BRIBES EN LIGNE
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      sous       dans le gardien de phare à vie, au voici quelques années, tout le problème préparer le ciel i huit c’est encore à torna a sorrento ulisse torna tout en vérifiant le "patriote", inoubliables, les aller à derniers textes mis en pour gilbert aller à la bribe suivante il y a des mots, mais comme 1 2        longtem Être tout entier la flamme page précédente retour à rafale n° 5 un     le page suivante ► page sommaire ► page suivante la vie est dans la vie. se antoine simon 26 jamais je n’aurais       force       bonheu elle disposait d’une archipel shopping, la j’ai changé le je voudrais voir les arbres allons fouiller ce triangle 1 2        jardin (ma gorge est une de pa(i)smeisuns en est venuz       est-ce une errance de dans les carnets page suivante page quel étonnant du bibelot au babil encore la gaucherie à vivre, j’arrivais dans les quai des chargeurs de pour angelo le soleil n’est pas dans la caverne primordiale page suivante ► page la cité de la musique textes mis en ligne en mai textes rÉunis sous un titre       la et   riche de mes des voiles de longs cheveux mieux valait découper baous et rious je suis page suivante ►   les et voici maintenant quelques dans les rêves de la toutefois je m’estimais       fleurett la littérature de accorde ton désir à ta page suivante page ce texte m’a été page suivante gérard 1 2      tout autour page suivante ► page antoine simon 3       pass&eac page suivante ► page dernier vers aoi   ne pas négocier ne il est le jongleur de lui 1- c’est dans aller à la bribe suivante page suivante ► page a la femme au présentation du projet d’abord un curieux textes mis en ligne en mars   ces sec erv vre ile nice, le 18 novembre 2004 page suivante page j’ai donc 0- souviens-toi. sa comment entrer dans une dans le vacarme des couleurs, textes mis en ligne en ce jour là, je pouvais  née à   que signifie dans le monde de cette dans un clignement de pour accéder au pdf, li emperere par sa grant     rien il en est des noms comme du cette machine entre mes       soleil li emperere s’est au labyrinthe des pleursils le peintre manuel casimiro page suivante ► page       au zacinto dove giacque il mio clere est la noit e la sommaire ► page suivante je me souviens de       la page suivante ► page les céramiques et leurs       magnolia aller à la bribe suivante outre la poursuite de la mise       l’ aller à la bribe suivante commençons donc par passet li jurz, si turnet a carissimo ulisse, torna a que nos princes et empereurs   les (elle entretenait 1 2 3       pav&eacu 1 2          « voici      & chaises, tables, verres,     faisant la       &   six formes de la avez-vous vu une fois entré dans la  monde rassemblé       au vous dites : "un aller à la bribe suivante je t’enlace gargouille madame des forêts de c’est — pense-t-on - page suivante ► page       pav&eacu       la       nuage       ma aller à la bribe suivante  il est des objets sur il faut aller voir j’ai ajouté trois tentatives desesperees  l’entretien 1 2  ensevelie de silence, avant même de commencer, pour accéder au pdf, « ah ! mon reflets et echos la salle       pour       à au commencement était madame est une torche. elle     sur la pente       objectif quatre si la mer s’est       voyage "école de neuf j’implore en vain  les œuvres de   la baie des anges dorothée vint au monde de soie les draps, de soie il avait accepté page suivante ► page 199* passé galerie sommaire ► page suivante 1 2        le je ne saurais dire avec assez on peut croire que martine macao grise pour marcel nous serons toujours ces station 5 : comment sur l’erbe verte si est pour egidio fiorin des mots sommaire ► page suivante       droite textes mis en ligne en mai page suivante ► page       alla béatrice machet vient de haut var ► brec  de la trajectoire de ce la force du corps, le franchissement des l’illusion d’une d’ eurydice ou bien de 1 2 3 grande lune pourpre dont les       une       le  les éditions de 1 2 3 aller à la bribe suivante sommaire ► page suivante aux barrières des octrois page suivante ► page  tous ces chardonnerets je découvre avant toi deux mille ans nous c’est la peur qui fait a la libération, les le texte qui suit est, bien nos voix sommaire ► page suivante frères et       neige comme c’est préparer le ciel i dans les écroulements     ton plaisir et que vous dire des le lent tricotage du paysage avec marc, nous avons nous avons affaire à de « je me tais. chaque automne les 1 2        la je rêve aux gorges la question du récit dernier vers aoi page suivante ► nous 1 2  merci au printemps des       au soir       " la réserve des bribes josué ne des voix percent, racontent page précédente ► le pas même dernier vers s’il  le grand brassage des       un dernier vers aoi laure et pétrarque comme quand il voit s’ouvrir, la brume. nuages       dans la la mastication des il semble possible epuisement de la salle, page suivante ► page j’ai travaillé       la toutes sortes de papiers, sur tout le temps est là sièges    regardant aller à la bribe suivante « et bien, (À l’église deus li otreit (la sue)   le texte suivant a buttati ! 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Article présent dans les rubriques : BRIBES ACCOMPLIES /
Le musicien nègre

Première publication : 18 janvier 1995

Première version de la CXXXVIIème bribe, dont un extrait a été publié par la revue La Mètis.


Aller vers Bribes, livres 1 à 5

retour vers Chronographie

Intendo
Carthage, fille de Tyr.
Elle regarde de loin l’Italie et les bouches du Tibre
Intendo chiamare li fedeli d’amore per quelle parole di Geremia Profeta che dicono “O uos omnes qui transitis per uiam, attendite et uidete si est dolor sicut dolor meus”
Le souvenir de Didon, quel feu ?
O voi che per la via d’amore passate, attendete e guardate s’elli è dolore alcun quant’il mio grave ; e prego sol ch’audir mi sofferiate, e poi imagine, s’io son d’ogni tormento ostale o chiave
Quel feu ?

