BRIBES EN LIGNE
      dans antoine simon 7 quel étonnant       bruyan antoine simon 21 quelques textes polenta     après premier essai c’est       le il tente de déchiffrer, v.- les amicales aventures du ils s’étaient …presque vingt ans plus le soleil n’est pas  pour jean le       au o tendresses ô mes sequence 6   le       coude il existe deux saints portant       la ecrire sur       à archipel shopping, la et tout avait  le grand brassage des r.m.a toi le don des cris qui lancinant ô lancinant "la musique, c’est le marché ou souk ou     rien au seuil de l’atelier       allong f les rêves de la lecture de sainte dans les écroulements dernier vers aoi dernier vers aoi antoine simon 27 macles et roulis photo 1 le passé n’est       dans rêves de josué, prenez vos casseroles et clquez sur       je antoine simon 5       droite bien sûr, il y eut       assis antoine simon 16 rm : d’accord sur pourquoi yves klein a-t-il       à propos “la où l’on revient vous deux, c’est joie et pour mireille et philippe       voyage ici, les choses les plus il existe au moins deux dans les carnets ce jour-là il lui je suis occupé ces et que vous dire des       au deuxième essai le       cette quand sur vos visages les l’impression la plus       montag d’un bout à le grand combat : petit matin frais. je te (de)lecta lucta         la pie merci à la toile de saluer d’abord les plus c’est seulement au nous avancions en bas de       pass&e assise par accroc au bord de antoine simon 32 certains soirs, quand je   pour adèle et ecrire les couleurs du monde de sorte que bientôt madame, on ne la voit jamais   adagio   je         &n « pouvez-vous je suis bien dans       apr&eg a toi le don des cris qui dont les secrets… à quoi j’ai ajouté li emperere s’est pour andrée  monde rassemblé   ces sec erv vre ile       la     nous  zones gardées de       le  “ce travail qui bel équilibre et sa       sabots    au balcon mais non, mais non, tu passent .x. portes, quand les mots temps de pierres dans la   j’ai souvent l’appel tonitruant du       une f toutes mes moisissures mousses lichens  si, du nouveau le temps passe si vite, j’aime chez pierre tous feux éteints. des   se c’était une       au vous avez ce n’est pas aux choses mon travail est une       midi dans la caverne primordiale me sixième dans les carnets 1254 : naissance de deuxième apparition de halt sunt li pui e mult halt     de rigoles en macao grise dire que le livre est une 5) triptyque marocain la deuxième édition du ce jour là, je pouvais la cité de la musique station 3 encore il parle les parents, l’ultime avez-vous vu huit c’est encore à       le       le pour qui veut se faire une 1-nous sommes dehors. a claude b.   comme jamais si entêtanteeurydice ne pas négocier ne bribes en ligne a       je me       ton   (dans le dernier vers aoi approche d’une       dans quand il voit s’ouvrir,       au lu le choeur des femmes de le plus insupportable chez       nous savons tous, ici, que nouvelles mises en en introduction à       une langues de plomba la dernier vers que mort antoine simon 14 samuelchapitre 16, versets 1 l’impossible j’ai parlé l’évidence       sur mult est vassal carles de à cri et à couleur qui ne masque pas dernier vers aoi s’ouvre la       " vous n’avez religion de josué il beaucoup de merveilles    de femme liseuse raphaël un homme dans la rue se prend antoine simon 28 et encore  dits (ô fleur de courge... jouer sur tous les tableaux dernier vers aoi préparation des envoi du bulletin de bribes paien sunt morz, alquant       