BRIBES EN LIGNE
toujours les lettres : les dessins de martine orsoni       fleure       aujour après la lecture de       sur le station 3 encore il parle abu zayd me déplait. pas "mais qui lit encore le l’impression la plus "je me tais. pour taire.       le encore la couleur, mais cette bernadette griot vient de       au un tunnel sans fin et, à       entre torna a sorrento ulisse torna       dans moisissures mousses lichens de l’autre tout en travaillant sur les que d’heures  “ce travail qui       voyage qu’est-ce qui est en sables mes parolesvous       qui antoine simon 3 du fond des cours et des     chambre trois (mon souffle au matin derniers vers sun destre 1 la confusion des pour jacky coville guetteurs onze sous les cercles un temps hors du j’oublie souvent et       pass&e avant propos la peinture est on croit souvent que le but si tu es étudiant en       entre le corps encaisse comme il clers est li jurz et li d’un côté pas même antoine simon 27     au couchant chaque jour est un appel, une pure forme, belle muette, seul dans la rue je ris la  monde rassemblé antoine simon 14       je me   je n’ai jamais f les rêves de  née à paysage de ta tombe  et       embarq "ces deux là se je découvre avant toi       le ainsi fut pétrarque dans je t’ai admiré, madame des forêts de macao grise elle ose à peine des voiles de longs cheveux il est le jongleur de lui exacerbé d’air dans ma gorge à propos des grands descendre à pigalle, se bernard dejonghe... depuis napolì napolì grande lune pourpre dont les il était question non rm : d’accord sur les textes mis en ligne frères et comment entrer dans une macles et roulis photo 1 ajout de fichiers sons dans max charvolen, martin miguel       au  l’exposition        le       assis entr’els nen at ne pui ce paysage que tu contemplais       la ( ce texte a au rayon des surgelés antoine simon 24 le nécessaire non antoine simon 13 m1             hans freibach : nous lirons deux extraits de noble folie de josué,       sur poussées par les vagues  marcel migozzi vient de de soie les draps, de soie dernier vers aoi (dans mon ventre pousse une je ne saurais dire avec assez le soleil n’est pas  le livre, avec deuxième approche de       dans le monde de cette au matin du pour robert clere est la noit e la pour angelo (josué avait tout est prêt en moi pour   le texte suivant a dernier vers aoi "nice, nouvel éloge de la  la lancinante À max charvolen et le 26 août 1887, depuis s’égarer on       " temps de bitume en fusion sur bien sûrla       dans a l’aube des apaches, toute trace fait sens. que       vu vous êtes et je vois dans vos un soir à paris au rossignolet tu la en 1958 ben ouvre à dernier vers aoi même si du bibelot au babilencore une  ce mois ci : sub je crie la rue mue douleur merci à marc alpozzo le franchissement des f le feu m’a       allong       je   que signifie effleurer le ciel du bout des   1) cette dieu faisait silence, mais   la production le recueil de textes       sur   la baie des anges la galerie chave qui antoine simon 19 dimanche 18 avril 2010 nous tous feux éteints. des    il       la je meurs de soif voici des œuvres qui, le pour egidio fiorin des mots       soleil f dans le sourd chatoiement voile de nuità la af : j’entends dans les carnets antoine simon 20 la liberté de l’être à       un station 4 : judas  libre de lever la tête       banlie écrirecomme on se macles et roulis photo 4 je suis bien dans  hier, 17 comme une suite de 0 false 21 18  il y a le le galop du poème me mise en ligne d’un       bonheu       " tout le problème  l’écriture agnus dei qui tollis peccata on cheval  tu ne renonceras pas.  mise en ligne du texte passet li jurz, si turnet a la poésie, à la       reine cliquetis obscène des  “... parler une montagnesde monde imaginal, il pleut. j’ai vu la assise par accroc au bord de ici. les oiseaux y ont fait le numéro exceptionnel de       neige       au sors de mon territoire. fais nos voix heureuse ruine, pensait pierre ciel dernier vers aoi       o       en un pour m.b. quand je me heurte       m&eacu  le "musée apaches : chairs à vif paumes le geste de l’ancienne,       sur li emperere s’est rare moment de bonheur, rêves de josué, viallat © le château de       droite       la difficile alliage de a claude b.   comme tromper le néant       un quelque chose le grand combat : a la fin il ne resta que « amis rollant, de vos estes proz e vostre nu(e), comme son nom « 8° de dire que le livre est une       maquis       fourmi mes pensées restent   (à       bruyan la chaude caresse de spectacle de josué dit       sur la fraîcheur et la a grant dulur tendrai puis les routes de ce pays sont       l̵ zacinto dove giacque il mio       &agrav       l̵ marcel alocco a     extraire la communication est   anatomie du m et huit c’est encore à       aux la fraîcheur et la faisant dialoguer   pour olivier tendresse du mondesi peu de mult est vassal carles de j’ai relu daniel biga,       baie la question du récit mult ben i fierent franceis e       la pour jean-marie simon et sa       le       le et te voici humanité aux barrières des octrois   (dans le f le feu s’est raphaël tes chaussures au bas de il n’est pire enfer que j’écoute vos       jardin       l̵ madame déchirée dans le patriote du 16 mars       ma       gentil les petites fleurs des toutes sortes de papiers, sur "et bien, voilà..." dit le 26 août 1887, depuis je désire un       et tu sainte marie, je ne peins pas avec quoi, chaque automne les    7 artistes et 1 f tous les feux se sont sculpter l’air : premier essai c’est       en antoine simon 21       & au lecteur voici le premier ce texte se présente  je signerai mon     cet arbre que equitable un besoin sonnerait " je suis un écorché vif. dernier vers aoi eurydice toujours nue à quant carles oït la   3   

les troisième essai et trois tentatives desesperees cyclades, iii° nous savons tous, ici, que     tout autour       (   saint paul trois pour qui veut se faire une temps de pierres       longte quand vous serez tout et ces tout à fleur d’eaula danse la pureté de la survie. nul  “ne pas tout mon petit univers en antoine simon 17       dans deuxième 1 au retour au moment antoine simon 29 il n’y a pas de plus nous viendrons nous masser à la bonne régine robin, la mort d’un oiseau. deux ce travail vous est dernier vers aoi langues de plomba la antoine simon 30 saluer d’abord les plus       nuage station 5 : comment et la peur, présente recleimet deu mult       l̵ nouvelles mises en (la numérotation des et…  dits de nous avons affaire à de       cerisi livre grand format en trois allons fouiller ce triangle antoine simon 7 cinquième essai tout       deux       apr&eg et  riche de mes     surgi les premières tant pis pour eux. Éléments - 1) la plupart de ces dernier vers aoi macles et roulis photo 3       six       soleil       pour     faisant la       la quelques autres À max charvolen et martin d’un bout à ço dist li reis :       sous l’instant criblé que reste-t-il de la dernier vers aoi       chaque pour nicolas lavarenne ma   iv    vers bien sûr, il y eut     [1]  douce est la terre aux yeux présentation du les avenues de ce pays histoire de signes .    au balcon pour alain borer le 26 portrait. 1255 :       grappe la parol

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JEAN-MARIE BARNAUD

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Raphaël Monticelli en habit d’Arlequin
© Jean-Marie Barnaud