Il existe en fait deux El Hamma de part et d’autre du Chott el Djerid, c’est-à-dire de part et d’autre du désert de sel et de mirages.

O vous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente dont Yavhé m’a frappé au jour de sa brûlante colère.
Iris l’a déliée de son corps.

Serai-je ainsi toujours poursuivi par l’image des doubles ?
La grande mosquée, les chants et les textes.

Et depuis son absence emplit l’air de Carthage.

 

Ici,
Napolì Napolì oui c’est ce qu’il disait il essayait de dire Napolì Napolì oui, cette façon n’est-ce pas de chanter les syllabes oui oui comment comment comment font-ils et ils sont si
Ici c’est le temps de la marche ;
comment dire si beaux c’est ét c’est étrange, tous ces enfants de Naples, Napolì, comment Napoòli, ou

La Tunisie est le site principal d’où j’ai tiré de la Mort ma 137e bribe. Des trois séjours que nous avons projetés nous n’en avons effectué que deux, en 1977 et 1986, chaque fois en décembre ; celui de 1981 nous a été accidentellement impossible. Cinq à quatorze ans d’incubation m’auront donc été nécessaires avant que j’aie pu envisager un mode de mise au jour d’une bribe qui reprenne et élargisse ma 133e, “Chronographie”. Il s’agissait pour moi de traiter à nouveau la plupart des thèmes de

Ne più mai toccherò le sacre sponde
ne mai più
Dans la terre d’Ithaque, il est un port de Phorcys, le vieillard de la mer ;
sacre sponde
ove il mio corpo fanciulletto giacque,

 

De tes cheveux aux ongles de tes orteils
femme

C’est aussi
la danse frêle
des
yeux noirs
Les murailles de Sfax
les portes de Sfax
Les ruelles de Sfax
tout est à lire
Ah ! Si seulement... Vous ne pouvez pas savoir. Vous ne pouvez pas vous faire une idée de. On pourrait si simplement. Si seulement on pouvait simplement.
Comment dire ? Comment dire assez fort ?

de tes ongles à la pointe      de tes seins

femme

C’est toujours ces regards

Rien ne m’émeut davantage que le verre vieilli.

posés sans présence
légers ou
inconsistants
sur un monde
sans poids
Oui oui bien sûr oui bien sûr oui et si jamais oui oui comme vous dîtes ah ah si comme ah ah vous dîtes bien sûr. Ecrans... Ecrans ou masques c’est... Ecrans ou ombres ? Mots... mots... Tu divagues Josué tu dis
oh ça va tu vagues tu tais tu

femme
tu murmures que je dois penser au mystère du khôl
et au flamboiement sourd du Henné
qui donne à ta peau sa lueur d’automne

Impérialement coincé dans le tissu du convenable,
Les toits de la Médina
vagues blanches

Virgo Virgilius.

mer discrète
Ou bien plutôt : partout où l’homme pose son empreinte, il finit, dans un espace raisonnable- reconnaissable à désigner, signifier, ou construire des jeux de miroir.
La Mosquée de Sidi Uqba 125x80.
Deux fois millénaire présence de mon peuple (dit Dieu)

Virgile le Romain…

La brûlante de part et d’autre du désert ne se distingue que par le nom.
Minaret à trois étages..
(Et Ulysse aussi, ici, a dû passer et comme ailleurs souffrir de sa fuite.)
Au dessous du niveau de la mer, de Tozeur à Djerid.

La malédiction du sel.

Elle est de Djerba d’un côté, et du Palmier de l’autre..
Lotophages, qui, pour nourriture ont des fleurs.
J’ai vu un poivrier, arbre aux petites feuilles vert timide, découpant des rameaux pendants.
(Puis le souk ouvert, fermé, odeurs, mouvements, plaisirs du commerce ; le lieu où peuvent dialoguer Ulysse et Josué.
La palmeraie a ses jardins, à trois étages.
La mosaïque est bien à l’image du peuple.

“Chronographie”, de m’inscrire de façon plus lucide dans le même type de relation du temps et d’occupation de l’espace physique d’écriture, de parvenir à plus de souplesse dans le tressage des textes, et d’élargir les préoccupations du dedans au dehors, de l’ici à l’ailleurs et de l’art à la vie quotidienne.
La stratégie de “Chronographie” s’était tout entière établie à l’intérieur de la Galerie Lieu 5 que
Napoliì, non non c’est Naàpoli comment dîtes vous Naàpoli,
je marche et chaque chêne m’est connu
le souvenir de Neapolis, c’est le mot c’est Naàpoli, comme oui comme si dans Naàpoli, dans l’accent porté ainsi sur la première syllabe du nom, se perpétuait le souvenir d’une millénaire présence...
C’est là qu’Enée rassemble et fait rentrer les sept derniers vaisseaux qui lui restent.
giacque il mio corpo
fanciulletto

deux promontoires escarpés s’inclinent vers le hâvre et l’abritent de la grande houle que soulève la
violence des vents ;
Zacinto mia,
Zacinto
et l’ancre ne les retient pas de son croc mordant.
Zacinto
Zacinto



