BRIBES EN LIGNE
se reprendre. creuser son f les marques de la mort sur toute trace fait sens. que à propos “la nice, le 8 octobre       cette       que trois (mon souffle au matin sous l’occupation il existe au moins deux       devant raphaël madame est toute       un       force jamais je n’aurais s’égarer on       le pour julius baltazar 1 le dernier vers aoi merci à la toile de elle réalise des le samedi 26 mars, à 15 f les rêves de  pour de       vu tromper le néant  l’écriture       la       descen 1) notre-dame au mur violet       le    nous il ne reste plus que le       m&eacu temps de cendre de deuil de madame des forêts de       le tout le problème  pour le dernier jour les amants se mieux valait découper lorsque martine orsoni je suis celle qui trompe le proche et le lointain la force du corps, lancinant ô lancinant       le pour maguy giraud et       je me halt sunt li pui e mult halt       &n pure forme, belle muette, antoine simon 31 sous la pression des percey priest lakesur les       object constellations et o tendresses ô mes quando me ne so itu pe il arriva que       sur mais non, mais non, tu       pour journée de macles et roulis photo 3     cet arbre que l’impression la plus tendresses ô mes envols raphaËl le coeur du et il parlait ainsi dans la antoine simon 12 alocco en patchworck ©       d&eacu       six   que signifie diaphane est le la bouche pure souffrance       il on peut croire que martine madame porte à on cheval antoine simon 5 souvent je ne sais rien de       la passent .x. portes, et tout avait heureuse ruine, pensait   iv    vers l’une des dernières le ciel de ce pays est tout josué avait un rythme dernier vers aoi spectacle de josué dit pour michèle gazier 1 art jonction semble enfin dernier vers aoi antoine simon 6 j’ai perdu mon sur l’erbe verte si est  l’exposition  les dessins de martine orsoni des quatre archanges que f dans le sourd chatoiement martin miguel art et il faut aller voir ce n’est pas aux choses madame, c’est notre les doigts d’ombre de neige       grimpa non... non... je vous assure, que d’heures       entre six de l’espace urbain, antoine simon 9 À max charvolen et 0 false 21 18 pluies et bruines, encore la couleur, mais cette  je signerai mon la deuxième édition du portrait. 1255 : soudain un blanc fauche le       la montagnesde  mise en ligne du texte attention beau       embarq       il pour max charvolen 1) iloec endreit remeint li os       crabe- générations je n’hésiterai marie-hélène je meurs de soif a propos de quatre oeuvres de a grant dulur tendrai puis les parents, l’ultime le temps passe si vite, violette cachéeton antoine simon 28 pour raphaël bernadette griot vient de a supposer quece monde tienne       soleil deux ajouts ces derniers je ne peins pas avec quoi, et si tu dois apprendre à v.- les amicales aventures du la galerie chave qui       bruyan À max charvolen et martin je déambule et suis station 1 : judas       bonheu en 1958 ben ouvre à " je suis un écorché vif. le texte qui suit est, bien    7 artistes et 1 dimanche 18 avril 2010 nous faisant dialoguer       ...mai  “ne pas antoine simon 19 essai de nécrologie, certains soirs, quand je mesdames, messieurs, veuillez j’ai donc tu le sais bien. luc ne sables mes parolesvous  pour jean le tout en vérifiant nous avancions en bas de le coquillage contre dernier vers aoi et  riche de mes maintenant il connaît le       (       je me       dans rossignolet tu la que reste-t-il de la janvier 2002 .traverse les plus vieilles je désire un       longte pour mes enfants laure et d’un côté j’ai travaillé il souffle sur les collines les installations souvent, (dans mon ventre pousse une nécrologie je reviens sur des  les éditions de       dans       apr&eg accoucher baragouiner deuxième approche de 0 false 21 18       dans       voyage si j’étais un dans le train premier il était question non antoine simon 15 je me souviens de la liberté s’imprime à le lent tricotage du paysage ce qui importe pour       &eacut mougins. décembre cinq madame aux yeux       je en cet anniversaire, ce qui il faut laisser venir madame neuf j’implore en vain le soleil n’est pas j’ai en réserve     " dans les rêves de la c’est un peu comme si,       au dieu faisait silence, mais la mort, l’ultime port, un besoin de couper comme de pour andré laure et pétrarque comme   maille 1 :que troisième essai et et c’était dans ma chair n’est dernier vers aoi    de femme liseuse c’est la peur qui fait   ces notes       le pour pierre theunissen la le 26 août 1887, depuis       entre "mais qui lit encore le quelques textes    seule au dorothée vint au monde normal 0 21 false fal à sylvie (vois-tu, sancho, je suis       glouss en introduction à  “comment antoine simon 25 là, c’est le sable et d’un bout à écrirecomme on se       au   la baie des anges un tunnel sans fin et, à noble folie de josué, et il fallait aller debout et ma foi, c’est la chair pourtant je m’étonne toujours de la antoine simon 17 dans ce périlleux pour gilbert aux barrières des octrois cyclades, iii° mais jamais on ne pour angelo  la lancinante je crie la rue mue douleur     [1]        un j’ai donné, au mois c’est ici, me la lecture de sainte dernier vers aoi non, björg, clers est li jurz et li je t’enfourche ma     à le passé n’est     les provisions toutes ces pages de nos pour martine, coline et laure       la l’appel tonitruant du al matin, quant primes pert au commencement était au rayon des surgelés g. duchêne, écriture le pour helmut bien sûr, il y eut pour le prochain basilic, (la dernier vers aoi af : j’entends       coude je rêve aux gorges  epître aux       à pour frédéric  de la trajectoire de ce pour michèle aueret j’ai ajouté (la numérotation des       droite karles se dort cum hume dans le pays dont je vous accorde ton désir à ta glaciation entre issent de mer, venent as au seuil de l’atelier reprise du site avec la le lent déferlement       retour les textes mis en ligne temps de bitume en fusion sur vous dites : "un       la       baie         or il n’était qu’un f j’ai voulu me pencher villa arson, nice, du 17       allong grant est la plaigne e large rimbaud a donc     les fleurs du quatre si la mer s’est vous deux, c’est joie et 1 la confusion des cher bernard a toi le don des cris qui  référencem c’est pour moi le premier       vu macao grise       sur le       ce     son comme c’est       m̵       fleur mise en ligne d’un       b&acir   se face aux bronzes de miodrag pour anne slacik ecrire est able comme capable de donner folie de josuétout est j’ai relu daniel biga, “dans le dessin napolì napolì   pour adèle et toujours les lettres :       apr&eg couleur qui ne masque pas a christiane il ne sait rien qui ne va       &n de la       soleil avant propos la peinture est petites proses sur terre       nuage       le dans les horizons de boue, de quatrième essai de  la toile couvre les jouer sur tous les tableaux ki mult est las, il se dort madame est une on a cru à   marcel       ( légendes de michel on dit qu’agathe     oued coulant il tente de déchiffrer, ce qu’un paysage peut tandis que dans la grande ce paysage que tu contemplais le bulletin de "bribes si elle est belle ? je dernier vers aoi dernier vers aoi le franchissement des marché ou souk ou la parol

