BRIBES EN LIGNE
dans le respect du cahier des quelques autres "moi, esclave" a l’une des dernières “dans le dessin heureuse ruine, pensait ils avaient si longtemps, si la rencontre d’une       nuage   je n’ai jamais       les antoine simon 27 du fond des cours et des quatrième essai rares ce jour là, je pouvais la brume. nuages pas facile d’ajuster le dernier vers aoi dentelle : il avait     de rigoles en       midi madame, c’est notre tout à fleur d’eaula danse       ma       dans  au travers de toi je       object a supposer quece monde tienne       " les plus vieilles a claude b.   comme mes pensées restent madame est une ce qui fait tableau : ce     un mois sans il en est des noms comme du ensevelie de silence, et que vous dire des       voyage de toutes les       dans À perte de vue, la houle des     extraire       arauca pour helmut       pav&ea       descen antoine simon 10       je me d’un côté générations  monde rassemblé pour andrée toute trace fait sens. que  ce mois ci : sub       et à       su     faisant la       l̵       les       pourqu normalement, la rubrique gardien de phare à vie, au et encore  dits comme un préliminaire la ce qui fascine chez pour martine fontelucco, 6 juillet 2000 le samedi 26 mars, à 15 carissimo ulisse,torna a dix l’espace ouvert au macles et roulis photo 1       rampan c’est une sorte de je crie la rue mue douleur chairs à vif paumes la gaucherie à vivre, antoine simon 5  le livre, avec ce paysage que tu contemplais       &eacut il ne sait rien qui ne va   voici donc la les étourneaux ! un verre de vin pour tacher  référencem  dernier salut au     [1]  il n’est pire enfer que douze (se fait terre se       parfoi   ces notes   (dans le madame porte à tendresses ô mes envols dans le patriote du 16 mars ...et poème pour apaches :       "     son halt sunt li pui e mult halt traquer si j’avais de son je m’étonne toujours de la nous lirons deux extraits de dans l’innocence des  dans toutes les rues       aujour   j’ai souvent       fourr&     à dans les carnets bal kanique c’est pour jean-louis cantin 1.- ouverture de l’espace depuis ce jour, le site     oued coulant merle noir  pour  il est des objets sur (de)lecta lucta   pour jean gautheronle cosmos je meurs de soif       &agrav du bibelot au babilencore une d’abord l’échange des intendo... intendo ! karles se dort cum hume antoine simon 33 ses mains aussi étaient in the country "l’art est-il mille fardeaux, mille       b&acir deux nouveauté, là, c’est le sable et titrer "claude viallat, et ma foi,   la production     dans la ruela       la 1257 cleimet sa culpe, si et que dire de la grâce et combien le vieux qui “le pinceau glisse sur       bonheu une errance de dernier vers aoi morz est rollant, deus en ad les plus terribles       les la musique est le parfum de    courant li emperere par sa grant dernier vers aoi l’impression la plus le lent tricotage du paysage madame aux rumeurs (vois-tu, sancho, je suis ki mult est las, il se dort       bien des conserves ! ….omme virginia par la       bonhe  “ce travail qui onzième       fleur   au milieu de quant carles oït la " je suis un écorché vif. antoine simon 19 j’ai longtemps bientôt, aucune amarre deuxième apparition de quando me ne so itu pe 1.- les rêves de tout le problème avec marc, nous avons j’ai perdu mon ils sortent la mort d’un oiseau.       je me vertige. une distance antoine simon 7 li quens oger cuardise   on n’est six de l’espace urbain, nécrologie autres litanies du saint nom     le la chaude caresse de à bernadette cher bernard f les marques de la mort sur sur la toile de renoir, les     sur la pas même (en regardant un dessin de jouer sur tous les tableaux sur l’erbe verte si est sixième (dans mon ventre pousse une une autre approche de   (à printemps breton, printemps d’un bout à madame dans l’ombre des bernard dejonghe... depuis cet article est paru dans le des quatre archanges que       le pour michèle gazier 1 décembre 2001. À l’occasion de     au couchant pourquoi yves klein a-t-il et il parlait ainsi dans la il y a tant de saints sur   la baie des anges   en grec, morías      & cyclades, iii° l’art c’est la j’ai en réserve pour mireille et philippe chaque automne les tous ces charlatans qui on a cru à quelques textes c’est pour moi le premier       l̵ madame est toute    de femme liseuse toute une faune timide veille pas sur coussin d’air mais       dans       o la communication est   dits de       en       vaches pour egidio fiorin des mots pour jean-marie simon et sa dans le pays dont je vous percey priest lakesur les …presque vingt ans plus "nice, nouvel éloge de la       crabe-  le grand brassage des agnus dei qui tollis peccata       glouss carcassonne, le 06 grande lune pourpre dont les une il faut dire les station 5 : comment       la       " « 8° de la vie est ce bruissement vous êtes       le pour pierre theunissen la       la l’ami michel comment entrer dans une   ces sec erv vre ile avez-vous vu de soie les draps, de soie 1- c’est dans tous feux éteints. des madame chrysalide fileuse granz fut li colps, li dux en       "   se       s̵ trois (mon souffle au matin histoire de signes . Éléments - madame, on ne la voit jamais antoine simon 21       le le passé n’est       et tu la tentation du survol, à       sur zacinto dove giacque il mio dernier vers aoi peinture de rimes. le texte le grand combat :       dans attendre. mot terrible. pour max charvolen 1)       sur À max charvolen et martin tout en travaillant sur les c’est parfois un pays       je station 7 : as-tu vu judas se abu zayd me déplait. pas effleurer le ciel du bout des     " le tissu d’acier comme c’est je sais, un monde se en ceste tere ad estet ja laure et pétrarque comme antoine simon 9 mais non, mais non, tu mieux valait découper cinquième citationne   3   