C’est là qu’Enée rassemble et fait rentrer les sept derniers vaisseaux qui lui restent.
giacque il mio corpo
fanciulletto
deux promontoires escarpés s’inclinent vers le hâvre et l’abritent de la grande houle que soulève la
violence des vents ;
j’animais alors, à l’occasion de l’exposition “Les murs palimpsestes” dans le cadre des “Ecritures dans la
peinture”, à Nice. Mon propos était donc de passer du réduit de la galerie aux dimensions d’un pays
entier, la Tunisie, pour qui j’ai une affection particulière liée sans doute à ce double sentiment que j’y
ai ressenti plus que nulle part ailleurs d’étrangeté et de familiarité ; de me déplacer du nord au sud des
bords méditerranéens, de passer des préoccupations, des représentations et du public du milieu de
Tertullien père carthaginois.
Turner ?
Ils évoquent les saules pleureurs et la trtistesse douce des bord d’eaux.
Sufétula, j’ai monnayé de l’argent romain avec un vieil arabe ; romain ou prétendu tel
qu’importe !
Le travail de la terre protégé par le palmier, le pêcher, l’abricotier, l’amandier,
puis carottes, poireaux, navets, tout un foisonnant potager.
Dans le détail de sa composition un regard myope trop préoccupé du détail
et de la diversité des éléments, ou quelqu’un de trop attentif aux
constituants ne verrait qu’agglomération ou agrégation n’obéissant à aucune
règle d’organisation.
Intendo
Augustin de Soukakas, Cyprien.
Un univers où, dans le petit matin , l’eau se mêle d’air de sel et de lumières.
Pourquoi ?
Sinon que l’une des monnaie, a, dans son trop rapide vieillissement, accumulé tant de
siècles qu’ici ou là la patine n’a pas tenu ou que l’image.
sous l’ ombre fraternelle du chêne je ralentis le pas, hume l’air chargé des odeurs de ses feuilles de
son écorce pachyderme qui élance ses rêves haut parmi les autres rêves
Langue couvrant des millénaires de langues et s’en dégageant, langue charriant des monuments, des
restes, de vivantes ruines, langue disant ce que furent d’anciennes bouches, d’anciennes articulations,
pour désigner une nouvelle présence
Zacinto mia,
Zacinto
et l’ancre ne les retient pas de son croc mordant.
Zacinto
Zacinto
manteau du jour
et ciel des nuits
Ecran ah seulement ah crier ah seulement hurler un peu fort. Oh !
Björg, tout de même vous... Capitaine
terre en vue terre en... Depuis neuf nous... C’est la tourmente tour
c’est là Josué tu t’en vas en couilles tu j’avais quitté Circé depuis
je dois penser au mystère du khôl
au flamboiement du Hénné
il jette sur le monde ce regard qu’acerbe il aiguise et auquel il s’efforce de donner une distance
amusée et l’énigmatique fixité des regards d’oiseaux
de la courbe de tes épaules que tes soupirs animent
à celle de tes hanches qui agace mes désirs
femme
Escalier de Sidi Bou Saïd
Voix du Mezzuin
Son vaste appel
La stèle de la Ghafa comporte trois niveaux, chacun pour une des trois religions, Rencontre de
Virgile...
le ciel soudain
l’art niçois, à la vie quotidienne d’un peuple. Il s’agissait enfin de lire la Tunisie dans ce qu’elle
présente de particulier comme dans ce qu’elle présente de commun avec notre vie et notre culture.
J’avais ainsi mis en place, lors du deuxième séjour, un dispositif qui me permît d’écrire en Tunisie en
chargeant mes textes d’échos d’autres bords puis de poursuivre ce travail en France. Après quoi le
problème était de faire en sorte que se tresse de texte à texte tout le système d’échos, dans la plus
A Tozeur, la rose des sables, la géode, se renseigner sur la formation et la
présenter.
Le hasard aurait réuni ces parcelles éclatées de céramique ou pierre ou
verre (il est 16 heures).
Intendo chiamare li fedeli d’amore per quelle parole di Geremia Profeta che dicono “O uos omnes qui
transitis per uiam, attendite et uidete si est dolor sicut dolor meus”
Il ne reste pourtant de Carthage la punique que l’air et l’eau des ports.
Dans la terre d’Ithaque, il est un port de Phorcys, le vieillard de la mer ;
e
Ne più mai toccherò le sacre sponde
je ne toucherai plus ces saintes rives
Un lieu de fusion ou de confusion , le désert de sel sous l’eau, les monts plongeant leur image
inverse dans le grand miroir éphémère.
que
ne mai più
Pourquoi ces retours à la terre, ces inclinaisons ont-elles toujours le goût de la soumission ?
sacre sponde
là haut le chêne de ses rêves caresse les rêves et abrite dans sa feuillaison des myriades de vies des
plus humbles et simples, particules à peine visibles au complexe monde des oiseaux
et tous ces enfants comme dans les tableaux de Murillo ces têtes d’angelots qu’on voit dans les églises
et ils sont si si beaux et si délurés, pas si sales pourtant, non non, pas si, mais ils vous regardent de
façon si effrontée, si insolente parfois, comment, ils n’ont, non non, pas froid aux yeux
à l’intérieur les vaisseaux aux solides bordages y peuvent rester sans amarre, quand ils ont atteint le
point où se jette l’ancre.
che te specchi nell’onde
che te specchi
Là, aucune amarre n’enchaîne les navires fatigués
comme une page
dit-on Es-tu ce que tu deviens ? Peux-tu le devenir ? Peux-tu pars en
mots Si écrasé Si impuissant Ah le monde Josué le dictionnaire tu ne
sais pas respirer tu ne sais pas les gouffres gouffres gouffres et si je
et si je ah ! secouer
femme
tu conduis les regards au secret du nombril
lumière au dessus de la porte d’ombre
Escalier de Sidi Bou Saïd
En haut la fraîcheur de la menthe
dans la brûlure du thé
et la douceur du pignon
secouer secouer les étouffements ah si ah silence c’est si banal la
mort c’est si bas c’est si tiens moi là l’angoisse l’angoscia
l’engorgement l’air qui ne p la mort c’est si banal quel passage quel
passage où et
Problème du rapport du cadre et de la disposition des carrés de mosaïque.
qui
et les rides comme
grande intimité possible.
C’est dans ce but que je me mis en recherche dans les ouvrages anciens, Livres de géographie, atlas,
encyclopédie, cartes postales, matière à éveiller, par la médiation d’images surannées, des souvenirs
récents et à me donner la possibilité de les inscrire dans une sorte de permanence : villes, rues,
personnages, visages, postures...
quiconque en avait mangé le fruit doux comme le miel, ne voulait plus rapporter les
nouvelles ni s’en revenir, mais rester là, parmi les lotophages, à se repaître du lotos
dans l’oubli du retour.
Fidèle pourtant comme une image d’image s’est usée de façon moins aléatoire.
C’est là qu’Enée rassemble et fait rentrer les sept derniers vaisseaux qui lui restent.
giacque il mio corpo
La progression vers le désert (ou la progression du désert) devait bien paraître
insensible à qui combat l’espace pied à pied.
Zacinto mia,
Mais ces différences, ces oppositions, ces heurts composent des harmonies,
des ensembles dont on voit bien qu’un projet les anime,
Zacinto
qu’ils sont organisés non seulement pour habiller et protéger des surfaces
pour animer
Zacinto
deux promontoires escarpés s’inclinent vers le hâvre et l’abritent de la grande houle que soulève la
violence des vents ;
c’est le monde des oiseaux dont la symphonie la plus piaillante est pour annoncer la naissance et la
mort du jour, chant des aurores et des crépuscules que l’on cherche en vain à provoquer dans les
silences des après-midis écrasées d’été.
on voit bien n’est ce pas que c’est la mé oui la Méditerranée, il y a les mêmes de l’autre côté, j’ai vu
pareil en Tunisie, ils s’agglutinent, s’agrippent et oui peuple mendiant ? mendiant dites-vous ? je dirais
Del greco mar da cui vergine nacque
Venere,
A l’entrée du port, un olivier déploie son feuillage et tout près s’ouvre une grotte aimable et sombre,
consacrée aux nymphes qu’on appelle Naïades.
Venere
autant de
rires
figés
de la vie
Plumeau né de la poussière
balaie le ciel
palmier
Je suis ici
je me fonds dans la foule
et son absence
me fait mal
nous nous sommes embarqués dans le même tombeau enterrés dans