Accueil > Au rendez-vous des amis... > Butor, Michel > Comment écrire sur Jasper Johns

MICHEL BUTOR

| Mobile ->
I. Projet
© Michel Butor

Aussi pour Jean-Michel Vecchiet

Artiste(s) : Jasper Johns , Vecchiet Ecrivain(s) : Butor (site)

Il était question non seulement d’un texte sur Jasper Johns, à publier avec des reproductions, ce qui naturellement m’intéressait déjà, car je suivais la carrière de ce peintre depuis longtemps et sentais avec lui une parenté en profondeur, mais aussi d’un texte à lui soumettre en vue d’un ouvrage en collaboration, vraisemblablement de grand luxe, ce qui m’excitait encore plus, d’abord parce que je l’admirais beaucoup comme graveur, et que cela me permettrait de faire sa connaissance, de travailler un peu avec lui, et donc d’explorer beaucoup mieux les arcanes de sa peinture. Il fallait donc trouver quelque chose qui pût non seulement lui plaire, mais le mettre en branle, et pour cela au besoin le provoquer, le déranger quelque peu. Le thème m’était venu presque immédiatement : son goût pour les chiffres, les lettres d’imprimerie, les cartes géographiques m’avait suggéré quelque chose comme un calendrier, et pour souligner mieux encore la réflexion sur et de la culture, j’ai choisi comme titre : ALMANACH. Je voulais à l’intérieur présenter la figure d’un peintre, mais sans insister du tout sur les détails de sa biographie. C’était du peintre d’aujourd’hui en général qu’il devait s’agir. Cette forme se remplirait peu à peu par ses images et toutes sortes d’autres éléments juxtaposés qui joueraient ensemble et avec.

Quelque part naît un peintre ; personne ne sait encore qu’il le sera.

