BRIBES EN LIGNE
   au balcon  “... parler une souvent je ne sais rien de       au la vie est ce bruissement on cheval   la baie des anges nous viendrons nous masser toute trace fait sens. que il n’est pire enfer que pour maguy giraud et dorothée vint au monde « pouvez-vous vous êtes les plus terribles pierre ciel tout est prêt en moi pour       fourr& encore une citation“tu bernard dejonghe... depuis petites proses sur terre à la bonne moi cocon moi momie fuseau mon cher pétrarque, macao grise macles et roulis photo 7       dans     ton   le texte suivant a jamais si entêtanteeurydice deux ce travail vous est   (à ...et poème pour apaches : là, c’est le sable et       montag troisième essai et branches lianes ronces       journ& suite de vous n’avez villa arson, nice, du 17   1) cette je ne peins pas avec quoi, aucun hasard si se tout à fleur d’eaula danse écrirecomme on se j’ai donc avez-vous vu un titre : il infuse sa effleurer le ciel du bout des josué avait un rythme deux mille ans nous       embarq ma voix n’est plus que l’ami michel rossignolet tu la mesdames, messieurs, veuillez a la femme au “dans le dessin       dans la cité de la musique je me souviens de j’ai donné, au mois paysage de ta tombe  et carles respunt :    en a propos de quatre oeuvres de       soleil r.m.a toi le don des cris qui       pourqu il y a dans ce pays des voies       dans premier vers aoi dernier écoute, josué, sables mes parolesvous suite du blasphème de 0 false 21 18 si j’étais un       le ce pays que je dis est   adagio   je       au et si au premier jour il       aux       la  née à à sylvie l’heure de la (en regardant un dessin de art jonction semble enfin et si tu dois apprendre à vous avez dans ce pays ma mère  la lancinante chaises, tables, verres, le 23 février 1988, il       d&eacu       aujour       les       ma a grant dulur tendrai puis pour jacky coville guetteurs sainte marie, macles et roulis photo 4       &n  dans toutes les rues       reine  dernier salut au       juin l’illusion d’une ma voix n’est plus que   3   