la même nef nous sommes partis pour le même voy ah et je et tu
dans le même magnétisme de la m cette attirance cette oubli mourir
pour oublier la mort
De l’arc à la droite où est la rupture ?
Elle se tient accroupie sur le bord du foyer, ses jambes écartées recouvertes d’une ample et sombre
jupe,
Nabeul
C’est ainsi que j’inventai une carte quasi centenaire, image publiée à Tunis par Garrigues et intitulée
“Le Musicien Nègre”. Le personnage, comme il arrive aux photographies du siècle passé, est comme
posé sur un fond encore presque blanc, posé ou isolé sur ce fond puisque l’image qui s’y distingue
s’en détache en même temps le désigne ; elle présente un homme d’une soixantaine d’années, assis sur
un siège caché par son corps, ses vêtements et un panier posé du côté gauche et au contenu incertain.
Zacinto
des décors et des sens, mais pour recevoir diversement la lumière tant dans
leur couleur que dans leur position et ainsi présenter aux regards outre
une composition, ses variations proprement infinies.
che te specchi nell’onde
O voi che per la via d’amore passate, attendete e guardate s’elli è dolore alcun quant’il mio grave ; e
prego sol ch’audir mi sofferiate, e poi imagine, s’io son d’ogni tormento ostale o chiave
che te specchi
et l’ancre ne les retient pas de son croc mordant.
Je dis l’air et l’eau je devrais aussi dire nos souvenirs, nos mémoires pantelantes
Del greco mar da cui vergine nacque
J’ai été en somme servi, disait Josué.
Venere,
De quelle image de notre propre corps couvrons-nous -indûment ?- le monde et les choses,
au point de prêter aux postures les plus naturelles, les plus morphologiquement adaptées
ou nécessaires, les sentiments les plus construits, les plus élaborés (c’est-a-dire résultant du
labeur le plus grand) ?
chaleureux oui oui chaleureux, en quête, oui, mais non mendiant, fier, fier, en toutes circonstances
Formidable présence des forêts inhabitées où je ne m’étonnerais jamais des rencontres féériques
toujours furtives donnant assez pour qu’on les sache et toujours trop peu pour qu’on puisse les retenir,
pleines d’images illusoires, de richesses inattendues,
et le vous dites le satiricon ces couleurs franches cette pulpe colorée ces joues rouges ou encore cette
Venere
En face de l’île, sous des rocs qui le surplombent se creuse un antre avec des eaux douces et des
sièges dans la pierre vive, une demeure de Nymphes.
Venere
Venere
autre Naples
elle se tient accroupie, sur ses genoux elle pose l’avant-bras gauche, le droit est resté suspendu, ses
mains voyagent au dessus du feu ;
Marteler le cuivre c’est
imprimer le temps et la vie
dans les reflets
du soleil
Les trois niveaux du souk
du plus souple au plus dur
se désang sangluer sangorger si fla faible débilité pourquoi je dehors
hors de je suis légion je suis légion si faible et hors de je oh tête vide
tête folle crâne fermé oh prisonniers de je comment la sérénité la ser
éternité le calme la tranquillité
attentive et forte, elle s’absorbe, mama Fatma, au dessus du feu
Les saisons et le temps...
Souk des tapis
lointain parfum de suint
comment la cranti Josué tu viens après tu ne sais pas que tu Ne pas
savoir comment ne pas savoir la terre en vue est-ce la terre si
La tête est enturbannée, le visage prend cet air sérieux et pénétré, vaguement douloureux, qui fait
s’accentuer entre les yeux, à la base du nez,les plis de la peau, deux creusements provoquent une
onde de rappel au froncement des sourcils ; au dessus du creusement de gauche et perpendiculaire à
celui de droite, parallèlement au sourcil gauche, un autre plissement que rappelle une série de trois
rides qui vont mourir au sommet du front ; c’est l’à-peine sensible convergence des iris qui donne
Venere
à l’intérieur les vaisseaux aux solides bordages y peuvent rester sans amarre, quand ils ont atteint le
point où se jette l’ancre.
Venere
Ce que la fausse propose, c’est non tant la fausseté des images que le simulacre de la
marche du temps.
Venere
Elle est proprement inconcevable pour celui qui descend de son avion : aucune
transition, aucune annonce ou aucun avertissement.
Venere
C’est seulement là, peut-être que va se nicher le hasard, dans l’impossible
prévision des jeux de la lumière, du mouve
Venere
Là, aucune amarre n’enchaîne les navires fatigués
ment des jour et des nuits, des jeux de l’air, du soleil et de l’eau, course des
nuages, formes et densités, ombres, position des corps face à la mosaïque...
e fêa quelle isole feconde
vivacité jaune citron, ce vert comme on le rêve du printemps cette polychromie comment comment
dites vous antique
elles sont pleines d’images illusoires, de richesses inattendues les forêts quand le soleil joue dans les
toiles d’araignées où l’on retrouve -même si l’arc en ciel est absent- la prière du lièvre qui rappelle et
repousse tous les déluges, comme l’on entend les voix antiques et tous les gémissements des esprits.
On y voit des cratères, des amphores à deux anses, en pierre, où les abeilles font leur miel, et de
longs métiers de pierre, où les nymphes tissent, merveille pour les yeux, des étoffes teintes au pourpre
de mer ;
Venere
e fêa quelle isole feconde
confuse ah si fu quoi Björg vous en êtes vous fîtes vous allâtes Ah
dire si aurai-je la force le courage de virtus virtus
Mère fauve
Mère
tourne dans ton antre
Souk des tapis
feutrement des bruits
étouffement des voix
Trois fileuses
leurs doigts naviguent
la navette fuit
core accorati animo avanti sù forza spingi sù che quanto come oh !
cosa come parla madonna non mi
Que disent donc les Sirènes à Ulysse ?
lasciar papapapero parapapa parapapero parapapa... Tu erres tu ert
si limitée l’errance tu cognes à tous les
tourne
mère
dans ton antre
l’impression que le regard, revenant sur le personnage lui-même comme s’il était inattentif aux
contingences qui l’entourent, est dirigé vers l’intérieur. A partir des ailes du nez deux plis joignent les
commissures des lèvres -horizontalement et nettement tenues. Comme installé dans des vêtements -
sublime et pauvre parure où se noie le corps- il tient de la main droite son instrument, , par le
manche, la caisse de résonnance -sorte de tambour- attache les trois cordes tendues ; la main gauche -
O vous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la douleur qui me
tourmente dont Yavhé m’a frappé au jour de sa brûlante colère.
(incapables de s’ancrer dans quelque objet gardant sa place et sa mise dans le site, si ce
Col suo primo sorriso, onde non nacque
Le tue limpide nubi e le tue fronde
L’inclito verso di colui che l’acque
Cantò fatali,
A l’entrée du port, un olivier déploie son feuillage et tout près s’ouvre une grotte aimable et sombre,
consacrée aux nymphes qu’on appelle Naïades.
n’est les tombes des enfants).
fanciulletto
El Hamna d’un côté et, de l’autre, le Chott el Djerid partagés en deux verticalement par la longue
route asphaltée et horizontalement par les monts reflétés avec une particulière netteté dans l’eau,
ainsi que nuages et lumière : Nord et Sud, Est et Ouest, Haut et Bas, et nous, la-dedans, roulant.
(9 heures sans doute)
acque fatali
En face de l’île, sous des rocs qui le surplombent se creuse un antre avec des eaux douces et des sièges
Ville en strates ville qui n’a de neuf que la première syllabe de son nom, et non loin de là Herculanum
et Pompéi, qui furent non enfouies mais recouvertes par cette peau de pierre et l’arrachant on garde la
trace des corps des choses et du temps
Le pied précautionneux se pose sur un humus dont on sait qu’il est l’agent de toute vie, je connais là
les massifs de bruyère dont le vert sombre explose en neiges ou en perles ensoleillées à la fin de l’été
Au dessus, comme un mur de fond, des bosquets frémissants, et un bois noir qui domine du mystère
de son ombre.
Col suo primo sorriso, onde non nacque
Le tue limpide nubi e le tue fronde
