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   regardant la réserve des bribes       allong       dans le temps passe si vite, le lourd travail des meules  dans le livre, le       aujour       un ensevelie de silence, suite de tout est possible pour qui voici des œuvres qui, le       jardin pour maguy giraud et deuxième suite       su exode, 16, 1-5 toute si tu es étudiant en     cet arbre que cet article est paru dans le  pour de       bien le "patriote", mon cher pétrarque, très saintes litanies dernier vers aoi ce paysage que tu contemplais quel étonnant     &nbs       sur de pa(i)smeisuns en est venuz le 23 février 1988, il l’illusion d’une guetter cette chose la tentation du survol, à morz est rollant, deus en ad a propos d’une   se il avait accepté       les cinquième citationne et nous n’avons rien effleurer le ciel du bout des   entrons je n’hésiterai dans le ciel du titrer "claude viallat, j’ai perdu mon pour frédéric autres litanies du saint nom   d’un coté,       longte       pass&e merle noir  pour la terre nous 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marie-hélène jouer sur tous les tableaux en 1958 ben ouvre à les lettres ou les chiffres pour max charvolen 1) vous avez     quand toulon, samedi 9 essai de nécrologie,  le "musée pour qui veut se faire une attelage ii est une œuvre temps où le sang se et  riche de mes madame des forêts de la parol

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MICHEL BUTOR

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L’itinéraire double - b
© Michel Butor

b) Deuxième journée

Ecrivain(s) : Butor (site)

« 8° De là à l’Hawash très encaissé à ce passage, 20 kilomètres. Toute la région des deux côtés de l’Hawash à deux jours et demi se nomme Careyon. Tribus gallas bédouines, propriétaires de chameaux et autres bestiaux. En guerre avec les Aroussis. Hauteur du passage de l’Hawash : environ 800m. ; 8O(cm.) d’eau ; »


Achenafi avait préféré un autre hôtel de sa connaissance, propre et de cuisine locale que nous avons pu goûter au retour. Après Awash le train traverse le fleuve sur un viaduc métallique construit en 1894, détruit en 1941, reconstruit en 1950. C’est à cet endroit que Rimbaud a traversé la gorge sur un pont beaucoup plus bas et plus petit. Le débit est si capricieux qu’une des caravanes envoyées par Rimbaud à Ilg a perdu un de ses dromadaires avec sa charge de quarante « métades » ou fourneaux à cuire l’injera. Nous avons alors quitté provisoirement son itinéraire pour aller traverser l’Awash sur un pont de pierre gardé par des soldats au village de Mieso. Nous cherchons un restaurant pour le déjeuner. Rien ne se présentant d’engageant, Achenafi nous dit qu’il en connaît un très bien à une trentaine de kilomètres, à Asbe Teferi, et nous lui faisons confiance.

Jusqu’à Awash, c’est une route goudronnée, certes mal entretenue, avec de nombreux nids de poules, mais parfaitement carrossable. près, c’et la piste de terre qui se transforme en torrent de boue lors des grandes pluies, comme nous avons pu le constater à notre retour. La région inférieure est en pleins travaux exécutés par des équipes chinoises d’un côté du fleuve, nord-coréennes de l’autre. On croise ou double de nombreux bulldozers. Vautours. Nombreux oiseaux que je suis incapable d’identifier, de toutes couleurs, des voyelles volantes. Achenafi remet son unique cassette dans le lecteur.

Il y a, dans un de mes guides, une double page en couleurs représentant les animaux spéciaux à l’Éthiopie que l’on peut y rencontrer partout. Ce sont de ces images qui font penser au paradis terrestre : la vipère y caresse le babouin, le bouquetin y croise les grenouilles parmi l’alchemille et l’échinops. Je l’ai souvent examinée pour me préparer à la faune. Je l’ouvre en m’efforçant de saisir l’allure de quelques oiseaux.



« 9° Au-delà de l’Hawash 30 kilomètres en brousse, on marche par les sentiers des éléphants ; »


Notre route est alors parallèle à celle de Rimbaud, à peu près soixante kilomètres à l’Ouest. Nous ne rencontrons plus que des Oromos. Ils ont de beaux villages avec de grandes huttes rondes très propres, donnant une impression tout à fait différente de celle des bidonvilles d’Addis-Abeba. Ils cultivent soigneusement de petits champs avec des charrues primitives.