chaque       et       tourne est-ce parce que, petit, on       il pour jean-marie simon et sa dans le pays dont je vous    nous       entre le ciel est clair au travers la fraîcheur et la       va station 5 : comment   pour le prochain etudiant à       la très malheureux... régine robin, pluies et bruines, pierre ciel deux mille ans nous très saintes litanies pour andré pour robert avec marc, nous avons a grant dulur tendrai puis clers est li jurz et li       enfant pour frédéric a la fin il ne resta que       sur     à je découvre avant toi pour andré  “comment il faut laisser venir madame  hors du corps pas d’abord l’échange des quel ennui, mortel pour si j’avais de son       s̵ chaque jour est un appel, une       parfoi    en "je me tais. pour taire. dernier vers aoi le tissu d’acier quand c’est le vent qui       dans trois (mon souffle au matin vous avez       et tu       &n sept (forces cachées qui art jonction semble enfin  l’écriture troisième essai et dernier vers aoi le vieux qui j’oublie souvent et attendre. mot terrible. ses mains aussi étaient       au je t’enfourche ma une errance de ce qui fait tableau : ce antoine simon 3  je signerai mon carissimo ulisse,torna a autre petite voix la bouche pleine de bulles       reine aux george(s) (s est la pour egidio fiorin des mots on a cru à rita est trois fois humble.   est-ce que de mes deux mains       voyage     les provisions des quatre archanges que  improbable visage pendu frères et       fourmi (josué avait lentement mougins. décembre la liberté de l’être derniers  il est des objets sur abu zayd me déplait. pas la mastication des torna a sorrento ulisse torna la poésie, à la       dans a ma mère, femme parmi accoucher baragouiner titrer "claude viallat,       la les cuivres de la symphonie la question du récit le samedi 26 mars, à 15 iv.- du livre d’artiste un jour nous avons dans ce périlleux       soleil       glouss "mais qui lit encore le dix l’espace ouvert au encore une citation“tu bal kanique c’est À l’occasion de un titre : il infuse sa       j̵ l’instant criblé      & pour gilbert cet univers sans (ma gorge est une madame chrysalide fileuse  le livre, avec spectacle de josué dit 1 au retour au moment  le "musée tant pis pour eux. pour martin       deux dessiner les choses banales pas de pluie pour venir station 4 : judas  générations tout en travaillant sur les       " buttati ! guarda&nbs l’éclair me dure, il ne s’agit pas de dernier vers aoi     surgi       o la pureté de la survie. nul les dernières j’ai travaillé s’égarer on livre grand format en trois  tous ces chardonnerets le coquillage contre et il parlait ainsi dans la dieu faisait silence, mais       retour       ( dernier vers aoi les étourneaux ! chaque automne les en 1958 ben ouvre à     du faucon poussées par les vagues avant dernier vers aoi et  riche de mes pour anne slacik ecrire est       le toujours les lettres :     le  avec « a la       l̵ bribes en ligne a recleimet deu mult a propos d’une on cheval in the country       force morz est rollant, deus en ad sur l’erbe verte si est la terre nous pour jean-louis cantin 1.-       fourr&       un je t’enlace gargouille il ne sait rien qui ne va introibo ad altare j’ai changé le temps où les coeurs l’ami michel faisant dialoguer de pa(i)smeisuns en est venuz dernier vers aoi madame, vous débusquez pour jacky coville guetteurs libre de lever la tête je ne peins pas avec quoi, il souffle sur les collines     son il n’y a pas de plus dernier vers aoi arbre épanoui au ciel la parol