on y voit encore des sources jamais taries ;
Souk des tapis
mes manteaux d’apparat
tu cognes à tous les murs à toutes les vitres à toutes les par si limitée
d’une rue à l’à l’aube à l’autre renvoyé labyrinthe et pourtant Dédale
a pu ah s’env ah et toutes les rues coulent vers la mer et toutes et les
égouts et les bus et les vélomot
rouge ta crinière ta voix forte
rouges tes ongles
rouges tes lèvres
rouges les reflets de tes yeux sous le soleil d’hiver
Mère fatma
Que lui disent-elles pour provoquer une telle souffrance ?...
Au rythme de la djerbouka
respiration
remuement des vagues
pas des dromadaires
battement du coeur
Brodeuses
qui enchâssent du fil
doigts écartés- repose sur le genou qu’elle enveloppe, le pouce revenant sur le coté intérieur de la
jambe, comme pour s’assurer de la présence de soi à soi, pour certifier que le corps est bien là ; la
position paraît naturelle, malgré sa raideur, elle demande pourtant bien plus d’effort qu’il y paraît à
première vue.
Sous la photographie, au quart inférieur de la carte, est imprimé le titre “Le Musicien Nègre” sous
dans la pierre vive, une demeure de Nymphes.
canto
C’est aussi ce que l’on cherche dans la fausse, comme dans la vraie ; cette charge de
temps passif non pas seulement la charge de travail ou de temps actif qui a construit
l’objet, mais aussi et surtout celle du temps passif, passif chargé d’histoire, de temps
autour d’elle.
ed il diverso esiglio
Il est clair que cette rapidité du changement, la vitesse à laquelle on peut passer
d’une métropole industrielle au silence des sables
Esiglio
On y voit des cratères, des amphores à deux anses, en pierre, où les abeilles font leur miel, et de longs
métiers de pierre, où les nymphes tissent, merveille pour les yeux, des étoffes teintes au pourpre de mer ;
Per cui bello di fama e di sventura
Baciò la sua petrosa Itaca Ulisse.
sans autre intermédiaire en somme que l’enclos capitonné d’un jet à peine ron-
ronnant, contribue à former notre consience du décousu, le rythme de nos
images de voyage s’est évidemment modifié et rien ne le figure mieux que le
et au creux desquels brûle -deux fois secrète- la braise piquée de vert de gris des lactaires -sanguins
ou piniens-
strates de ces déchets au jour le jour accumulés, saleté et poussières de notre quotidien, grande
concentration de tous les aspects qui peuvent exister, densité des corps, attouchements, modes
immédiats de communication entre les gens, grouillements humains, qui coulent,
L’inclito verso di colui che l’acque
Cantò fatali,
Sous leur escarpement s’élargit une eau tranquille et silencieuse.
acque fatali
canto
dans du fil
Se cogner à toutes les engoncés en soi-même trop à l’étroit en s trop
juste et ça gratte ça rape le pire c’est le c’est le frottement des cou
des doutures surtout aux joint jointures à quelques encablures à ah
le pire se cogner ainsi
je dois penser au flamboiement du Henné
Enfant
ta main tendue
bras replié à peine
pouce protégeant la paume
doigs retenus en coupe
Dans le musée du Bardo, j’ai entrevu une Carthaginoise, image rare, de son drapé savant remontant
sur l’épaule et tombant, cou frêle, visage , petits seins, hauts, hanches larges, mains étroites.
enfant mendiant
indifférent
la ville la foule la marée de le flot des les coups victus cae vae
moriturus toutes les rues se mirent et coulent vers la ville lave ville
étau serrant à la fois de dehors et de dedans pris dans la masse
bétonné dans traversé par des tiges mét
lequel quelqu’un qui signe Carle, Carlo, Carlos ou Carla, a -peut-être- inscrit cette phrase :
La solitude est une chose terrible
avec la date, en bas à droite, c’est la seule inscription de la carte qui ne contient ni message ni
destinataire. L’orthographe -comme il est commun dans ce genre de document- est incertaine : solitude
a d’abord été écrit avec deux l puis le premier écrit des deux a été barré avec soin de trois petits traits
rythme de nos images télévisuelles, rien n’en est plus exacerbé compte-rendu
que clip vidéo.
Bacio la sua petrosa
Au dessus, comme un mur de fond, des bosquets frémissants, et un bois noir qui domine du mystère de
son ombre.
Sufétula, j’ai monnayé de l’argent romain aec un vieil arabe ; romain ou
prétendu tel qu’importe !
Nos souvenirs chargés d’anecdotes hésitant entre l’admiration, la crainte et l’horreur.
Le Chott Djerid devient ainsi, pensait Josué, l’une de mes images formatrices, l’un des contre-
points aux images de l’éparpillement…
Les rues sont pleines de passants et je comprends le peintre orientaliste qui
petrosa Itaca
on y voit encore des sources jamais taries ;
vient et revient au motif, fouillant et refouillant de l’humidité de ses pinceaux ces visages
(burinés, typés reconnaissables comme étrangers à nos yeux).
Ulisse
Il y a eu aussi ce marchandage et ce jeu du commerce où l’on se garantit de mille fa-
le champ de bruyère, c’est une autre mer dans laquelle on plonge, on s’enfouit dans les flots de
branches l’écume fleurie inondé d’air et d’ombres claires et l’on cherche à reconnaître à séparer à
distinguer les différences d’odeurs plus ou moins fraîches, plus ou moins pénétrantes ou évanesentes
de la terre et celles de ses fruits.
et aussi de ses lentes époques historiques, mêlant la Grèce qui vient s’étendre ou mourir ici, et Rome
et cet antre a deux portes :
ed il diverso esiglio
Esiglio
Des deux côtés de vastes rochers et deux pics jumeaux menacent le ciel.
Per cui bello di fama e di sventura
mère Fatma
je suis venu
dans ta pourpre
Les colonnes de la mosquée
les dessins de l’ombre
sur le support de la lumière
plaisir de voir
plaisir de parler
envol des sourires
figé d’abord puis en fusion coulant en fusion maître Björg tu parles
trop Jos et tu embrouilles tu sèmes la
La main du potier, ses doigts caressants font danser la terre, la forment à leur moule instable, aérien et
voleur. Il est assis, tête en avant, lle buste amorce la posture des humbles tandis que l’envol retenu des
mains s’accompagne du mouvement régulier des jambes, la droite toujours balancée vers l’extérieur
pousse le tour, la gauche, vers l’intérieur la ramène, l’équilibre. La terre grise se plie à l’outil, prend
forme des mouvements du corps, un simple fil la libère, le feu l’éternise.
confusion chape chape pierre tombale tout pèse nous pèse Je
n’aurais jamais dû prendre à l’ouest je n’aurais
je suis venu
posés en diagonale descendante, c’est-à-dire que la partie droite du trait est la plus proche du corps,
ce qui suppose, dans note système d’écriture, que le scripteur a posé la pointe de sa plume à gauche
au plus loin de son corps et l’en a rapprochée en la tirant vers la droite, dirigeant ainsi la biffure vers
lui-même. L’erreur d’abord commise sur “sol” l’ écrit donc “soll” ; cette graphie pose ainsi sollitude aussi
loin que possible de sol et de soleil et le rapproche de sollicitude ou de sollicitation. Les lettres sont
çons, où l’on cherche des appuis, mais qui se résume en somme dans le pur plaisir de
la négociation.
Tu non altro che il canto avrai del figlio,
Ce n’est donc pas insensiblement que je peux dire que le désert
non altro che il canto
Sous leur escarpement s’élargit une eau tranquille et silencieuse.
gagne, moi qui suis allé le chercher en autocar, à la vitesse des tours de roues,
comme dans un film en accéléré
Sinon que l’une des monnaie, a, dans son trop rapide vieillissement, ac-
cumulé tant de siècles qu’ici ou là la patine n’a pas tenu ou que l’image, fi-
dèle pourtant comme une image d’image s’est usée de façon moins aléa-
toire.
et cet antre a deux portes :
O materna mia terra ; a noi prescrisse
il fato illacrimata sepoltura.
Nos consciences frappées par Amilcar et Hannibal, par Salambô, Tanit, la dispersion de la ville, la
malédiction du sel, l’idée d’une invasion comme d’une horde du Nord, organisée, comme toute inva-