un article dans remue.net



Cet article est paru chez remue.net


Je relis Mer intérieure, de Raphaël Monticelli, long poème variable publié l’an passé à La Passe du vent ; une série de douze textes adressés en hommage à des plasticiens [1]
, selon cette pratique si constante chez Monticelli [2] dont le travail personnel se nourrit d’œuvres littéraires ou artistiques qu’il interroge, non pas tant dans un projet critique, que pour enrichir la disposition généreuse qui est la sienne, aussi bien quand il écrit que lors qu’il lit ou regarde, à savoir : qu’est-ce que cette œuvre – ou ma pratique de l’écriture – me révèlent qui m’apprend à m’approcher du monde en vérité, c’est-à-dire qui me donne du monde une plus juste intelligence : ces textes, ces œuvres, il s’agit de « les comprendre dans leur fonctionnement, leur problématique, leurs enjeux. Comprendre ce dont ils sont porteurs pour me repérer dans le monde où je vis », écrit Monticelli en postface à ce dernier livre, dans un entretien avec Thierry Renard.
La variété des tons à l’intérieur d’un même ouvrage, variété suscitée par l’attention quasi passionnée accordée aux rythmes et aux formes de la création que manifeste chacune des œuvres dont le poète s’approche et s’inspire, au risque qu’on puisse craindre parfois, dit-il, qu’il y perdre le timbre de sa propre voix, fait de ce livre un « corps mêlé », pour reprendre l’expression de Michel Serres, et sa thématique du Tiers instruit [3], qui fait en particulier d’Arlequin, sous son manteau bigarré, un modèle du genre.
Cette référence me vient à propos du second texte du livre, « Terre de l’enfuie », écrit « pour Jean-Jacques Laurent », et dont le poème VI est consacré à la figure du Zanni de Bergame : « Dans le pays dont je vous parle » — c’est ainsi que le texte commence, et j’y trouve un souvenir implicite de Michaux :
La momie d’Arlequin se porte bien
elle s’enterre dans son enfance


lui
danse dans le dedans de soi
rien ne transparaît de sa joie tourbillonnante
à la surface étoilée de son cocon d’acier.


dans le pays dont je vous parle on cache ses douleurs
ombelles minces nacres que le ciel aspire


Je m’attache à ce poème. Sans doute est-il habité par l’univers de son destinataire, mais il est bien caractéristique aussi de l’écriture de Monticelli, qu’une grande pudeur maîtrise toujours, en même temps qu’un mouvement impétueux l’ouvre et la projette vers le dehors.
La gymnastique et la souplesse n’étaient-elles pas l’apanage de Thomassin, l’un des Arlequins les plus célèbres… Il y a bien quelque chose d’une écriture gymnaste, chez Monticelli, comme en témoignent ses Bribes dont une partie [4] demeure toujours en chantier, occasion d’une « rumination » qui ne cesse. Du reste, écrit entre 1991 et 2011, Mer intérieure est lui-même le précipité d’une telle rumination.
Or, que se passe-t-il, à « l’intérieur », que cache et révèle à la fois le manteau d’Arlequin nommé ici « cocon d’acier » ? C’est, dit le poème, une « danse dans le dedans de soi », une « enfance », « une joie tourbillonnante ».
Dont acte : je dis que cette joie, adhésion au monde tel qu’il se donne — et quelle que soit par ailleurs « la rumeur continue de toutes les douleurs du monde » — est la marque de cette écriture. Nul danger qu’elle perde son autonomie. Au contraire, elle témoigne de la « naïveté vraie » dont Serres parle aussi dans Le Tiers instruit, naïveté seconde en quelque sorte, une fois qu’on a beaucoup appris des autres et du monde : « De même que, pour parler de façon probe de la mer il faut l’avoir rabotée en tous sens, de même, pour dire dans sa langue, il convient d’en avoir visité les tours. L’écrivain n’accède au style qu’après ces traversées probatoires (…). [5] »


Traversée : je garde ce mot ; il va bien avec le voyage dont il s’agit ici : « on part à la recherche de mélodies secrètes (…) / nous avançons à la recherche de nos mères », inventant comme les archéologues les traces et les sagesses éparses ou enfouies, comme en Égypte, celle d’Hypathie dont le savoir est musique, ou encore Ariane, Pénélope, Circé, Lesbia, Cecilia… toutes femmes, toutes « déferlantes » de cette mer « qui glisse ses langues dans ma bouche » et dont les houles animent vers et strophes, imposant parfois, pour célébrer le réel ici et maintenant, les anciens modes de la poésie, odes ou péans… Et alors « c’est bien la mer qui parle à travers moi ». Témoin ce dernier poème, « Ode au sexe féminin », qui résume dans un paradoxe ce qu’il en est de l’énigme de toute présence — et ainsi se ferme le livre : « voici le monde // et l’absence du monde »
. Ainsi le voyage remonte plus loin encore que les traces repérables dans les légendes, les contes et tous les livres. Plus haut et plus amont, là où la présence des choses surgit avant toute parole ; expressions muettes, à quoi s’offre le seul silence de la contemplation,