On reconnaît les feuilles vert émeraude du « khat » prononcer « tchat »), cette drogue locale dont Achenafi, notre conducteur, est malheureusement friand. On la mâche en boule et on la laisse reposer dans une joue où elle forme un petite bosse. Il paraît que c’est très amer. Il y trouve du réconfort lors du danger. Comme il connaît très bien la route, il n’en a pas besoin à l’aller ; mais au retour, après des incidents techniques qui ont retardé notre départ, des pluies violentes et de nouveaux incidents, nous l’avons vu y avoir recours maintes fois. Secousses.

Des images d’oiseaux bien trop petites et floues pour qu’elles m’aident à reconnaître la plupart des espèces, représentées ; pourtant j’identifie un francolin de Harwood.





« 10° Nous remontons rapidement à l’Itou par des sentiers ombragés. Beau pays boisé, peu cultivé. Nous nous retrouvons vite à 2000 mètres d’altitude. Halte à Galamso, poste abyssin de trois à quatre cents soldats au dedatch Woldé Guibril. - 35 kilomètres ; »


Une de mes cartes dit Galamso, l’autre Gelemso. C’est sur la crête de la montagne de Harrar, nommée par le deux «  Ahmar mountains  » (« les montagnes rouges »). Rimbaud est frappé par la présence des bois, ce qui le change de la savane qu’il vient de traverser et de l’aridité de la région de Harrar. Nombreuses secousses. Corbeaux, vautours. Une carcasse de voiture en contrebas. La route, ou plutôt la piste monte rapidement en lacets ; le paysage s’ouvre de plus en plus. Avec sa couleur rouge, son horizon immense et très distinct, il nous fait irrésistiblement penser au Nouveau-Mexique, mais la couleur est plus sombre.

Ai-je devant les yeux l’onette à ailes bleues, le râle de Rouget, le pigeon à collier blanc, le phyllante de Galinier ? Le livre danse tellement que je n’y démêle plus rien.



« 11° De Galamo à Boroma poste de mille soldats au ras Dargué, 30 kilomètres. Les cultures de l’Abyssinie sont remplacées par le dourah (sorgho). Altitude 2200 mètres ; »



Nous arrivons sur la crête et retrouvons l’itinéraire de Rimbaud à un petite ville appelée aujourd’hui Asbe Teferi. Achenafi nous conduit à son hôtel restaurant qui a très bonne figure. Nous y mangeons de l’injera, la nourriture de base des Éthiopiens, crêpes de tef, céréale particulière à ce pays, cuites sur des métades, fourneaux de tôle noire en forme de dôme.

Sur le mur de la salle à manger, dans un cadre peint en noir et jaune, un bouquet de roses sur fond noir aéré de caramel vers le haut, avec deux grandes fleurs imaginaires qui font penser, avec leurs longs pistils, à des hibiscus à cinq pétales, rouge sang à reflets canari. Signé dans le coin en bas à gauche en amharique.

Contrairement à Rimbaud, je n’ai pas tenu de journal pendant cet itinéraire. Je le reconstitue, quatre mois plus tard à l’aide de photographies prises par Marie-Jo, de cartes et de documents ; mais j’ai pourtant noté sur place la description de cette peinture, ainsi que la palette des vêtements féminins Oromos, sur un petit carnet à reliure spirale et couverture bleu pâle, qui nous servait à marquer nos comptes.

Les secousses font voler les images presque comme les oiseaux mêmes : vanneau d’Abyssinie, perroquet à face jaune, mésange à dos blanc.