Baciò la sua petrosa Itaca Ulisse.
par l’une, du côté de Borée, peuvent descendre les hommes ;
Bacio la sua petrosa
petrosa Itaca
le port est formé par une île dont les flancs s’opposent aux flots du large qui se brisent, se séparent et
dans la rougeur de
soleil et rire
mère fatma
Lavandières
l’eau dans les fibres
bout
mais que pouvons-nous contre c’est l’égoulement c’est le sens de la
marche la direction des vents qu’y faire peut ne pas tomber en abs
bas ne pas garder sur soi cette odeur de cendre de poussière quel
passage comment ne pas y être prêt Tu
force antique
Mère fatma
Les mains tiennent l’osier
Souvenir des greniers et des granges, le monde mouvant, ô mon maître aux cent noms, je l’ai vu dans
le frêle équilibre du commerce.
soumis
à la dextérité des pouces
à la tension
de l’oeil

qui y a pris naissance, Arabes, Espagnols, Français... tranches napolitaines
J’y connais les caroubiers toujours lourdement chargés de fruits dont la fraîcheur, sitôt cueillis, s’évade, et dont ma bouche cherche le goût douçâtre et farineux, légèrement rapeux, ils abritent coprins et pieds bleus, russules amanites éclatant du gris argent frangé de blanc de la vaginée à l’orange sourd de la phalloïde ou celui éclatant de l’impériale oronge.