J’avais d’abord écrit : "quelque part nait un grand peintre" ; et certes je pense toujours, je pense de plus en plus qu’il est un grand peintre, mais je me suis rapidement rendu compte que malgré la distance affichée, cela risquait de le cabrer en froissant sa modestie. Le texte originel a naturellement considérablement évolué. Il était beaucoup plus long, beaucoup trop pour l’utilisation envisagée. Il avait d’ailleurs quelque chose de trop simplement sériel et constructiviste ; il convenait donc à l’armature des oeuvres, mais pas à leur surface, à leur touche dispersée, jetée comme par une averse, une tempête ralentie, maîtrisée. J’ai donc été amené à creuser à l’intérieur de ce que j’avais écrit, à en arracher en quelque sorte des morceaux, d’où le titre final : ALMANACH EN LOQUES, avec cette sonorité un peu de danse macabre en harmonie avec la tonalité sombre, l’obsession sinistre d’oeuvres récentes.

Nuages sur l’océan.

Les deux textes ne pouvaient être indépendants l’un de l’autre. Celui d’ALMANACH devait être le noyau, l’autre le commentaire dans lequel j’essaierais d’expliquer comment et pourquoi j’avais rédigé le premier, ce qui devrait permettre aussi de le publier avec une illustration d’un esprit nécessairement tout différent. Lorsque je me suis lancé dans cette entreprise, je n’avais jamais rencontré Jasper Johns. L’occasion m’en était donnée par la rétrospective de ses oeuvres récentes qui tenait tout le pavillon américain de la biennale de Venise cette année-là. Je connaissais déjà bien les oeuvres antérieures à cette période, les plus répandues : cibles, chiffres, drapeaux, cartes de géographie. Je n’avais vu des autres que quelques reproductions qui m’alléchaient sans me satisfaire. Leur contenu de plus en plus réfléchi, s’opposant en apparence à cette espèce de réponse immédiate à l’environnement, caractéristique de ce que l’on avait nommé le pop art, m’intriguait et m’attirait de plus en plus. J’avais besoin d’en avoir le coeur et l’oeil net.

On attend

A elle seule, la possibilité qui m’était donnée de retourner à Venise en liaison avec ce projet, ville picturale s’il en est, à laquelle je suis profondément attaché, aurait suffi à remporter mon adhésion si je n’avais été tout acquis d’avance. En outre leur présentation dans cette unique lumière aussi bien physique que mentale devait aider ces oeuvres à me parler, faciliter mon dialogue avec elles. Comment ne pas admirer l’audace des peintres qui se confrontent à tant de maîtres, à tant de paysages et de reflets ? Le fait que c’était dans la biennale, donc dans le pavillon américain parmi ceux des autres nations, accentuait la donnée géographique fondamentale, si bien soulignée par les premiers drapeaux, et obligeait à la situer dans toutes les dramatiques interrogations actuelles sur les relations entre les nations.

Ici on pressent la guerre. Ici on signe la paix.

J’avais rendez-vous avec lui et son marchand pour déjeuner sur la terrasse d’un hôtel somptueux, suspendue sur le grand canal. Timide, je suis spécialement intimidé lorsque je parle anglais. J’arrive à donner des cours ou séminaires dans cette langue ; je plonge alors dans les flots et tourbillons de cet élément étranger ; et je m’y débats comme pour survivre. Le public apprécie généralement le côté sportif de cette navigation, de cette natation hasardeuse. Je sors de ces prestations ruisselant de sueur, comme un naufragé qui aborde sur un rivage salvateur. Je m’ébroue avant de boire des verres entiers. Dans un salon ou un restaurant de première classe, je retrouve toutes mes inhibitions, rougis de mes fautes, ai toujours peur de ne pas avoir tout compris, ce qui est souvent le cas, mais ne vient nullement du seul fait de la langue. Il était certainement beaucoup plus intimidé que moi. Du seul fait qu’il ne parlait pas du tout français j’avais l’avantage. Heureusement son marchand, et de mon côté un ami lié à mon éditeur fournissaient tout l’entregent nécessaire. Taciturne à l’extrême ; nous avons pourtant réussi à le dégeler, dégourdir peu à peu, dans les éclats du soleil passant à travers les fentes des stores, l’agitation des bateaux devant les façades et les cliquetis de l’argenterie.

Plus on approche du pôle Nord, plus les jours sont courts. Les journaux annoncent un invasion de loups.