les  les trois ensembles pour michèle si elle est belle ? je       la 1254 : naissance de       dans depuis le 20 juillet, bribes nous viendrons nous masser       apparu "tu sais ce que c’est chaises, tables, verres,  les premières j’oublie souvent et la mort, l’ultime port, pour nicolas lavarenne ma       dans deuxième suite 0 false 21 18       au       baie a christiane pour mes enfants laure et  avec « a la cinq madame aux yeux ce 28 février 2002. ço dist li reis : ce   le texte suivant a f le feu s’est on préparait jamais si entêtanteeurydice on trouvera la video ce texte m’a été démodocos... Ça a bien un pour julius baltazar 1 le « e ! malvais   six formes de la       soleil       " approche d’une après la lecture de temps où les coeurs  l’écriture pluies et bruines,    7 artistes et 1    en a la libération, les       dans madame déchirée  marcel migozzi vient de       &agrav dernier vers aoi       pav&ea pour maguy giraud et il avait accepté dans ma gorge le scribe ne retient torna a sorrento ulisse torna dernier vers aoi vi.- les amicales aventures       la de mes deux mains ici. les oiseaux y ont fait dans le pain brisé son   l’oeuvre vit son   si vous souhaitez quelque temps plus tard, de la deuxième édition du trois tentatives desesperees  tu vois im font chier et nous n’avons rien       dans     tout autour c’est un peu comme si, j’ai donné, au mois patrick joquel vient de à propos des grands     &nbs quand c’est le vent qui la parol

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Lettre à de jeunes amateurs

A propos du travail d’Anne Gérard

Artiste(s) : Gérard

Nice, le 8 octobre 2004

C’est Gérald Meerloo, votre professeur d’arts plastiques, qui m’a demandé de vous écrire... Pour vous dire pourquoi je m’intéresse au travail d’Anne Gérard, et pourquoi j’aime regarder les oeuvres qu’elle fait. Et il est vrai que, depuis que j’ai vu sa première exposition, en 1990, dans une galerie niçoise, le travail d’Anne Gérard m’intéresse. Alors, voici...

Je vous dirai d’abord deux choses rapides.
Ce qui m’intéresse dans ce travail, c’est que cette artiste représente, ou présente, des objets de la vie quotidienne.
La raison pour laquelle j’aime regarder ses oeuvres, c’est qu’elles sont très particulières et qu’elles suscitent en moi des réactions, des idées, des impressions, des émotions que je ne retrouve pas à l’identique, mêlées de cette façon, dans d’autres oeuvres.

