BRIBES EN LIGNE
c’est extrêmement macles et roulis photo 1 dernier vers aoi  c’était  de même que les     le c’est la chair pourtant sous l’occupation       les que reste-t-il de la cher bernard rare moment de bonheur, c’est la distance entre recleimet deu mult s’égarer on       nuage mult ben i fierent franceis e dernier vers aoi rita est trois fois humble. il faut aller voir il semble possible       ( les grands       bruyan je ne saurais dire avec assez  “s’ouvre chaque automne les le tissu d’acier deuxième le galop du poème me toute une faune timide veille langues de plomba la bribes en ligne a nice, le 8 octobre dans les carnets Être tout entier la flamme le grand combat :  les trois ensembles       voyage antoine simon 17     le cygne sur  tous ces chardonnerets     &nbs un soir à paris au a propos de quatre oeuvres de quand il voit s’ouvrir, j’ai en réserve   on n’est pour gilbert j’ai donné, au mois certains soirs, quand je       un et si au premier jour il mise en ligne dernier vers aoi les petites fleurs des chercher une sorte de dessiner les choses banales les enseignants :     tout autour       m&eacu sequence 6   le le samedi 26 mars, à 15       longte f le feu s’est passent .x. portes,       fourr& pour frédéric quand les mots sors de mon territoire. fais 13) polynésie carissimo ulisse,torna a genre des motsmauvais genre un tunnel sans fin et, à pour marcel je me souviens de sixième pour jacqueline moretti, pour maguy giraud et a l’aube des apaches, le plus insupportable chez autre essai d’un 10 vers la laisse ccxxxii je désire un mon travail est une       deux vous avez       les passet li jurz, si turnet a onzième     hélas, la littérature de macles et roulis photo chaises, tables, verres, errer est notre lot, madame, « pouvez-vous deuxième essai les cuivres de la symphonie (ma gorge est une pour jean-marie simon et sa       que ici. les oiseaux y ont fait mes pensées restent au programme des actions pour ma et la peur, présente au seuil de l’atelier pour julius baltazar 1 le troisième essai vous deux, c’est joie et       à le ciel est clair au travers f les marques de la mort sur       ruelle attention beau       j̵    courant marché ou souk ou la mastication des  martin miguel vient ce qui fascine chez       la  dans toutes les rues carissimo ulisse,torna a macao grise quand sur vos visages les tendresse du mondesi peu de       le marie-hélène  le "musée raphaËl tant pis pour eux.  ce mois ci : sub j’ai changé le       juin (ô fleur de courge...    au balcon qu’est-ce qui est en  jésus mouans sartoux. traverse de "la musique, c’est le approche d’une comme c’est merci à la toile de preambule – ut pictura   3   

les       o où l’on revient dernier vers s’il chairs à vif paumes       ...mai ce va et vient entre le vieux qui     pluie du le lent tricotage du paysage station 5 : comment le proche et le lointain       maquis quel étonnant       s̵       midi dernier vers aoi       &n  si, du nouveau pour andré de toutes les l’appel tonitruant du derniers vers sun destre tout mon petit univers en ce n’est pas aux choses la réserve des bribes avez-vous vu dieu faisait silence, mais assise par accroc au bord de antoine simon 16       apparu livre grand format en trois vi.- les amicales aventures dernier vers aoi  hors du corps pas raphaël grant est la plaigne e large hans freibach : de proche en proche tous générations de mes deux mains faisant dialoguer nous savons tous, ici, que en 1958 ben ouvre à       jardin le géographe sait tout iv.- du livre d’artiste       &eacut toujours les lettres :       la       fourmi fin première ce qui aide à pénétrer le       la quand vous serez tout       object dernier vers aoi     de rigoles en       en inoubliables, les derniers j’arrivais dans les dans l’innocence des envoi du bulletin de bribes       rampan deux nouveauté, paien sunt morz, alquant très malheureux...   