les       sous j’arrivais dans les g. duchêne, écriture le à       bonheu à cri et à       &agrav dernier vers aoi dernier vers s’il  tu ne renonceras pas. le lent déferlement je t’ai admiré, quatrième essai rares       il       st très saintes litanies dans les carnets la question du récit deuxième apparition de ouverture de l’espace le travail de bernard un homme dans la rue se prend comme ce mur blanc       apr&eg comme c’est       crabe- dans le respect du cahier des       bien janvier 2002 .traverse paien sunt morz, alquant pour yves et pierre poher et       &eacut je découvre avant toi madame est toute zacinto dove giacque il mio       je me pour andré villers 1) l’instant criblé quatrième essai de on préparait le grand combat : cet univers sans       le       sur dans le train premier  il y a le langues de plomba la le 26 août 1887, depuis macles et roulis photo       la clere est la noit e la carcassonne, le 06 etait-ce le souvenir travail de tissage, dans antoine simon 11       l̵ merle noir  pour trois tentatives desesperees mon travail est une antoine simon 21 la communication est       entre nice, le 8 octobre dernier vers aoi li quens oger cuardise « h&eacu       s̵ carles li reis en ad prise sa       les voudrais je vous charogne sur le seuilce qui deuxième essai tous ces charlatans qui deux nouveauté, "moi, esclave" a samuelchapitre 16, versets 1 autres litanies du saint nom       en un d’abord l’échange des       fourmi au rayon des surgelés raphaël       la imagine que, dans la au lecteur voici le premier       m̵ nous avancions en bas de moisissures mousses lichens elle ose à peine ce texte se présente     double la légende fleurie est       et tu normal 0 21 false fal de pareïs li seit la       object le samedi 26 mars, à 15 (josué avait l’art n’existe dernier vers que mort la réserve des bribes dernier vers aoi     un mois sans les dernières se reprendre. creuser son (de)lecta lucta   jouer sur tous les tableaux       le le lent tricotage du paysage    7 artistes et 1 c’est vrai       que passent .x. portes, pour helmut c’est un peu comme si, ce qui fait tableau : ce troisième essai     pourquoi       au   en grec, morías nos voix c’est extrêmement quand vous serez tout viallat © le château de 1) notre-dame au mur violet non... non... je vous assure,   pour olivier clers fut li jurz e li bien sûr, il y eut derniers vers sun destre  dernières mises et ces       droite rita est trois fois humble. pour qui veut se faire une a dix sept ans, je ne savais heureuse ruine, pensait accorde ton désir à ta diaphane est le dernier vers aoi       grappe franchement, pensait le chef, mult est vassal carles de des quatre archanges que antoine simon 7 s’ouvre la dernier vers aoi       la     quand ] heureux l’homme al matin, quant primes pert dimanche 18 avril 2010 nous rien n’est plus ardu grant est la plaigne e large je n’ai pas dit que le dans les rêves de la avant dernier vers aoi 1254 : naissance de je meurs de soif       bonhe       m̵ depuis le 20 juillet, bribes       mouett je sais, un monde se  les œuvres de in the country il n’était qu’un       pass&e pur ceste espee ai dulor e à propos des grands     les provisions (josué avait lentement nu(e), comme son nom antoine simon 12       sur il s’appelait ço dist li reis : guetter cette chose il arriva que       midi exode, 16, 1-5 toute  pour de dentelle : il avait les étourneaux !  il est des objets sur       dans       banlie bernadette griot vient de c’est la peur qui fait autre essai d’un que d’heures       (   d’un coté,       ce les textes mis en ligne pour robert dans les hautes herbes À perte de vue, la houle des       parfoi       cette le franchissement des  tu vois im font chier pour michèle pour martin l’art c’est la antoine simon 10       " ce jour là, je pouvais madame a des odeurs sauvages martin miguel art et       ...mai le glacis de la mort un soir à paris au montagnesde quelques textes saluer d’abord les plus   iv    vers m1           les fleurs du merci à marc alpozzo dans la caverne primordiale       la il est le jongleur de lui   marcel       sur un verre de vin pour tacher fontelucco, 6 juillet 2000 dans les horizons de boue, de madame, on ne la voit jamais grande lune pourpre dont les elle disposait d’une       en très malheureux... clers est li jurz et li légendes de michel marché ou souk ou  un livre écrit le proche et le lointain       longte       l̵       maquis se placer sous le signe de il faut laisser venir madame du fond des cours et des sous la pression des       &agrav voile de nuità la temps de bitume en fusion sur "nice, nouvel éloge de la le "patriote",       un dernier vers aoi quand sur vos visages les nous lirons deux extraits de   pour le prochain assise par accroc au bord de peinture de rimes. le texte dernier vers aoi dire que le livre est une deuxième approche de ajout de fichiers sons dans ils sortent la brume. nuages li emperere s’est       &ccedi le 26 août 1887, depuis une errance de       dans passet li jurz, si turnet a si, il y a longtemps, les vedo la luna vedo le       grimpa       é madame, vous débusquez pour max charvolen 1) (ma gorge est une paroles de chamantu tant pis pour eux. 7) porte-fenêtre   le 10 décembre ma chair n’est la musique est le parfum de       &agrav la parol

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HENRI DESOUBEAUX

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Boomerang A
© Henri Desoubeaux
Ecrivain(s) : Desoubeaux

Livre grand format en trois encres : rouge, noire et bleue, Boomerang, troisième volume du Génie du lieu, publié en 1978 chez Gallimard, contient sept textes comme l’indique la table des matières :
 
- "Jungle",
- "La fête en mon absence",
- "Courrier des Antipodes",
- "Nouvelles Indes galantes",
- "Bicentenaire kit",
- "Carnaval transatlantique" et
- "Archipel shopping".
 
Table des matières qui fait apparaître une double numérotation montrant que ces textes s’emboîtent les uns dans les autres (à l’exception toutefois du dernier qui se prolonge au-delà de l’avant-dernier). Ainsi « Jungle » englobe « La fête en mon absence » qui englobe à son tour « Courrier des Antipodes » qui englobe etc. Ce qui pourrait se schématiser ainsi :
 
1 2 3 4 5 6 7 6 7 5 4 3 2 1.
 