J’avais déjà naturellement fait une première visite à l’exposition. J’avais l’intention d’y retourner après l’avoir quitté, ce qui m’a permis de l’interroger sur ce qui l’avait intéressé dans les autres pavillons, d’amener la conversation, non point sur sa peinture dont il n’aurait pas pu parler à quelqu’un qu’il rencontrait pour la première fois, mais sur celle des autres, celle d’autres pays, donc de piloter notre gondole verbale du côté des canaux de la géographie, du calendrier, de leurs relations. Ce qui m’a amené à lui apprendre que lors de mon second séjour aux USA, en 1962, alors que j’étais professeur invité à l’université de Buffalo, j’avais visité son atelier d’alors dans un loft du downtown Manhattan. Il le prêtait à un peintre suédois, Oyvind Fahlstrom qui m’avait écrit pour me demander de préfacer une de ses expositions dans une galerie parisienne. Ce qui n’a malheureusement pu avoir lieu. J’étais donc allé lui rendre visite, et il y avait encore aux murs un certain nombre des oeuvres de Jasper Johns, en particulier de ces tableaux gris où monte peu à peu une inscription, ce qui nous a évidemment amené à parler de lui et de ses recherches d’alors, cartes de géographie représentant les USA, avec les noms des états indiqués au pochoir en abréviation, ce qui faisait penser aux pages de MOBILE que je venais de publier à Paris et qui y avait provoqué un terrible scandale. Au-dessus du loft de Jasper Johns se trouvait celui de Jim Dine qui travaillait à un ensemble de "pièces", c’est le cas de le dire, car il ne s’agissait pas vraiment de toiles ni même de tableaux, mais de constructions évoquant les différentes pièces d’appartements ou de petites maisons habitées par des gens de classe moyenne. Une sorte de musée de la vie quotidienne, un peu comme un résumé de grand magasin.

Monsieur ouvre les yeux. Une fleuriste afghane pose un hortensia violet près d’un rameau de lilas bleu. On décide la construction d’un hôpital. Une jeune Africaine du Sud se demande si elle aime l’Albanais.

Emigrants, émigrantes. Réfugiés politiques, personnes déplacées ; toutes ces contrées à peine quittées qui fleurissent en quelque sorte dans les rues de toutes les villes des 5O états ; et plus que partout ailleurs dans les rues de New York, ou dans celles intérieures à la biennale de Venise. Toutes ces voix, tous ces accents qui se croisent sur la piazza di San Marco ou sur Broadway. Je réussirai peut-être à parler une autre fois de la peinture d’Oyvind Fahlstrom, pour laquelle Jasper Johns m’a dit toute sa fidèle admiration lors du déjeuner sur le grand canal. Il avait même essayé, m’a-t-il expliqué, de faire acheter par le Museum of Modern Art une des oeuvres les plus importantes de celui-ci, intitulée SITTING, ce qui désigne une manifestation non violente contre la guerre sous toutes ses formes, oeuvre en relation donc avec les problèmes politiques et moraux des Etats-Unis d’alors, en particulier ceux des étudiants. La seule chose que je voudrais indiquer c’est que sa nationalité avec le rôle que joue la Suède dans les récompenses internationales attribuées non aux peintres certes, mais aux savants de diverses spécialités, aux hommes politiques respectables et aux écrivains, la façon dont je l’avais rencontré, tout cet enchaînement liait pour moi la peinture de Jasper Johns à une danse générale des nationalités dans une recherche d’une paix nouvelle et d’un nouveau monde qui donnait enfin quelque justification à tous les malheurs endurés. Ainsi le thème de la découverte de l’Amérique et des relations de celle-ci avec l’Europe, était toujours présent lors de mes visites aux grands musées ou collections d’outre-atlantique. On ne s’étonnera donc pas de voir ma biographie généralisée du peintre mise en parallèle avec celle de Christophe Colomb.

La famille de Christophe Colomb est d’humble condition. Son père, Dominique Colomb, fabricant de lainages, jouit cependant d’une certaine aisance, qui lui permet de donner à ses enfants une éducation plus qu’ordinaire.

Ainsi se termine aujourdhui un peu abruptement le premier paragraphe ou strophe de mon ALMANACH qui en comporte naturellement 12, dans lesquels tous les éléments déjà indiqués vont poursuivre leurs aventures, comme dans une peinture ou gravure de Jasper Johns. Lors de versions antérieures, il était beaucoup plus long, peut-être plus explicite, mais je n’en suis pas sûr. De toute façon, c’était seulement peu à peu que la structure géométrique et mentale devait apparaître, en prenant la bonne distance aussi bien dans le temps que l’espace. Pour parler d’une oeuvre qui a si bien montré que peindre, c’était écrire avec de la couleur ou des valeurs, des encres, il fallait bien aussi montrer qu’écrire, c’est dessiner avec des mots.

Publication en ligne : 21 juin 2009

Réagir à ce texte

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette