BRIBES EN LIGNE
la force du corps, ouverture de l’espace       object et que dire de la grâce   saint paul trois       marche carles li reis en ad prise sa       ( envoi du bulletin de bribes n’ayant pas pour gilbert passet li jurz, la noit est “dans le dessin seins isabelle boizard 2005 dessiner les choses banales vous n’avez les parents, l’ultime f le feu m’a josué avait un rythme antoine simon 7       chaque 0 false 21 18 madame des forêts de 0 false 21 18 janvier 2002 .traverse     un mois sans accoucher baragouiner       dans il n’y a pas de plus       il     tout autour à propos des grands pour andrée       embarq       ce   l’oeuvre vit son je suis bien dans la mastication des c’est la distance entre madame a des odeurs sauvages pour anne slacik ecrire est les avenues de ce pays       coude il tente de déchiffrer, giovanni rubino dit pour nicolas lavarenne ma ma voix n’est plus que accorde ton désir à ta carmelo arden quin est une cyclades, iii° c’est vrai antoine simon 11 dans ce pays ma mère il ne reste plus que le sur l’erbe verte si est un tunnel sans fin et, à   la production leonardo rosa       la pie madame déchirée paien sunt morz, alquant       cerisi dans le train premier   jn 2,1-12 : "je me tais. pour taire. marcel alocco a temps de pierres titrer "claude viallat,       apparu cet article est paru       st j’ai ajouté douce est la terre aux yeux la fraîcheur et la "pour tes antoine simon 32 al matin, quant primes pert     chambre       banlie       ruelle les plus vieilles quelques autres 1254 : naissance de    en       enfant torna a sorrento ulisse torna mise en ligne d’un « h&eacu introibo ad altare c’est pour moi le premier (vois-tu, sancho, je suis c’est la chair pourtant dans le pain brisé son pour m.b. quand je me heurte il ne sait rien qui ne va la danse de chercher une sorte de on préparait station 7 : as-tu vu judas se v.- les amicales aventures du diaphane est le exacerbé d’air 10 vers la laisse ccxxxii       midi c’est ici, me macles et roulis photo madame dans l’ombre des     extraire "l’art est-il sainte marie, a ma mère, femme parmi a l’aube des apaches, fragilité humaine. macles et roulis photo 7 antoine simon 26 art jonction semble enfin       m&eacu petites proses sur terre quel étonnant antoine simon 6 pour le prochain basilic, (la d’un côté la vie est ce bruissement       " deuxième       &agrav 1-nous sommes dehors. pour ma un soir à paris au tous ces charlatans qui outre la poursuite de la mise il s’appelait antoine simon 24       sur  pour jean le  les éditions de tout en travaillant sur les cet univers sans au lecteur voici le premier (elle entretenait       en dernier vers aoi dans un coin de nice,       l̵       sur imagine que, dans la de tantes herbes el pre  dans toutes les rues pas de pluie pour venir le plus insupportable chez dernier vers aoi       d&eacu moi cocon moi momie fuseau depuis ce jour, le site       su une fois entré dans la       en les dernières       nuage       &eacut pour       la     les provisions nice, le 8 octobre le recueil de textes le texte qui suit est, bien a christiane la vie est dans la vie. se reflets et echosla salle le ciel est clair au travers dans les hautes herbes "ah ! mon doux pays, 1) notre-dame au mur violet "nice, nouvel éloge de la le vieux qui la langue est intarissable dans les écroulements     dans la ruela a la libération, les j’entends sonner les 0 false 21 18 À l’occasion de nice, le 30 juin 2000 ma voix n’est plus que l’évidence dans ma gorge approche d’une pure forme, belle muette, je t’enfourche ma cet article est paru dans le quel ennui, mortel pour le coquillage contre onzième démodocos... Ça a bien un pour andré aucun hasard si se deux ce travail vous est il arriva que pluies et bruines, 1 au retour au moment si, il y a longtemps, les l’art c’est la je dors d’un sommeil de rossignolet tu la ce jour-là il lui dernier vers aoi pour maguy giraud et et combien  “... parler une     quand dont les secrets… à quoi immense est le théâtre et       la       pass&e       ce rare moment de bonheur, trois (mon souffle au matin assise par accroc au bord de   est-ce que et encore  dits station 3 encore il parle voudrais je vous       soleil     double tu le saiset je le vois écoute, josué, station 5 : comment la vie humble chez les       dans   ciel !!!! madame est la reine des s’ouvre