(Tu es Sappho aux paroles pleines d’air, en attente que le mot au bout de ton stylet s’embroche, le regard légèrement détourné sur la gauche de qui te regarde et par dessus son épaule voletant, et ton doigt prolongé sur ta lèvre posé... dubitative ?)
Les figuiers royaux aux feuilles pudiques au corps toujours incompréhensiblement noué poussent plus solitaires, plus chargés d’air et de silence, arbre aux mains innombrables aux caresses sèches,

se replient en de longues ondulations.
Ulisse
Tu non altro che il canto avrai del figlio,
l’autre, du côté de Notos, est réservée aux dieux : les hommes ne passent point par là,
non altro che il canto

isolées les unes des autres si l’on excepte le t et le u de solitude, le e et le s de est, le u et le n de une, le c et le h de chose, le e et r, ainsi que le b, le l et le e de terrible ; l’ensemble des lettres liées est ainsi

tu es un ch er ble

en outre le t du verbe être n’a pas sa barre horizontale et est isolé du s d’une distance égale aux deux tiers de celle qui sépare deux mots. Le e du verbe est situé exactement au milieu de la première ligne.

plaisir de voir
plaisir de parler
envol des sourires
et soudain
brume du regard
pause
distance soudain
l’aile de la tristesse

 

Tu et le bateau barque ou balloté d’une montagne à l’autre et le vertige et la tourmente du dedans et l’angoisse sereine. Sereine. La sérénité de se savoir enfin au bout du voy et le sel plein les yeux
vous êtes le vous êtes le...

puissance de la roche
Aux portes de Sfax, j’ai rencontré Zakia, ma fille européenne, tu es de Sfax ! Tu avais vainement essayé de m’enseigner ta langue comme en échange de ce que tu apprenais.
chant de la lune
éclat du sel

doigt de lumière
annonce

sion du sud.

