BRIBES EN LIGNE
pour anne slacik ecrire est  “... parler une       dans   adagio   je il en est des noms comme du       sur alocco en patchworck © il aurait voulu être       en un pas une année sans évoquer de mes deux mains mon travail est une siglent a fort e nagent e bernard dejonghe... depuis dernier vers aoi       le pour alain borer le 26 able comme capable de donner nous serons toujours ces dernier vers aoi les oiseaux s’ouvrent béatrice machet vient de j’ai donc coupé le sonà dernier vers aoi mais jamais on ne villa arson, nice, du 17       descen equitable un besoin sonnerait libre de lever la tête       au tandis que dans la grande     rien s’égarer on cinquième citationne     pourquoi premier vers aoi dernier  si, du nouveau dans ce périlleux est-ce parce que, petit, on madame a des odeurs sauvages       la mais non, mais non, tu antoine simon 21 dernier vers aoi dans les carnets toutes ces pages de nos non, björg, passet li jurz, la noit est     les fleurs du comme ce mur blanc clquez sur (À l’église antoine simon 32 f les marques de la mort sur ma voix n’est plus que madame chrysalide fileuse la musique est le parfum de les enseignants :   nous sommes  ce qui importe pour vous n’avez accoucher baragouiner préparation des beaucoup de merveilles pour egidio fiorin des mots halt sunt li pui e mult halt il est le jongleur de lui dernier vers aoi au labyrinthe des pleursils pour julius baltazar 1 le je déambule et suis carles respunt :  improbable visage pendu le geste de l’ancienne, a la femme au a dix sept ans, je ne savais (elle entretenait macles et roulis photo 1   pour théa et ses comme une suite de    si tout au long karles se dort cum hume  l’exposition  les premières la terre nous pour m.b. quand je me heurte et ma foi, aux george(s) (s est la pour qui veut se faire une il faut aller voir je suis 1- c’est dans et si tu dois apprendre à et te voici humanité       " rien n’est clers est li jurz et li       le ...et poème pour       je       s̵       la dans les carnets       en mult ben i fierent franceis e       magnol pur ceste espee ai dulor e difficile alliage de antoine simon 17 chercher une sorte de       cette le 26 août 1887, depuis envoi du bulletin de bribes deux ce travail vous est c’est parfois un pays       glouss vous deux, c’est joie et  je signerai mon madame est toute 1.- les rêves de    il antoine simon 11  dernier salut au antoine simon 16 pour frédéric dans l’effilé de dernier vers aoi printemps breton, printemps temps où les coeurs la route de la soie, à pied, la liberté de l’être       neige les plus vieilles la pureté de la survie. nul effleurer le ciel du bout des       maquis le vieux qui couleur qui ne masque pas intendo... intendo !   encore une on trouvera la video le "patriote",     chant de huit c’est encore à madame porte à en introduction à preambule – ut pictura les cuivres de la symphonie pour yves et pierre poher et rare moment de bonheur, au matin du légendes de michel       ...mai       pour quatrième essai de  tu vois im font chier     vers le soir présentation du  pour de dernier vers aoi elle ose à peine rm : nous sommes en à la mémoire de 0 false 21 18 juste un mot pour annoncer       " À la loupe, il observa de la quand sur vos visages les première si, il y a longtemps, les       vu       sabots dans le respect du cahier des   six formes de la torna a sorrento ulisse torna       nuage     extraire    tu sais       va la légende fleurie est et je vois dans vos ….omme virginia par la “le pinceau glisse sur les avenues de ce pays   je n’ai jamais l’erbe del camp, ki       nuage je reviens sur des raphaËl moi cocon moi momie fuseau f le feu s’est langues de plomba la si j’étais un  “la signification il s’appelait     l’é le lent tricotage du paysage jusqu’à il y a le grand combat :  c’était et il fallait aller debout sculpter l’air : quando me ne so itu pe entr’els nen at ne pui v.- les amicales aventures du le tissu d’acier la prédication faite voici des œuvres qui, le       je me af : j’entends Ç’avait été la percey priest lakesur les pour philippe je m’étonne toujours de la mes pensées restent       apparu autre citation"voui elle réalise des nu(e), comme son nom     chambre il semble possible générations les étourneaux !     nous       la ce pays que je dis est       é passent .x. portes, ce qui aide à pénétrer le pas facile d’ajuster le on dit qu’agathe ainsi alfred…       sur les doigts d’ombre de neige pour martine, coline et laure       force des conserves ! tes chaussures au bas de jamais je n’aurais je suis occupé ces normalement, la rubrique "la musique, c’est le À max charvolen et  epître aux       &n       1) notre-dame au mur violet de l’autre en cet anniversaire, ce qui       o       &eacut       un frères et un jour, vous m’avez madame dans l’ombre des troisième essai et fin première j’ai perdu mon le franchissement des   je ne comprends plus peinture de rimes. le texte descendre à pigalle, se si j’avais de son que reste-t-il de la nous lirons deux extraits de les textes mis en ligne     cet arbre que    regardant un temps hors du       allong noble folie de josué, station 1 : judas pour andré   iv    vers  tu ne renonceras pas. dernier vers aoi dernier vers aoi   la baie des anges tout est possible pour qui ce jour-là il lui ajout de fichiers sons dans et que dire de la grâce leonardo rosa l’éclair me dure, carles li reis en ad prise sa quatrième essai rares         &n     dans la ruela pour maxime godard 1 haute       l̵ temps de pierres dans la max charvolen, martin miguel petites proses sur terre même si "je me tais. pour taire. tendresse du mondesi peu de et ces seul dans la rue je ris la le 28 novembre, mise en ligne premier essai c’est l’heure de la deux mille ans nous dieu faisait silence, mais       le       droite la langue est intarissable « 8° de issent de mer, venent as les durand : une       bonhe pour jacqueline moretti,       tourne pas sur coussin d’air mais là, c’est le sable et   si vous souhaitez normal 0 21 false fal station 7 : as-tu vu judas se  la toile couvre les poème pour ço dist li reis :       une       longte hans freibach : le soleil n’est pas la force du corps, deuxième essai apaches : clers fut li jurz e li  le grand brassage des       arauca tout en travaillant sur les       & buttati ! guarda&nbs 5) triptyque marocain       &n     pluie du     depuis la terre a souvent tremblé à cri et à       pav&ea       l̵ il avait accepté g. duchêne, écriture le vedo la luna vedo le c’est un peu comme si, pour pierre theunissen la une autre approche de le scribe ne retient se placer sous le signe de et voici maintenant quelques toujours les lettres :       " marie-hélène tous ces charlatans qui station 4 : judas  sept (forces cachées qui f tous les feux se sont  les œuvres de de tantes herbes el pre quand les eaux et les terres l’art c’est la traquer violette cachéeton (josué avait lentement religion de josué il constellations et comment entrer dans une le samedi 26 mars, à 15 vous avez elle disposait d’une d’abord l’échange des antoine simon 15 la galerie chave qui c’est pour moi le premier la cité de la musique f le feu est venu,ardeur des       quand madame aux rumeurs dire que le livre est une pour jean-marie simon et sa       soleil cyclades, iii° dans les horizons de boue, de j’ai en réserve mise en ligne antoine simon 24 le 2 juillet le nécessaire non toulon, samedi 9 lorsque martine orsoni       je   pour adèle et au rayon des surgelés la parol

