BRIBES EN LIGNE
  la baie des anges quand nous rejoignons, en f dans le sourd chatoiement mon travail est une       vu je suis bien dans dans les carnets des quatre archanges que À l’occasion de souvent je ne sais rien de dernier vers aoi l’appel tonitruant du elle disposait d’une attendre. mot terrible.       fleur j’ai perdu mon dernier vers aoi       fourmi     ton des quatre archanges que cher bernard guetter cette chose pour mireille et philippe temps où les coeurs charogne sur le seuilce qui première pour egidio fiorin des mots pour ma immense est le théâtre et les plus terribles ils s’étaient  marcel migozzi vient de tout le problème       je suite du blasphème de j’ai parlé     quand       neige 1254 : naissance de je désire un il ne s’agit pas de macles et roulis photo 6 dans le patriote du 16 mars villa arson, nice, du 17   iv    vers   ciel !!!! antoine simon 18       je dans la caverne primordiale  ce mois ci : sub       pav&ea ce 28 février 2002. certains soirs, quand je antoine simon 28 pour robert autre petite voix f les rêves de les dessins de martine orsoni merci au printemps des marie-hélène antoine simon 27       fourr& le plus insupportable chez le numéro exceptionnel de       bien ce n’est pas aux choses ne faut-il pas vivre comme il avait accepté       à a grant dulur tendrai puis toute une faune timide veille trois tentatives desesperees       la je crie la rue mue douleur     chambre tout mon petit univers en le 15 mai, à macles et roulis photo dernier vers aoi   dont les secrets… à quoi le grand combat : j’ai en réserve     sur la huit c’est encore à pour michèle aueret       apparu pour jean gautheronle cosmos antoine simon 20       la vedo la luna vedo le pour  tous ces chardonnerets “dans le dessin toutes sortes de papiers, sur et ma foi,       m̵ c’est parfois un pays    seule au pour julius baltazar 1 le fontelucco, 6 juillet 2000 (josué avait       vu pluies et bruines,       ma c’est le grand       le ce jour-là il lui il n’y a pas de plus antoine simon 30 giovanni rubino dit et si au premier jour il       glouss       st   pour le prochain       descen     du faucon le samedi 26 mars, à 15 encore une citation“tu du fond des cours et des dernier vers aoi dieu faisait silence, mais il ne sait rien qui ne va antoine simon 7       au madame est la reine des preambule – ut pictura   né le 7       mouett avez-vous vu ce       banlie  née à "la musique, c’est le mi viene in mentemi madame, c’est notre dernier vers aoi antoine simon 22       au  le grand brassage des       chaque sables mes parolesvous montagnesde nécrologie des voiles de longs cheveux les enseignants :       en un le 28 novembre, mise en ligne       longte     &nbs ici, les choses les plus  “s’ouvre af : j’entends c’est extrêmement la liberté s’imprime à dans les rêves de la a ma mère, femme parmi et…  dits de la bouche pure souffrance       le …presque vingt ans plus   que signifie l’instant criblé     son difficile alliage de       le antoine simon 31       que « h&eacu       &n macles et roulis photo 1       dans quatre si la mer s’est       et antoine simon 16   adagio   je ma chair n’est madame est une torche. elle       le carmelo arden quin est une où l’on revient et voici maintenant quelques pour pierre theunissen la autre essai d’un       je me       midi 1- c’est dans vertige. une distance il n’était qu’un   tout est toujours en       pass&e mieux valait découper pour lee "nice, nouvel éloge de la diaphane est le mot (ou   entrons l’impression la plus madame, on ne la voit jamais buttati ! guarda&nbs     faisant la merci à marc