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JEAN-MARIE BARNAUD

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Raphaël Monticelli en habit d’Arlequin
© Jean-Marie Barnaud

un article dans remue.net



Cet article est paru chez remue.net


Je relis Mer intérieure, de Raphaël Monticelli, long poème variable publié l’an passé à La Passe du vent ; une série de douze textes adressés en hommage à des plasticiens [1]
, selon cette pratique si constante chez Monticelli [2] dont le travail personnel se nourrit d’œuvres littéraires ou artistiques qu’il interroge, non pas tant dans un projet critique, que pour enrichir la disposition généreuse qui est la sienne, aussi bien quand il écrit que lors qu’il lit ou regarde, à savoir : qu’est-ce que cette œuvre – ou ma pratique de l’écriture – me révèlent qui m’apprend à m’approcher du monde en vérité, c’est-à-dire qui me donne du monde une plus juste intelligence : ces textes, ces œuvres, il s’agit de « les comprendre dans leur fonctionnement, leur problématique, leurs enjeux. Comprendre ce dont ils sont porteurs pour me repérer dans le monde où je vis », écrit Monticelli en postface à ce dernier livre, dans un entretien avec Thierry Renard.
La variété des tons à l’intérieur d’un même ouvrage, variété suscitée par l’attention quasi passionnée accordée aux rythmes et aux formes de la création que manifeste chacune des œuvres dont le poète s’approche et s’inspire, au risque qu’on puisse craindre parfois, dit-il, qu’il y perdre le timbre de sa propre voix, fait de ce livre un « corps mêlé », pour reprendre l’expression de Michel Serres, et sa thématique du Tiers instruit [3], qui fait en particulier d’Arlequin, sous son manteau bigarré, un modèle du genre.
Cette référence me vient à propos du second texte du livre, « Terre de l’enfuie », écrit « pour Jean-Jacques Laurent », et dont le poème VI est consacré à la figure du Zanni de Bergame : « Dans le pays dont je vous parle » — c’est ainsi que le texte commence, et j’y trouve un souvenir implicite de Michaux :
La momie d’Arlequin se porte bien
elle s’enterre dans son enfance


lui
danse dans le dedans de soi
rien ne transparaît de sa joie tourbillonnante
à la surface étoilée de son cocon d’acier.


dans le pays dont je vous parle on cache ses douleurs
ombelles minces nacres que le ciel aspire


Je m’attache à ce poème. Sans doute est-il habité par l’univers de son destinataire, mais il est bien caractéristique aussi de l’écriture de Monticelli, qu’une grande pudeur maîtrise toujours, en même temps qu’un mouvement impétueux l’ouvre et la projette vers le dehors.
La gymnastique et la souplesse n’étaient-elles pas l’apanage de Thomassin, l’un des Arlequins les plus célèbres… Il y a bien quelque chose d’une écriture gymnaste, chez Monticelli, comme en témoignent ses Bribes dont une partie [4] demeure toujours en chantier, occasion d’une « rumination » qui ne cesse. Du reste, écrit entre 1991 et 2011, Mer intérieure est lui-même le précipité d’une telle rumination.
Or, que se passe-t-il, à « l’intérieur », que cache et révèle à la fois le manteau d’Arlequin nommé ici « cocon d’acier » ? C’est, dit le poème, une « danse dans le dedans de soi », une « enfance », « une joie tourbillonnante ».
Dont acte : je dis que cette joie, adhésion au monde tel qu’il se donne — et quelle que soit par ailleurs « la rumeur continue de toutes les douleurs du monde » — est la marque de cette écriture. Nul danger qu’elle perde son autonomie. Au contraire, elle témoigne de la « naïveté vraie » dont Serres parle aussi dans Le Tiers instruit, naïveté seconde en quelque sorte, une fois qu’on a beaucoup appris des autres et du monde : « De même que, pour parler de façon probe de la mer il faut l’avoir rabotée en tous sens, de même, pour dire dans sa langue, il convient d’en avoir visité les tours. L’écrivain n’accède au style qu’après ces traversées probatoires (…). [5] »


Traversée : je garde ce mot ; il va bien avec le voyage dont il s’agit ici : « on part à la recherche de mélodies secrètes (…) / nous avançons à la recherche de nos mères », inventant comme les archéologues les traces et les sagesses éparses ou enfouies, comme en Égypte, celle d’Hypathie dont le savoir est musique, ou encore Ariane, Pénélope, Circé, Lesbia, Cecilia… toutes femmes, toutes « déferlantes » de cette mer « qui glisse ses langues dans ma bouche » et dont les houles animent vers et strophes, imposant parfois, pour célébrer le réel ici et maintenant, les anciens modes de la poésie, odes ou péans… Et alors « c’est bien la mer qui parle à travers moi ». Témoin ce dernier poème, « Ode au sexe féminin », qui résume dans un paradoxe ce qu’il en est de l’énigme de toute présence — et ainsi se ferme le livre : « voici le monde // et l’absence du monde »
. Ainsi le voyage remonte plus loin encore que les traces repérables dans les légendes, les contes et tous les livres. Plus haut et plus amont, là où la présence des choses surgit avant toute parole ; expressions muettes, à quoi s’offre le seul silence de la contemplation,