J’aimerais maintenant être un peu plus précis sur cette question des objets...
Peut-être êtes-vous comme moi : je m’intéresse aux objets. J’aime en avoir de toutes sortes. J’aime les regarder dans les vitrines, j’aime me promener dans les supermarchés, les souks et les magasins où les objets s’entassent. Je suis très fasciné par tout ce qui concerne les objets dont nous nous servons, par les formes qu’on leur donne et les emplois qu’on en fait.
Avec le temps, j’en suis venu à me dire que plus nos objets sont simples, humbles, banals, plus il semble que nous tissions avec eux des rapports complexes. Peut-être avez vous, vous aussi, cette impression.
Il y a en effet des objets auxquels nous ne faisons pas attention : pourquoi en effet s’attacher à une chaussure, un bol, une cravate, une passoire, une cueillère, une théière ? Voilà bien des objets qui sont –littéralement- insignifiants. Pourtant tous ces objets peuplent notre vie et notre espace. Ils accompagnent notre vie quotidienne, et nous les retrouvons même, pour certains d’entre eux, dans notre histoire et dans notre préhistoire… Nous les retrouvons même, plus ou moins embellis et ornés, dans l’histoire de l’art…

A vrai dire, nous retrouvons ces objets dans l’art même s’ils ne sont pas particulièrement beaux : il suffit qu’ils viennent d’ailleurs –un autre lieu, un autre temps- pour qu’ils nous paraissent curieusement étranges et fascinants : les biberons antiques, de Carthage ou de Rome, les chaussures de l’extrême orient, la porcelaine chinoise, ou… les marteaux américains… m’ont toujours ouvert les champs de la rêverie.

Ces objets qui nous accompagnent dans notre vie, nous accompagnent, pour certains d’entre eux, après notre mort. Vous connaissez tous le cas des tombeaux égyptiens, et vous savez sans doute que, bien avant la civilisation égyptienne, depuis des dizaines de milliers d’années, nous retrouvons des objets de la vie quotidienne dans les sépultures. Et de nos jours encore, plus modestement peut-être, nous habillons nos morts, et nous mettons parfois de menus objets dans leur cercueil.

Ces objets qui nous accompagnent dans la vie et dans la mort sont eux-mêmes sujets à la disparition, et nous avons, dans nos villes, des services spéciaux pour s’occuper des objets quand ils ont terminé leur usage. Nous appelons ça des décharges, ou des usines de retraitement des ordures… Parfois, certains objets survivent à ces destructions et on les retrouve dans les brocantes ou chez les antiquaires… Parfois, dans les familles, on sauve de la destruction un carnet, un stylo, une montre, une assiette… Peut-être avez vous ainsi ce type d’objets chez vous.

Cette question des objets, vous le voyez, est très intéressante, dès qu’on y réfléchit un peu. Et encore plus importante depuis que les objets sont produits industriellement, que nous en possédons de plus en plus (de sorte que nous en détruisons aussi de plus en plus) ; il y en a tant, parfois, que nous ne savons plus où les mettre… même quand ils sont détruits. Certains craignent même qu’ils finissent par manger tout notre espace, tant ils deviennent nombreux. Vous pourrez voir ça de plus près si ça vous intéresse, avec vos professeurs…

Notre intérêt pour les objets se manifeste aussi d’une autre façon : nous ne faisons pas que les produire, les utiliser, les réparer, les jeter ou les conserver… Nous les représentons aussi, nous en faisons des images… Depuis des centaines et des milliers d’années nous en faisons des dessins, des peintures, depuis quelques décennies, nous les photographions, les filmons.
Il y a quelques centaines d’années (c’était tout au début du XVIème siècle), en Europe, on a même inventé une forme de tableau qui ne représentait que des objets. Ça s’appelle une "nature morte". Petite curiosité : les Anglais appellent ça "still life", ce qui veut dire… "toujours en vie".

Vous voyez que j’en arrive à parler des artistes
Depuis tout petit, ça m’a toujours surpris cette volonté des artistes –surtout des peintres- de représenter des objets. Qu’il y ait des objets dans une photo de famille, ou qu’ils apparaissent dans un film, qu’un personnage figure dans un tableau tenant à la main un livre, l’autre main posée sur une table encombrée d’objet divers, ou encore qu’on voie des objets sur une scène de théâtre, ça, je le comprenais très bien : les objets font partie du décor. Mais ne voir, sur un tableau, qu’un verre et une gaufrette ! Passe encore un vase plein de fleurs, on peut se dire que le peintre a voulu nous caresser l’œil avec des couleurs. Mais la représentation d’une saucisse ? Ou d’un hamburger ? Ou d’une fiasque de vin à côté d’un verre et d’un bout de pain… Quand j’avais l’âge du CM1, et jusqu’à bien plus tard, dans mes années de lycée, ça me troublait.