alpozzo       un       marche écrirecomme on se je sais, un monde se monde imaginal, nous serons toujours ces accoucher baragouiner       pav&ea antoine simon 15 1. il se trouve que je suis       s̵ très saintes litanies passet li jurz, si turnet a laure et pétrarque comme dans ce pays ma mère       au références : xavier un temps hors du pour m.b. quand je me heurte  la toile couvre les ce texte m’a été un soir à paris au vos estes proz e vostre un homme dans la rue se prend       en rêves de josué,       droite maintenant il connaît le six de l’espace urbain,       je effleurer le ciel du bout des approche d’une   nous sommes au matin du encore la couleur, mais cette  tu vois im font chier     à Ç’avait été la pour angelo le ciel est clair au travers la bouche pleine de bulles les dernières vous dites : "un  on peut passer une vie rien n’est imagine que, dans la  epître aux on préparait dessiner les choses banales décembre 2001. in the country l’art n’existe       &n    en À max charvolen et à bernadette c’est seulement au cinquième essai tout       voyage  il est des objets sur ouverture d’une       l̵ on peut croire que martine errer est notre lot, madame, pierre ciel si j’avais de son travail de tissage, dans       journ& iv.- du livre d’artiste     double la question du récit la force du corps, l’illusion d’une la cité de la musique mouans sartoux. traverse de pour maguy giraud et bruno mendonça  pour jean le les doigts d’ombre de neige beaucoup de merveilles nous viendrons nous masser     chant de station 3 encore il parle j’arrivais dans les l’erbe del camp, ki vous n’avez j’ai ajouté ma mémoire ne peut me alocco en patchworck © antoine simon 5 0 false 21 18 on a cru à dorothée vint au monde moisissures mousses lichens ce qui fait tableau : ce       la quand les eaux et les terres « 8° de branches lianes ronces sors de mon territoire. fais dernier vers aoi me avant dernier vers aoi martin miguel art et juste un mot pour annoncer a supposer quece monde tienne       retour     [1]  la poésie, à la dentelle : il avait la route de la soie, à pied,       &eacut vous avez     le toute trace fait sens. que raphaël r.m.a toi le don des cris qui quand il voit s’ouvrir, je dors d’un sommeil de la fonction,       le macao grise antoine simon 17 le geste de l’ancienne, dernier vers aoi "le renard connaît temps où le sang se le 19 novembre 2013, à la pour anne slacik ecrire est paysage de ta tombe  et constellations et je suis occupé ces la terre nous une fois entré dans la       &agrav (dans mon ventre pousse une si j’étais un carles respunt : ce va et vient entre       le dans l’effilé de  la lancinante       deux       o sculpter l’air : non... non... je vous assure, je t’ai admiré, antoine simon 21 "mais qui lit encore le le géographe sait tout temps de bitume en fusion sur     vers le soir v.- les amicales aventures du zacinto dove giacque il mio et que dire de la grâce       montag « pouvez-vous le franchissement des       reine " je suis un écorché vif. titrer "claude viallat, le temps passe si vite, elle ose à peine       force c’est vrai       sur saluer d’abord les plus le 23 février 1988, il recleimet deu mult       tourne 7) porte-fenêtre envoi du bulletin de bribes pour helmut comme c’est mais jamais on ne premier vers aoi dernier (elle entretenait antoine simon 3 viallat © le château de carissimo ulisse,torna a grant est la plaigne e large       la hans freibach :     un mois sans pour michèle gazier 1 je suis mise en ligne d’un bientôt, aucune amarre pas de pluie pour venir les durand : une "l’art est-il       va la parol

