lointaine île
de Cipango où miroitait l’or mais aussi
de la cité de Quinsai la plus populeuse
qui fût au monde où l’on pouvait
disait-on goûter tant de plaisirs
qu’on s’imaginait être au paradis...

C’était un peu cela New York pour mes camarades et moi, lorsque je découvrais l’Amérique en visitant l’atelier de Jasper Johns en son absence, et c’est un peu cela de nouveau aujourd’hui que Tokyo dans la lointaine île de Cipango.

De l’autre côté du fleuve la guerre se calme un peu. Explosions. Plus on approche du pôle Nord plus les jours augmentent. Quelque part meurt un acteur. Flammes sur les chantiers. On échoue.

Et c’est un peu cela aussi dans sa splendeur et sa misère que le troisième élément de ce texte, ce continent sur quoi Christophe Colomb a mis le pied sans s’en douter et sur lesquels ses successeurs vont déchaîner la guerre :

Alors au continent de la stupéfaction
il y avait une ville dite Tenochtitlan ou Mexico
construite sur des canaux autour d’un rocher
où un aigle tenant dans son bec un serpent
s’était posé sur un cactus et déjà derrière
l’horizon du temps couvaient des déportations
des cathédrales des épidémies
des gratte-ciels et des catastrophes

Troisièmement : quand un peintre a pris la peine de nous montrer de tant de façons des chiffres, on doit poursuivre son regard dans les livres où l’on parle de lui et où l’on a besoin de signes de ce genre. Par conséquent, j’ai là une réponse élégante à la question de la composition de ce livre même. Comme il est conçu en deux tomes, l’un avec le texte et l’autre avec les planches, il m’est facile de répondre aux textes-légendes inévitablement mêlés aux planches dans le second, par des images-chiffres insérées en toute justice dans le premier au début de chacune des 12 sections de mon texte. Les manuscrits anciens nous ont habitués aux lettrines. En voici une version moderne.

Publication en ligne : 22 juin 2009

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