« 12° Suite du Tchertcher, magnifiques forêts. Un lac nommé Arro. On marche sur la crête d’une chaîne de collines. L’Aroussi, à droite, parallèle à notre route, plus élevé que l’Itou ; ses grandes forêts et ses belles montagnes sont ouvertes en panorama. Halte à un lieu nommé Wotcho. - 30 kilomètres ; »



À partir d’Asbe Teferi, la piste n’est plus du tout améliorée, mais elle est vaste et fort peu fréquentée. Elle oscille de village en village sur la crête très éventée. Il faut toute la dextérité d’Achenafi pour éviter les trous et les rocs. D’autres oiseaux. La chaîne est divisée en deux branches qui se rejoindront à Deder. La panorama est immense. Falaises, ravins, canyons. La végétation est toute différente de celle de la veille. Il y a en effet des restes de grandes forêts, de grands conifères, genre genévrier ou thuya, tourmentés par les ouragans. Cahots, coups de freins, je roule d’une épaule à l’autre de mes deux voisines. Les maisons sont devenues de grandes huttes circulaires soigneusement construites avec un mât jaillissant du toit conique, parfois s’élargissant en bouquet.

Sec. D’ailleurs, malgré toutes les fondrières et les rochers, l’auto roule beaucoup trop vite pour qu’une observation sérieuse soit possible. À droite, à gauche, encore à droite, une épingle de cheveux autour d’un éperon ruiniforme. On reprend son souffle et son équilibre tandis qu’un éboulis dévale. Un cahot plus violet fait tomber l’ouvrage ; il faut attendre une région plus calme pour le repêcher avec contorsions.
« 13° 15 kilomètres jusqu’à la maison du cheikh Jahia à Goro. Nombreux villages. C’est le centre des Itous où se rendent les marchands du Harar et ceux de l’Abyssinie qui viennent vendre des channuas. Il y a là beaucoup de familles abyssines musulmanes ; »



Nous n’avons pas réussi à identifier Goro. Les villages sont peuplés surtout par des Oromos de la tribu Koto (ou Itou), mais il y a aussi de temps en temps des Amharas. Ils se distinguent aisément par la couleur de leurs vêtements à base de blanc. À Addis-Abeba nous avions remarqué des femmes Somalis vêtues de longs pagnes enroulés autour du corps et noués en turbans sur la tête, splendidement polychromes, tels ceux que l’on voit sur les Ivoiriemmes ou Sénégalaises, ces « wax » ou « superwax » généralement fabriqués en Hollande et que l’on trouve en particulier dans les boutiques de la rue Ordener à Paris.

Mais les femmes Oroo ont une palette tout à fait particulière : fondamentalement le vert islamique, mais plus classique, plus émeraude que celui qui distingue les murs des 50 menues mosquées à l’intérieur de l’enceinte de Harrar, plus cendré, donc émeraude avec des nuances, mais très proches les unes des autres, allumé par du jaune d’or surtout autour des visages pour les détacher, sur une basse ou base de jupe violet évêque en outre orange, écarlate, grenat, bleu canard et vert moutarde, puis tout ce qu’on voudra en fioritures, ce qui donne des combinaisons d’une inépuisable variété. Les groupes que forment les femmes entre elles, produisent des improvisations d’une extraordinaire harmonie.

Ds son arrivée à Harra, Rimbaud écrit à sa famille, le 13 décembre 1880, qu’il est « dans les Gallas », puis le 15 janvier 1881 :

« ... Nous sommes ici dans le Galla.

Nous faisons venir un appareil photographique, et je vous enverrai des vues du pays et des gens... »

Un an plus tard, depuis Aden, le 18 janvier 1882, il écrit à Ernest Delahaye da&ns une lettre incluse dans une aux siens :

« ...Je suis pour composer un ouvrage sur le Harar et les Gallas que j’ai explorés , et le soumettre à la Société de Géographie. Je suis resté un an dans ces contrées en emploi dans une maison de commerce française.

Je viens de commander à Lyon un appareil photographique qui me permettra d’intercaler dans cet ouvrage des vues de ces étranges contrées... »


Je ne veux pa revenir sur l’Odyssée de cet appareil photographique qui finalement ne parviendra à Aden qu’en mars 1883 ; et c’est seulement le 6 mai que Rimbaud pourra envoyer deux (ou trois) autoportraits à sa famille :

« ...Ci-inclus deux photographies de moi-même par moi-même...