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Qu’est-ce qui est en jeu dans l’efficacité du travail d’Ernest Pignon-Ernest ? Il est de fait que les oeuvres qui atteignent aussi rapidement et aussi sûrement l’effet qu’elles visent sont rares. On l’a connu multipliant par centaines l’image voyageuse d’un Rimbaud errant dans Paris, flottant dans les endroits les plus inattendus, à hauteur de regards, légèrement surdimensionnée, peu à peu avec le temps s’effaçant, s’effilochant... Et cette image de la fin des années 70 rappelait celle de la famille du Cap, en attente derrière ses grilles , qui avait peuplé la ville de Nice au moment d’un jumelage que Pignon avait jugé honteux. Et ses images, les unes les autres s’appellent : immigrés, avortées, expulsés, images inspirés de Boccace ou de Virgile, sorties du Caravage, portées par tous les grands rêves des hommes : rêves d’émancipation, rêves de libération, rêves de la tradition ouvrière, comme ceux des traditions judéo-chrétiennes ou gréco-latine... L’oeuvre s’est ainsi construite autour d’images fortes dans une utilisation constamment détournée : images qui prennent place dans un monde d’images, mais comme décontextées, sans autre ancrage que nos regards et ce dont nos regards sont chargés en images communes...

C’est dans cet usage de l’image que se trouvent quelques éléments de réponse : cet art est efficace parce qu’il s’en va chercher son (ou construire un) public dans la rue avant de le retrouver dans la galerie ou le musée, qu’en même temps il se constitue à partir de ce que ce public potentiel porte en lui d’images et de rêve, et qu’enfin il travaille ces images et ces rêves communs, qu’il les malmène et les détourne... Cette efficacité résulte d’une très précise et très complexe -et vraisemblablement très lucide- combinaison d’éléments. Et Ernest Pignon-Ernest ne redoute pas de mêler parfois avec ambiguïté, des démarches contradictoires.

Le premier constituant est la figure. Pignon est un classique en ce sens qu’il sait faire avec talent ce que l’on apprend dans les classes. Le dessinateur de talent a la passion des corps et une frénésie du regard digne des héritiers de la renaissance. Ernest Pignon-Ernest s’inscrit ainsi à la fois dans une tradition séculaire du savoir faire occidental et dans les tendances figuratives de la peinture du XX° siècle ; A vrai dire ce premier constituant est piégé et Ernest Pignon-Ernest ne se fait pas faute d’en accentuer les pièges.
Il est clair que le plaisir de la figure est un plaisir trivial : Ernest Pignon-Ernest caresse le public potentiel dans le sens du poil lui donnant à reconnaître le travail de l’artiste là ou tout spectateur occidental a appris d’une manière ou d’une autre à le reconnaître, et il y a dans cette manoeuvre de séduction quelque chose d’inquiétant et d’irritant.