au point ultime du monde là où se forge
dans les chaos déserts le bourdonnement de ce qui un jour sera voix,


et dont semble témoigner cette statue archaïque qu’est le xoanon [6], ou encore les arbres de vie des indiens Kwakiutls. Et telle est bien la nature de l’émotion poétique, naïveté seconde en effet, émerveillée au cours du voyage par la profusion du donné qui jamais ne s’épuise :


Tu le sais
et je le vois à travers la dentelle de mes doigts
il y a
d’abord le souffle du vent
cette façon qu’il a de chanter parmi les branches
et de danser
de composer les masses de soleil parmi les branches
de mettre en amour la lumière du ciel
et les ombres sur le sol


je le sais
tu le regarderais des heures
surprise
de l’harmonie qui s’y joue avec cette fraîcheur qui coule sur ta peau


Cette profusion émeut en premier le corps sensible, avant que la culture puisse prétendre accompagner un tel éveil à travers le luxe de ses représentations. Et c’est à ces manifestions immédiates du donné que la poésie veut être fidèle ; d’une fidélité qui ne saurait se satisfaire des armatures d’une rhétorique : il lui faut courir le risque d’une ouverture, d’un éclatement des formes, comme ici, où est comme transpercée la forme figée du péan :


j’entends l’appel la terre tremble
de ce qui m’étouffe et me tord
dressée tendue le cri m’inspire
cris vibre perte tombe mes doigts tremblent
[ ] les cris [ ] ou [ ]
ailes mes yeux ouverts la vie
[ ] tue ce qui me tue ma tête tape (…)


Dans ces perturbations, ces trous dans la parole, espaces nus dont l’oralité renforce encore la puissance, c’est la nature même des « bribes », leur morcèlement, qui s’exprime parfois jusque dans le bégaiement ; tandis qu’à côté, des phrases nominales ou la prose la plus simple, font écho discrètement au végétal dont bien des poèmes célèbrent le foisonnement humble.


A propos du peintre Abdelaziz Hassaïri, dont la rencontre a beaucoup compté pour lui, Monticelli a cette belle formule : il évoque la force de « son pinceau sismographe ».
J’appliquerais volontiers l’image au poète lui-même, dont la volonté d’écrire au plus près du réel suscite la fidélité risquée d’une écriture sismographe.


 


Jean-Marie Barnaud - 27 mai 2014


[1] Tous liés à notre mer, la Méditerranée : Leonardo Rosa, 
Jean-Jacques Laurent, Fernanda Fedi, Eric Massholder, Gilbert 
Pedinielli, Meriem Bouderbala,Oscari Nivese, Abdelaziz Hassaïri, Anne-Marie Lorin, Martin Miguel, Henri Maccheroni.


[2] Il suffit de parcourir le site remarquable de Monticelli, « Bribes en ligne », pour prendre la mesure de ce travail. On pourra aussi lire ici même l’article écrit pour l’exposition que la BMVR de Nice a consacrée en 2011 à cette œuvre.


[3] Voir entre autres, de Michel Serres – et à côté de Les cinq sens et L’Hermaphrodite/ Sarrasine sculpteur — Le Tiers instruit (François Bourin, 1991), en particulier les sept premières pages, « Laïcité », dont Arlequin est la figure centrale : « Le voici maintenant dévoilé, livré sans défense à l’intuition. Arlequin est hermaphrodite, corps mêlé (…) ».


[4] Une grande part en est aussi publiée à L’Amourier.


 


[5] Michel Serres, Le Tiers instruit, (François Bourin, 1991, p. 118.)


 


 

Publication en ligne : 9 juin 2014

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