la dernier vers aoi       le   un vendredi le temps passe si vite, du bibelot au babilencore une equitable un besoin sonnerait la bouche pure souffrance le scribe ne retient antoine simon 20 pour andré quelque chose il existe deux saints portant mi viene in mentemi à la bonne   un antoine simon 22 et te voici humanité au matin du antoine simon 13 m1       dernier vers que mort le bulletin de "bribes rien n’est une il faut dire les  les trois ensembles la musique est le parfum de j’ai changé le     une abeille de la fonction, ils s’étaient antoine simon 17 où l’on revient       je d’ eurydice ou bien de laure et pétrarque comme    7 artistes et 1       crabe-   je ne comprends plus À la loupe, il observa je ne peins pas avec quoi, aux george(s) (s est la macles et roulis photo 4       &ccedi       sur l’ami michel etait-ce le souvenir glaciation entre     " la lecture de sainte  hier, 17 1- c’est dans chaque jour est un appel, une il y a des objets qui ont la frères et chaque automne les antoine simon 16 f les rêves de a propos de quatre oeuvres de       au       &agrav régine robin, paysage de ta tombe  et tant pis pour eux.  les premières …presque vingt ans plus cliquetis obscène des       la       la lorsque martine orsoni dans les carnets       tourne       dans       jardin  tous ces chardonnerets et ces   si vous souhaitez jusqu’à il y a pas facile d’ajuster le 7) porte-fenêtre li quens oger cuardise je serai toujours attentif à       force       mouett la liberté s’imprime à la terre nous       sous le corps encaisse comme il  un livre écrit l’éclair me dure, au seuil de l’atelier un titre : il infuse sa       pav&ea le pendu     rien     vers le soir tout est possible pour qui décembre 2001.       la et si tu dois apprendre à rm : d’accord sur       parfoi dans le monde de cette pur ceste espee ai dulor e  ce mois ci : sub le grand combat :   j’ai souvent (dans mon ventre pousse une  je signerai mon  pour le dernier jour on cheval mon cher pétrarque,     de rigoles en de mes deux mains       au la mort, l’ultime port,  avec « a la la bouche pleine de bulles hans freibach : inoubliables, les première       gentil       le toulon, samedi 9       sabots tendresses ô mes envols les amants se f tous les feux se sont (la numérotation des pour michèle gazier 1) f le feu s’est j’écoute vos j’arrivais dans les       l̵  le "musée j’ai travaillé antoine simon 27       pav&ea les dessins de martine orsoni un jour nous avons dernier vers aoi pour egidio fiorin des mots quand les mots       je un temps hors du       &n quai des chargeurs de   on n’est voile de nuità la polenta tout en vérifiant  référencem       juin buttati ! guarda&nbs des quatre archanges que     au couchant autre citation reprise du site avec la     après lorsqu’on connaît une du fond des cours et des la parol

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Beaucoup de merveilles emplissent le ciel et la terre. Tu sauras que l’une des plus grandes, est celle qui, depuis la dispersion de Babel, nous permet de faire germer autour des choses du monde la douce confusion de nos voix multiples. C’est elle qui fait que les arbres fleurissent des mille et mille mots qui les appellent. C’est elle qui entoure la terre du protecteur cocon de nos langues et nous rapproche doucement du ciel. Tu sauras une merveille plus grande encore, car nos langues, de la grâce de leur multiplicité, ont acquis celle de se pouvoir mêler, contaminer, fusionner, et marier ; nos parlers les plus harmonieux naissent ainsi de ces mariages, et on n’entend jamais sans émotion ces langues, que l’on nomme créées ou créoles, que l’on ne comprend pas et qui laissent stupides, et qui pourtant produisent un troublant effet de familiarité. Et jusqu’à l’intérieur de chaque langue, à l’intérieur des mots, se croisent des peuples et des histoires ; ainsi le nom d’Agnès éveille en lui l’écho du parler de deux peuples : du latin où ce nom désigne l’agneau, et du grec, où il veut dire “pur” ou “innocent”, c’est ainsi qu’Agnès portait en elle l’innoncence et la pureté de l’agneau et c’est dans l’innocence et la pureté que, encore agnelle, à peine âgée de 13 ans, elle rendit à dieu l’âme radieuse qu’il lui avait donnée et devint l’épouse et la martyr de J.-C., après qu’Aspasius, au nom du préfet, eut donné l’ordre qu’on lui perçât le coeur d’une épée.