...Ces photographies me représentent, l’une, debout sur une terrasse de la maison, l’autre debout dans un jardin de café ; une autre les bras croisés dans un jardin de bananes. Tout cela est devenu blanc, à cause des mauvaises eaux qui me servent à laver. Mais je vais faire du meilleur travail par la suite. Ceci est seulement pour vous rappeler ma figure, et vous donner une idée des paysages d’ici. »


Comme la pause était très longue, il était tout à fait possible de se photographier soi-même en se glissant à la place choisie après avoir ouvert l’objectif. La « blancheur » des clichés rappelle cette espèce d’effacement de la réalité qui s’est produit lors du passage du Gothard, « dans l’embêtement blanc ».

Mais pourquoi Rimbaud dit-il qu’il est dans (ou chez) les Gallas, alors qu’il est à Harar qui est la capitale d’ne région différente avec sa propre langue sémitique très éloignée de celle des Oromos ? Certes il y en avait à Harrar, mais ils étaient loin d’y être en majorité ; ils étaient surtout dans les montagnes environnantes. Il a dû y avoir chez lui une fascination particulière pour ce peuple, et j’imagine que son sens de la couleur y était pour quelque chose. Mais la photographie n’était alors qu’en noir et blanc. Il le savait bien ; mais devant l’impossibilité de traduire certains contrastes, on comprend la déception que lui apporteront ses clichés, malgré la beauté exceptionnelle d’au moins l’un d’entre eux.

Dans l’épicerie générale que Rimbaud installera à Harar pour son nouveau séjour, plus d’un an après cet itinéraire, le commerce des tissus jouera un rôle essentiel.

Les villages possèdent alternativement une église ou une mosquée. L’un est plutôt musulman, l’autre plutôt chrétien, avec d’importants vestiges ou superstitions de religions antérieures. Tout ce monde s’entend pour l’instant très bien jusqu’à ce qu’une nouvelle guerre apporte de nouveaux massacres, de nouvelles épaves de tanks, de nouvelles destructions de forêts.

Corbeaux et vautours. Dans les villages il faut éviter les zébus, moutons, chèvres et poulets. Les quelques voitures que nous croisons dégagent des trombes de poussière. Des nuages très lointains sur un des secteurs de l’horizon.

Sec, sec. Ce sont des fantômes d’oiseaux qui disparaissent aussitôt qu’entrevus, mais parfois innombrables : vanneaux, perroquets, touracos, serins, hirondelles. La double page est maculée de poussière.
« 14° 20 kilomètres, Herna. Splendides vallées couronnées de forêts à l’ombre desquelles on marche. Caféiers. C’est là qu’Abdullahi, l’émir de Harar, avait envoyé quelques turcs déloger un poste abyssin, fait qui causa la mise en marche de Ménélik ; »



L’enthousiasme de Rimbaud augmente avec l’ampleur des forêts aujourd’hui dévastées par les guerres et les abattages. C’est qu’elles lui rappellent celles de son enfance en Ardenne. Certes il a pu se reposer à l’ombre des arbres, du bosquet de palmiers de Tadjoura par exemple, mais c’est un émerveillement pour lui de pouvoir marcher longuement à leur ombre.

Nous en profitons pour marcher un peu, écouter les oiseaux, respirer les odeurs.

La culture du café das cette région a été presque intégralement remplacée par celle du khat. Fumée dans les villages des vallées que nous découvrons alternativement d’un côté ou l’autre de la route, avec des toits de tôle ondulée que le Soleil fait étinceler. Une des poignées se bloque. Impossible de remonter ou baisser la vitre de la fenêtre qui reste donc à mi-hauteur. Une rafale de vent s’engouffre. Secousses et virages. Corbeaux, pigeons, huppes. Quelques nuages.

Sec, sec, sec. Décidément je referme mon livre ; je ne saurai jamais si j’ai vu ici le pigeon à collier blanc, les inséprables d’Abyssinie, le barbican barré, les rufipennes à bec blanc...






« 15° Bourka, vallée ainsi nommée d’une rivière à torrent à fort débit qui descend à l’Ennya. Forêts étendues. - 30 kilomètres ; »



Nuages, poussières, secousses, fatigues, groupes de femmes. Les petits ânes gris avec leur croix sombre sur l’échine et les épaules, portent d’énormes charges de bois mort. Enfants qui shootent dans des boîtes de conserve ; grands arbres, mais on ne peut plus parler de forêts ; d’immenses vallées, l’horizon reculant encore.