Mais l’introduction des trois couleurs vient brouiller, semble-t-il, ce premier schéma général.
 
 En effet, si chaque région possède sa ou ses couleurs propres (noir pour « Jungle », noir et rouge pour « La fête en mon absence », rouge pour « Courrier des Antipodes », rouge et bleu pour « Nouvelles Indes galantes », bleu pour « Bicentenaire kit », rouge, bleu et noir pour « Carnaval transatlantique » et noir et bleu enfin pour « Archipel shopping »), leur répartition paraît obéir à d’autres nécessités. En réalité lorsqu’on examine la répartition des couleurs dans l’ensemble du livre, on s’aperçoit qu’elle aussi se déploie autour d’un centre, ou si l’on préfère d’un pivot central.
 
De fait, ce sont vingt-neuf blocs de couleur qui recouvrent ces 456 pages de texte (depuis la page 5 jusqu’à la page 460) ou 464 pages si l’on compte la totalité de ces dernières. Autrement dit, autour d’un pivot central (pp.225-240) en bleu de 16 pages (qui s’étalent sur une partie de « Carnaval transatlantique » et d’« Archipel shopping »), nous voyons quatorze blocs de couleur se développer de chaque côté. De ces blocs, outre le bloc ou cahier central, huit sont en noir, douze en rouge et huit autres en bleu. Chaque bloc comprenant le même nombre de pages, soit seize (exception faite pour le premier et le dernier qui n’en comptent que douze seulement si l’on ne tient compte que des pages numérotées), l’ensemble de ces différents blocs est distribué symétriquement par rapport au pivot central. Ce qui pourrait se schématiser ainsi :
 
 
N
R
B
R
N
R
B
N
B
R
B
R
N
R
B
R
N
R
B
R
B
N
B
R
N
R
B
R
N
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
 
14
13
12
11
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
 
 
On voit donc l’extrême souci d’équilibre recherché à travers ces deux grands schémas organisateurs de l’œuvre : la structure en emboîtement et la répartition des couleurs sur l’ensemble des vingt-neuf cahiers que contient ce livre.
 
 Pourtant ce texte est d’un tel foisonnement qu’on ne peut que s’y égarer rapidement comme si l’auteur ne tenait rien tant précisément qu’à ce qu’on s’y égarât.
 
 Je voudrais donner ici une idée approximative de cette complexité et des surprises qu’elle nous ménage et en même temps permettre au lecteur de s’orienter un peu mieux dans ce labyrinthe.
 
 
Les couleurs
 
 
 Si l’on feuillette l’ensemble des pages qui composent ce livre on s’aperçoit que des trois couleurs, c’est le rouge qui domine. En effet 192 pages sont imprimées en rouge (soit douze cahiers), contre seulement 144 en bleu (soit neuf cahiers) et 120 (ou 128, soit huit cahiers) en noir.
 Par ailleurs trois groupes se distinguent parmi les régions dont il est question dans ce troisième Génie du lieu : trois régions n’affichent qu’un couleur (« Jungle » en noir, « Courrier des Antipodes » en rouge et « Bicentenaire kit » en bleu. Trois autres sont bicolores (« La fête en mon absence » en noir et rouge, « Nouvelles Indes galantes » en rouge et bleu et « Archipel shopping » en noir et bleu). Et une seule possède les trois couleurs : « Carnaval transatlantique » qui joue par ailleurs sur deux lieux, deux villes : Nice dans l’hémisphère nord et Rio de Janeiro dans l’hémisphère sud.
 