De la vie d’Agnès, tu retiendras que la première souffrance qu’on lui infligea fut qu’on la fit traîner, nue, dans un bordel. Les enfances volées l’invoquent même quand la douleur les a rendues sourdes à elles-mêmes, déchirées et pantelantes, les yeux cillés par l’obstruante présence de chairs mûries et sénescentes, chargées, en leurs replis, de vieilles odeurs, de relents des jouissances mortes, les oreilles étouffées et la bouche noyée par les mots douceureux et les salives aigres, les lèvres et les gorges débordantes des sécrétions étrangères, la moindre parcelle de peau irritée et peu à peu durcie par le stupre.
L’ordre avait été donné par le Préfet, sous les fallacieux prétextes dont les tyrans sont prodigues dès lors qu’il s’agit de persécuter les innocents dont la seule innocence attente à leur pauvre pouvoir. La raison en était que ce préfet avait un fils qui se mourait d’amour pour Agnès mais dont Agnès ne voulait pas parce qu’elle s’était donnée au seul amour de J.-C. Agnès était tirée par les rues, sa nudité d’enfant offerte à tous les regards ; on dit qu’il se fit alors autour d’elle comme une grande muraille d’ombre, soit que les yeux des badauds fussent aveuglés et que l’insoutenable lueur de l’innocence eût nécrosé le fond de leurs rétines, soit qu’un ange la couvrît de son aile de nuit, soit enfin que N.S. eût rendu sa chevelure épaisse et dense au point de la couvrir mieux que le meilleur des vêtements, comme le dit Jacques de Varazze. Il est vraisemblable qu’Agnès dut à sa pureté d’enfant que son corps fut protégé comme il l’était au temps des nudités originelles, que les badauds ne surent la voir parce qu’elle était innocente et que, de la sorte, elle avait suscité autour et au dessus d’elle la présence de l’ange de Dieu. Ainsi protégée elle fut amenée jusqu’à la mère maquerelle qui la considéra d’abord avec une gourmandise sombre d’autant plus grande que la beauté d’Agnès était voilée par ses cheveux. Les filles qui attendaient firent autour d’elle une couronne de lueurs pâles et clignotantes, leurs regards émus et tristes caressaient l’enfant et si elles se réjouissaient de voir la fraîcheur et la beauté d’Agnès illuminer leur clinquant lupanar, elles la plaignaient amèrement dans leur coeur d’avoir à faire si tôt le deuil de soi-même. Agnès, forte du nom de J.-C. et confiante dans son amour, s’était mise à prier en invoquant tous les saints et Marie Madeleine.

Sainte Marie, disait-elle, vous avez connu toutes les souffrances de l’amour et vous avez le plus pleuré quand vous avez rencontré le plus pur d’entre eux. Me voici dans un lieu d’amours perdues et dans l’air flottent à jamais les gémissements des tendres endeuillés et les cris de colère de ceux à qui fut arraché l’amour des autres et d’eux-mêmes, délivrez-moi de ce tourment de déchirure.
Sainte Marie, disait Agnès, délivrez-moi.
Saint Jean, tendre fils, vous avez posé votre front sur l’épaule de N.S. et vous avez senti la chaleur de sa peau et elle vous a envahi, et vos narines, votre palais et votre gorge se sont emplis de l’odeur de son corps, de celle de sa suave sueur, délivrez-moi de ce tourment ; vous avez eu sur votre épaule le front de la sainte mère de N.S., vous avez senti combien sa peau était chaude et douce, votre corps a fondu de protéger son corps au pied de la croix, vous avez gardé sur vos lèvres le parfum de son corps et le goût de ses larmes et la forme de son sourire, gardez-moi de connaître le tourment de l’écrasement.