la baie des anges  référencem cyclades, iii° j’ai relu daniel biga,   est-ce que ils s’étaient le scribe ne retient réponse de michel vous êtes       dans pour yves et pierre poher et dernier vers aoi       au raphaël       et tu elle disposait d’une       sur essai de nécrologie, je t’enlace gargouille je déambule et suis c’est vrai 7) porte-fenêtre 1-nous sommes dehors. bal kanique c’est antoine simon 11       le pour nicolas lavarenne ma toi, mésange à si j’étais un       la ce texte m’a été toutes ces pages de nos pour le prochain basilic, (la les avenues de ce pays       &agrav onze sous les cercles bernadette griot vient de béatrice machet vient de le coeur du attendre. mot terrible. la fraîcheur et la tout est prêt en moi pour outre la poursuite de la mise josué avait un rythme       un et  riche de mes madame aux rumeurs "mais qui lit encore le juste un mot pour annoncer       & le texte qui suit est, bien       m̵ polenta la liberté de l’être je crie la rue mue douleur l’instant criblé exode, 16, 1-5 toute       &agrav pour michèle gazier 1 f dans le sourd chatoiement alocco en patchworck ©   le texte suivant a       dans pour maxime godard 1 haute ouverture de l’espace dernier vers aoi tes chaussures au bas de       le madame des forêts de dernier vers aoi lu le choeur des femmes de vous n’avez couleur qui ne masque pas       dans pour     sur la pente à cri et à     oued coulant lancinant ô lancinant il n’y a pas de plus encore une citation“tu pour lee quelque temps plus tard, de deuxième apparition macles et roulis photo 3 nu(e), comme son nom et…  dits de dernier vers doel i avrat, percey priest lakesur les autre citation"voui       dans       droite  dans le livre, le   1) cette       le suite du blasphème de trois (mon souffle au matin dernier vers aoi nous lirons deux extraits de l’art n’existe après la lecture de ainsi va le travail de qui il s’appelait cette machine entre mes       au les amants se histoire de signes . dernier vers aoi       voyage charogne sur le seuilce qui diaphane est le d’un côté       (     du faucon     chambre merle noir  pour       " je suis bien dans   le 10 décembre i en voyant la masse aux il arriva que       bonheu dorothée vint au monde grande lune pourpre dont les la vie est dans la vie. se spectacle de josué dit     extraire     les provisions       dans le glacis de la mort le "patriote",       la nice, le 30 juin 2000       sur antoine simon 21 a ma mère, femme parmi       apr&eg     à fontelucco, 6 juillet 2000 ce qu’un paysage peut ce texte se présente c’est ici, me j’ai travaillé ...et poème pour et ma foi, traquer temps où le sang se les dieux s’effacent et combien station 3 encore il parle  “... parler une antoine simon 25 bribes en ligne a       ce de pa(i)smeisuns en est venuz dernier vers aoi dernier vers aoi   il y a des objets qui ont la un nouvel espace est ouvert et je vois dans vos sables mes parolesvous ma voix n’est plus que j’ai ajouté       m̵ f qu’il vienne, le feu il existe au moins deux       " présentation du une fois entré dans la sa langue se cabre devant le tout en vérifiant   d’un coté, l’évidence le recueil de textes s’ouvre la       au nouvelles mises en on a cru à la poésie, à la la parol

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Beaucoup de merveilles emplissent le ciel et la terre. Tu sauras que l’une des plus grandes, est celle qui, depuis la dispersion de Babel, nous permet de faire germer autour des choses du monde la douce confusion de nos voix multiples. C’est elle qui fait que les arbres fleurissent des mille et mille mots qui les appellent. C’est elle qui entoure la terre du protecteur cocon de nos langues et nous rapproche doucement du ciel. Tu sauras une merveille plus grande encore, car nos langues, de la grâce de leur multiplicité, ont acquis celle de se pouvoir mêler, contaminer, fusionner, et marier ; nos parlers les plus harmonieux naissent ainsi de ces mariages, et on n’entend jamais sans émotion ces langues, que l’on nomme créées ou créoles, que l’on ne comprend pas et qui laissent stupides, et qui pourtant produisent un troublant effet de familiarité. Et jusqu’à l’intérieur de chaque langue, à l’intérieur des mots, se croisent des peuples et des histoires ; ainsi le nom d’Agnès éveille en lui l’écho du parler de deux peuples : du latin où ce nom désigne l’agneau, et du grec, où il veut dire “pur” ou “innocent”, c’est ainsi qu’Agnès portait en elle l’innoncence et la pureté de l’agneau et c’est dans l’innocence et la pureté que, encore agnelle, à peine âgée de 13 ans, elle rendit à dieu l’âme radieuse qu’il lui avait donnée et devint l’épouse et la martyr de J.-C., après qu’Aspasius, au nom du préfet, eut donné l’ordre qu’on lui perçât le coeur d’une épée.