 Le rouge tout d’abord se rapporte donc prioritairement à la région « Courrier des Antipodes » qui est en réalité la plus longue, de loin, des sept parties de l’ouvrage avec ses 144 pages, c’est-à-dire l’équivalent de neuf cahiers et de toute la partie en bleu. Autrement dit la place de cette région qu’on identifie tout de suite comme se rapportant à l’Australie prend une particulière importance. Importance faut-il le préciser que le titre de l’œuvre ne fait que renforcer (ainsi que la dédicace du livre : « Aux aborigènes en transit »). Grâce à sa couleur elle contamine un peu toutes les autres, ou tout au moins une bonne partie des autres. Il est remarquable du reste que ce soit cette couleur d’encre, inhabituelle s’il en est pour une œuvre littéraire, qui joue ce rôle d’attraction si l’on peut dire. On est aux antipodes en effet d’un usage très fortement établi dans l’imprimerie du livre. On peut parler aussi d’un usage carnavalesque de cet aspect de l’écriture si l’on considère la période du carnaval dans les sociétés où elle existe comme une période d’inversion des valeurs établies. D’où le thème du « Carnaval transatlantique », région qui précisément ici mélange l’ensemble de ces trois couleurs et nous renvoie par conséquent à cette idée de fête, laquelle est d’ailleurs développée également dans « La fête en mon absence », voire dans les autres régions évoquées.
 
 L’Australie donc comme centre d’attraction de ce livre, comme pôle magnétique si l’on veut.
 
 A l’inverse, les pages imprimées en noir, qui sont les moins nombreuses, se rapportent prioritairement à « Jungle », région uniquement en noir et qui est la région de loin la plus courte puisqu’elle n’occupe que 16 pages (l’équivalent d’un seul cahier) alors que l’impression en encre noire est bien sûr la plus courante dans la librairie. C’est un autre continent qui est ici évoqué, le continent africain avec sa réserve de sauvagerie où il n’est question que des animaux, à savoir, dans l’ordre d’apparition au début de ce livre : le lion, l’éléphant, le butor, le loup et l’ours, soit quatre mammifères et un oiseau. Oiseau qui est comme la signature de l’auteur[i]. Ces quatre mammifères se référant, nous explique-t-il dans Curriculum vitae, à la vision d’Ezéchiel dans l’Ancien Testament, mais dont le texte consiste uniquement en citations de Buffon, la vision divine se faisant par là même regard naturaliste. Et peut-être est-ce là une des grandes inventions de Boomerang qui joue sur de continuels renversements de perspective, qu’il s’agisse des couleurs ou des registres dans lesquels tel ou tel texte est pris, ou qu’il s’agisse de tel autre point de vue comme nous le verrons.
 Cette première partie de Boomerang est donc composée uniquement de citations de Buffon. Mais ces quarante citations (huit par animal retenu) sont rangées dans un certain ordre. Ordre qui met en exergue la place particulière qu’occupe le seul oiseau du groupe puisque sa place ne varie pas tout au long de ces pages. Elle est toujours la troisième, c’est-à-dire au centre de chacun des huit groupes ou plages alors que la place des quatre mammifères varie systématiquement dans cette espèce de mosaïque emblématique de la question spatiale dans ce livre.
 C’est que le butor prend la place de la figure divine dans la vision d’Ezéchiel où elle est placée au-dessus des autres, mais c’est ici – nouveau renversement - une figure dérisoire, une sorte d’anti-divinité, de totem propre à l’auteur lui-même qui s’amuse des consonances de son nom après en avoir beaucoup souffert comme il l’a dit lui-même à maintes reprises. Le salut pour Butor, serait-on tenté de dire, vient alors non plus d’en haut mais d’en bas, non plus du Ciel mais de cette Terre (« Nous ne voulons point de salut que celui de vivre en ce monde », lit-on page 272). Une Terre qu’il s’agit d’explorer le plus largement possible au fur et à mesure de la sortie des divers volumes de la série du Génie du lieu comme on le voit ici avec le troisième qui introduit justement l’hémisphère sud.
 
 Quant à la couleur bleue, moyen terme entre les deux précédentes, elle est liée surtout aux Etats-Unis avec « Bicentenaire kit » qui occupe 80 pages, soit l’équivalent de cinq cahiers. Partie qui provient de cette œuvre, en collaboration avec Jacques Monory, qui affecte la forme d’une boîte en altuglass bleu contenant 50 objets pour célébrer le bicentenaire de la Déclaration d’indépendance, publiée deux ans plut tôt, en 1976, au Club du livre.
 


[i] Voir à ce sujet tout le début du Retour du Boomerang, PUF, 1988. Livre qui donne du reste de précieux renseignements sur l’ensemble de ce Génie du lieu 3. Nous y renvoyons le lecteur désireux d’aller plus loin.
 
Publication en ligne : 22 novembre 2009

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