Mais ce savoir faire est lui-même piégé : le plus évident, c’est qu’il existe toujours plusieurs versions publiques de la même figure, et ces versions sont de plusieurs types : l’étude, le dessin achevé, le multiple, la photo d’oeuvre en situation ; et chacun de ces types remplit un fonction très particulière dans le système Pignon.
La version qui s’en va à la recherche du public, c’est la version multiple, et il se passe entre les études et les multiples des transformations très intéressantes.
La version multiple, sérigraphiée, perd toute une série d’informations concernant le travail, non seulement, évidemment, l’étude de mise en place et de composition, mais surtout la qualité du dessin, du trait... D’une certaine façon, si Ernest Pignon-Ernest est un dessinateur classique, il inverse le statut classique du dessin par rapport à l’oeuvre, puisque l’œuvre achevée, celle qui s’en va au public dans la rue, apparaît, à première vue, plus pauvre, plus grossière que son dessin préparatoire.
Cette transformation des statuts affecte aussi le rapport entre l’oeuvre achevée et ses études. Là encore, l’étude propre des variations et son travail, focalise l’attention de telle sorte qu’elle apparaît plus riche que le dessin auquel elle est sensée aboutir.
L’étude est l’objet de la galerie ou du musée, elle peut très aisément acquérir un statut de marchandise, elle joue la reconnaissance du public averti, celui qui ne saurait supporter l’idée de la perte de l’objet et du sens, qui s’attache au multiple exposé dans la rue. L’étude joue de toutes les séductions de la mise en scène du travail en cours : qualités diverses du papier, rapport entre travaillé et non travaillé imitant le surgissement, biffures, grattages, oblitérations, toutes les variations du repentir... Le plaisir offert du spectacle de la recherche esthétique dont toute personne honnêtement cultivée reconnaît la qualité et la validité de recherche puisque chacun voit bien ce qu’elle cherche et comment elle le cherche.

Le rôle de la photo est de rappeler la ville et le temps ; elle permet de les faire apparaître dans le cadre de l’exposition... L’art de Pignon est un art urbain fait de peuple et de pertes... Régis Debray écrit très joliment à ce propos que le musée fait le trottoir. Il y a effectivement chez Pignon une volonté de mettre l’art à la rue... L’objectif cependant est moins de donner à voir de l’art dans la rue, que de voir ce que peut devenir la pratique de l’art à partir du moment où elle se trouve confrontée à la rue... C’est tout à la fois la pratique de l’observation de la réalité urbaine et humaine qu’il investit qui sont en cause que les effets de la mise à la rue sur les oeuvres. Là encore la démarche de Pignon est très clairement assumée : “Je travaille sur les villes, dit-il, elles sont mon véritable matériau”.
De ce point de vue, l’apport d’Ernest Pignon-Ernest est des plus importants parce qu’il revisite les pratiques politiques et économiques (les objectifs) du dessin donnant aux utopies de l’art pour tous et de l’art dans la rue, une dimension de réalité et une charge de travail.
Par ailleurs ce rapport à la ville, dans toutes ses dimension : humaine, historique, économique... permet de poser autrement le problème de la figure, ou de l’image, dans cette oeuvre : finalement le problème d’Ernest Pignon-Ernest n’est pas de figurer ou de représenter : il travaille les images, la façon dont elles se forment dans l’imaginaire collectif, la façon dont elles sont perçues ; son problème n’est pas la réalité figurée, ni les relations entre l’image et la réalité qu’elle représente, mais le fonctionnement des images dans la réalité, le contexte, où elles apparaissent,. et les charges affectives et symboliques qu’elles mettent en jeu.
Il y a plus qu’une oeuvre dans la démarche d’Ernest Pignon-Ernest : il y a un système complexe où se jouent tout à la fois le jeu des stéréotypes et celui de l’art, le drame de l’histoire et les tragédies du mythe... Ernest Pignon-Ernest c’est tout à la fois l’héritier de la renaissance et des ateliers de mai 68 ou des épopées politiques de ce siècle, celui qui se souvient des leçons de Duchamp, du Pop et des Nouveaux Réalistes et l’éternel apprenti, fièrement humble, des leçons du corps, de la poésie des anatomies, l’homme du Musée et de la rue, des livres et de l’atelier, de la solitude et du nombre... autant dire un ensemble contradictoire au fonctionnement fascinant.

Publication en ligne : 20 juillet 2008
Première publication : avril 1995 / article dans revue d’art

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