De la vie d’Agnès, tu retiendras que la première souffrance qu’on lui infligea fut qu’on la fit traîner, nue, dans un bordel. Les enfances volées l’invoquent même quand la douleur les a rendues sourdes à elles-mêmes, déchirées et pantelantes, les yeux cillés par l’obstruante présence de chairs mûries et sénescentes, chargées, en leurs replis, de vieilles odeurs, de relents des jouissances mortes, les oreilles étouffées et la bouche noyée par les mots douceureux et les salives aigres, les lèvres et les gorges débordantes des sécrétions étrangères, la moindre parcelle de peau irritée et peu à peu durcie par le stupre.
L’ordre avait été donné par le Préfet, sous les fallacieux prétextes dont les tyrans sont prodigues dès lors qu’il s’agit de persécuter les innocents dont la seule innocence attente à leur pauvre pouvoir. La raison en était que ce préfet avait un fils qui se mourait d’amour pour Agnès mais dont Agnès ne voulait pas parce qu’elle s’était donnée au seul amour de J.-C. Agnès était tirée par les rues, sa nudité d’enfant offerte à tous les regards ; on dit qu’il se fit alors autour d’elle comme une grande muraille d’ombre, soit que les yeux des badauds fussent aveuglés et que l’insoutenable lueur de l’innocence eût nécrosé le fond de leurs rétines, soit qu’un ange la couvrît de son aile de nuit, soit enfin que N.S. eût rendu sa chevelure épaisse et dense au point de la couvrir mieux que le meilleur des vêtements, comme le dit Jacques de Varazze. Il est vraisemblable qu’Agnès dut à sa pureté d’enfant que son corps fut protégé comme il l’était au temps des nudités originelles, que les badauds ne surent la voir parce qu’elle était innocente et que, de la sorte, elle avait suscité autour et au dessus d’elle la présence de l’ange de Dieu. Ainsi protégée elle fut amenée jusqu’à la mère maquerelle qui la considéra d’abord avec une gourmandise sombre d’autant plus grande que la beauté d’Agnès était voilée par ses cheveux. Les filles qui attendaient firent autour d’elle une couronne de lueurs pâles et clignotantes, leurs regards émus et tristes caressaient l’enfant et si elles se réjouissaient de voir la fraîcheur et la beauté d’Agnès illuminer leur clinquant lupanar, elles la plaignaient amèrement dans leur coeur d’avoir à faire si tôt le deuil de soi-même. Agnès, forte du nom de J.-C. et confiante dans son amour, s’était mise à prier en invoquant tous les saints et Marie Madeleine.

Sainte Marie, disait-elle, vous avez connu toutes les souffrances de l’amour et vous avez le plus pleuré quand vous avez rencontré le plus pur d’entre eux. Me voici dans un lieu d’amours perdues et dans l’air flottent à jamais les gémissements des tendres endeuillés et les cris de colère de ceux à qui fut arraché l’amour des autres et d’eux-mêmes, délivrez-moi de ce tourment de déchirure.
Sainte Marie, disait Agnès, délivrez-moi.
Saint Jean, tendre fils, vous avez posé votre front sur l’épaule de N.S. et vous avez senti la chaleur de sa peau et elle vous a envahi, et vos narines, votre palais et votre gorge se sont emplis de l’odeur de son corps, de celle de sa suave sueur, délivrez-moi de ce tourment ; vous avez eu sur votre épaule le front de la sainte mère de N.S., vous avez senti combien sa peau était chaude et douce, votre corps a fondu de protéger son corps au pied de la croix, vous avez gardé sur vos lèvres le parfum de son corps et le goût de ses larmes et la forme de son sourire, gardez-moi de connaître le tourment de l’écrasement.