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JEAN-MARIE BARNAUD

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Raphaël Monticelli en habit d’Arlequin
© Jean-Marie Barnaud

un article dans remue.net



Cet article est paru chez remue.net


Je relis Mer intérieure, de Raphaël Monticelli, long poème variable publié l’an passé à La Passe du vent ; une série de douze textes adressés en hommage à des plasticiens [1]
, selon cette pratique si constante chez Monticelli [2] dont le travail personnel se nourrit d’œuvres littéraires ou artistiques qu’il interroge, non pas tant dans un projet critique, que pour enrichir la disposition généreuse qui est la sienne, aussi bien quand il écrit que lors qu’il lit ou regarde, à savoir : qu’est-ce que cette œuvre – ou ma pratique de l’écriture – me révèlent qui m’apprend à m’approcher du monde en vérité, c’est-à-dire qui me donne du monde une plus juste intelligence : ces textes, ces œuvres, il s’agit de « les comprendre dans leur fonctionnement, leur problématique, leurs enjeux. Comprendre ce dont ils sont porteurs pour me repérer dans le monde où je vis », écrit Monticelli en postface à ce dernier livre, dans un entretien avec Thierry Renard.
La variété des tons à l’intérieur d’un même ouvrage, variété suscitée par l’attention quasi passionnée accordée aux rythmes et aux formes de la création que manifeste chacune des œuvres dont le poète s’approche et s’inspire, au risque qu’on puisse craindre parfois, dit-il, qu’il y perdre le timbre de sa propre voix, fait de ce livre un « corps mêlé », pour reprendre l’expression de Michel Serres, et sa thématique du Tiers instruit [3], qui fait en particulier d’Arlequin, sous son manteau bigarré, un modèle du genre.
Cette référence me vient à propos du second texte du livre, « Terre de l’enfuie », écrit « pour Jean-Jacques Laurent », et dont le poème VI est consacré à la figure du Zanni de Bergame : « Dans le pays dont je vous parle » — c’est ainsi que le texte commence, et j’y trouve un souvenir implicite de Michaux :
La momie d’Arlequin se porte bien
elle s’enterre dans son enfance


lui
danse dans le dedans de soi
rien ne transparaît de sa joie tourbillonnante
à la surface étoilée de son cocon d’acier.


dans le pays dont je vous parle on cache ses douleurs
ombelles minces nacres que le ciel aspire


Je m’attache à ce poème. Sans doute est-il habité par l’univers de son destinataire, mais il est bien caractéristique aussi de l’écriture de Monticelli, qu’une grande pudeur maîtrise toujours, en même temps qu’un mouvement impétueux l’ouvre et la projette vers le dehors.
La gymnastique et la souplesse n’étaient-elles pas l’apanage de Thomassin, l’un des Arlequins les plus célèbres… Il y a bien quelque chose d’une écriture gymnaste, chez Monticelli, comme en témoignent ses Bribes dont une partie [4] demeure toujours en chantier, occasion d’une « rumination » qui ne cesse. Du reste, écrit entre 1991 et 2011, Mer intérieure est lui-même le précipité d’une telle rumination.
Or, que se passe-t-il, à « l’intérieur », que cache et révèle à la fois le manteau d’Arlequin nommé ici « cocon d’acier » ? C’est, dit le poème, une « danse dans le dedans de soi », une « enfance », « une joie tourbillonnante ».
Dont acte : je dis que cette joie, adhésion au monde tel qu’il se donne — et quelle que soit par ailleurs « la rumeur continue de toutes les douleurs du monde » — est la marque de cette écriture. Nul danger qu’elle perde son autonomie. Au contraire, elle témoigne de la « naïveté vraie » dont Serres parle aussi dans Le Tiers instruit, naïveté seconde en quelque sorte, une fois qu’on a beaucoup appris des autres et du monde : « De même que, pour parler de façon probe de la mer il faut l’avoir rabotée en tous sens, de même, pour dire dans sa langue, il convient d’en avoir visité les tours. L’écrivain n’accède au style qu’après ces traversées probatoires (…). [5] »


Traversée : je garde ce mot ; il va bien avec le voyage dont il s’agit ici : « on part à la recherche de mélodies secrètes (…) / nous avançons à la recherche de nos mères », inventant comme les archéologues les traces et les sagesses éparses ou enfouies, comme en Égypte, celle d’Hypathie dont le savoir est musique, ou encore Ariane, Pénélope, Circé, Lesbia, Cecilia… toutes femmes, toutes « déferlantes » de cette mer « qui glisse ses langues dans ma bouche » et dont les houles animent vers et strophes, imposant parfois, pour célébrer le réel ici et maintenant, les anciens modes de la poésie, odes ou péans… Et alors « c’est bien la mer qui parle à travers moi ». Témoin ce dernier poème, « Ode au sexe féminin », qui résume dans un paradoxe ce qu’il en est de l’énigme de toute présence — et ainsi se ferme le livre : « voici le monde // et l’absence du monde »
. Ainsi le voyage remonte plus loin encore que les traces repérables dans les légendes, les contes et tous les livres. Plus haut et plus amont, là où la présence des choses surgit avant toute parole ; expressions muettes, à quoi s’offre le seul silence de la contemplation,