Et je me redis les noms des oiseaux : perroquet à face jaune, touraco de Ruspoli, pic d’Abyssinie, loriot à tête noire...
« 16° Obona, pays boisé, accidenté, calcaire, pauvre. -30 kilomètres ; »


Le prochain village d’importance s’appelle Deder. Pompe à essence. À droite une autre branche de la chaîne que l’on voit très bien depuis Harrar. Dan certains villages l’entrée est défendue par une barrière qu’il faut faire lever. C’est un vestige du régime précédent ; mais tout se passe aimablement et il n’ a en général aucun problème à passer tout simplement à côté si l’état de la route y invite. Carrioles tirées par des chevaux maigres ; ânes chargés de bois, de roseaux ou de joncs. Nombreux nuages.

J’imagine Rimbaud observant dans sa cour les inséparables d’Abyssinie, le barbican barré, l’hirondelle à queue blanche, le corbin de Stresemann.




« 17° Chalanko, champ de bataille de l’Émir. Meta forêts de pins ; Warabelly. Meta doit être le point le plus haut de toute la route, peut-être 2600 mètres. - Longueur de l’étape : 30 kilomètres ; »



Après Chelenko, parmi les genévriers et thuyas vénérables, le villages de Kulubi, Kersa ; un peu plus de trafic. Les forêts ont disparu. Le vent soulève beaucoup de poussière. Zigzags. Le Soleil commence à baisser. De plus en plus de nuages.

Nous croyons apercevoir les 24 anges qui chantent autour de saint Yared, s’accompagnant de flûtes de Pan, guitares à cinq cordes, sistres tambours et harpes, pour lui enseigner la musique du paradis.

Coucher de Soleil africain. Illuminations, « Fleurs » :

« D’un gradin d’or, - parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, - je vois la digitale s’ouvrir sur un tapis de filigranes d’argent, d’yeux et de chevelures... »

Rimbaud ignorait sûrement tous les noms savants de ces oiseaux, mais sans doute Djami son serviteur, avait-il dans sa langue, dans une de ses langues, un nom pour chacun d’eux.
« 18° Lac de Yabatha, lacs de Harramoïa. Harar. - 40 kilomètres. »

Le second lac s’appelle Alem Maya. Il et peuplé d’oies sauvages, d’ibis et de flamants roses qui brillent aux rayons presque horizontaux. Palmiers et flamboyants, marais de roseaux. Les ânes portent de lourdes charges. Sur ses rives un bourg qui vraisemblablement n’existait pas encore une temps de Rimbaud et qui a pris une grande importance à partir de la création de Dire Dawa, la station du chemin de fer la plus proche de Harrar, ville d’inspiration française, aujourd’hui la capitale du trafic du khat et la deuxième agglomération du pays avec son aéroport qu’empruntent en général les quelques Européens qui veulent aller d’Addis -Abeba à Harrar, faisant le reste du trajet en taxi. Le bourg d’Alem Maya est le point de jonction de la route qui monte de Dire Dawa avec notre pisrte. Effacement du coucher de Soleil africain.

À partir de là, c’est vraiment une route avec des eucalyptus des deux côtés. Le trafic devient intense avec ses camions transportant la drogue, ou bien de la bière et de l’eau minérale, et des bus remontant le écoliers qui vont à l’Alliance Française en bas. Beaucoup de poussière. Des cars bleus de plus en plus nombreux. Bientôt les premiers faubourgs de Harrar où nous arrivons au crépuscule pour nous installer dans notre hôtel à l’extérieur des remparts, juste devant la gare principale où se trouve la gare routière et une partie du marché Dernières secousses et zigzags.

Nous avons mis deux jours au lieu de dix-huit. Le land-cruiser a mal supporté le voyage. Il faudra faire monter de Dire Dawa une pièce qui n’arrivera que le surlendemain, samedi-saint orthodoxe, d’où grand retard pour redescendre. Dans « une Saison en enfer », « Adieu » :

« Cependant c’est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes. »

Nous passerons la journée du lendemain dans la vieille ville.

Publication en ligne : 15 juin 2009

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