Evidemment, plus ça me troublait, plus ça m’intéressait. Je me suis bientôt aperçu, par exemple, qu’un artiste qui ne représente que des objets, fait penser –forcément- aux hommes qu’il ne représente pas. Certains spectateurs se disent : "tiens ! Mais pourquoi n’y a –t-il personne sur ce tableau ?" ; d’autres : "Pour que ces objets soient là, il a fallu que quelqu’un les y place…." Et les voilà en train de se raconter toute une histoire. D’autres encore : "Ces choses qui sont là figurées sous mes yeux, quelqu’un les a faites", et voilà que l’on part dans une histoire du travail : celle du jardinier qui a ramassé les fleurs, celle du boulanger qui a cuit le pain… ou celle du travail de l’artiste qui a peint le tableau !

Chacun de ces artistes provoque ainsi en moi –et je crois que c’est pareil pour beaucoup de gens qui regardent des œuvres d’art- toutes sortes de sentiments et d’idées. Par exemple, les premières "colères" d’Arman m’ont mis… en colère. Imaginez ça : cet artiste prenait des violons et les cassait avant d’en coller les bouts sur des panneaux. Il appelait ça "Colère". Moi, ce qui me mettait en colère, c’est qu’il cassait des violons. J’aimais le son du violon ! Je connaissais le prix d’un violon, et je ne supportais pas qu’on les casse. J’ai mis du temps avant d’apprivoiser les "colères" d’Arman.

Autre exemple… Je vous parlais plus haut du verre et de la gaufrette. Plus je regardais ce tableau et plus mon attention était attirée par la disposition des objets, leur position sur la table, le déséquilibre qui était figuré (le plat de gaufrettes semblait sur le point de tomber) et surtout, par le reflet du vin dans le verre sur lequel, sans cesse, mon regard revenait. "On ne devrait pas appeler ce tableau verre et gaufrette, me suis-je dit un jour, mais déséquilibre et reflet". Il faut se méfier des artistes : chez eux, une idée peut toujours en cacher une autre…

Pourquoi j’aime les œuvres d’Anne Gérard
Comme pour presque tous les peintres que j’aime, les œuvres d’Anne Gérard m’ont d’abord choqué. Je ne peux penser à son travail, je ne peux pas voir une de ses oeuvres, sans que me revienne sans cesse en mémoire ma découverte de sa première exposition… J’étais seul dans la salle. La galeriste travaillait dans son bureau. Face à moi de grandes toiles libres, bien construites et bien peintes.
Elles étaient bien construites, cela veut dire qu’elles étaient à l’évidence composées et que l’artiste voulait donner l’impression d’une organisation réfléchie. Elles étaient bien peintes, cela veut dire que l’on voyait un "savoir faire", dans la qualité de la peinture, dans l’usage du pinceau, dans les associations –parfois osées- de couleurs…
Pourtant ces toiles me choquaient.
Elles me choquaient parce que cet évident "savoir faire" servait à représenter des objets vulgaires ( une passoire par exemple) de façon maladroite. Elle utilisait volontiers de la toile courante et non de la toile de peintre… Et je ne cessais de rouler en moi ces questions : "pourquoi cette opposition ? Pourquoi ce mélange d’adresse et de maladresse ? Comment le tuyau, l’échelle et la passoire sont-ils associés ? Quels effets leur association produit-elle ?". C’est avec toutes ces questions que j’ai écrit mon premier texte sur le travail d’Anne Gérard. Un texte de forme poétique, très construit et très maladroit, sur le modèle des chansons de toile du moyen âge.

D’une certaine façon, ce que j’ai appris, en regardant les œuvres d’Anne Gérard, et en écrivant mon texte, c’est qu’ avec une maladresse calculée, elle mettait nos objets les plus vulgaires en situation de déséquilibre, qu’elle nous rendait ainsi étrange ce qui était d’abord banal à nos yeux, un peu comme si elle nous les faisait voir de loin, et qu’en les mettant ainsi à distance, elle créait en nous ce trouble qui nous oblige à parler, qui est, peut-être à l’origine de toute poésie.