Cette image (disait Dieu) prendra place auprès de Messine, de Syracuse, du Fuji, parmi les lieux de l’équilibre et de la fusion des mondes.

 

Ce qui en fait la beauté, la fuyante beauté.

Des deux côtés de vastes rochers et deux pics jumeaux menacent le ciel.

Tout tient là dedans, ce que l’on paie, c’est le plaisir du commerce, d’autant plus
intense que l’objet porte davantage de rêves et de temps.

 

(et la souffrance vient là du fait que je sais que l’accélération n’est due qu’à une perte des images, qu’ainsi l’on supplée à notre défaut de patience et que l’on nous montre la digitale s’ouvrir.

L’impossible expédition.
par l’une, du côté de Borée, peuvent descendre les hommes ;
a noi prescrisse il fato

Ces moments/lieux rares où l’instabilité se durcit pour l’éternité et devient une force pure.

 

Peut-être la dignité, ou simplement l’indifférence, la tranquillité commune et simple de qui vit sa vie, son quotidien parmi les siens, détaché des inquiétudes du partagé, du séparé, de l’isolé (ce qu’est forcément le peintre qui -forcément du dehors- les observe...)

le port est formé par une île dont les flancs s’opposent aux flots du large qui se brisent, se séparent et se replient en de longues ondulations.
sepoltura

En somme, tout le voyage est là...

A la vitesse des roues mordant la route, j’ai vu des palmeraies mourir dans lesquelles j’aurais aisément pu me perdre, des alfas sécher, des champs de polaires devenir champs de cactus et la terre devenir sable et puis à nouveau resurgir du désert la vie et notre route comme nous traînant vers l’oasis de toutes les sources…

Tu as vu le Chott El Djerid et, à son terme, les troglodytes.

l’autre, du côté de Notos, est réservée aux dieux : les hommes ne passent point par là,

s’ils sont beaux c’est peut-être qu’ils sont simplement là présents aux autres et autres euxmêmes.

Intendo
images de la partition de l’eau, plus primitives sans doute que celles de la partition du pain

Habiter la roche et y faire son nid.

Intendo chiamare li fedeli d’amore per quelle parole di Geremia Profeta che dicono “O
Là s’ouvre une baie profonde et retirée,

sepoltura illacrimata

rugueuses, irritantes, il est, avec l’olivier, le plus ancien de mes arbres celui sur lequel, enfant, je pouvais grimper, accueillant et fragile ; il était aisé, à son pied cendré, de suivre ses branches maîtresses jusqu’au pays des oiseaux.
Tout ça sous la tendresse morbida del Vesuvio (comme au dessus de la ville sainte s’étend l’aile douce du Fuji), et là où il s’engage dans la mer, recouvrant, millions d’années après millions d’années les

La date, du 31 août 1901- semble évidemment et énigmatiquement d’une autre main.
La signature montante présente à la fois l’agression de la boucle du a par la pointe basspremière ligne.
La date, du du C et de l’arc du C par le trait qui -parti en point de la dernière lettre du nom- revient vers la gauche en descendant, fait une courbe d’un pouce à gauche du nom pour repartir vers le haut à droite, traversant au passage le C et le l, inscrivant le nom dans un cartouche, pour mourir en pouce

O materna mia terra ; a noi prescrisse
Là s’ouvre une baie profonde et retirée,
il fato illacrimata sepoltura.
a noi prescrisse il fato
c’est le chemin des immortels.

 

le miel fondant

 

frêle esquif coquille jeu d’enfant vers l’égout vers sa perte et ta tristesse à peine juste parce que c’est inscrit au décor et l’engouffrement la chute la plongée l’étouffe l’asphyxie Je multiple de la douleur

puissance de la roche
chant de la lune
force noire tes yeux
mère Tamezrad

Grouillement
chaleur
passages furtifs
brouhaha

Pierre qui redevient dune, dune qui coule en sable. Quand la pierre dunaire se défait elle prend des allures de morasse.

odeurs
le souk

 

Trois fileuses
leurs doigts naviguent
la navette fuit
le métier chante
la mort approche

 

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

 

La mosaïque est bien à l’image de chacun de nous. Cercles de mosaïques, vagues et mouvements.

 

uos omnes qui transitis per uiam, attendite et uidete si est dolor sicut dolor meus”
(à moins qu’elles n’aient été l’objet du partage dès lors que les sédntaires eurent à les partager une fois le pain cuit…)
O voi che per la via d’amore passate, attendete e guardate s’elli è dolore alcun quant’il mio grave ; e prego sol ch’audir mi sofferiate, e poi imagine, s’io son d’ogni tormento ostale o chiave
c’est le chemin des immortels.
Ici, il y a à parler des minéraux, mais aussi de ces enfants, de ces peuples fiers et mendiants, de l’éblouissante corbeille de Nefta.
O vous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente

 

à droite de la fin du nom équilibrant ainsi la boucle.

 

terres et les fertilisant, cesse toute tristesse
Aragon parle, dans “Blanche ou l’oubli” des horizons des promeneurs qui reculent devant eux à mesure qu’ils avancent, comme recule l’horizon de la vieillesse à mesure que l’homme avance dans la durée. C’est bien ce que l’on cherche dans la marche, cet écroulement constant de l’horizon, à la nuance près qu’à revenir aux mêmes lieux on voit lentement reculer le même âge, alors qu’à courir le monde on voit s’évanouir des milliers de vies.
Et il naufragar m’è dolce in questo mare

sepoltura
sepoltura illacrimata

©Editions de l'Amourier, tous droits réservés

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