Saint Jean, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous, Saint Luc, vous avez été le plus proche de la Vierge Marie et vous avez été le plus proche de la mansuétude du Christ, et vous avez été le seul attentif aux larmes de la prostituée, et vous avez été le seul témoin de la naissance de chair de N.S.J.-C., vous savez que qui touche au corps touche à l’âme, préservez-moi de ce tourment de mort..
Saint Luc, disait Agnès, délivrez-moi !
Et vous, Sainte Vierge, vous avez senti dans votre corps naître, croître, grandir, pousser, s’épanouir une vie nouvelle, et vous en avez sanctifié toutes les naissances, et vous en avez sanctifié tous les corps qui connaissent le tendre partage des plus profondes intimités, vous nous avez appris que c’est dans le partage que se manifeste l’esprit, préservez-moi des tourments de l’enfermement ; vous n’avez pas connu la mort, votre corps est monté au ciel, intact et éternel, vous nous avez appris ainsi que nous sommes aussi sacrés dans notre corps que dans notre âme ; préservez-moi de ce tourment d’enfer.
Sainte-Vierge, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous qui avez su souffrir sur ces croix que sont la conception, la naissance et la venue au monde, et sur cette croix qu’est la vie, et qui avez fait de la mort l’image de la croix et de la croix l’image de tous les croisements, vous que je n’ai pu aimer, comme vous a aimé Marie Madeleine, que parce que vous êtes homme et faible et naissant et vivant et souffrant et mourant et jusque dans la mort espérant, vous que j’aime parce que vous êtes homme pleinement et douloureusement et que de vous aimer me fait aimer les autres, protégez-moi des tourments de la haine.
Délivrez-moi, disait Agnès, délivrez-moi.”

Il se fit alors une grande merveille : au fur et à mesure qu’elle les invoquait, les saints se rendaient aux mots d’Agnès : ils apparaissaient en de grands halos si lumineux qu’ils effacèrent les meubles brillants, les sièges profonds et vastes, les tables chargées de vases dorés et de fleurs ouvertes et lourdes, les luminaires étincelants, les murs et le plafond aux draperies brocardées et aux miroirs indiscrets, la cheminée aux plaques ouvrées, les portes et les fenêtres lourdement chargée de tentures ; la lumière était devenue si intense qu’elle ternissait le soleil du ciel retrouvé ; dans cette lumière on aperçut l’ange de Dieu qui revêtait Agnès d’une aube de lin blanc. Or le fils du préfet, celui-là même à cause de qui Agnès avait été livrée à la prostitution, vint au bordel avec nombre de ses amis. Le coeur chargé de haine de ne pouvoir la posséder que par la contrainte, il voulut l’humilier plus grandement en la livrant d’abord à ses amis. Mais eux, que la haine n’aveuglait ni n’assourdissait, effrayés par le miracle de cette grande lumière et la musique des oraisons, quittèrent la maison en courant. Le jeune préfet, furieux de voir ses compagnons de débauche lui refuser celle qui se refusait à lui, se rua violemment sur Agnès. Quand il fut proche d’elle, dans la lumière vive qui entourait la vierge, il fut happé par le tourbillon lumineux et projeté à terre ; aussitôt un diable surgit et, se précipitant sur lui, lui saisit la verge qu’il étira et allongea démesurément, après quoi, dans des ricanement affreux, il la lui entoura autour du cou en serrant si fort que le jeune homme en eut les yeux exorbités et la lui ficha dans la bouche jusqu’au plus profond de la gorge. Etranglé et étouffé par l’instrument de son péché, le fils du préfet expira aussitôt.
On dit aussi, qu’ensuite, Agnès, à la demande du préfet implora N.S. et obtint de lui la résurrection du pécheur. Que c’est la raison pour laquelle, ayant retrouvé son fils, le Préfet cessa de persécuter Agnès, mais que, par crainte de la proscription, il la livra à Aspasius, son suppléant qui la fit périr comme je te l’ai dit.

Publication en ligne : 31 décembre 2008
Première publication : novembre 1993 / catalogue d’exposition

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