Saint Jean, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous, Saint Luc, vous avez été le plus proche de la Vierge Marie et vous avez été le plus proche de la mansuétude du Christ, et vous avez été le seul attentif aux larmes de la prostituée, et vous avez été le seul témoin de la naissance de chair de N.S.J.-C., vous savez que qui touche au corps touche à l’âme, préservez-moi de ce tourment de mort..
Saint Luc, disait Agnès, délivrez-moi !
Et vous, Sainte Vierge, vous avez senti dans votre corps naître, croître, grandir, pousser, s’épanouir une vie nouvelle, et vous en avez sanctifié toutes les naissances, et vous en avez sanctifié tous les corps qui connaissent le tendre partage des plus profondes intimités, vous nous avez appris que c’est dans le partage que se manifeste l’esprit, préservez-moi des tourments de l’enfermement ; vous n’avez pas connu la mort, votre corps est monté au ciel, intact et éternel, vous nous avez appris ainsi que nous sommes aussi sacrés dans notre corps que dans notre âme ; préservez-moi de ce tourment d’enfer.
Sainte-Vierge, disait Agnès, délivrez-moi.
Et vous qui avez su souffrir sur ces croix que sont la conception, la naissance et la venue au monde, et sur cette croix qu’est la vie, et qui avez fait de la mort l’image de la croix et de la croix l’image de tous les croisements, vous que je n’ai pu aimer, comme vous a aimé Marie Madeleine, que parce que vous êtes homme et faible et naissant et vivant et souffrant et mourant et jusque dans la mort espérant, vous que j’aime parce que vous êtes homme pleinement et douloureusement et que de vous aimer me fait aimer les autres, protégez-moi des tourments de la haine.
Délivrez-moi, disait Agnès, délivrez-moi.”

Il se fit alors une grande merveille : au fur et à mesure qu’elle les invoquait, les saints se rendaient aux mots d’Agnès : ils apparaissaient en de grands halos si lumineux qu’ils effacèrent les meubles brillants, les sièges profonds et vastes, les tables chargées de vases dorés et de fleurs ouvertes et lourdes, les luminaires étincelants, les murs et le plafond aux draperies brocardées et aux miroirs indiscrets, la cheminée aux plaques ouvrées, les portes et les fenêtres lourdement chargée de tentures ; la lumière était devenue si intense qu’elle ternissait le soleil du ciel retrouvé ; dans cette lumière on aperçut l’ange de Dieu qui revêtait Agnès d’une aube de lin blanc. Or le fils du préfet, celui-là même à cause de qui Agnès avait été livrée à la prostitution, vint au bordel avec nombre de ses amis. Le coeur chargé de haine de ne pouvoir la posséder que par la contrainte, il voulut l’humilier plus grandement en la livrant d’abord à ses amis. Mais eux, que la haine n’aveuglait ni n’assourdissait, effrayés par le miracle de cette grande lumière et la musique des oraisons, quittèrent la maison en courant. Le jeune préfet, furieux de voir ses compagnons de débauche lui refuser celle qui se refusait à lui, se rua violemment sur Agnès. Quand il fut proche d’elle, dans la lumière vive qui entourait la vierge, il fut happé par le tourbillon lumineux et projeté à terre ; aussitôt un diable surgit et, se précipitant sur lui, lui saisit la verge qu’il étira et allongea démesurément, après quoi, dans des ricanement affreux, il la lui entoura autour du cou en serrant si fort que le jeune homme en eut les yeux exorbités et la lui ficha dans la bouche jusqu’au plus profond de la gorge. Etranglé et étouffé par l’instrument de son péché, le fils du préfet expira aussitôt.
On dit aussi, qu’ensuite, Agnès, à la demande du préfet implora N.S. et obtint de lui la résurrection du pécheur. Que c’est la raison pour laquelle, ayant retrouvé son fils, le Préfet cessa de persécuter Agnès, mais que, par crainte de la proscription, il la livra à Aspasius, son suppléant qui la fit périr comme je te l’ai dit.

Publication en ligne : 31 décembre 2008
Première publication : novembre 1993 / catalogue d’exposition

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