Depuis quatorze ans, régulièrement, je vais voir le travail d’Anne Gérard. Dans les galeries, les musées ou dans son atelier. Et chaque période m’en apprend davantage sur l’étonnant dialogue que cette artiste installe entre les choses, les représentations que nous faisons des choses, le savoir faire et la maladresse, les objets que l’on représente et ceux qui permettent de les représenter, l’absence de personnages humains, l’apparition et la disparition des objets, la disparition et la présence des gens dans le travail des artistes.

Ces dernières années, les œuvres d’Anne Gérard sont devenues, pour moi, encore plus émouvantes : elle a abandonné toute couleur sinon par trace (ou par effacement) ; et elle emploie de plus en plus le blanc que les occidentaux ne perçoivent pas comme une couleur. Elle a gardé son catalogue d’objets courants, et a simplifié –réduit- les outils de la peinture.
Je dis émouvant parce que je vois bien qu’Anne Gérard cherche à dépouiller son travail de ce qui n’est pas le plus important, l’essentiel : les objets, leur absence et notre absence, leur disparition et notre disparition : nous voici de plus en plus dans ce qui est à l’origine de toute poésie.

La série des œuvres qu’elle a présentées à Nice en 2001 a provoqué en moi un choc très fort.
Je connais peu de peintres capables de travailler "à l’envers". Les quelques uns que je connais sont de grands peintres. L’un d’entre eux, un allemand, peint ses personnages à l’envers. ça les met –ça nous met- dans des positions inconfortables et curieusement dynamiques, même quand ça ressemble à des gisants. Un autre écrit des textes illisibles en faisant passer la peinture par le verso de la toile : dans une explosion de couleurs, on voit, au recto de la toile, la silhouette d’un texte à jamais perdu.
Anne Gérard avait travaillé avec la même force inventive : elle avait dessiné des objets. Au verso du papier. Au stylo à bille. En crevant le papier. Au recto apparaissait accrochant à peine la lumière, la silhouette de l’objet, un peu comme dans la technique du cuir repoussé. Je me suis dit en voyant cette série : "ce sont des fantômes d’objet". Et aussitôt après : "Pour nous parler de quels autres fantômes ?"

J’ai découvert la toute dernière série dans son nouvel atelier, aux entrepôts Spada, à Nice… Comme d’habitude avec les peintres que j’aime et dont je suis le travail, j’ai ressenti ce sentiment mêlé : je n’imaginais pas qu’elle ferait ce travail-là, c’était inattendu. Evidemment, c’est ça qu’elle devait faire, c’était logique.

Anne Gérard a quitté la toile, le papier, la-voilà sur des bouts de carton, pouvait-on s’y attendre ? Ces cartons eux-mêmes sont des "objets" sur lesquels elle va représenter des objets. Mais sur ces cartons figurent des inscriptions, des logos, des images, qui sont encore d’autres formes d’objets et d’autres représentations. Elle a confirmé son usage minimum de la représentation et de la couleur : photocopie, peinture blanche, huile. Sur le même carton se confrontent deux façons de représenter : celle de l’industrie et celle de l’artiste. Et sur chaque carton se développe tout un dialogue entre blanc et noir, entre pictogramme et image, entre utilité immédiate et art, entre dessin et peinture, entre contour et diffusion, entre l’image et son halo… Quand je dis "dialogue", comprenez que c’est une façon de parler : c’est en moi que ça dialogue. C’est en moi que le bout de carton se heurte à la silhouette blanche qui le marque. C’est en moi que monte l’émotion quand je me dis, en pensant à ce travail : "Voilà ce qui me plait : un travail qui utilise des moyens pauvres dans une démarche simple pour aller à l’essentiel ; tout le monde est capable de plaire en ajoutant des paillettes, du brio, du maquillage ; seul l’artiste est capable de se priver de l’artifice".

En guise d’au revoir
J’espère avoir bien répondu à la demande de votre professeur d’arts plastiques. J’espère que vous trouverez, ici ou là, dans ces quelques feuillets, une piste ou deux, en plus des vôtres, pour approcher le travail d’Anne Gérard. Si vous voulez que nous dialoguions ensemble, dites le à vos professeurs, ils savent bien où me trouver.

Raphaël Monticelli

Publication en ligne : 22 juillet 2008
Première publication : 8 octobre 2004 / présentation d’exposition

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