au point ultime du monde là où se forge
dans les chaos déserts le bourdonnement de ce qui un jour sera voix,


et dont semble témoigner cette statue archaïque qu’est le xoanon [6], ou encore les arbres de vie des indiens Kwakiutls. Et telle est bien la nature de l’émotion poétique, naïveté seconde en effet, émerveillée au cours du voyage par la profusion du donné qui jamais ne s’épuise :


Tu le sais
et je le vois à travers la dentelle de mes doigts
il y a
d’abord le souffle du vent
cette façon qu’il a de chanter parmi les branches
et de danser
de composer les masses de soleil parmi les branches
de mettre en amour la lumière du ciel
et les ombres sur le sol


je le sais
tu le regarderais des heures
surprise
de l’harmonie qui s’y joue avec cette fraîcheur qui coule sur ta peau


Cette profusion émeut en premier le corps sensible, avant que la culture puisse prétendre accompagner un tel éveil à travers le luxe de ses représentations. Et c’est à ces manifestions immédiates du donné que la poésie veut être fidèle ; d’une fidélité qui ne saurait se satisfaire des armatures d’une rhétorique : il lui faut courir le risque d’une ouverture, d’un éclatement des formes, comme ici, où est comme transpercée la forme figée du péan :


j’entends l’appel la terre tremble
de ce qui m’étouffe et me tord
dressée tendue le cri m’inspire
cris vibre perte tombe mes doigts tremblent
[ ] les cris [ ] ou [ ]
ailes mes yeux ouverts la vie
[ ] tue ce qui me tue ma tête tape (…)


Dans ces perturbations, ces trous dans la parole, espaces nus dont l’oralité renforce encore la puissance, c’est la nature même des « bribes », leur morcèlement, qui s’exprime parfois jusque dans le bégaiement ; tandis qu’à côté, des phrases nominales ou la prose la plus simple, font écho discrètement au végétal dont bien des poèmes célèbrent le foisonnement humble.


A propos du peintre Abdelaziz Hassaïri, dont la rencontre a beaucoup compté pour lui, Monticelli a cette belle formule : il évoque la force de « son pinceau sismographe ».
J’appliquerais volontiers l’image au poète lui-même, dont la volonté d’écrire au plus près du réel suscite la fidélité risquée d’une écriture sismographe.


 


Jean-Marie Barnaud - 27 mai 2014


[1] Tous liés à notre mer, la Méditerranée : Leonardo Rosa, 
Jean-Jacques Laurent, Fernanda Fedi, Eric Massholder, Gilbert 
Pedinielli, Meriem Bouderbala,Oscari Nivese, Abdelaziz Hassaïri, Anne-Marie Lorin, Martin Miguel, Henri Maccheroni.


[2] Il suffit de parcourir le site remarquable de Monticelli, « Bribes en ligne », pour prendre la mesure de ce travail. On pourra aussi lire ici même l’article écrit pour l’exposition que la BMVR de Nice a consacrée en 2011 à cette œuvre.


[3] Voir entre autres, de Michel Serres – et à côté de Les cinq sens et L’Hermaphrodite/ Sarrasine sculpteur — Le Tiers instruit (François Bourin, 1991), en particulier les sept premières pages, « Laïcité », dont Arlequin est la figure centrale : « Le voici maintenant dévoilé, livré sans défense à l’intuition. Arlequin est hermaphrodite, corps mêlé (…) ».


[4] Une grande part en est aussi publiée à L’Amourier.


 


[5] Michel Serres, Le Tiers instruit, (François Bourin, 1991, p. 118.)


 


 

Publication en ligne : 9 juin 2014

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