au point ultime du monde là où se forge
dans les chaos déserts le bourdonnement de ce qui un jour sera voix,


et dont semble témoigner cette statue archaïque qu’est le xoanon [6], ou encore les arbres de vie des indiens Kwakiutls. Et telle est bien la nature de l’émotion poétique, naïveté seconde en effet, émerveillée au cours du voyage par la profusion du donné qui jamais ne s’épuise :


Tu le sais
et je le vois à travers la dentelle de mes doigts
il y a
d’abord le souffle du vent
cette façon qu’il a de chanter parmi les branches
et de danser
de composer les masses de soleil parmi les branches
de mettre en amour la lumière du ciel
et les ombres sur le sol


je le sais
tu le regarderais des heures
surprise
de l’harmonie qui s’y joue avec cette fraîcheur qui coule sur ta peau


Cette profusion émeut en premier le corps sensible, avant que la culture puisse prétendre accompagner un tel éveil à travers le luxe de ses représentations. Et c’est à ces manifestions immédiates du donné que la poésie veut être fidèle ; d’une fidélité qui ne saurait se satisfaire des armatures d’une rhétorique : il lui faut courir le risque d’une ouverture, d’un éclatement des formes, comme ici, où est comme transpercée la forme figée du péan :


j’entends l’appel la terre tremble
de ce qui m’étouffe et me tord
dressée tendue le cri m’inspire
cris vibre perte tombe mes doigts tremblent
[ ] les cris [ ] ou [ ]
ailes mes yeux ouverts la vie
[ ] tue ce qui me tue ma tête tape (…)


Dans ces perturbations, ces trous dans la parole, espaces nus dont l’oralité renforce encore la puissance, c’est la nature même des « bribes », leur morcèlement, qui s’exprime parfois jusque dans le bégaiement ; tandis qu’à côté, des phrases nominales ou la prose la plus simple, font écho discrètement au végétal dont bien des poèmes célèbrent le foisonnement humble.


A propos du peintre Abdelaziz Hassaïri, dont la rencontre a beaucoup compté pour lui, Monticelli a cette belle formule : il évoque la force de « son pinceau sismographe ».
J’appliquerais volontiers l’image au poète lui-même, dont la volonté d’écrire au plus près du réel suscite la fidélité risquée d’une écriture sismographe.


 


Jean-Marie Barnaud - 27 mai 2014


[1] Tous liés à notre mer, la Méditerranée : Leonardo Rosa, 
Jean-Jacques Laurent, Fernanda Fedi, Eric Massholder, Gilbert 
Pedinielli, Meriem Bouderbala,Oscari Nivese, Abdelaziz Hassaïri, Anne-Marie Lorin, Martin Miguel, Henri Maccheroni.


[2] Il suffit de parcourir le site remarquable de Monticelli, « Bribes en ligne », pour prendre la mesure de ce travail. On pourra aussi lire ici même l’article écrit pour l’exposition que la BMVR de Nice a consacrée en 2011 à cette œuvre.


[3] Voir entre autres, de Michel Serres – et à côté de Les cinq sens et L’Hermaphrodite/ Sarrasine sculpteur — Le Tiers instruit (François Bourin, 1991), en particulier les sept premières pages, « Laïcité », dont Arlequin est la figure centrale : « Le voici maintenant dévoilé, livré sans défense à l’intuition. Arlequin est hermaphrodite, corps mêlé (…) ».


[4] Une grande part en est aussi publiée à L’Amourier.


 


[5] Michel Serres, Le Tiers instruit, (François Bourin, 1991, p. 118.)


 


 

Publication en ligne : 9 juin 2014

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